Me voici:
J'étais là dès hier, et dès sa veille,
Ailleurs, ici;
Toute chair, a paré, un soir, mon âme vieille
Comme l'éternité du désir que tu vêts.
La nuit est claire au firmament....
Regarde avec tes yeux levés:
Voici--comme un tissu de pâle feu fatal
Qui fait épanouir la fleur pour la flétrir--
Monvoile où transparaît tout assouvissement
Qui t'appelle à la vie et qui t'en fait mourir.
La nuit est claire au firmament vital....
Mes mythes, tu les sais:
Je suis fille du Cygne,
Je suis la lune dont s'exubèrent les mers
Qui montent, tombent, se soulèvent;
Et c'est le flot de vie exultante et prostrée,
le flot des rêves,
le flot des chairs,
le flux et le reflux de la vaste marée.
Mon doute--on dit l'Espoir--fait l'action insigne:
Je suis reine de Sparte et celle-là de Troie,
Par moi, la douloureuse existence guerroie
Je meus toute inertie aux leurres de ma joie,
Hélène, Séléné, flottant de phase en phase,
Je suis l'Inaccédée et la tierce Hypostase
Et si je rejetais, désir qui m'y convies,
Mon voile qui promet et refuse l'extase,
Ma nudité de feu résorberait les Vies....
_--Vielé-Griffin in "La Wallonie," Dec._, '91.
_(Complete number devoted to his poems.)_
Mockel is represented by several poems rather too long to
quote,--"Chantefable un peu naive," "L'Antithèse," suggestive of the
Gourmont litany; by prose comment, by work over various pseudonyms. "A
Clair Matin" is a suitable length to quote, and it is better perhaps to
represent him here by it than by fragments which I had first intended to
cut from his longer poems.