M/m = (V/_v_) · (D/_d_); d'où D/_d_ = (M/_m_)/(V/_v_)

Mais M/_m_ = 355000, et V/_v_ = 1405000; d'où D/_d_ = 355000/1405000. On

trouve D/_d_ = 0,252, ou 1/4 à peu près.

=203.= TACHES DU SOLEIL. SA ROTATION. A l'œil nu le soleil nous apparaît

comme un disque brillant d'un éclat uniforme; mais quand on l'examine

avec une lunette, munie de verres colorés pour affaiblir l'éclat du

disque, on aperçoit à sa surface des taches noires de formes

irrégulières dont la _fig._ 74 peut donner une idée.

[Illustration: 162, Fig 74]

Si on observe ces taches sur le bord oriental du soleil, on les voit se

déplacer chaque jour sur le disque, allant de l'Est à l'Ouest avec une

vitesse qui croît jusqu'au milieu du disque, puis décroît ensuite. Après

avoir décrit des droites parallèles ou des demi-ellipses très-aplaties,

ayant toutes leur convexité tournée vers la même région, ces taches

disparaissent lorsqu'elles ont atteint le bord occidental. Plusieurs

d'entre elles s'évanouissent pendant leur mouvement visible; d'autres,

ayant achevé leur course visible et disparu au bord occidental, ne

reparaissent plus; elles ont dû se dissiper sur la face du soleil en ce

moment invisible pour nous. D'autres taches enfin, après avoir disparu

au bord occidental, reparaissent au bord opposé, et font ainsi une ou

plusieurs révolutions complètes avant de se dissoudre. En déterminant (Ã

l'aide des AR et des D) les positions successives de chaque tache

relativement au centre du soleil, on peut construire la courbe que cette

tache paraît décrire sur le disque. Ou a constaté ainsi que toutes ces

taches décrivent des courbes semblables et parallèles; on reconnaît en

même temps que celles qui achèvent leur révolution reviennent toutes Ã

la même position au bout du même temps, qui est de 27j, 3.

=204=. ROTATION DU SOLEIL. La nature de ces mouvements, leur régularité,

leur ensemble, l'égalité des temps pendant lesquels une tache est

successivement visible et invisible, ne peuvent s'expliquer que par un

mouvement de rotation du soleil sur lui-même, analogue à celui que nous

avons reconnu à la terre. Cette rotation admise, ayant déduit d'un

nombre suffisant d'observations particulières la position de l'axe de

rotation et celle de l'équateur céleste, on a pu constater ensuite

l'accord du mouvement de rotation avec les apparences du mouvement

général des taches; cet accord met hors de doute le mouvement de

rotation.

_Il résulte donc de l'observation des taches du soleil que cet astre

tourne sur lui-même, d'Occident en Orient, autour d'un axe central. Il

fait une révolution en_ 25j, 34 [83].

[Note 83: Durée de la rotation. Les taches qui font une révolution

entière, mettant toutes 27j, 3 à l'accomplir, il semblerait au premier

abord que 27j,3 doit être la durée d'une révolution du soleil; mais pour

déterminer cette durée il faut avoir égard non-seulement au mouvement

des taches, mais encore au changement de place du soleil par rapport Ã

la terre, qui change la position du point de vue; il faut combiner ces

deux mouvements. C'est d'après des observations ainsi faites sur des

taches nombreuses que M. Laugier a trouvé la durée ci-dessus indiquée

(25j, 34).]

L'axe du soleil fait avec celui de l'écliptique un angle de 7° 9';

l'équateur solaire fait donc avec le même plan un angle de 82° 51'; il

le coupe d'ailleurs suivant une droite faisant avec la ligne des

équinoxes un angle de 80°; On remarque que jamais les taches ne se

rencontrent dans le voisinage des pôles du soleil; elles sont comprises

dans une région qui s'étend à 30° environ de son équateur.

