_Description de Paris._
Je ne sais si c'est la faute des François ou la nôtre, s'ils
s'expliquent mal, ou si nous ne les comprenons pas bien.--Mais quand il
nous disent que qui a vu Paris a tout vu, il m'est évident qu'ils se
trompent.--Du moins, s'ils entendent parler de ce qu'on voit à la lueur
des lanternes.--Car on ne voit rien.
En plein jour la chose est différente.
Paris est percé de mille à douze cents rues.--Quand vous les aurez
toutes suivies, quand vous aurez vu ses portes, ses ponts, ses places,
ses statues; quand vous aurez visité ses quatre palais et toutes ses
églises, parmi lesquelles vous vous garderez d'oublier Saint-Roch et
Saint-Sulpice,--
Alors vous aurez vu...
Mais que sert de vous le dire? Lisez-le vous-même écrit en ces mots sur
le portique du Louvre:
«_Non orbis gentem, non urbem gens habet ullam,
Ulla parem._»--
On peut le traduire ainsi pour l'intelligence du lecteur:
«Cette nation est unique parmi les nations;
Cette ville est unique parmi les villes:
Chanter et rire,--rire et mourir.»--
Il faut convenir que le François a une manière joviale de traiter tout
ce qui est grand.