_landwehr_ en Suisse, quoique un peu plus loin le texte ferait penser
qu’il s’agit de mercenaires payés par le prince. Quant au titre de
_holcan_ donné à son chef, son étymologie paraît être _hol_, tête, et
_can_, serpent, tête de serpent, peut-être à cause des insignes qu’il
portait.
[132] Ce bain au feu, était probablement le bain de vapeur dont les
Mexicains faisaient usage, appelé chez eux _temazcalli_ et chez les
Quichés _tuh_.
[133] Quel aveu pour un évêque, surtout pour un évêque espagnol et un
homme du caractère généralement attribué à Landa! Il prouve, du reste,
en faveur de sa véracité, mais il est bien triste pour la civilisation
européenne.
[134] Martyre de la chasteté et de la fidélité conjugales, persécutées
par des hommes qui avaient la prétention d’introduire l’Evangile.
[135] L’espagnol dit «conter des nouvelles et par moments un peu de
murmures,» sans dire contre qui, mais le reste du texte semble indiquer
que c’était contre leurs maris.
[136] Le nom _naual_ donné à ce ballet appartient à la langue mexicaine.
On sait, d’ailleurs, que certaines populations d’origine nahuatl, à
Panuco, à Teo-Colhuacan, etc., avaient des mœurs fort dissolues et
des fêtes très-lascives, d’où cette danse peut avoir été empruntée ou
apportée au Yucatan.
[137] Landa, en faisant, d’un côté, l’éloge de leur économie, de l’autre
de leur générosité, ne pouvait mieux dépeindre la femme de ménage par
excellence, _la femme forte_ dont il est question dans les saintes
Écritures, à propos de Judith. (_Proverb._ cap. 31.)
[138] _Ixchel_, mieux _Xchel_, suivant la grammaire du P. Beltran, est
tout simplement le féminin de _Chel_, indéfini dont le masculin est
_Ahchel_ ou _Hchel_, nom patronymique de la famille sacerdotale qui
régnait à Tecoh, capitale de la province d’Izamal. Voir le § IX.
[139] On sait d’ailleurs que les Mayas embaumaient à leur manière les
cadavres, lorsqu’ils ne les brûlaïent point; qu’ils les déposaient, comme
on le voit quelques lignes plus bas, dans des sarcophages en terre cuite
ou en bois, dont le couvercle représentait l’image du défunt, peinte de
couleurs vives, et qu’ils enfermaient avec lui ses livres, s’il était
prêtre, et d’autres objets rappelant sa profession et son rang. C’était
exactement ce qui avait lieu dans l’ancienne Égypte.
[140] Ces paroles indiquent suffisamment l’usage primitif des pyramides
d’Izamal et l’intérêt qu’il y aurait à fouiller dans leurs entrailles.
[141] Tout à fait comme les cercueils ou les sarcophages du même genre
trouvés en Etrurie, dans la Babylonie et en Égypte.
[142] Le _Yaxché_, qui signifie arbre vert, est probablement le même que
le _tonacaste_ ou _tonacazquahuitl_, arbre au tronc puissant et élevé,
au feuillage immense, mais menu et serré, dont la beauté et l’extrême
fraîcheur lui ont fait donner le nom d’arbre de la vie; pour moi je n’en
ai jamais vu dont la fraîcheur fût plus délicieuse.
[143] _Mitnal_, quelquefois écrit _metnal_, qui parait dériver du
_mictlan_ ou _mitlan_ de la langue nahuatl.
[144] _Hun-hau_ pour _hun-ahau_, suivant la prononciation maya où le
son guttural de la lettre _h_ se prononce autant que possible sans
voyelle. Ce mot signifie un seigneur, un roi, etc. Il est probable
qu’il fait allusion au personnage nommé _Hun-Camé_ dans le Livre sacré.
(_Popol-Vuh._)
[145] Du 30 novembre au 13 décembre.
