L/L' = (1/1890,3) / (1/1956,2) = 1956,2/1890,3 = 1,0348/1

Si donc L' est pris pour unité, on aura L = 1,0348.

La série des diamètres apparents, obtenus jour par jour donne ainsi une

série de nombres proportionnels aux distances réelles du soleil à la

terre.

Si donc, on veut représenter proportionnellement, à l'aide d'une

construction graphique, les distances réelles par des lignes _l_, _l'_,

_l"_, etc., on pourra prendre le premier jour une ligne arbitraire _l_

pour désigner la distance réelle de ce jour-là, correspondant au

diamètre apparent connu _d_; puis, en procédant par ordre, on construira

toutes les autres lignes _l'_, _l"_,..., d'après celle-là, comme

l'indique l'égalité (1) ci-dessus.

Nous pouvons maintenant nous occuper du lieu des positions réelles du

soleil par rapport à la terre supposée fixe.

=129=. ORBITE SOLAIRE. On appelle _orbite_ et quelquefois _trajectoire_

du soleil, la courbe que paraît décrire le centre du soleil autour de la

terre supposée fixe. Cette orbite ou trajectoire est une _courbe plane_,

tous ses points étant sur des rayons de l'écliptique (nº 113).

Voici comment on parvient, sans connaître aucune des distances réelles

de la terré au soleil, à déterminer néanmoins la nature de l'orbite

solaire.

On a devant soi un globe céleste (_fig._ 49) sur lequel on a marqué les

positions apparentes successives _s'_, _s"_, _s'''_... du soleil (nº

116, _fig._ 49), à la suite d'observations journalières d'AR et de D.

Admettons qu'en faisant ces observations d'AR et de D, on ait chaque

fois déterminé le diamètre apparent du soleil au moment de

l'observation. À l'aide des diamètres apparents, on peut construire des

lignes _l'_, _l"_,_l'''_..., proportionnelles aux distances réelles qui

séparent le soleil de la terre, quand le premier nous paraît sur

l'écliptique en _s'_, _s"_, _s'''_... (nº 124).

[Illustration: 108, Fig. 53.]

Cela posé, on reproduit l'écliptique sur un plan en y traçant un cercle

de rayon égal à celui du globe céleste; prenant sur ce cercle (_fig_.

53) un point quelconque _s'_ pour représenter une première position

apparente _s'_ du soleil, on rapporte sur la circonférence en question

les arcs _s' s"_, _s" s'''_... que l'on peut mesurer avec le compas sur

le globe céleste. On tire alors les rayons T_s'_, T_s"_, T_s'''_..., et

sur ces rayons, on prend les longueurs TS', TS", TS''', respectivement

égales aux lignes _l'_, _l"_, _l'''_... ci-dessus indiquées; ayant fait

cela pour toutes les positions du soleil marquées sur l'écliptique, on

joint par une ligne continue SS'S"..., les points ainsi marqués sur les

rayons de l'écliptique. La courbe ainsi obtenue est évidemment semblable

à celle que la _position réelle_ du soleil semble décrire dans l'espace

autour de la terre.

En faisant cette construction, on trouve que cette courbe est une

ellipse dont la terre occupe un des foyers. Cette ellipse est très-peu

excentrique, c'est-à-dire que la distance du centre au foyer est

très-petite relativement au grand axe de la courbe; elle en est à peine

la soixantième partie. Par conséquent, cette ellipse diffère très-peu

d'un cercle[48]. Aussi nous dirons:

_L'orbite du soleil, c'est-à-dire la courbe parcourue par la position

réelle du soleil dans son mouvement apparent de translation autour de la

terre supposée fixe est une ellipse très-peu allongée dont la terre

occupe un des foyers_[49].

[Note 48: Si _a_ désigne le grand axe, _c_ l'excentricité de l'ellipse,

la distance périgée _a_-_c_ = 1; puis _a_ + _c_ = 1,0348; d'où 2_a_ =

2,0348 et 2_c_ = 0,0348; on déduit de là la valeur de 2_b_ = racine

carrée de(a² - c²); on a ainsi des éléments suffisants pour construire

l'ellipse. Le rapport _c/a_ = 0,0348/2,0348 ou à peu près 1/60.]

