=215=. Supposons qu'à une certaine époque on ait formé un catalogue des
ascensions droites et des déclinaisons d'un certain nombre d'étoiles,
rapportées au point équinoxial â, puis qu'à d'autres époques, séparées
les unes des autres par des intervalles de plusieurs années, on ait
recommencé plusieurs fois la même opération, en ayant soin de déterminer
chaque fois la position précise du point équinoxial â, comme nous
l'avons indiqué au nº 135. On reconnaît ainsi que les ascensions droites
des étoiles augmentent avec le temps; les déclinaisons varient aussi. La
loi de ces variations est assez complexe et difficile à établir; mais si
on convertit les ascensions droites et les déclinaisons en longitudes et
en latitudes, une loi très-simple se manifeste aussitôt:
_Les longitudes célestes de toutes les étoiles augmentent
proportionnellement au temps, Ã raison de 50",2 environ par an, tandis
que leurs latitudes ne varient pas sensiblement._
EXEMPLE: _Ãpi de la Vierge_.
Longitude; d'après Hipparque, 128 ans avant J.-C. 174° 7' 30"--Bradley,
en 1760....... 200° 29' 40"--Maskelinè, en 1802... 201° 4' 41"
[Illustration: 169, Fig. 78]
=216=. Cette égale variation des longitudes de toutes les étoiles peut
s'expliquer de deux manières:
1º Ou bien, le point équinoxial â, origine des longitudes, restant fixe,
chaque étoile e (_fig._ 78) se déplace, en tournant autour, de l'axe ON,
de manière que son cercle de latitude s'éloigne de â d'un mouvement
continu, occupant des positions successives telles que N_e_L,
N_e_(1)L_(1), N_e_(2)L_(2),...; après un an, la longitude de l'étoile
est devenue âL_(1) = âL + LL_(1) = âL + 50",2; après une nouvelle année,
âL(2) = âL(1) + L(1)L(2) = âL(1) + 50",2 etc.
2° Ou bien chaque étoile e et son cercle de latitude N_e_L restant fixes
(_fig._ 79), le point équinoxial â s'en éloigne vers l'ouest, d'un
mouvement continu, uniforme, tel que, après un an, la longitude de
l'étoile est devenue â(1)L = âL + ââ(1) = âL + 50",2; après deux ans,
â(2)L = â(1)L + â(1)â(2) = â(1)L + 50",2, etc.
Si on adoptait la première hypothèse, comme d'ailleurs il résulte de
l'observation que les latitudes des étoiles ne varient pas sensiblement
(L_e_ = L(1)_e_(1) = L(2)_e_(2),...), il faudrait admettre comme
fait général _que toutes les étoiles décrivent de l'est à l'ouest des
cercles parallèles à l'écliptique, exemple: _ee_(1) _e_(2)..., d'un
mouvement direct et uniforme, avec la même vitesse constante de 50",2
par an_. Mais un pareil mouvement général des étoiles n'est pas plus
vraisemblable que le mouvement diurne attribué aux mêmes astres; il
donne lieu aux mêmes objections, et on pourrait répéter ici tout ce qui
a été dit page 22; cette première explication doit donc être rejetée. En
effet, c'est la seconde qui est aujourd'hui exclusivement adoptée.
L'égale variation des longitudes de toutes les étoiles est attribuée au
phénomène suivant que l'on désigne sous le nom de _précession des
équinoxes_.
=217=. PRÃCESSION DES ÃQUINOXES. _Le point équinoxial â et son opposé, â
tournent indéfiniment sur l'écliptique d'un mouvement uniforme et
rétrograde, de l'est à l'ouest, avec une vitesse constante d'environ
50",2 par an_ (fig. 79).
[Illustration: 170, Fig. 79.]
Comme nous l'avons déjà fait observer, il résulte de ce mouvement
rétrograde du point équinoxial que la longitude d'une étoile quelconque,
_e_ (_fig._ 79), si elle est âL, à une certaine époque, devient après un
an, â(1)L = âL + â(1) = âL + 50",2; après deux ans, â(2)L = â(1)LL
+ â(1)â(2) = â(1)L + 50",2, etc. Ce mouvement rétrograde des points
équinoxiaux est désigné sous le nom de _précession des équinoxes_, parce
qu'il en résulte cette conséquence très-remarquable:
_L'époque à laquelle arrive un équinoxe du printemps précède
chaque-année d'environ 20m 25s celle à laquelle il arriverait, si le
mouvement rétrograde des points équinoxiaux n'avait pas lieu_.
Ceci s'explique aisément (_fig._ 79).
En effet, un équinoxe du printemps a lieu quand le soleil et le point
équinoxial se rencontrent en un certain point â de l'écliptique. A
partir de ce moment, tandis que le soleil continue à tourner sur
l'écliptique dans le sens âSâS' le point équinoxial tourne sur
l'écliptique dans le sens contraire âS'âS. Ces deux points mobiles,
aussitôt séparés, marchent donc à la rencontre l'un de l'autre, mais
avec des vitesses très-différentes. Le point équinoxial arrivé en â_(1),
est de nouveau rencontré par le soleil; alors a lieu un nouvel équinoxe
du printemps. Si le mouvement rétrograde des points équinoxiaux
n'existait pas, ce nouvel équinoxe n'aurait lieu qu'au retour du soleil
en â; comme par le fait il s'en faut alors de l'arc â_(1)â = 50",2 que
le soleil soit de retour en â, l'époque du nouvel équinoxe est avancée
du temps qu'il faut au soleil pour parcourir cet arc de 50",2,
c'est-Ã -dire d'environ 20m 25s.