[146] C’est la première fois que je trouve des mois de trente jours chez
une nation où le calendrier ordinaire et la civilisation paraissent être
d’origine toltèque. Il n’est probablement pas question de mois lunaires;
car dans ce cas ils n’eussent pas été de trente jours et n’auraient pas
complété le 360.
[147] On omettait de nommer alors les cinq jours supplémentaires, comme
le dit ici l’auteur, en ce sens qu’étant en dehors des dix-huit mois
de l’année, ils ne pouvaient avoir le nom d’aucun d’eux: mais en tant
que jours, il explique un peu plus bas qu’ils omettaient, tout en les
comptant, ceux des cinq premiers signes suivants; ainsi le 360 forment,
l’année terminant avec _Akbal_, comme dans le calendrier présenté par
l’auteur, les cinq jours supplémentaires devaient s’appeler _Kan_,
_Chicchan_, _Cimij_, _Manik_, et _Lamat_, afin que l’année nouvelle pût
commencer avec _Muluc_, d’après le système même de Landa qui recevra plus
loin d’amples éclaircissements, dans le calendrier yucatèque, publié au
Yucatan par don Pio Perez et que nous plaçons à la suite de cet ouvrage.
[148] Voir au document cité dans la note précédente relativement à
la signification de ces noms, dont le sens est pour la plupart resté
inconnu; au dire de l’évêque Nuñez de la Vega, ceux du calendrier tzendal
qui sont presque identiques, seraient les noms des chefs qui vinrent avec
Votan peupler ces contrées ou de ses premiers successeurs (Nuñez de la
Vega, _Const. diœces. del obispado de Chiappa_, in Præamb. § XXX et XXXI.)
[149] Peut-être les mêmes qu’_Oxomoco_, _Cipactonal_, _Quetzalcohuatl_
et _Tetzcatlipoce_, autrement _Oxomoco_, _Cipactonal_, _Tlaltecui_ et
_Xuchicaoaca_. Voir le _Livre sacré (Popol-Vuh)_, Introd. pag. CXVII.
[150] La plupart des mots composant les noms de ces divinités sont
introuvables dans les maigres vocabulaires qui sont sous nos yeux: leur
orthographe, d’ailleurs, est incertaine; nous chercherons toutefois à
expliquer les plus importants, mais sans rien affirmer, les étymologies
que nous donnons ici ne devant servir tout au plus que comme de simples
indications. L’auteur, en disant que les _Bacab_ étaient les soutiens du
ciel, permet de chercher l’étymologie du mot dans _bak_, qui signifie
un os, un rocher, une chose fondamentale; _bacab_ ou _bakab_ serait
peut-être un pluriel ancien: dans ce cas ce seraient les _fondements_
ou les _fondateurs_ du ciel. Les autres noms ont évidemment rapport
aux présages annuels de chacun des quatre signes qui se suivaient
continuellement: ainsi l’année du signe _Kan_, placé au midi, était
marquée de la couleur jaune, _kan_ ou _kanal_; l’année du signe _Muluc_,
placé au levant, était marqué de la couleur rouge, _chac_ ou _chacal_;
l’année du signe _Yx_, placé au nord, était marquée de la couleur
blanche, _zac_ ou _zacal_; enfin celle du signe _Cauac_, placé au nord,
était marquée de noir, _ek_ ou _ekel_. Le mot _pavahtun_, composé de
_paa_, édifice, de _vah_, passé probablement d’un verbe qui veut dire
ériger, dresser, et de _tun_, la pierre du _katun_ qu’on incrustait dans
le mur pour rappeler la mémoire de l’année. Le mot _chac_, avec lequel se
termine chacun des noms, rappelle sans doute la divinité protectrice des
champs, et dans ce cas il faudrait l’écrire _çhac_, avec le _ch_ barré ou
cédillé.
[151] Les mêmes noms de couleurs se représentent ici avec _u-Uayeyab_,
mieux _u uayeb haab_, _les lits_ ou _les couches de l’année_; ces noms
sont donnés aux jours supplémentaires, ainsi désignés parce qu’ils
étaient comme les jours de repos de l’année.
