=139.= Le double mouvement relatif du soleil a la plus grande influence
sur les travaux de l'homme. En effet, le mouvement diurne produit les
alternatives des journées et des nuits; le mouvement annuel de
translation sur l'écliptique influe périodiquement, ainsi que nous
l'expliquerons plus tard, sur la durée des journées et des nuits, et sur
la température générale de chaque lieu de la terre; par suite, sur les
productions du sol et les travaux des champs. L'homme a donc été conduit
naturellement à régler ses occupations sur la durée et les circonstances
de ces deux mouvements. De là deux unités principales pour la mesure du
temps, _le jour et l'année_, dont nous allons nous occuper
successivement.
=140.= JOUR SOLAIRE. On appelle _jour solaire_ la durée d'une révolution
diurne du soleil, autrement dit, le temps qui s'écoule entre deux
passages consécutifs du soleil au même méridien.
_L'année tropique_ est le temps qui s'écoule entre deux retours
consécutifs du soleil au même point équinoxial.
Une année tropique = 365,2422 jours solaires = 366,2422 jours sidéraux
(V. nº 155).
=141.= _Le jour solaire est plus grand que le jour sidéral._ Cela
résulte du mouvement propre du soleil. Admettons en effet que cet astre
passe un jour au méridien en même temps qu'une certaine étoile de
P_s'_P' (fig. 49). Après un jour sidéral écoulé, quand l'étoile _e_
passe de nouveau au méridien avec son cercle horaire P_s'_P', le soleil,
par l'effet de son mouvement propre, se trouve sur un cercle horaire
plus _oriental_ P_s"_P'; il ne passe donc au méridien qu'un certain
temps après l'étoile (4 minutes environ); ce temps est précisément
l'excès du jour solaire sur le jour sidéral.
=142.= _Les jours solaires consécutifs sont inégaux._ C'est ce que nous
apprennent les observations de passages indiquées nº 115. On connaît les
heures sidérales d'un grand nombre de passages consécutifs du soleil au
méridien; en retranchant chaque heure de la suivante, on obtient l'excès
de chaque jour solaire sur le jour sidéral; or les restes ainsi obtenus
ne sont pas égaux.
=143.= _Les jours solaires sont inégaux parce que l'AR ne varie pas de
quantités égales en temps égaux._
L'accroissement d'AR est _a'a"_ (_fig._ 49). Si cet accroissement était
proportionnel au temps, l'arc _a'a"_ aurait toujours la même grandeur
après un jour sidéral écoulé quelconque; le retard du soleil sur
l'étoile _e_ étant toujours le même, le jour solaire égal à un jour
sidéral plus une quantité constante serait toujours le même.
Les 365,2422 jours solaires de l'année tropique forment une période
complète qui recommence indéfiniment à chaque nouvel équinoxe du
printemps[54]. En prenant la moyenne valeur d'un de ces 365,2422 jours
solaires, on a donc la moyenne valeur du jour solaire considéré en
général.
[Note 54: L'année tropique n'est pas rigoureusement constante; mais ses
variations sont si petites que nous nous abstenons d'en tenir compte;
n'ayant aucun intérêt, même éloigné, à nous en occuper.]
Puisque 365,2422 jours solaires valent 366,2422 jours sidéraux, _le jour
solaire moyen vaut_ 366,2422j. sid. /365,2422 = 1j. sid.,002729 = 1j.
sid. 3m 56s,5.
=144.= TEMPS MOYEN. L'inégalité des jours solaires a été longtemps un
grand inconvénient pour la mesure du temps civil par la durée de
certains mouvements mécaniques uniformes, comme ceux des horloges et des
montres, qui ne peuvent mesurer que des jours consécutifs égaux.
Il y a bien le jour sidéral; mais comme c'est sur la marche du soleil,
sur la durée du jour et des nuits, que l'homme règle ses occupations les
plus ordinaires, _il faut évidemment que la durée, l'origine, et par
suite les diverses périodes du jour, indiquées par les horloges et les
montres, s'écartent le moins possible, _en tout temps_, de la durée, de
l'origine et des périodes correspondantes du jour solaire vrai_.
