5
Plus l'homme vit pour son âme, plus il sent son unité avec tous les
êtres vivants. Vis pour ton corps, et tu seras seul parmi des étrangers;
vis pour ton âme, et tous te seront parents.
6
Un fleuve ne ressemble pas à un étang, un étang à un tonneau et un
tonneau à un seau d'eau. Mais dans un étang, dans un fleuve, dans un
tonneau et dans un seau il y a la même eau. De même, tous les gens sont
différents, mais l'esprit qui vit en eux tous est le même.
7
L'homme ne comprend sa vie que lorsqu'il se voit dans chacun de ses
semblables.
8
L'essentiel dans la doctrine du Christ c'est qu'il considérait tous les
hommes comme frères. Dans chaque homme, il voyait un frère et, pour
cette raison, aimait chacun, quel qu'il soit et qui que ce soit. Il ne
s'occupait pas de son extérieur, mais de l'intérieur. Il ne voyait pas
le corps, mais, à travers les beaux habits du riche et les haillons du
misérable, il voyait l'âme immortelle. Dans l'homme le plus dépravé, il
apercevait ce qui pouvait transformer l'être le plus déchu en l'homme
sublime, aussi grand et aussi saint qu'il l'était lui-même.
9
Lorsque l'homme ne voit pas dans chacun le même esprit qui l'unit à tous
les hommes, il vit comme dans un rêve. Celui qui voit Dieu et lui-même
dans chacun, vit réellement.
II--_Le même principe spirituel vit non seulement dans tous les hommes,
mais aussi dans tout ce qui vit._
1
Nous sentons dans notre for intérieur que ce par quoi nous vivons, ce
que nous appelons notre vrai «moi», est le même non seulement dans
chaque homme, mais aussi dans un chien, un cheval, une souris, une
poule, un moineau, une abeille, et même dans une plante.
2
Quand on prétend que les animaux nous sont absolument étrangers, on peut
en dire autant des sauvages, des noirs et des jaunes. Et si l'on estime
que ces hommes nous sont étrangers, ils ont absolument le même droit de
considérer les blancs comme des étrangers. Quel est donc notre prochain?
II ne peut y avoir qu'une seule réponse à cette question: ne demande
pas qui est ton prochain, mais agis envers tout ce qui vit comme tu
voudrais que l'on agisse envers toi-même.
3
Tout ce qui vit, craint les souffrances; tout ce qui vit, craint la
mort. Reconnais-toi non seulement dans un homme, mais aussi dans chaque
être vivant; ne tue pas et ne cause pas de souffrance ni de mort. Tout
ce qui vit veut la même chose que toi; reconnais-toi donc dans chaque
être vivant.
_Sagesse bouddhiste._
4
L'homme n'est pas supérieur aux bêtes parce qu'il les fait souffrir,
mais parce qu'il est capable de les plaindre. Et il a pitié des bêtes,
car il sent vivre en elles ce qui vit également en lui.
5
La pitié pour tout ce qui vit, est plus nécessaire que tout le reste
pour pouvoir avancer vers la vertu. Un homme bon ne peut manquer de
pitié. Si un homme est injuste et méchant, il est sûrement impitoyable.
Sans pitié pour tout ce qui vit, il ne peut y avoir de vertu.