[Illustration: 164, no title]

=205=. _Détails particuliers sur les taches du soleil_. Voici des

détails sur les taches du soleil qui motivent l'hypothèse que l'on fait

sur la constitution physique de cet astre. Ces taches ont été observées

pour la première fois par Fabricius en 1611, et par Galilée en 1612.

Elles ont une forme irrégulière et variable, mais sont nettement

définies sur leur contour; elles sont généralement entourées d'une sorte

de bordure moins sombre, appelée _pénombre_. La _figure_ 75 peut donner

une idée de ces taches. Voici ce qu'en dit sir John Herschell dans son

_Traité d'astronomie_[84].

[Note 84: Traduction de M. Cournot.]

«Les taches ne sont pas permanentes; d'un jour à l'autre, ou même

d'heure en heure, elles semblent s'élargir ou se resserrer, changer de

forme, puis disparaître tout à fait, ou reparaître dans d'autres parties

du disque où il n'y en avait pas auparavant. En cas de disparition,

l'obscurité centrale se resserre de plus en plus et s'évanouit avant les

bords. Il arrive encore qu'elles se séparent en deux ou plusieurs

taches. Toutes ces circonstances annoncent une mobilité extrême qui ne

peut convenir à un fluide, et accuse un état violent d'agitation qui ne

semble compatible qu'avec l'état atmosphérique et gazeux de la matière.

L'échelle sur laquelle s'accomplissent ces mouvements est immense. Une

seconde angulaire, pour l'observateur terrestre, correspond sur le

disque solaire à 170 lieues, et un cercle de ce diamètre (comprenant

plus de 22000 lieues carrées) est le moindre espace que nous puissions

voir distinctivement à la surface du disque solaire. Or on a observé des

taches dont le diamètre surpassait 16000 lieues, à peu près cinq fois le

diamètre de la terre. Pour qu'une pareille tache disparaisse en six

semaines (les taches durent rarement plus longtemps), il faut que les

bords, en se rapprochant, décrivent plus de 300 lieues par jour.

»Dans le voisinage des grandes taches, ou des groupes de taches, on

observe souvent de larges espaces couverts de raies bien marquées,

courbes ou à embranchements, qui sont plus lumineuses que le reste du

disque, et qu'on nomme _facules_. On voit fréquemment des taches se

former auprès des facules lorsqu'il n'y en avait pas auparavant. On peut

les regarder très-probablement comme les faîtes de vagues immenses

produites dans les régions supérieures de l'atmosphère solaire, à la

suite de violentes agitations.»

=206=. CONSTITUTION PHYSIQUE DU SOLEIL. La science ne nous apprend rien

de positif sur la constitution physique du soleil. Nous sommes réduits,

sous ce rapport, à des conjectures plus ou moins probables. Les

observations faites sur les taches ont conduit à l'hypothèse suivante,

imaginée par William Herschell, et généralement admise aujourd'hui. On

suppose que le soleil est un _globe obscur_ entouré de _deux

atmosphères_ concentriques: une première atmosphère dans laquelle flotte

une couche de nuages opaques et réfléchissants; une seconde, lumineuse Ã

sa surface extérieure. Cette dernière enveloppe, qui nous envoie la

lumière et la chaleur, et détermine le contour visible de l'astre, a

reçu le nom de _photosphère_, c'est-à-dire de sphère lumineuse. Quand

une ouverture se produit dans cette photosphère, nous voyons la couche

nuageuse; de là une tache grise ou pénombre. Quand une ouverture

correspondante se produit dans la couche nuageuse, nous voyons à travers

les deux ouvertures le globe obscur central; de là une tache noire

ordinairement entourée d'une pénombre[85] (V. la _fig._ 75). Il est

probable que ces déchirements temporaires des deux couches sont dus Ã

des masses de gaz qui, partant du globe intérieur, lancées peut-être par

des volcans puissants, traversent violemment les deux atmosphères en les

déchirant.

