=132=. La vitesse angulaire du soleil est donc à son maximum quand cet
astre est au périgée P (_fig._ 53) vers le 1er janvier; à partir de là ,
elle décroît continuellement jusqu'à un minimum qu'elle atteint quand
l'astre arrive à l'apogée A, vers le 3 juillet. Puis cette vitesse
repassant exactement par les mêmes états de grandeur, mais dans l'ordre
inverse, augmente progressivement pour revenir à son maximum vers le 1er
janvier. Et ainsi de suite indéfiniment.
=133=. Résumé. On peut résumer ainsi ce que nous avons dit jusqu'Ã
présent sur le mouvement annuel apparent du soleil.
Ce mouvement s'accomplit dans une orbite plane dont le plan, qui passe
par le centre de la terre, se nomme le plan de l'écliptique; cette
orbite se projette sur la sphère céleste suivant le grand cercle de ce
nom; néanmoins cette orbite elle-même n'est pas circulaire, mais
elliptique; la terre en occupe le foyer et non le centre. L'excentricité
de cette ellipse est à peu près 1/60, en prenant pour unité la moitié du
grand axe de l'ellipse. Le mouvement du soleil sur cette ellipse est
réglé de telle sorte que son rayon vecteur décrit des aires égales en
temps égaux.
=134=. ORIGINE DES ASCENSIONS DROITES. Ainsi que nous l'avons dit nº 33;
le point choisi pour origine des ascensions droites de tous les astres
est le point équinoxial du printemps, le point â (_fig._49)[52].
[Note 52: Voici le motif de ce choix. Il y a deux systèmes de
coordonnées célestes principalement usités en astronomie: 1º
l'_ascension droite_ et la _déclinaison_ qui se rapportent à l'équateur
céleste et à son axe (n° 36); 2º la _longitude_ et la _latitude
célestes_ qui se rapportent exactement de même à l'écliptique et à son
axe. Les premières obtenues par l'observation servent à calculer les
secondes; or ce calcul _fréquent_ est beaucoup simplifié par le choix
d'une origine commune aux ascensions droites et aux longitudes célestes;
c'est pourquoi on a pris pour origine l'un des points communs Ã
l'équateur et à l'écliptique.]
ORIGINE DU JOUR SIDÃRAL. C'est le moment où le point équinoxial passe au
méridien du lieu (V. le nº 78). Si l'horloge sidérale d'un lieu est
réglée de manière à marquer 0h 0m 0s à l'instant où le point équinoxial
passe au méridien d'un lieu, on peut y déterminer les AR des astres de
la manière indiquée nº 34. Mais le point équinoxial n'est pas visible
sur la sphère céleste; aucune étoile remarquable ne se trouve sur le
cercle horaire de ce point; cependant il est facile de régler une
horloge exacte de manière qu'elle remplisse la condition précédente.
[Illustration: 112, Fig. 50.]
=135=. DÃTERMINER LE MOMENT PRÃCIS D'UN ÃQUINOXE. RÃGLER UNE HORLOGE
SIDÃRALE SUR LE PASSAGE AU MÃRIDIEN DU POINT ÃQUINOXIAL. On observe les
passages successifs du soleil au méridien du lieu quand la déclinaison
décroissante est très-faible et voisine de 0°. On s'aperçoit que le
soleil a traversé l'équateur quand, d'un jour à l'autre, la déclinaison,
d'australe qu'elle était, est devenue boréale, et _vice versa_. Par
exemple, le 20 mars d'une certaine année, à 0h 53m 24s de l'horloge
sidérale, cette déclinaison _sd_ (_fig_. 50), observée au _mural_, est
9' 28" _australe_. Le lendemain, à 0h 57m 22s, cette déclinaison _s'd'_
est 14' 18" _boréale_. Le soleil a donc, dans l'intervalle, traversé
l'équateur au point équinoxial A.
Il s'agit de savoir 1º _à quelle heure de l'horloge le soleil a passé
en_ A; 2º _à quelle heure le point équinoxial_ A _passe journellement au
méridien du lieu_.
1re _Question_. L'heure cherchée est celle à laquelle la déclinaison
décroissante s'est trouvée réduite de 9' 28" à 0°. En un jour solaire
égal, d'après les heures ci-dessus indiquées, à 24h 3m 58s, temps
sidéral, la déclinaison du soleil a varié de 9' 28" + 14' 28",
c'est-à -dire de 23' 46"; dans quel temps a-t-elle varié de 9' 28"? On
peut supposer, sans erreur sensible, que pendant un jour la déclinaison
varie proportionnellement au temps.
Cela posé, on a évidemment:
_x_/24h 3m 58s = 9' 28"/23' 46" = 568"/1426" = 568/1426
Tout calcul fait, on trouve _x_ = 9h 35m 9s. Le soleil a passé au point
A, 9h 35m 9s après l'observation faite le 20 mars, c'est-à -dire à 10h
28m 33s de l'horloge sidérale.
