Poursuyvant monsieur l'évesque de Roz, envers la Royne d'Angleterre et
les seigneurs de son conseil, le secours promiz à sa Mestresse pour
estre remise en son estat, ou bien luy estre permiz de passer en
France pour aller requérir celluy du Roy et des aultres princes
chrestiens, il a eu la responce, dont cy devant j'ay faict mencion,
qu'il failloit esclarcyr premièrement le doubte, où la dicte Royne
d'Angleterre estoit, de la cession, qu'elle a entendu que sa dicte
Mestresse avoit faict, du tiltre de ce royaulme à Monseigneur, frère
du Roy, et suyvant la dicte responce la Royne d'Escoce a faict là
dessus une déclaration, par lettre escripte et signée de sa main, qui
pouvoit suffire, la copie de laquelle lettre j'ay desjà envoyée.
Néantmoins la Royne d'Angleterre a respondu à la dicte lettre en la
façon qu'on verra par la coppie de la sienne, du XXVe de may dernier,
suyvant laquelle la dicte Royne d'Escoce a dépesché le Sr de Bortyc,
son escuyer d'escuerye, et Rolle, son secrétaire, devers leurs
Majestez Très Chrestiennes et devers Mon dict Seigneur pour avoir leur
plus ample déclaration là dessus affin de satisfaire et contanter la
dicte Royne d'Angleterre.
Et a l'on cependant escript, de la part des dictes deux Roynes, en
Escoce, pour faire venir aulcuns députez de la noblesse et des estatz
du pays, pour veoir si le restablissement de leur Royne se pourra
faire par voye de paciffication.
En quoy semble que la Royne d'Angleterre et les seigneurs de son
conseil se disposent d'y mettre la main en bonne sorte, et desjà les
plus grandz de ce royaulme se sont ouvertement déclairez pour le
droict que la dicte Royne d'Escoce prétend à ce mesmes royaulme
d'Angleterre, après leur présente Mestresse, disantz que toutz les
aultres prétendans recherchoient leur droict de si loing, ou à tiltres
mal fondez de bâtardise, ou aultres non aprouvez par les loix du
royaulme, qu'ilz dellibèrent n'estre jamais contre celluy tant clair
de la dicte Dame, fille du cousin germain de leur Royne, qui estoit
propre nepveu, filz de la seur du Roy Henry VIIIe d'Angleterre[2],
laquelle la plus part d'eulx ont veue et cogneue, laquelle chose les
faict incliner et estre favorables à sa restitution en son propre
royaulme.
[2] Marie Stuart, fille de Jacques V et petite-fille de
Marguerite d'Angleterre, était la petite-nièce de Henri VIII, et
la cousine, issue de germain, d'Élisabeth. S'il est dit, au Ier
vol., p. 66, qu'elle était nièce d'Élisabeth, c'est que celle-ci
ayant sur elle l'avantage d'un degré, se trouvait être aussi,
comme ou le disait en France, sa tante à la mode de Bretagne.
HENRI VII + 1509.
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MARGUERITE HENRI VIII + 1547
Mariée à Marié à
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JACQUES IV + 1513. 1º. _Catherine_ 2º. _Anne_ 3º. _Jeanne_
_d'Aragon._ _de Boleyn._ _Seymour._
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JACQUES V + 1542 Marie + 1568. ÉLISABETH + 1603. Édouard VI + 1553.
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Marié à
Marie de Lorraine.
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MARIE STUART + 1587.
Sur quoy, pour l'accommodement de la dicte Dame avec ses subjectz,
semble qu'on veuille venir à une loy d'oblivyon des choses passées, ou
que mesmes la dicte Dame imputera à bien à ses subjectz, et les
remercyera de toute la démonstration qu'ilz ont faicte pour vanger et
avoir réparation du murtre du feu Roy, son mary, et qu'ilz n'auroient
fait que leur debvoir de la poursuyvre elle mesmes quant elle en eust
été coulpable;--que le jugement contre le comte de Baudouel sera
confirmé;--qu'il sera ottroyé une abolition généralle de toutes choses
mal venues jusques icy;--et chacun restably en ses biens, honneurs,
charges et offices;--que la religion aura cours en la forme qu'elle y
est establye meintennant;--qu'ung conseil sera estably, par ordonnance
des estats du pays, pour contenir les choses en ceste modération,
desquelles le comte de Mora sera l'ung;--et que des choses susdictes
la Royne d'Angleterre et la noblesse de son pays seront respondans.
J'entendz que, pour le regard des choses, que ceulx cy
prétendent capituller sur la dicte restitution, il y en a quatre
principalles:--la première, d'asseurer le tiltre de ceste coronne, et
qu'il demeure cédé et remiz entièrement à la Royne d'Angleterre;--la
seconde, que la nouvelle religion soit si bien establye en Escoce, que
la dicte Dame ne la puisse changer;--la tierce, qu'il soit faict une
si ferme et estroicte confédération entre ces deux royaulmes, que par
nul prétexte ilz ne puissent estre jamais en armes l'ung contre
l'aultre, et qu'ilz soyent obligez à ung mutuel secours;--la
quatriesme, qu'il soit trouvé quelque expédiant d'authoriser si bien
les promesses et capitullations que la Royne d'Escoce fera, estant en
ce royaulme, qu'elle n'y puisse jamais contrevenir par allégation de
force ny de peur, en quoy semble qu'ilz veulent avoir le prince
d'Escoce pour gaiges de sa parolle.
Sur quoy leurs Majestez me commanderont ce que j'auray a dire et
procurer là dessus, pour l'intérest de leur service, pour la
réputation de leur grandeur, et pour la conservation des alliances de
leur coronne.