[Note 85: Quand une tache est vue de face, la pénombre entoure la tache

comme une auréole circulaire; quand la tache, se déplaçant, approche du

bord, la largeur de la pénombre diminue du côté le plus voisin du

centre, en persistant telle qu'elle est de l'autre côté. Cette pénombre

fait l'effet d'un talus descendant dans l'intérieur du globe, et dont on

verrait toute la surface dans la première position de la tache (près du

centre), puis seulement d'un seul côté quand la tache est vue plus

obliquement. De là l'idée de l'atmosphère opaque à travers laquelle

descendrait ce talus jusqu'au noyau obscur.]

=207=. LUMIÈRE ZODIACALE. On appelle ainsi une lueur très-faible qui, Ã

certaines époques de l'année, apparaît à l'ouest après le crépuscule du

soir, ou à l'est avant l'aurore. Elle dessine sur la voûte céleste une

sorte de triangle scalène incliné, sans contours bien nets, dont la base

de 20° à 30° repose sur l'horizon, et dont le sommet s'élève quelquefois

à 50° de hauteur (V. _fig._ 76 la partie de la figure située au-dessus

de HH'). Un arc de cercle mené du sommet au milieu de la base coïncide Ã

peu près avec l'écliptique; en sorte que cette lueur paraît, pour ainsi

dire, couchée sur le zodiaque, dans le sens de sa plus grande dimension;

de là vient son nom.

[Illustration: 166, Fig. 76]

Dans nos climats, la lumière zodiacale se voit en général le soir à la

fin du crépuscule, pendant les mois de mars et d'avril, et le matin

avant l'aurore, en septembre et octobre; dans les régions équatoriales

on la voit toute l'année.

Deux circonstances paraissent en effet décider de sa visibilité: 1º la

brièveté du crépuscule, 2º la position plus ou moins inclinée de l'arc

de l'écliptique sur laquelle cette lueur se projette. On peut d'après

cela se convaincre, à l'aide d'un globe terrestre, que les époques les

plus favorables pour la voir sont celles que nous avons citées.

La lumière zodiacale participe d'ailleurs au mouvement diurne; elle

accompagne le soleil; son extrémité supérieure s'abaisse de plus en

plus, et au bout de quelque temps elle disparaît entièrement. On se fait

une idée nette des circonstances de ce phénomène, en imaginant que le

soleil soit environné d'une immense atmosphère, de forme lenticulaire,

_fig._ 76 (très-peu dense, car on voit les étoiles à travers), dont

l'astre occuperait le centre, et dont la plus grande dimension serait

dirigée dans le sens de l'écliptique. Nous n'en voyons que la partie

située au-dessus de l'horizon H'H.

=208=. IRRÉGULARITEÉS DU MOUVEMENT APPARENT DU SOLEIL.

Pour terminer en ce qui concerne le mouvement apparent du soleil par

rapport à la terre, il nous reste à faire connaître succinctement

quelques irrégularités dont ce mouvement est affecté, et dont nous avons

fait abstraction à dessein. Nous nous occuperons principalement du

phénomène connu sous le nom de _précession des équinoxes_. Pour bien

comprendre ce que nous avons à dire à ce sujet, il nous faut définir ici

quelques termes très-usités d'ailleurs en astronomie.

[Illustration: 167, Fig. 77]

=209=. LONGITUDES ET LATITUDES CÉLESTES. En outre de l'ascension droite

(AR) et de la déclinaison (D), les astronomes font souvent usage, pour

définir d'une manière précisé la position d'un astre sur la sphère

céleste, de deux quantités analogues à l'AR et à la D, mais qui en

diffèrent en ce qu'elles se rapportent à l'écliptique, au lieu de se

rapporter à l'équateur: ce sont _la longitude_ et la _latitude

célestes_.

