sont les espèces de l’Océan. Assez commun sur les rivages de l’Archipel,
il est plutôt très rare sur nos côtes, où pourtant il se reproduit.
Risso l’indique comme se montrant au printemps dans les Alpes-Maritimes,
Crespon parle d’un individu capturé sur le littoral du Languedoc. Ces
constatations démontrent combien peu il a été observé.
On l’a élevé en captivité et on sait que, contrairement à l’espèce
ci-dessus indiquée, il accepte comme nourriture les poissons d’eau douce
aussi bien que les poissons de mer. Il se montre alors docile et
intelligent. Heldreich, dans sa faune de la Grèce, le dit fréquent aux
îles de l’Archipel, mais d’une chasse très difficile. Ce qui explique
pourquoi on connaît si peu ses mœurs.
GENRE =Cystophore=.--=Cystophora= Nilsson.
Tête ronde, museau peu allongé. Chez le mâle adulte une sorte de large
béret sur toute la tête ou de chaperon dilatable sur le nez et la tête.
Ongles longs. 4 incisives supérieures, molaires simples, à couronne
raccourcie, faiblement crénelées au bord triturant. 30 dents.
=Cystophore= ou =Phoque à capuchon=.
CYSTOPHORA CRISTATA Erxleben.
(Phoca mitrata Cuvier.--Stemmatopus cristatus F. Cuvier.)
Corps épais et massif. Pelage gris clair ou noirâtre, plus ou moins
marbré et tapissé de plaques plus foncées, avec la tête et les pieds
noirs. Le mâle remarquable par le bonnet ou ampoule qu’il porte sur la
tête. Cet appendice ressemble à une très large casquette plate ou à un
grand bonnet noirâtre qui coiffe la tête entière et porte sur le devant
les deux trous des narines. Il cache les yeux par devant, si bien que
l’animal ne doit voir que par les côtés.
Longueur de l’adulte, 2^{m}10 à 2^{m}40.
Comme les espèces précédentes, le Phoque à capuchon, originaire des mers
du Nord, s’est égaré très accidentellement sur nos côtes; on a cité deux
ou trois captures, mais comme il émigre régulièrement, venant du
Groënland pour se reproduire sur les côtes de Norvège, où la femelle
fait son petit vers le mois d’avril et qu’il n’hésite pas à entreprendre
de lointains voyages, il n’est pas étonnant que, de loin en loin, on
puisse observer un individu venu jusque sur les rivages de l’Allemagne,
de l’Angleterre, de la Belgique ou de la France. Quand une espèce a
coutume d’émigrer à des distances considérables, il arrive toujours qu’à
certains moments un sujet s’égare et, une fois égaré, périt en route ou
se laisse entraîner sur des points énormément éloignés de son habitat
habituel.
A l’époque du rut, les mâles sont extrêmement batailleurs et
s’attaquent, en poussant des mugissements qui s’entendent à des
distances considérables.
ORDRE VI.--=Ongulés.=
Mammifères terrestres ayant les quatre pieds ongulés, c’est-à-dire
terminés par des sabots cornés. Cet ordre comprend trois sous-ordres, ou
plutôt est la réunion de trois groupes que la plupart des zoologistes
considèrent comme des ordres, le sous-ordre des Solipèdes (groupe des
Chevaux) caractérisé par les sabots pleins, non séparés; le sous-ordre
des Ruminants (groupe du Bœuf, du Cerf, etc.) et le sous-ordre des
Pachydermes (groupe du Sanglier, etc.)
Au sous-ordre des Solipèdes n’appartient aucun animal sauvage de France,
Suisse et Belgique; le sous-ordre des Ruminants comprend plusieurs
genres et plusieurs espèces; celui des Pachydermes ne comprend que le
Sanglier.
SOUS-ORDRE DES =RUMINANTS=
Mammifères ayant les sabots fourchus, soit deux doigts terminés par des
sabots en corne qui s’appliquent sur le sol, et, par derrière le pied,
deux autres petits appendices ou sabots rudimentaires en corne, qui ne
portent généralement pas sur le sol.
[Illustration: Fig. 38.--Bois du Cerf d’Europe.]