Or le _jour sidéral_, trop différent du jour solaire, a l'inconvénient
grave de commencer successivement, quoi qu'on fasse, Ã tous les moments,
soit de la journée, soit de la nuit[55a].
Voici comment on est parvenu à remplir d'une manière satisfaisante les
conditions qui précèdent.
On a imaginé un premier soleil fictif (un point mobile), S', se trouvant
au périgée en même temps que le soleil vrai S, et décrivant l'écliptique
dans le même sens et dans le même temps que celui-ci, mais d'un
mouvement uniforme avec une vitesse constante précisément égale à la
vitesse angulaire moyenne de S, qui est très-approximativement
(360°/365,2422)=59'8",3 par jour solaire moyen[55b]. Le mouvement en AR
de ce soleil fictif S' est affranchi de la première des causes
d'irrégularité qui affectent celui du soleil vrai (nº 138, 1º);
cependant ce mouvement n'est pas encore uniforme à cause de l'obliquité
de l'écliptique (nº 138, 2º).
[Note 55ab: Voici quelques considérations élémentaires à propos du choix
de l'unité de temps et de la manière de régler les horloges.
En considérant les durées de tous les jours solaires de l'année
tropique, on trouve que la différence entre le jour le plus long et le
jour le plus court est d'environ 50 secondes; l'unité du temps civil
doit évidemment être prise entre ces deux limites. Cette condition
exclut immédiatement _le jour sidéral_.
Il est naturel de choisir la moyenne de ces durées extrêmes qui est la
durée dont s'écartent le moins les jours solaires _considérés en
général_. De plus, les jours solaires forment une période complète qui
se répète indéfiniment.
C'est en effet cette moyenne valeur qui, sous le nom de _jour solaire
moyen_, a été adoptée comme unité de temps. Les horloges et les montres
sont aujourd'hui construites et réglées d'après la durée du jour solaire
moyen; le temps qu'elles mesurent s'appelle _le temps moyen_.
Ces horloges construites, il faut les mettre à l'heure de manière Ã
remplir les autres conditions ci-dessus indiquées. Pour cela, il est
naturel d'établir une première coïncidence entre le temps moyen (l'heure
de l'horloge) et le temps solaire vrai; de plus, on doit choisir
l'époque de cette coïncidence de manière que l'écart qu'on ne peut
empêcher de se produire entre ces deux temps soit restreint dans ses
moindres limites. Pour peu qu'on réfléchisse aux propriétés de la
moyenne valeur, on voit que ce qui convient le mieux est d'établir cette
coïncidence à l'époque où le jour solaire vrai est à son maximum. Cette
condition est, en effet, réalisée dans la combinaison adoptée pour
rattacher le temps moyen au temps solaire vrai, que nous exposons dans
le texte.]
On a donc imaginé un second soleil fictif S", se trouvant au point
équinoxial γ en même temps que le premier S', et parcourant l'équateur,
aussi d'occident en orient, d'un mouvement propre uniforme, avec la même
vitesse constante ci-dessus indiquée de 360°/365,2422 par jour solaire
moyen; c'est là un mouvement régulier en AR[56]. L'accroissement de l'AR
de ce soleil fictif S" étant constant, et précisément égal à la moyenne
des accroissements journaliers de l'AR du soleil vrai, le jour solaire
de ce soleil fictif S", que l'on suppose participer au mouvement diurne
comme S et S', est constant (143), et précisément égal à la moyenne
valeur des jours solaires, c'est-Ã -dire, au _jour solaire moyen_.
[Note 56: Il s'en faut de 50",1 que la position apparente du soleil vrai
parcoure les 360° de l'écliptique en une année tropique (V. la
précession des équinoxes). Nous faisons ici et ailleurs abstraction de
ces 50" qui influent très-peu sur la valeur moyenne susdite. En la
considérant, nous compliquerions peu utilement ce que nous avons à dire
sur le jour et le temps moyens.]
C'est sur la marche de ce soleil fictif S", qu'on appelle _soleil
moyen_, que se règlent aujourd'hui les horloges et les montres.
