--Hé bien! Vous êtes content? Votre ami Léopold a eu un triomphe?
--Croyez-vous! C’est extraordinaire! Je n’ai jamais vu une salle aussi
affolée! Ah! je suis bien content!... C’est-à-dire que j’en suis bien
content pour le moment. Mais j’y ai réfléchi depuis hier. Et je me
demande si ça n’est pas un peu dangereux pour Léopold. Il aurait tout de
même eu besoin, je ne dis pas d’un insuccès, mais d’une petite
résistance, qui lui aurait fait dresser l’oreille. Au lieu de ça, on lui
passe tout! Ah! l’état d’âme de ce public! Je suis content que ce soit
un ami qui en profite... Mais c’est une chose bien funeste aux auteurs,
et bien néfaste pour les progrès de notre théâtre! Je vous avoue que,
pour ma part, je me sens un peu découragé. A quoi bon faire un effort
d’art! La question n’est pas là: ils vous encaisseront ou ne vous
encaisseront pas... Allons, ne pensons plus à cela! Disons-nous que
c’est le printemps, et que la pluie va cesser. Et il fera bon au Bois
cet après-midi. Peut-être même irai-je passer quelques jours à la
campagne. Je me sens claqué... J’ai besoin de repos, d’air pur... Et
surtout je veux fuir Paris... Au revoir!
--Au revoir!