Ils n’ont en général pas de canines et, à la mâchoire supérieure, n’ont
pas d’incisives; l’articulation de leurs maxillaires est disposée de
telle façon que, quand ils mâchent leur nourriture, il se produit un
mouvement de rotation; on dit alors qu’ils ruminent. Ils sont surtout
remarquables et séparés des autres mammifères par la disposition de leur
estomac, composé de quatre poches, la panse qui reçoit d’abord les
aliments non triturés au moment où ils sont avalés, le bonnet qui est
une manière d’appendice de la panse, le
[Illustration: Fig. 39.--Bois du Cerf daim.]
[Illustration: Fig. 40.--Bois du Cerf chevreuil.]
feuillet et la caillette, véritable estomac qui secrète le suc
gastrique. Les substances alimentaires accumulées dans la panse
remontent par pelotes dans la bouche, l’animal les mâche et, lorsqu’il
les avale pour la seconde fois, elles passent dans la caillette où se
fait la digestion.
[Illustration: Fig. 41.--Crâne du Bœuf ordinaire.]
Ils ont 32 ou 34 dents. De plus, les os du métacarpe, comme ceux du
métatarse, sont, chez eux, soudés pour former un tronc unique qu’on
appelle «canon».
Ce sont des animaux taillés pour la course, avec le cou allongé et les
membres généralement minces, bien que vigoureux. La plupart ont des
cornes ou des bois, les cornes étant persistantes, c’est-à-dire ne
tombant jamais et implantées dans un axe osseux; les bois étant pleins
et caduques, c’est-à-dire placés au sommet d’un prolongement de l’os
frontal, croissant sur une base nommée «meule» et tombant tous les ans
pour ensuite repousser rapidement. Ils ne vivent que de végétaux.
[Illustration: Fig. 42.--Cornes de la Chèvre bouquetin.]
Le sous-ordre des Ruminants comprend deux familles ayant des
représentants en France, Suisse et Belgique.
[Illustration: Fig. 43.--Cornes du Mouflon de Corse.]
La famille des Cervidés dont les mâles et très exceptionnellement les
femelles ont des bois caducs, pleins, plus ou moins rameux, généralement
pas de canines, et dont le crâne porte de chaque côté une fissure entre
les os maxillaires, nasaux et frontaux, correspondant à l’ouverture
externe placée au-dessous de l’œil et nommée «larmier».
La famille des Cavicornidés dont les représentants ont, sur un
prolongement de l’os frontal, des cornes persistantes d’origine pileuse
(c’est-à-dire de même origine que les poils) et pas de canines; cette
famille se subdivise elle-même en quatre sous-familles:
[Illustration: Fig. 44.--Cornes du Chamois ordinaire.]
Celle des Bovidés, comprenant nos Bœufs, qui n’a pas actuellement en
France, en Suisse et en Belgique, de représentants sauvages.
Celle des Capridés, remarquable par le front relevé pouvant porter de
fortes cornes curvilignes non recourbées sur elles-mêmes, une barbe plus
ou moins forte au menton, deux mamelles, 32 dents, et n’ayant ni
larmier, ni glandes interdigitales.
Celle des Ovidés, ayant un larmier et des glandes interdigitales, pas de
barbe au menton, des formes plus arrondies, des jambes plus grêles et le
chanfrein plus busqué que chez les Capridés.
Celle des Antilopidés, mélange de formes un peu différentes se
rapprochant tantôt des Bovidés, tantôt des Capridés et des Cervidés et
qui, n’ayant pas de caractères très tranchés, comprend tous les genres
qui ne peuvent rentrer dans les autres sous-familles.
FAMILLE DES =CERVIDÉS=
GENRE =Cerf=.--=Cervus= Linné.
Museau allongé, oreilles grandes, yeux grands, cou très long, corps
vigoureux, queue très courte, membres assez longs et assez minces. Sous
les yeux, un larmier grand chez le Cerf, plus petit chez le Daim, très
petit chez le Chevreuil. 34 dents.
[Illustration: Fig. 45.--Carte de l’habitat du Cerf d’Europe (partie
ombrée).]
1º =Cerf d’Europe.= Cervus elaphus Linné.
2º =Cerf daim.= Cervus dama Linné.
3º =Cerf chevreuil.= Cervus capreolus Linné.
(Voir les planches 42-43 et 44.)
FAMILLE DES =CAVICORNIDÉS=
SOUS-FAMILLE DES =ANTILOPIDÉS=
GENRE =Chamois=.--=Capella= Keys. et Blasius.
Dans les deux sexes, des cornes voisines à la base, situées au-dessus
des yeux, verticales à l’axe du crâne, presque droites, peu divergentes
en haut et recourbées à leur extrémité avec la pointe dirigée en bas.