=145=. L'unité de temps civil est le _jour solaire moyen_. Le jour se
compose de 24 heures, l'heure de 60 minutes, et la minute de 60
secondes.
Il est midi moyen, ou simplement midi en un lieu, quand le _soleil
moyen_ passe au méridien de ce lieu; il est minuit moyen quand il passe
au méridien opposé.
Le jour civil commence à minuit moyen; on compte de 0 à 12 h., de minuit
à midi; puis on recommence de midi à minuit.
Les astronomes font commencer le jour moyen à midi moyen, et comptent de
0 à 24 heures d'un midi à l'autre[57].
[Note 57: La convention relative à l'origine de chaque jour civil _d'une
date donnée_, aux lieux de diverses longitudes, est la même que celle
qui a été indiquée nº 78, à propos du jour sidéral (le soleil moyen
remplaçant l'étoile).]
Le temps ainsi mesuré (sur la marche du soleil moyen) s'appelle _temps
moyen_.
On appelle _temps solaire vrai_, le temps mesuré sur la marche du soleil
vrai (S).
Il est _midi vrai_ quand le soleil vrai passe au méridien du lieu; il
est minuit vrai quand il passe au méridien opposé. Les astronomes font
commencer chaque jour vrai à midi vrai; nous avons dit que les jours
vrais sont inégaux.
=146=. Les horloges et les montres marquent aujourd'hui le temps moyen;
l'aiguille des heures fait le tour du cadran en un demi-jour moyen;
celle des minutes en une heure moyenne; celle des secondes en une minute
moyenne[58].
[Note 58: Ce n'est qu'en 1816 qu'on a commencé à les régler ainsi;
auparavant on les réglait sur le midi vrai. Il y a maintenant une foule
de circonstances dans la vie ordinaire qui nécessitent absolument une
régularité parfaite dans la marche des horloges; nous ne citerons que le
service des chemins de fer.]
Chacun de ces instruments est mis à l'heure de manière à marquer 0h 0m
0s à _midi moyen_. Cette condition une fois remplie, l'horloge bien
construite et bien réglée marche indéfiniment d'accord avec le soleil
moyen, et doit marquer 0h 0m 0s à chacun des midis moyens suivants.
Les astronomes connaissent les lois du mouvement du soleil vrai; ils
peuvent calculer à l'avance en temps moyen, et à partir d'une époque
donnée quelconque, l'instant précis du midi vrai pour un nombre illimité
de jours solaires; ils connaissent l'AR du soleil S Ã chacun de ces
midis. D'un autre côté, en partant du moment connu d'un passage de S et
de S' au périgée, ils peuvent, par de simples multiplications (à cause
de l'uniformité du mouvement de S'), connaître les positions successives
de S' sur l'écliptique, à une époque donnée quelconque, par ex.: Ã
chaque midi vrai. Mais la distance de S' au point équinoxial â, comptée
sur l'écliptique d'occident en orient (sa longitude céleste), est
précisément l'AR du soleil moyen S". On peut donc comparer l'AR de S" Ã
celle de S aux mêmes époques, à chaque midi vrai par exemple[59]: La
différence de ces AR est la distance angulaire qui sépare, à midi vrai,
le cercle horaire de S" du méridien du lieu, que S rencontre en ce
moment; cette différence convertie en temps moyen, à raison d'une heure
moyenne pour 15°, est précisément le temps dont le midi moyen suit ou
précède le midi vrai (uniformité du mouvement en AR du soleil moyen). Si
le midi moyen précède un certain jour le midi vrai de 7m 15s, il est
déjà 7m 15s, temps moyen, quand le midi vrai arrive; les horloges
réglées sur le soleil moyen doivent marquer 7m 15s à midi vrai de ce
jour. Si le midi moyen suit le midi vrai de 5m 40s, il n'est encore que
11h 54m 20s, temps moyen, Ã midi vrai, et les horloges doivent marquer
cette heure-là à midi vrai de ce jour.
Le calcul du temps moyen au midi vrai est fait à l'avance pour tous les
jours de chaque année civile; les résultats en sont publiés à l'avance
pour l'usage que nous allons indiquer.