Soient la sphère céleste, O (_fig._ 77), E♈E' l'équateur, S'♈S

l'écliptique, OP l'axe du monde, ON l'axe de l'écliptique, _e_ un astre

quelconque, P_e_D un arc de grand cercle perpendiculaire à l'équateur,

N_e_L un autre arc perpendiculaire à l'écliptique. On sait que

l'ascension droite de l'astre _e_ est l'arc ♈D, que sa déclinaison est

_e_D. Sa longitude est ♈L, et sa latitude _e_L.

=210=. LA LATITUDE d'un astre _e_, est sa distance _e_L à l'écliptique,

comptée sur le demi-cercle qui passe par cet astre et les pôles de

l'écliptique. La latitude est _boréale_ ou _australe_ suivant que le

pôle de l'écliptique le plus voisin de l'astre est boréal ou austral;

elle est positive dans le premier cas, négative dans le second, et varie

de 0 à 90°. Le demi-cercle N_e_L se nomme _cercle de latitude_.

=211=. On appelle LONGITUDE d'un astre, _e_, l'arc ♈L compris entre un

point déterminé de l'écliptique et le cercle de latitude de cet astre.

L'origine des longitudes est le point équinoxial du printemps, ♈; elles

se comptent de l'ouest à l'est; à partir de ce point, et varient en

général de 0° à 360°.

=212=. Le mouvement diurne apparent de la sphère céleste, autour d'un

axe perpendiculaire à l'équateur, permet de déterminer facilement

l'ascension droite et la déclinaison d'un astre à l'aide des instruments

méridiens, comme nous l'avons expliqué, nº 34 à 39. Mais cet axe de

rotation étant oblique à l'écliptique, on ne peut arriver par le même

moyen à la connaissance des longitudes et des latitudes.

_La longitude et la latitude d'un astre se déduisent par un calcul de

trigonométrie sphérique, de son ascension droite et de sa déclinaison

observées_[86].

[Note 86: Ce calcul consiste dans la résolution du triangle sphérique

NPe (_fig_. 77), dont nous allons indiquer les éléments. On y connaît:

1º le côté Pe = 90°-Déclinaison; 2º le côté NP qui mesure l'angle PON,

inclinaison de l'écliptique sur l'équateur; 3º l'angle NP_e_ qui a pour

mesure l'arc ED = 90° + ♈D = 90° + AR. Connaissant deux côtés d'un

triangle et l'angle compris, on peut résoudre ce triangle et calculer:

1º le troisième côté N_e_ = 90°-Latitude; 2º l'angle PN_e_, qui a pour

mesure l'arc d'écliptique LS = 90°-Longitude; d'où la longitude et la

latitude célestes.]

C'est pour rendre plus facile cette conversion très-fréquente des

ascensions droites et des déclinaisons en longitudes et en latitudes,

qu'on a choisi pour origine commune des ascensions droites et des

longitudes _le point équinoxial_ ♈, commun aux deux cercles sur lesquels

se comptent ces coordonnées.

=213=. MOUVEMENTS DIRECTS, RÉTROGRADES. On sait que le soleil se meut

sur l'écliptique, _de l'ouest à l'est_; sa latitude est constamment

_nulle_; ses diverses positions se distinguent par leurs longitudes.

Comme on a souvent à considérer, en astronomie, des mouvements qui ont

lieu sur la sphère céleste, soit le long de l'écliptique, soit suivant

des lignes qui ne s'en écartent pas beaucoup, on a adopté des

dénominations spéciales pour désigner le sens de ces mouvements. Tout

mouvement qui s'effectue dans le même sens que celui du soleil, de

l'ouest à l'est (dans le sens des longitudes croissantes), est dit un

_mouvement direct_; dans le sens contraire, le mouvement est dit

_rétrograde_.

=214=. On dit que deux astres sont _en conjonction_ quand leurs

longitudes sont égales; _en opposition_, quand leurs longitudes

diffèrent de 180°; _en quadrature_, quand elles diffèrent de 90°.

Leçons de cosmographie à l'usage des lycées et collèges et de tous les établissements d'instruction publique · 第 56 / 117 题