II.--_Conséquences de l'incontinence._

1

Il y a moins de mal à ce que nous faisons autre chose que nous aurions

dû faire, qu'à ce que nous ne nous abstenons pas de ce que nous

n'aurions pas dû faire.

2

Le laisser-aller dans une seule occasion affaiblit la force de la

continence dans toute autre. L'habitude prise de ne pas se contenir est

comme un torrent invisible sous une maison. Une telle maison ne résiste

pas à la poussée.

3

Il est plus mauvais de faire trop que de ne pas faire assez; il est plus

mauvais de se presser que de venir en retard.

Les reproches de la conscience sont toujours plus douloureux pour ce que

l'on a fait que pour ce que l'on n'a pas fait.

4

Plus la situation semble difficile, moins on doit agir. C'est

précisément par l'action que nous gâtons ordinairement ce qui commençait

déjà à s'arranger.

5

La plupart des gens qu'on appelle méchants sont devenus tels parce

qu'ils prenaient leur mauvaise humeur pour leur état d'âme normal et

s'abandonnaient sans faire d'efforts pour y résister.

6

Si tu ne te sens pas la force de te contenir d'un désir charnel, la

cause est sûrement en ce que tu ne t'es pas contenu lorsque tu étais

encore en état de le faire; puis, le désir est devenu une habitude.

La Pensée de l'Humanité Dernière oeuvre de L. Tolstoï · 第 326 / 513 题