AULTRE LETTRE A PART A LA ROYNE.

Madame, le faict du mariage de la Royne d'Escoce est venu à tel poinct

que, incistant fort fermement la Royne d'Angleterre que le duc de

Norfolc se déporte d'y entendre, et s'opiniastrant luy de ne le

vouloir faire, ains d'y persévérer jusques à la mort, elle luy a

faict de telles démonstrations de malcontantement qu'il s'en est allé

de la court sans prendre congé; de quoy la dicte Dame est fort mal

contante. Et semble que cella pourra bientost produyre je ne sçay quoy

de trouble en ce royaulme, mesmes que la Royne d'Escosse, se voyant

resserrée davantaige, vouldra pourvoir à sa liberté, sans temporiser

plus la bonne grâce de sa cousine. Sur quoy et aultres faictz, qui se

présentent, je vous dépescheray ung des miens aussi tost que celluy

que j'ay par dellà sera de retour; et je prieray Dieu, après avoir

très humblement baysé les mains de Votre Majesté qu'il vous doinct,

etc.

De Londres ce XXIIIe de septembre 1569.

Correspondance diplomatique de Bertrand de Salignac de La Mothe Fénélon, Tome Second Ambassadeur de France en Angleterre de 1568 à 1575 · 第 94 / 189 题