Pas de larmier, mais des ouvertures glandulaires derrière les cornes.
Membres et pieds forts et épais. Queue courte. Quatre mamelles, 32
dents.
=Chamois ordinaire.= CAPELLA RUPICAPRA Linné.
(Voir la planche 45.)
SOUS-FAMILLE DES =CAPRIDÉS=
GENRE =Chèvre=.--=Capra= Linné.
Cornes longues, arquées en arrière, curvilignes, noueuses, comprimées.
Nez plus ou moins droit. Pas de larmier ni de glandes interdigitales.
Lèvre supérieure presque entièrement velue. Queue courte.
=Chèvre bouquetin.= CAPRA IBEX Linné.
(Voir la planche 46.)
SOUS-FAMILLE DES =OVIDÉS=
GENRE =Mouflon=.--=Musimon= Gervais.
Cornes grosses à la base, assez longues, curvilignes, un peu recourbées
en arrière, déjetées au dehors et obliquement récurrentes. Nez plus ou
moins busqué. Des larmiers et des glandes interdigitales. Lèvre
supérieure nue. Queue courte.
Pas de barbe au menton.
=Mouflon de Corse.= MUSIMON MUSMON Bonaparte.
(Voir la planche 47.)
SOUS-ORDRE DES =PACHYDERMES=
GENRE =Sanglier=.--=Sus= Linné.
Tête très grosse à museau allongé terminé par un boutoir; yeux petits,
oreilles assez grandes. Des incisives en haut et en bas et des canines
qui, chez le mâle, se développent en sortant de la bouche, formant de
puissantes défenses assez droites, mais se recourbant en arrière chez
les vieux. Corps épais, queue mince et petite. Membres à quatre doigts,
ceux de devant en sabots portant sur le sol, ceux de derrière plus
petits ne faisant que toucher la terre.
=Sanglier commun.= SUS SCROFA Linné.
(Voir la planche 48.)
_ANIMAUX DOMESTIQUES_
Après avoir énuméré les Mammifères sauvages qui habitent la Belgique, la
Suisse et la France, il y a lieu d’indiquer les animaux que l’homme a
domestiqués et que nous avons journellement sous les yeux: le Porc, qui
n’a été autre chose, à l’origine, que le Sanglier commun apprivoisé,
plus ou moins mélangé avec d’autres espèces de Sangliers exotiques; le
Mouton, tellement façonné et modifié par l’homme qu’il sera peut-être, à
tout jamais, impossible d’affirmer quels ont été exactement ses
ancêtres; la Chèvre qui compte, parmi les Capridés sauvages, beaucoup
d’espèces se rapprochant d’elle; le Bœuf, qui descend certainement de
trois ou quatre espèces qui ont habité l’Europe et la France dans les
temps primitifs; le Cheval, originaire de l’Europe et de l’Asie, et
l’Ane, qui provient certainement d’une ou deux espèces africaines; le
Chien, dont les formes actuelles sont si variées qu’elles doivent leur
origine à nombre d’espèces actuelles et probablement à quelques espèces
éteintes, ou plus exactement représentées par des descendants absolument
différents de ce qu’étaient les ancêtres des temps primitifs; enfin le
Chat, dont il est possible d’établir à peu près la descendance.
Nous dirons un mot du Cobaye ou Cochon d’Inde, dont l’origine exotique
est connue, et nous avons déjà parlé du Furet, qui n’est autre chose que
notre Putois un peu modifié par la domesticité. Il semble inutile de
mentionner le Lapin, dont les races multiples actuellement existantes
sont dues à l’homme, provenant toutes, incontestablement, du Lapin
sauvage domestiqué et le représentant sous des formes légèrement
modifiées.
SOUS-ORDRE DES =PACHYDERMES=
GENRE =Sanglier=.--=Sus= Linné.
=Porc domestique.= SUS DOMESTICUS Brisson.
Le Porc, qui a pour souche originelle le Sanglier, est un des animaux
qui montrent le mieux ce que peuvent la sélection, le changement de vie
et les soins raisonnés de l’homme. De nombreuses races ont été créées
qui ont produit un animal notablement différent du Sanglier.
Le Sanglier habite l’Europe, l’Afrique du Nord, l’Inde, mais il diffère
un peu dans ces pays, si bien qu’on a voulu en faire plusieurs espèces.
Chacune a dû être apprivoisée et donner naissance à une forme asservie.
