Madame, je ne fays doubte, si le sieur de Quillegrey raporte tant de
grandes promesses d'Allemaigne, comme il en a faict la démonstration,
passant par ceste ville, et que s'estant en même temps le Roy
d'Espaigne plyé de venir requérir d'accord la Royne d'Angleterre sur
les différandz des Pays Bas, que je ne trouve dorsenavant la dicte
Dame et les siens encores plus difficiles et mal aysez en voz
affaires, que je n'ay faict jusques icy; et néantmoins je ne dellibère
pour cella procéder moins vifvement envers eulx, ez choses qui se
offriront pour vostre service, que j'ay toutjour faict; car cella
mesmes qui se veoyt meintennant n'est que Voz Majestez n'eussent
préveu debvoir de mesmes advenir, si la guerre de France alloit ainsy
en longueur comme elle faict.
Il est vray que je n'obmettray rien de ce que je cognoistray pouvoir
servir à conserver la paix et à contenir ceulx cy, le plus qu'il me
sera possible, en l'observance d'icelle qui, possible, cognoistront ne
leur estre moins utille de ne la rompre en vostre endroict que de la
renouveller ailleurs; en quoy je vous suplye, Madame, me mander si je
leur accorderay la seurté qu'ilz m'ont requise pour leurs flottes et
vaysseaulx qu'ilz dellibèrent envoyer à Bourdeaulx, ainsy que monsieur
l'Admyral d'Angleterre a vollu une mienne lettre de recommendation au
gouverneur du dict Bourdeaulx pour ung sien navyre, qu'il y a desjà
dépesché. Et n'ayant à vous dire meintennant rien davantaige que ce
qui est contenu en la lettre du Roy, je prieray pour le surplus Nostre
Seigneur, etc.
De Londres ce XXIIIe de septembre 1569.