Monsieur, ayant entendu par toutes les dépesches que m'a faictes
monsieur le Cardinal, mon frère, et mesmes par la dernière que m'a
aportée Mr. du Puench, de quelle bonne volonté et affection vous
embrassez les affaires qui se présentent par dellà pour le bien de
ceste cause, et la bonne assistance que vous donnez en iceulx à mon
dict sieur le Cardinal, davantaige ce que vous faictes, à toutes
occasions, pour son particullier, je n'ay vollu faillir, par ce
pourteur s'en retournant, de vous en faire ung bien fort affectionné
remercyement, attandant que Dieu me donne le moyen de le pouvoir
recognoistre en quelque bon endroict envers vous ou les vostres,
lequel s'offrant vous vous pouvez asseurer, Monsieur, que je mettray
peyne de ne demeurer ingrat de tant d'obligation que nous vous avons,
lesquelles néantmoins je vous prieray d'accroistre par toutz les
aultres playsirs que vous nous pourrez faire cy après; car ayant la
charge que nous avons sur les braz à suporter, vous sçavés que nous
aurons, tant qu'elle durera, bon besoing de l'ayde, faveur et
assistance de Sa Majesté, ce que vous estant assés cogneu que nous ne
pouvons avoir du mal à faulte d'estre secouruz que vous ne vous en
sentiez bientôt après, je ne m'estendray, avec le bon zèle que je sçay
que vous avez à ce qui nous touche, à vous faire ceste plus longue que
pour me reccommander bien affectionnéement à vostre bonne grâce et
suplier Dieu vous donner, Monsieur, en sancté, augmentation des
siennes.
Et est escript par postille--du camp de Busserolles, ce VIe jour de
juillet 1569.
Et plus bas,
Vostre entièrement bon amy
CHASTILLON.