[152] _Bolon_ est l’adjectif numéral neuf, _zacab_, dont la racine est
_zac_, blanc, est le nom d’une sorte de maïs moulu, dont on fait une
espèce d’orgeat. Cette statue était-elle une image allégorique de cet
orgeat offert en cette occasion?
[153] _Kanté_, bois jaune; c’est probablement le cèdre.
[154] Nous avons déjà parlé de _Zamna_, au _Itzamna_, § V, note 5; son
nom se retrouve dans celui d’_Izamal_, dont il fut peut-être le fondateur
et qui s’appelait, ainsi que lui-même, _Itzamatul_; mais je ne trouve
pas dans Lizana le nom d’_Yzamna-Kauil_, mais bien _Kab-ul_; c’est
peut-être encore une faute du copiste de Landa (Lizana, _Hist. de N. S.
de Ytzamal_. Part. I. cap. 4.)
[155] L’original du manuscrit de Landa était partagé en un grand nombre
de petits chapitres, dont les divisions ont été à peu près partout omises
par le copiste, ce qui fait que nous n’avons pu les suivre. La division
présente est la nôtre. Le chapitre 100 de l’original correspondant à un
des alinéas du § XXVIII.
[156] Je trouve ce nom écrit alternativement _Kinch-Ahau_ et
_Kineh-Ahau_, ailleurs _Kinich-Ahau_, qui serait le seul acceptable:
_kin_, soleil, _ich_, œil et visage, et _ahau_, seigneur; ce qui
reviendrait à dire seigneur au visage de soleil, ou suivant Lizana
qui l’appelle _Kinich Kakmó_, soleil au visage et rayons de feu, bien
que _kakmó_ ait la signification d’Ara-de-feu, ainsi qu’il le donne à
entendre lui-même un peu plus loin. (_Hist. de N. S. de Yzamal_, Part. I,
cap. 4.)
[157] Plus haut il est parlé de quatre cent vingt-cinq grains de maïs
grillé composant le _zacah_.
[158] _Holcan_, tête de serpent, titre des chefs inférieurs de la milice,
et _okot_, danse ou ballet.
[159] Ici le nombre des grains de maïs grillé pour la boisson change de
nouveau.
[160] Ce nom est écrit plus haut _Chac-Acantun_.
[161] Ce nom est écrit tantôt _canziemal_, _canzicmal_ et _canzienal_. Je
n’ai pu jusqu’ici vérifier quelle était la véritable orthographe.
[162] _Yax-Coc-Ahmut_ était le même que _Zamná_ et considéré comme fils
de _Hunabku_, le seul saint, le dieu suprême.
[163] Ce nom est écrit plus haut _Zac-Zini_.
[164] _Yax-ek_ doit signifier vert et noir.
[165] _Kach_ doit être l’oiseau carnassier nommé _zopilote_ au Mexique.
[166] C’est la traduction du mot espagnol _cazcarientas_ qui se trouve
dans le manuscrit; serait-ce le nom d’une danse qui se trouve au pays de
l’auteur?
[167] Ceci rappelle l’antique empire dont le nom est resté pour signifier
l’enfer chez les uns et les démons ou plutôt d’effrayants fantômes chez
les autres.
[168] _Ek-balam-chac_ signifie tigre noir dieu des champs: ce sont du
reste des noms donnés au tigre encore aujourd’hui. _Ahcan_ est le serpent
mâle en général. _Ahbuluc-Balam_ signifie Celui des onze tigres.
[169] Ne croirait-on pas lire la description de cette fête des Scythes,
rapportée par Hérodote, et que M. Viollet-Leduc a insérée dans ses
_Antiquités mexicaines_, formant l’introduction de l’ouvrage de M. Désiré
Charnay: _Cités et Ruines américaines_, page 16?