[Note 59: Quand les AR du soleil vrai et du soleil moyen S" coïncident,
le temps moyen (des horloges) et le temps solaire vrai coïncident. Une
de ces coïncidences a lieu vers le 25 décembre, _à l'époque des plus
longs jours solaires_. On peut suivre sur un globe les mouvements des
trois soleils, et les comparer comme il suit:
[Illustration: 120, Fig. 54]
_Mouvements comparés de S et S'_. Les deux astres sont ensemble au
périgée P (_fig._ 54); la vitesse de S, alors à son maximum, étant plus
grande que celle de S', S prend l'avance, et l'écart des deux astres
augmente de plus en plus jusqu'à ce que la vitesse décroissante de S
soit arrivée à la valeur moyenne, 59' 8",3; à partir de ce moment, S'
allant plus vite que S s'en rapproche de plus en plus, et le rejoint Ã
l'apogée A. La vitesse de S' surpassant toujours celle de S, qui est
alors à son minimum, S' prend l'avance; l'écart des deux soleils
augmente jusqu'Ã ce que S ait atteint de nouveau la vitesse moyenne 59'
8",3; alors, il se rapproche de S' qu'il rejoint au périgée P. Puis les
mêmes circonstances se reproduisent indéfiniment.
_Mouvements de S' et S"_. Ces deux astres sont ensemble au point
équinoxial â; les vitesses de leurs mouvements uniformes étant les
mêmes, ils parcourent un quadrant dans le même temps, l'un sur
l'écliptique, l'autre sur l'équateur; de sorte qu'ils se trouvent quatre
fois dans l'année sur le même cercle horaire; sur PâP', PSP', PâP', et
PS'P'; autrement dit, quand S' passe aux deux équinoxes et aux
solstices, S" rencontre S' ou sa projection sur l'équateur.
_Mouvements de_ S _et_ S". Ce que nous devons comparer ici, c'est le
mouvement de la projection _s_ de S sur l'équateur, et le mouvement de
S"; quand _s_ et S" se rencontrent, les deux soleils passent ensemble au
méridien; quand _s_ est en avance, S se trouvant sur un cercle horaire
plus oriental que S", passe au méridien plus tard que S"; quand _s_ est
en arrière, c'est le contraire. Cela posé, rappelons-nous que S' et S"
étant ensemble au solstice d'hiver, S, qui ne doit rejoindre S' qu'au
périgée, est en arrière de ce solstice. Mais la projection _s'_ de S',
allant du solstice au périgée P, prend l'avance sur S"; car près des
solstices la vitesse de cette projection _s'_ est à son maximum. Il
résulte de là que la projection _s_, qui rejoint _s'_ en même temps que
S rejoint S' au périgée, rencontre auparavant S"; S et S" se rencontrent
donc ainsi sur le même cercle horaire entre le solstice d'hiver (31
décembre) et l'arrivée du soleil vrai au périgée (1er janvier); c'est ce
que nous voulions montrer. On peut continuer de la même manière l'étude
de ces mouvements.]
=147=. METTRE UNE HORLOGE OU UNE MONTRE Ã L'HEURE OU VÃRIFIER SON
EXACTITUDE. Il y a chaque année dans le calendrier de la connaissance
des temps ou de l'Annuaire du bureau des longitudes de France une
colonne intitulée: _Temps moyen au midi vrai_, indiquant vis-à -vis de
chaque jour de l'année le temps que doit marquer ce jour-là , à midi
vrai, une horloge réglée sur le soleil moyen.
On se sert de ce tableau pour mettre à l'heure et vérifier les horloges
et les montres qui doivent marquer le temps moyen. Pour cela on
détermine, par l'observation d'un passage du soleil vrai au méridien,
l'instant précis du midi vrai; à ce moment l'horloge doit marquer
exactement le temps moyen au midi vrai indiqué sur le tableau pour le
jour où l'on est[60].
