Le maréchal de Villars contait que, dans une de ses campagnes, les
excessives friponneries d’un entrepreneur de vivres ayant fait
souffrir et murmurer l’armée, il le tança vertement, et le menaça de le
faire pendre. Cette menace ne me regarde pas, lui répondit hardiment
le fripon, et je suis bien aise de vous dire qu’on ne pend pas un
homme qui dispose de cent mille écus. Je ne sais comment cela se fit,
ajoutait naïvement le maréchal, mais en effet il ne fut point pendu,
quoiqu’il eût mérité cent fois de l’être.—_Pecuniosus damnari non
potest._
Le pactole a des eaux qui peuvent tout blanchir.
=VOLONTÉ.=—_A bonne volonté ne faut la faculté._
_Ne faut_, c’est-à-dire ne manque pas. _Volenti nihil difficile._
Vouloir, c’est pouvoir, dit saint Paul.
A qui veut fortement les choses, nul obstacle n’est difficile. Un
génie appliqué perce tout, se fait faire place, arrive enfin à son but
(Bossuet).
C’est la seule tiédeur de notre volonté qui fait notre faiblesse,
et l’on est toujours assez fort pour faire ce qu’on veut fortement
(Jean-Jacques Rousseau).
Bien des choses ne sont impossibles que parce qu’on s’est accoutumé
à les regarder comme telles: une opinion contraire et du courage
rendraient souvent facile ce que le préjugé et la lâcheté font regarder
comme impraticable (Duclos).
=VOMISSEMENT.=—_Retourner à son vomissement._
C’est retomber dans ses erreurs, s’abandonner de nouveau à ses
inclinations vicieuses.—Cette expression est prise des Proverbes de
Salomon (ch. XXVI, v. 11): _Sicut canis qui revertitur ad vomitum suum,
sic imprudens qui iterat stultitiam suam. L’insensé qui retombe dans sa
folie est comme le chien qui retourne à ce qu’il a vomi._
On trouve dans les _Adages des pères de l’Église_, une expression
analogue qui est plus élégante. _Reædificare Jericho, reconstruire
Jéricho_, pour signifier, revenir à l’esprit du siècle.
=VOULOIR.=—_Il faut vouloir ce qu’on ne peut empêcher._
Tendre les bras à son destin, c’est de tous les moyens le plus
infaillible pour en adoucir les rigueurs. Il n’y a de douleur que dans
la privation forcée, dit M. A. Guiraud, et toutes les fois que la
volonté de l’homme est d’accord avec son destin, le sacrifice devient
une consolation, parce que la conscience y trouve une sorte d’acquit
pour le passé et une espérance presque certaine pour l’avenir.