Mais il est une autre espèce depuis très longtemps domestiquée en Chine
et en Indo-Chine et très perfectionnée par les Chinois, le «Sus indica»,
inconnue à l’état sauvage, mais qui pourrait bien provenir du «Sus
vittatus» de Java.
Cette dernière forme et la descendance du Sanglier commun ont mêlé leur
sang chez presque toutes nos races actuelles. Toutes les races sont, au
reste, fécondes entre elles et avec notre Sanglier.
Le Porc est tellement utile qu’il a toujours été soigné et autant que
possible amélioré. De là, l’origine de ces bêtes dans lesquelles tout
sert à la consommation.
SOUS-ORDRE DES =RUMINANTS=
GENRE =Mouton=.--=Ovis= Linné.
=Mouton domestique.= OVIS ARIES Linné.
Le Mouton est le type de l’animal tellement modifié par la domestication
qu’il est impossible de dire de quelles formes sauvages il pourrait
provenir. Les uns pensent que, au moins les petites races à queue courte
et à cornes en forme de croissant descendent du Mouflon de Corse,
d’autres affirment que les Moutons primitifs proviennent de plusieurs
espèces éteintes. Ce qui est certain, c’est que les soins de l’homme et
les croisements l’ont extraordinairement modifié, à ce point qu’il lui
serait impossible de reprendre la vie sauvage, comme les Chèvres, les
Porcs et les animaux domestiqués échappés au joug de l’homme, ont pu le
faire à l’occasion. Il périrait de suite infailliblement s’il était
abandonné à lui-même.
Le Mouton est, au surplus, très variable. Ses cornes peuvent être très
diverses, manquant souvent chez la femelle, arrivant chez le mâle d’une
race du Chili à quatre, et même, dit-on, à huit; les mamelles,
normalement au nombre de deux, peuvent être de quatre; la durée de la
gestation varie de 144 à 150 jours; la différence de fécondité est
considérable suivant les races; la queue est très courte ou énorme; le
chanfrein droit ou très busqué. Dans la même race, on constate même que,
sous l’influence du climat et par suite du changement de nourriture, la
grosseur de la queue et la toison se modifient très rapidement.
Pour en donner une idée, il suffit de rapporter l’origine de la race de
Mauchamps: dans une ferme, une brebis mérinos donne naissance à un
agneau qui devient remarquable par une laine particulièrement douce et
des cornes tout à fait lisses, corrélation naturelle, puisque poils et
cornes sont des formations de même nature, et par un facies spécial. Cet
agneau imprima fortement ses caractères chez ses descendants et devint
la souche d’une race nouvelle. Or, si on ne savait pas l’origine de
cette race, on la supposerait certainement née d’une forme primitive
inconnue.
Les races de Moutons sont nombreuses, les unes françaises, anglaises,
espagnoles, d’autres africaines, toutes fécondes entre elles.
Le Mouton est essentiellement utile à l’homme qui emploie sa viande, sa
peau, ses boyaux, son suif, son lait. Il n’est pas jusqu’à l’agneau
mort-né, naissant ou récemment né qui ne donne une fourrure recherchée
sous le nom d’astrakan.
GENRE =Chèvre=.--=Capra= Linné.
Il y a actuellement dans le monde beaucoup de races de Chèvres, fertiles
entre elles, et parfois différant beaucoup par la longueur
proportionnelle des intestins, par la forme des mamelles, par l’odeur
émise par le mâle, par la présence ou l’absence de cornes chez la
femelle, par les oreilles et cent autres caractères. La Chèvre est
domestiquée depuis un temps immémorial, car, à l’époque de la pierre,
elle vivait déjà près de l’homme.
Elle descendrait de plusieurs espèces sauvages, notamment de Capra
œgagrus du Caucase, de Capra Falconieri de l’Inde. Il y a eu
probablement aussi des croisements avec Capra ibex des Alpes et des
Pyrénées.
La Chèvre est élevée surtout en vue de son lait avec lequel on fait
d’excellents fromages, soit avec son lait seul, comme en Berri, en
Poitou et ailleurs, soit en le mélangeant avec celui de la Vache, comme
au Mont-d’Or, soit en le mêlant au lait de Brebis, comme à Roquefort,
soit en le mélangeant à la fois avec les laits de Vache et de Brebis.
Son cuir est excellent pour la chaussure, la reliure, les gants. Sa
chair, surtout celle du Chevreau, est passable.
