2
L'homme, comme l'animal, doit besogner, employer ses mains et ses pieds.
Il peut forcer les autres à faire ce qui lui est nécessaire, mais il
devra quand même dépenser à quelque chose ses forces corporelles. S'il
ne travaille pas à des choses utiles, raisonnables, il travaillera à des
choses inutiles et stupides. C'est ce qui se produit, en effet, parmi
les classes aisées.
3
Les classes oisives excusent leur fainéantise par ce qu'elles s'occupent
des arts et des sciences nécessaires au peuple. Ces gens se chargent
d'en fournir à ceux qui travaillent; malheureusement, ce qu'ils
apportent au peuple en fait de science et d'art, est une fausse science
et un faux art. Aussi, au lieu de récompenser le peuple de son travail,
la science et l'art qu'on lui offre ne font que le tromper et le
dépraver.
4
Un Européen vantait devant un Chinois les avantages de la production
mécanique: «Elle libère l'homme du travail» disait l'Européen. «La
libération du travail serait un grand malheur, répondit le Chinois. Sans
travail il n'y a pas de bonheur possible.»
5
L'homme ne peut acquérir la richesse que par trois moyens: le travail,
la mendicité et le vol. Ceux qui peinent gagnent peu, justement parce
qu'une trop grande part revient aux mendiants et aux voleurs.