[170] Voir au § XXXIV.
[171] En effet, le premier jour du premier mois ne se retrouvait d’accord
avec le premier jour de l’année qu’une fois au commencement de chaque
cycle de cinquante-deux ans.
[172] C’est ce dont le lecteur pourra se rendre un compte plus exact en
jetant les yeux sur l’explication du calendrier maya, d’après le travail
de don Pio Perez, à la suite de cet ouvrage.
[173] _Hun-Ymix_ correspond au _Ce-Cipactli_ du calendrier mexicain,
qui se trouve dans les tables de Veytia, au 9ᵉ jour du mois
_Micailhuitzintli_, XIIᵉ de l’année mexicaine, correspondant alors au 18
septembre. (Veytia, _Hist. antig. de Mexico_, tom. 1, cap. 10.)
[174] L’auteur se rapporte à quelque commentaire de l’Écriture sainte où
il est question du calendrier des Hébreux, comparé à celui de diverses
nations.
[175] L’auteur, en joignant ici au calendrier romain le calendrier maya,
n’a pas remarqué qu’il en a interverti l’ordre, en commençant son calcul
par la dernière moitié, ce qui fait qu’en arrivant à la fin de cette
moitié avec le dernier des jours supplémentaires, on aurait, s’il fallait
le suivre, pour premier jour du mois maya _Popp_, le jour _Muluc_ au lieu
de _Kan_, ce qui est impossible. Ce qui fait voir clairement d’ailleurs
que Landa a fait ces choses sans y réfléchir, c’est qu’il commence en
janvier avec la continuation des explications relatives à des fêtes
commencées dans le mois précédent de décembre, ce qui n’ajoute pas à leur
clarté. Il aura évidemment pris le calendrier maya et l’aura copié, en
commençant par la fin, n’attachant d’importance qu’au romain. Mais le
lecteur peut facilement réparer ce manque d’attention, en prenant à son
tour le calendrier romain par le milieu avec le 1ᵉʳ jour du mois _Popp_.
[176] On conçoit ici les plaintes de Landa; il écrivait au milieu de
l’époque la plus ardente de la réforme en Allemagne et en Angleterre.
[177] Voir à la fin du calendrier le commencement de ce mois et des
solennités dont la suite seulement se trouve ici. Quant à l’étymologie
des noms des mois, elle se trouvera plus loin avec celle des jours.
[178] Voir les §§ XXXV, XXXVI, XXXVII et XXXVIII.
[179] De là le nom de _katun_ ou _kat-tun_, pierre appelée ou qu’on
interroge, du verbe _kaat_, appeler, donner un nom, interroger, demander,
etc. et de _tun_, pierre. Voir le § IX, note 4.
[180] Ce qui, d’accord avec divers autres indices, annoncerait bien que
l’effusion du sang, et surtout du sang humain, dans les sacrifices, était
d’origine étrangère, nahuatl probablement.
[181] _Tupp-kak_, c’est-à-dire extinction du feu.
[182] Landa écrit alternativement les _chaces_ et las _chaques_, pour
pluraliser le mot _chac_, nom commun aux dieux protecteurs des campagnes
et aux aides des prêtres.
[183] _Ekchuak_, écrit ailleurs _Echuah_, était le patron des marchands
et naturellement des cacaos, marchandise et monnaie à la fois.
[184] _Cit_ paraît être une sorte de cochon sauvage; _chac_ est le nom
générique des dieux de la pluie, des campagnes, des fruits de la terre,
etc. _Coh_ est le puma ou lion américain; suivant d’autres, _chaccoh_ est
le léopard.
[185] Voir le § XXVII.