Les départements les plus riches en Chèvres sont la Corse (environ
135.000), l’Ardèche (100.000), la Drôme, l’Isère, les Deux-Sèvres et
l’Indre. Les plus pauvres sont Lot-et-Garonne, l’Aude, l’Orne, le
Finistère (environ 1.500). La Suisse compte une nombreuse population de
Chèvres. L’Algérie en possède plus que la France.
GENRE =Bœuf=.--=Bos taurus= Linné.
Le Bœuf est domestiqué depuis l’époque la plus reculée, aussi bien la
forme exotique à bosse «Bos indicus», asservie 2.100 ans avant notre
ère, ainsi qu’en témoignent les monuments égyptiens, que la forme sans
bosse, aussi bien que les formes très différentes de l’Orient, le Yak et
d’autres.
On s’accorde assez généralement pour admettre que le bétail européen
provient de trois espèces éteintes, l’Aurochs, «Bos primigenius», déjà
domestiqué à l’époque néolithique, d’une espèce plus petite «Bos
longifrons», et d’une troisième «Bos frontosus».
Comme le Bœuf est sujet à varier et que la sélection lui a été appliquée
depuis de longs siècles, que les croisements ont été essayés à
l’infini, il n’est pas étonnant qu’il existe aujourd’hui des races très
diverses par la taille, la coloration, les proportions, les cornes,
toutes fertiles entre elles, puisque même les «Bos taurus» et «Bos
indicus» reproduisent parfaitement ensemble.
Même la durée de la gestation varie beaucoup, puisqu’on a constaté entre
certaines races la différence énorme de quatre-vingts jours.
En France, presque chaque province nourrit une race de Bœufs, parmi
lesquelles on peut citer les races limousine à robe blonde, charolaise,
vendéenne, nivernaise, de Salers, normande, comtoise, angoumoise, la
race noire de Camargue, la petite race pie de Bretagne, etc. La
Belgique, la Suisse, la Hollande, l’Angleterre, possèdent des variétés
magnifiques. En Pologne vit une race qui tient encore beaucoup de
l’Aurochs et même du Bison.
On prétend que tout animal domestique redevenu sauvage reprend la
coloration de ses ancêtres, mais, pour le Bœuf, on constate que là où il
a repris la vie libre, la couleur est très variable. Ainsi, les races
libres des Pampas et du Texas, provenant d’une souche espagnole, ainsi
que celles d’Afrique, ont pris une coloration d’un brun foncé; d’autres,
dans les îles du Pacifique et dans les îles Falkland, tirant leur
origine du Bœuf de la Plata, sont blancs avec les oreilles noires.
SOUS-ORDRE DES =SOLIPÈDES=
GENRE =Cheval=.--=Equus= Linné.
=Cheval domestique.= EQUUS CABALLUS Linné.
A l’époque préhistorique, le Cheval vivait en France et en Belgique à
l’état sauvage, l’homme le considérait comme un gibier et se nourrissait
de sa chair. Plus tard, il fut domestiqué par nos ancêtres, non
seulement en France, mais dans toute l’Europe et en Asie.
Il semble probable qu’à cette époque il y avait plusieurs espèces de
chevaux, qui toutes cessèrent peu à peu d’exister à l’état libre, et
asservies par l’homme donnèrent naissance aux ancêtres de nos races
actuelles, mais avec des modifications résultant de croisements
multipliés. Dans la suite, les peuples de l’Europe orientale et de
l’Asie qui firent des invasions dans l’Europe centrale et occidentale
amenèrent avec eux les chevaux de leurs pays, et de nouveaux croisements
eurent lieu.
D’autre part, les hommes ont employé leurs chevaux à divers usages et
ont à peu près créé des animaux aussi lourds et forts que possible pour
traîner des chariots, ou vites et légers pour servir de montures; ils
ont, au moyen de la sélection, façonné les bêtes dont ils avaient
besoin, choisissant les reproducteurs, variant la nourriture, habituant
à tels ou tels travaux leurs animaux, les transportant sous des climats
différents. C’est ainsi qu’au moyen âge les chevaliers ont pu se servir
du destrier, c’est-à-dire le cheval capable de supporter le poids énorme
d’un chevalier bardé de fer. C’est ainsi qu’à notre époque, nous voyons
autour de nous les lourds et puissants percherons ou boulonnais, les
carrossiers élégants, le cheval de chasse, le cheval de course.
