XIV

Un mois après, Mlle d'Évran devenait Mme la comtesse de Rhuys, dans la

petite église rustique où la bénédiction nuptiale leur fut donnée, pour

ne pas déplacer Mlle Berthe.

M. Grandperrin avait mis dans la corbeille de noces l'ancien domaine de

Rhuys et une fort belle dot, sans préjudice des dispositions à venir.

Les nouveaux mariés ne reculèrent pas devant le devis de l'architecte,

comme l'ancien notaire de Vitré. Un petit château moderne, un peu dans

le style de l'ancien, fut édifié sur la hauteur, à la source même du _ru

des Ormes_, qui put librement continuer son cours dans le voisinage des

_ruines_, intégralement respectées.

L'abbé Dufresne baptisa le premier-né, qui fut un garçon, et le docteur

Le Bihan, convive aimable, sans pédantisme, vint souvent en ami plutôt

qu'en médecin, chez ses bienheureux hôtes.

M. et Mme Gerbier devinrent également les habitués du château, où le

comte et sa femme passaient, chaque année, la plus grande partie de la

belle saison, restant trois mois d'hiver à Paris et un mois ou deux en

voyage.

[Illustration]

Oeuvres de André Lemoyne Une Idylle normande.—Le Moulin des Prés.—Alise d'Évran. · 第 36 / 39 题