[186] Landa s’est préoccupé fort peu de l’exactitude du calendrier
qu’il donne ici: il est évident qu’il n’a eu d’autre intention que d’en
signaler les fêtes, de faire connaître les caractères correspondants, et
de montrer en général comment il pouvait correspondre avec le calendrier
romain; car, ainsi que je l’ai remarqué plus haut, il commence par la
seconde partie, laquelle devrait être, dès le 1ᵉʳ janvier, placée à
la fin. Il n’a donné, d’un autre côté, que 28 jours à février; mais
l’année dont il a pris le calendrier pour modèle était évidemment une
année bissextile où février avait 29 jours; car au lieu de terminer par
_XII Lamat_, le calendrier maya devait pour être juste finir avec _XIII
Lamat_; car cette année ayant commencé par le signe _Kan_, la suivante
devait commencer avec _Muluc_ qui suit _Lamat_. Mais Landa ne s’est guère
préoccupé de ces choses qui nous intéressent tant aujourd’hui. Se fiant
également sur le titre sans nom qu’on donnait aux jours supplémentaires,
il les omet entièrement, se contentant de mettre des vides à la place de
leurs signes respectifs, ce qui serait une nouvelle source d’embarras, si
nous n’avions le travail de don Pio Perez, qui met tout à sa place, et
qu’on peut voir dans ce volume à la suite de l’ouvrage de Landa.
[187] _Cinchau-Yzamná_ est une orthographe erronée, si l’on en juge
d’après les leçons précédentes; c’est probablement une mauvaise
abréviation de _Kinich-Ahau-Ytzamná_, donné, d’ailleurs, comme
l’inventeur des lettres et de l’écriture, l’auteur de tous les noms
imposés au Yucatan.
[188] Ainsi les prêtres de la déesse Centeotl, retirés dans les montagnes
des Totonaques, étaient chargés «d’écrire en figures et de mettre en
bon style un grand nombre d’histoires qu’ils donnaient après les avoir
coordonnées, aux grands-prêtres, qui les racontaient dans les sermons
qu’ils prêchaient dans les assemblées publiques.» (Torquemada, _Monarquia
Indiana_, lib. IX, cap. 8.)
[189] _Ac_ paraît être une sorte de plante commune au pays.
[190] C’était le ballet que dansaient les pêcheurs.
[191] C’étaient là sans doute les dieux de la pêche, à propos desquels
Cogolludo dit les paroles suivantes: «On dit aussi que bien après la
conquête, les Indiens de la province de Titzimin, quand ils allaient
pêcher le long de la côte de Choáca, avant de se mettre à la pêche,
commençaient par des sacrifices et des oblations à leurs faux dieux,
leur offrant des chandelles, des réaux d’argent et des _cuzcas_, qui
sont leurs émeraudes, et d’autres pierres précieuses, en certains
endroits, aux _ku_ et oratoires qui se voient encore dans les bras de mer
(estuaires) et les lagunes salées qu’il y a sur cette côte vers le _Rio
de Lagartos_. (_Hist. de Yucatan_, lib. IV. cap. 4.)
[192] Le miel passé à l’état d’hydromel, qui était leur vin ordinaire.
[193] Voir au § IV, où il est question du départ de Kukulcan, mais
nullement de son ascension au ciel: il est certain, cependant, qu’une
tradition de ce genre existait dans plusieurs provinces du Mexique;
il en est question en plus d’un ouvrage, entre autres dans le _Codex
Chimalpopoca_; il y est raconté que Quetzalcohuatl se jeta dans les
flammes, au pied de l’Orizaba, et qu’on vit ensuite son âme monter au
ciel, où elle se transforma en étoile.
[194] La province de Mani avait été colonisée par les Tutul-Xius, dont
l’origine était toltèque ou nahuatl; les fêtes de Kukulcan se bornant
à cette province après la destruction de Mayapan, ne laissent point de
doute sur l’origine de ce personnage, et donnent lieu de penser que le
reste du Yucatan, tout en vénérant jusqu’à un certain point ce mythe ou
ce prophète, avait gardé au fond la religion qui avait précédé celle des
Toltèques. Ce serait un point d’histoire d’une grande importance au point
de vue philosophique. Nous trouverons plus loin d’autres indices du culte
primitif des Mayas.