2e _Question_. Le soleil, avec le point _d_ de l'équateur, a traversé le
méridien le 20 mars à 0h 53m 24s de l'horloge; le lendemain, avec _d'_,
il a passé à 0h 57m 22s. La différence, 3m 58s, de ces deux heures est
due à la différence _dd'_ des ascensions droites des points _d_ et _d'_:
pour le point A, il faut avoir égard à la différence _d_A. Soit _y_ la
différence entre les heures de passage de _d_ et de A, on a évidemment:
_y_ _d_A _d_>A _sd_
------- = ----- = ------------ = ---------------,
3m 58s _dd'_ _d_A + A_d'_ _sd_ + _s'd'_
_y_ 9' 28" 568" 568
ou ------- = ------- = ----- = ----.
3m 58s 23' 46" 1426" = 1426
Tout calcul fait, _y_ = 1m 34s. On conclut de là que le point A passe au
méridien à 0h 53m 24s + 1m 34s, c'est-à -dire à 0h 54m 58s de l'horloge
sidérale. Celle-ci réglée sur ce passage devrait marquer 0h 0m 0s à cet
instant; elle est donc en avance de 0h 54m 58s. Pour la régler, on doit
la retarder de ces 54m 58s.
Dans l'hypothèse où nous nous sommes placé, les ascensions droites
déterminées à l'aide de l'horloge sont donc trop fortes de ce qu'on
obtient en convertissant 54m 28s en degrés, à raison de 15° par heure.
En effet, ces ascensions droites sont comptées à partir d'un point de
l'équateur distant, vers l'ouest, du point équinoxial A, de ce nombre de
degrés.
=136.= L'horloge étant réglée sur le passage du point équinoxial â, on
peut déterminer l'heure du passage d'une étoile remarquable, voisine du
cercle horaire de ce point â, α d'Andromède par exemple, et en déduire
l'AR de cette étoile. Cette heure ou cette AR sert à vérifier plus tard
l'exactitude de l'horloge, ou bien à déterminer les AR en général, α
d'Andromède servant d'origine auxiliaire.
=137.= VARIATIONS DE L'ASCENSION DROITE DU SOLEIL. L'origine des AR est
la même pour le soleil que pour les étoiles. _Ainsi l'ascension droite
du soleil, à un moment donné quelconque, est l'arc d'équateur céleste
compris entre le point équinoxial â et le cercle horaire qui passe par
le centre de l'astre, cet arc étant compté d'Occident en Orient, Ã
partir de â._ Nous avons dit (nº 113) comment on détermine cette
coordonnée.
=138.= Par suite du mouvement propre du soleil, son ascension droite
varie continuellement, mais elle ne varie pas proportionnellement au
temps, autrement dit, _elle n'augmente pas de quantités égales en temps
égaux_.
C'est un fait constaté par les observations indiquées nº 115.
Connaissant les heures sidérales d'une série de passages consécutifs du
soleil au méridien, et les AR correspondantes, il est facile de
comparer, d'une part, les accroissements d'AR survenus jour par jour, et
de l'autre, les temps durant lesquels ces accroissements se sont
produits; on trouve des rapports inégaux.
Ce fait peut s'expliquer comme il suit:
L'accroissement _a'a"_ d'AR du soleil (_fig._ 49), durant un temps
quelconque, correspond au chemin _s's"_ que la position apparente du
soleil fait sur l'écliptique pendant le même temps; _a'a"_ est la
projection de _s's"_ sur l'équateur. La grandeur de _a'a"_ dépend à la
fois de la grandeur de _s's"_ et de sa position sur l'écliptique.
[Illustration: page 114, fig. 49]
Or, 1º nous avons vu que les chemins parcourus sur l'écliptique par le
soleil en temps égaux ne sont pas égaux, mais varient en raison inverse
des carrés des distances du soleil à la terre (_V._ le nº 127).
2º _A cause de l'inclinaison de l'écliptique sur l'équateur_, quand même
les arcs _s's"_ seraient égaux, leurs projections _a'a"_ ne le seraient
pas nécessairement. Il suffit, en effet, de jeter les yeux sur la figure
49 pour voir que la projection d'un arc situé tout près de l'équateur
est moindre que l'arc projeté, tandis que le contraire a lieu près des
solstices; la grandeur de la projection dépend de l'inclinaison sur
l'équateur des arcs projetés, _s's"_, _s"sâ´_, _sâ´s""_, etc., et surtout
de ce que les arcs P_a'_, P_a"_,... qui les projettent, s'écartent de
plus en plus à mesure qu'on descend des pôles vers l'équateur.
Les deux causes d'inégalité que nous venons d'indiquer, tantôt
s'accordent pour augmenter ou pour diminuer l'accroissement d'AR durant
l'unité de temps, tantôt se contrarient; mais nous n'étudierons pas
leurs effets en détail[53].
[Note 53: La série d'observations indiquée nº 115 fait connaître, jour
par jour, l'arc _s's"_, sa projection et la durée du jour solaire; cela
suffit grandement pour qu'on puisse apprécier les effets des causes
susdites durant le mouvement annuel du soleil.]