II.--_Les excuses de l'inégalité._

1

Rien ne donne tant d'assurance que la camaraderie pour accomplir des

mauvaises actions, et cela par le fait que quelques hommes seulement

s'unissent entre eux, en laissant tous les autres à l'écart.

2

Ceux qui se font valoir devant les autres sont tout autant fautifs de

l'inégalité des hommes que ceux qui se croient, inférieurs aux gens qui

se vantent devant eux.

3

Nous sommes étonnés de voir combien ce que nous appelons maintenant

le christianisme est loin de ce que prêchait Jésus, et combien notre

vie est loin du christianisme. Et, cependant, cela pouvait-il être

autrement lorsqu'il s'agissait d'une doctrine qui, au milieu des gens

qui croyaient que Dieu a divisé les hommes en maîtres et esclaves,

en fidèles et infidèles, en riches et pauvres, apprenait aux gens la

vraie égalité, disant que tous les hommes était fils de Dieu, que tous

sont frères, que la vie de tous étaient également sacrée. Les gens qui

embrassèrent la doctrine du Christ ne pouvaient choisir qu'entre ces

deux alternatives: modifier toute l'ancienne organisation sociale, ou

dénaturer la doctrine. Ils ont choisi la dernière.

La Pensée de l'Humanité Dernière oeuvre de L. Tolstoï · 第 194 / 513 题