[Note 60: On peut encore régler une horloge ou une montre suivant le
temps moyen par l'observation des étoiles en se fondant sur ceci: 1j.
sidéral = 1j. moyen - 3m 55s,9. Lors du passage d'une étoile,
l'horloge doit marquer 3m 55s,9 de moins qu'au passage précédent.]
En parcourant ce tableau dans l'Annuaire on verra que chaque année le
soleil vrai et le soleil moyen se trouvent quatre fois sur le même
cercle horaire; à ces moments leurs AR sont les mêmes, le midi moyen et
le midi vrai des 4 jours où cela arrive coïncident ou à peu près. (V.
sur l'Annuaire, le 15 avril, le 15 juin, le 31 août et le 25 décembre;
vérifiez de même la note ci-dessous)[61].
=148=. ÃQUATION DU TEMPS. On appelle _équation du temps_ à un moment
quelconque ce qu'il faut ajouter au temps vrai, ou ce qu'il en faut
retrancher pour avoir le temps moyen. Cette différence s'écrit avec le
signe + ou avec le signe-, suivant celui des deux cas qui se présente.
L'équation du temps au midi vrai de chaque jour est donnée par le
tableau dont nous avons parlé tout à l'heure.
C'est l'heure indiquée dans ce tableau quand le midi moyen précède le
midi vrai (signe +); c'est 12 heures moins l'heure indiquée dans le cas
contraire (signe -)[62].
[Note 61: Le temps moyen au midi vrai a été 14m 33s le 23 février 1854;
c'est la plus grande avance possible dans le cours de cette année des
horloges sur le soleil vrai. Le 3 novembre 1854, le temps moyen au midi
vrai est 11h 43m 42s; les horloges retardent ce jour-là de 16m 18s sur
le soleil vrai; c'est le plus grand retard possible des horloges sur le
soleil vrai dans le cours de cette année. Le plus grand excès du jour
solaire sur le jour moyen est 30 à 31 secondes vers le 25 décembre; son
plus grand écart en moins est de 17 à 18 secondes en mars.]
[Note 62: On appelle aussi _équation du temps_, et c'est même la
définition astronomique, ce qu'il faut ajouter à l'AR du soleil moyen
pour avoir l'AR du soleil vrai. Soient _n_ la valeur moyenne de
l'accroissement d'AR dans l'unité de temps, _t_ le nombre de ces unités
écoulées depuis que le soleil moyen a passé au point équinoxial; l'AR du
soleil moyen est _nt_ et celle du soleil vrai:
A = _nt_ + _e_.
Cette quantité _e_, qui varie irrégulièrement, est l'équation du temps;
elle peut avoir le signe + ou le signe -.]
APPLICATION. _Un phénomène est arrivé le_ 9 _mars_ 1854 _à _ 8h 43m 17s
_du soir, temps vrai; on demande l'heure en temps moyen._
On trouve que le 9 mars 1854 le temps moyen au midi vrai est 0h 10m 48s,
et le lendemain 0h 10m 32s; la différence en moins est donc 16s.
L'équation du temps, variant de 16s en 24h, varie proportionnellement en
8h 54m 8s. On réduit 24h et 8h 54m 8s en secondes, ce qui donne 86400s
et 32048s; on écrit l'égalité 86400 / 32048 = 16 / _x_; d'où _x_ = 5s,9.
On retranche 5s,9 de 0h 10m 48s; le reste, 10m 42s,1, ajouté à l'heure
vraie, 8h 43m 17s, donne 8h 53m 59s,1 pour l'heure cherchée en temps
moyen.
On conçoit l'utilité de l'équation du temps; d'abord elle sert à régler
les horloges et les montres. Ensuite le temps vrai est celui qu'on
détermine en mer par exemple par les observations astronomiques, et le
temps moyen est celui que marquent les instruments dont on est muni.
=149=. REMARQUE. On considère donc en astronomie trois espèces de temps:
le temps sidéral, le temps solaire vrai et le temps solaire moyen.
Quelle que soit la manière d'évaluer le temps, l'heure exprimée est
particulière à chaque lieu de la terre; elle change évidemment avec le
méridien. On dit par exemple: il est telle heure en temps sidéral, en
temps vrai, ou en temps moyen de Paris.