[195] Ici commencent la fête et les sacrifices de la formation des
dieux dont la suite se trouve placée par l’auteur au commencement de ce
calendrier.
[196] Ce chapitre ou le paragraphe en question a été omis par le copiste.
[197] L’auteur paraît confondre ici le calendrier civil avec le
calendrier astrologique du rituel, ainsi qu’on le verra plus loin.
[198] Il est à regretter que l’auteur n’ait pas jugé la matière assez
importante pour nous conserver ces signes avec les caractères dont il
donne plus loin le dessin.
[199] Aujourd’hui on comprend mieux que jamais toute l’affliction qu’une
telle destruction dut causer à la noblesse, au sacerdoce et aux lettres
mayas: le monde savant, le monde civilisé, pardonnera difficilement aux
premiers religieux espagnols cette ignorance déplorable, si peu d’accord,
d’un autre côté, avec les sentiments que Landa lui-même exprime, en
racontant avec naïveté tant de choses intéressantes. Après tout, est-il
permis de leur faire un si grand reproche, quand on vient à songer a
l’incendie des archives de l’empire chinois, allumé au palais impérial de
Pékin par les soldats des armées anglaises, en présence de celles de la
France.
[200] Ce style est si obscur et si diffus, si familièrement provincial,
qu’il est souvent intraduisible; malheureusement là où il faudrait le
plus de clarté comme ici, c’est le cas contraire, et dans le mot présenté
en exemple, il semblerait qu’il y a une répétition inutile par celle du
second _lé_ qui paraît de trop ici; il est vrai que ce peut être une
inadvertance du copiste de Landa.
[201] Voir à la page 318. Le signe Ʌ qui se trouve dans l’original à
la suite du signe _ha_ est-il un signe d’aspiration ou bien est-ce une
simple marque de l’auteur? il est difficile de la préciser. Dans le
manuscrit dit _Mexicain_, nº 2, de la Bibliothèque impériale, on voit
plusieurs fois un signe analogue, écrit en fer à cheval, serait-ce le
même et par conséquent le signe de l’aspiration? Du reste, autant que le
texte de Landa le laisse comprendre, le mot _ha_, eau, est écrit d’abord
avec les deux lettres _h_ (aspirée gutturale) et _a_, et le caractère
suivant serait tout simplement le signe symbolique de l’eau; ce qui nous
amènerait à conclure que les Mayas, ainsi que les Égyptiens, donnaient
d’abord la lettre et ensuite le signe figuratif de la chose écrite, pour
plus d’intelligence.
[202] Dans le feuillet original du manuscrit de Landa le signe de la
lettre P est hors de sa place, et placé en marge, accompagné du signet Ʌ
que je retrouve entre les caractères _o_ et _pp_. La ressemblance avec
celui que j’avais pris plus haut pour un signe d’aspiration, et au sujet
duquel je doute encore, m’avait fait croire à un _o_ aspiré (figure 18)
et à l’aspiration du caractère nº 25. Je pense cependant qu’il n’en est
ainsi ni dans l’un ni dans l’autre cas.
[203] Il m’a été impossible de reconnaître s’i s’agit ici d’un _u_ ou
d’une autre lettre, le manuscrit ne permettant pas de la lire clairement.
Des recherches subséquentes dans des documents écrits à l’aide de
ces caractères en feront retrouver le son, aussi bien que celui des
différents _c_, _ca_, _cu_, _ka_, _x_ et _x_, sur lesquels il y a encore
quelques doutes.
[204] Le lecteur trouvera à la page suivante plusieurs signes
additionnels monosyllabiques, qui existent, ainsi que les variantes de
la lettre _a_ n. 1, et de la lettre _h_, dans les explications données
plus haut, je dois ajouter qu’ils se retrouvent aussi dans plusieurs des
caractères des jours, et que ceux-ci paraissent devoir offrir une série
de signes syllabiques ou figuratifs, employés également dans l’ensemble
de l’écriture maya, à part de leur signification comme caractères
spéciaux des jours.