La température elle-même et les latitudes variées ont aidé à modifier
les races; dans les pays secs, même très froids, le cheval a prospéré;
dans les contrées humides il a dégénéré, et on sait que, dans certaines
îles et dans les montagnes, il est devenu plus petit et a changé ses
formes.
Il existe aujourd’hui beaucoup de variétés ou races nettement établies,
différant entre elles par la taille, les proportions du corps, la tête,
la forme des oreilles et de la crinière, du garrot et de la croupe.
D’une part, on se demande quels changements on pourra désirer dans
l’avenir, si on fera des chevaux plus petits que tels ou tels poneys ou
plus grands que nos puissants boulonnais, si on pourra augmenter la
vitesse du cheval de course qui semble avoir atteint son maximum;
d’autre part, si les croisements de plus en plus multipliés au profit
d’une race préférée ne feront pas disparaître d’autres races plus
négligées, si par exemple le mélange de sang anglais toujours répété
n’amènera pas la disparition d’anciennes formes, comme la limousine et
autres.
Le Cheval sauvage n’existe plus, à proprement parler, que dans les
steppes de l’Asie centrale, car en Amérique et ailleurs, les chevaux
libres ne sont que chevaux échappés de la main de l’homme et ayant
repris la vie sauvage depuis une époque relativement récente.
=Ane domestique.= EQUUS ASINUS Linné.
L’Ane est originaire d’Afrique et descend, selon toute probabilité, de
l’Asinus tœniopus de l’Afrique orientale. De temps immémorial, il a
existé en Égypte, en Abyssinie, en Arabie et en Syrie, et, de ce pays,
il a été introduit en Europe.
Si l’Ane a moins varié que le Cheval, bien qu’il y ait aujourd’hui
d’assez nombreuses races caractérisées, cela tient à ce qu’on n’a guère
cherché à l’améliorer, car c’est un animal destiné au service du pauvre.
Il diffère notablement du Cheval par plusieurs caractères très
importants et on sait combien sa voix ressemble peu à celle du Cheval.
Ils s’accouplent pourtant facilement l’un à l’autre. Le produit de
l’étalon et de l’ânesse, le bardeau, est une bête intermédiaire, qui
ressemble à certaines races de chevaux abâtardies, assez rare du reste,
et dont on se sert peu. De l’accouplement de l’Ane de grande taille avec
la jument naît le Mulet, animal qui joint à l’élégance du Cheval une
certaine ressemblance avec l’Ane et qu’on emploie avec grand avantage en
certaines contrées.
Le Bardeau et le Mulet sont presque toujours incapables de se
reproduire, et on cite comme un cas absolument remarquable le fait
qu’une Mule a pu exceptionnellement être fécondée.
En France, l’Ane sert surtout aux pauvres gens; dans les campagnes,
chaque paysan possède un ou plusieurs ânes. En Poitou, en particulier,
on s’occupe spécialement de l’Ane et on a obtenu des animaux de forte
taille qui servent d’étalons pour produire des mulets dont on fait un
grand commerce.
ORDRE DES =Carnivores=.
=Chien domestique.= CANIS FAMILIARIS Linné.
L’homme a apprivoisé, dès la plus haute antiquité, plusieurs espèces de
Canidés; il a élevé les animaux qui pouvaient lui être utiles et les a
croisés et mélangés entre eux avec des espèces encore sauvages, si bien
qu’il a obtenu des chiens qui, avec les siècles, se sont modifiés et
différenciés de plus en plus.
Déjà, à une époque extrêmement reculée, il existait des races tout à
fait tranchées, puisque les monuments égyptiens, assyriens et autres,
nous montrent la figure de bêtes voisines du lévrier, du dogue, d’un
chien courant et d’un basset.
Tout fait supposer que les premiers chiens domestiques sont provenus, en
Europe, du Loup et du Chacal, croisés peut-être avec une ou deux races
éteintes; en Égypte, d’une espèce qui pourrait être le «Canis lupaster»;
en Afrique, le «Canis simensis»; dans l’Inde, le «Canis pallipes»; en
Amérique, de plusieurs espèces; et les croisements de tous ces chiens
domestiqués, avec de temps en temps la survenance de formes bizarres ou
particulières qu’on a propagées, ont produit nos races, aujourd’hui si
dissemblables. Le changement de climats a aidé aussi à créer des
variétés, et on peut citer, par exemple, le Chien de Terre-Neuve
européen, qui ne ressemble plus guère maintenant au Chien habitant
Terre-Neuve.