Un mois après, Mlle d'Évran devenait Mme la comtesse de Rhuys, dans la
petite église rustique où la bénédiction nuptiale leur fut donnée, pour
ne pas déplacer Mlle Berthe.
M. Grandperrin avait mis dans la corbeille de noces l'ancien domaine de
Rhuys et une fort belle dot, sans préjudice des dispositions à venir.
Les nouveaux mariés ne reculèrent pas devant le devis de l'architecte,
comme l'ancien notaire de Vitré. Un petit château moderne, un peu dans
le style de l'ancien, fut édifié sur la hauteur, à la source même du _ru
des Ormes_, qui put librement continuer son cours dans le voisinage des
_ruines_, intégralement respectées.
L'abbé Dufresne baptisa le premier-né, qui fut un garçon, et le docteur
Le Bihan, convive aimable, sans pédantisme, vint souvent en ami plutôt
qu'en médecin, chez ses bienheureux hôtes.
M. et Mme Gerbier devinrent également les habitués du château, où le
comte et sa femme passaient, chaque année, la plus grande partie de la
belle saison, restant trois mois d'hiver à Paris et un mois ou deux en
voyage.
[Illustration]