[205] Ajoutons ici, en attendant, que l’alphabet maya comprend
aujourd’hui, d’après la grammaire de Pedro Beltran de Santa Maria,
vingt-deux lettres, dont les suivantes: _Ɔ_ (_c_ renversé), _ch_ barré du
haut, que je remplace par un _çh_ cédille, uniquement pour le distinguer
de l’autre, _k_, _pp_, _th_ (écrit ailleurs _tt_), _tz_; sont propres
à la langue et d’une prononciation difficile qu’on ne saurait guère
acquérir que dans le pays. Le _ch_ non barré a le son de _tch_; _h_ est
aspiré gutturalement, _u_ a le son de _ou_ remplaçant fréquemment le _w_,
et _x_ le son de _ch_ français ou _sh_ anglais.
[206] Ces lignes, d’une ignorance si naïve, suffisent pour donner
une idée de l’innombrable quantité de cités et de temples ruinés qui
couvrent le sol yucatèque. Quel champ plus vaste aux explorations de
l’archéologue! Stephens, qui visita le Yucatan trois cents ans après
que Landa eut écrit ces lignes, est entièrement d’accord avec lui sur
le nombre des villes ruinées et sur l’identité de leurs fondateurs
(Stephens, _Incidents of travel in Yucatan_, vol. II, ch. 24).
[207] Stephens parle d’ornements analogues, existant encore sur une des
façades de l’édifice appelé _Monjas_, à Uxmal; on y voit précisément
le corps d’un homme, vêtu comme le dit Landa, et quant aux décorations
en ciment si dur ou en stuc, on sait que les édifices de Palenqué en
présentaient encore beaucoup, il y a peu d’années. (Stephens, _Incidents
of travel in Yucatan_, vol. I, chap. 14, pag. 313.)
[208] Ce ne serait pas là une bien forte preuve en faveur de l’assertion
de Landa; heureusement il y en a beaucoup d’autres. Quant à l’urne dont
il est question ici, nous en avons vu du même genre au Musée national de
Mexico, et d’une grande beauté.
[209]
Nº 1.—Chapelle (_capilla_).
Nº 2.—Escalier (_escalera_).
Nº 3.—Palier ou plate-forme (_descanso o plaça_).
Nº 4.—Plate-forme grande et belle (_plaça muy grande y hermosa_).
Nº 5.—Escalier très-raide à monter (_escalones muy agros de subir_).
[210] Voir à la suite de ce chapitre la description des temples d’Izamal,
tirée de Lizana.
[211] Cogolludo parlant des routes qui allaient à Cozumel et à Izamal,
les compare pour la solidité et la perfection aux plus belles chaussées
royales d’Espagne: divers témoignages contemporains corroborent cette
opinion. (Cogolludo, _Hist. de Yucatan_, liv. IV, cap. 7.—Stephens,
_Incidents of travel in Yucatan_, vol. II, chap. 24.)
[212] Cette mesure équivaut, dit-on, à l’élan que fournit un cheval sans
reprendre haleine évalué en quelques endroits de l’Amérique espagnole à
400 vares (environ 400 mètres) pour le moins, dans d’autres à 1,200, ce
qui donnerait à la base de ce monument une étendue de plus de 3,000 pieds.
[213] Dans le petit plan de la page 332, le lecteur ne doit voir qu’une
idée de l’ensemble, les cellules ayant dû être en beaucoup plus grand
nombre que celles qui se montrent ici; mais en rectifiant l’esquisse de
Landa pour pouvoir la graver, nous n’avons pas voulu en faire un plan
d’architecture. Ce qu’il y a à remarquer ici surtout, c’est ce qu’il
appelle les passages en arc de pont, dont l’un est figuré rond ou à plein
cintre dans son plan, et l’autre à voûte _en encorbellement_ qui est la
voûte commune de l’Amérique centrale.