[Note 49: Nous verrons plas tard que ce n'est pas le soleil qui tourne

autour de la terre, mais la terre qui tourne autour du soleil. Nous nous

conformons aux apparences _pour plus de commodité_; d'ailleurs les

conséquences _pratiques_ que l'on déduit du mouvement apparent du

soleil, ex.: les durées des jours et des nuits, les variations de la

température générale, etc., sont les mêmes que celles qu'on déduirait de

l'étude du mouvement réel de la terre. Car ces faits résultent des

positions relatives successives du soleil et de la terre, indépendamment

de la manière dont ces corps arrivent à ces positions relatives. Or

l'étude du mouvement propre apparent du soleil, considéré par rapport Ã

la terre supposée fixe, nous fait connaître exactement ces positions

relatives, une à une, et par ordre.

Plus précisément, les AR, les D, et les diamètres apparents observés

jour par jour, composent un tableau qui indique par des nombres les

positions relatives successives du soleil par rapport à la terre; la

construction de l'écliptique et de l'orbite solaire a pour objet la

représentation _graphique_ de chacune de ces positions relatives,

considérées les unes après les autres, indépendamment du mouvement des

deux corps; c'est la traduction du tableau en figure.]

Le grand axe AP de cette ellipse s'appelle _ligne des apsides_; P est le

_périgée_; A, l'_apogée_; les points correspondants _p_ et _a_ de

l'écliptique prennent quelquefois les mêmes noms. Chaque ligne TS' qui

va du centre de la terre à un point de l'orbite du soleil s'appelle un

rayon vecteur du soleil.

=130=. PRINCIPE DES AIRES. _Définition. L'aire décrite par le rayon

vecteur du soleil dans un temps déterminé quelconque est le secteur

elliptique, S'TS", compris entre l'arc d'ellipse_ S'S", _décrit dans cet

intervalle par le centre du soleil, et les deux rayons vecteurs_ T_s'_,

T_s", menés aux extrémités de cet arc_.

Si on évalue jour par jour, ou à des intervalles de temps égaux

quelconques, les aires correspondantes décrites par le rayon vecteur du

soleil, on trouve que ces aires sont égales.

Admettant que cet intervalle constant soit l'unité de temps, on conclut

de là très-facilement le principe suivant:

_Les aires décrites par le rayon vecteur du soleil dans son mouvement de

translation autour de la terre supposée fixe sont proportionnelles aux

temps employés à les parcourir_[50].

C'est là ce qu'on entend par la proportionnalité des aires au temps;

_c'est le principe des aires_.

=131=. VITESSE ANGULAIRE DU SOLEIL. On nomme _vitesse angulaire_ du

soleil, l'angle S'TS", des rayons vecteurs TS', TS", qui correspondent

au commencement et à la fin d'une unité de temps. Ou, ce qui revient au

même, la vitesse angulaire du soleil est l'arc d'écliptique, _s's"_,

décrit par la position apparente du soleil dans l'unité de temps. L'arc

_s's"_ mesure l'angle S'TS".

Par conséquent la comparaison des vitesses angulaires, aux différentes

époques du mouvement du soleil, revient à la comparaison des vitesses de

sa position apparente, _s_, sur l'écliptique. En comparant d'une part

les vitesses angulaires, et de l'autre les distances réelles, KÉPLER est

arrivé, par l'observation, à ce résultat général:

_La vitesse angulaire du soleil varie en raison inverse du carré de sa

distance réelle à la terre_.

Ce principe est une conséquence de celui des aires ou _vice versa_[51].

[Note 50: En effet soient _a_ l'aire décrite dans l'unité de temps, A

l'aire décrite dans _t_ unités de temps, A' l'aire décrite dans _t'_

unités; on a A = _a_ · _t_; A' = _a_ · _t'_; donc A / A' = _t_ / _t'_.]

[Note 51: Pour déduire ce second principe du premier, il suffit de

regarder chaque aire STS', décrite dans l'unité de temps, qui est aussi

petite que l'on veut, comme un secteur circulaire ayant pour rayon la

distance réelle TS au commencement de ce temps. Égalant deux aires ainsi

décrites à deux époques différentes, et traduisant l'égalité en celle de

deux rapports, on a le principe relatif aux vitesses angulaires, qui

sont représentées par les petits arcs, α, des secteurs circulaires en

question.

Leçons de cosmographie à l'usage des lycées et collèges et de tous les établissements d'instruction publique · 第 41 / 117 题