8 juillet.

Il mio fratello me prête encore sa main, ma chère amie. Je vois que

François, en vous rendant quotidiennement compte de mon état, est d'une

grande discrétion malgré tous les détails qu'il vous donne. Ce serait

mal à moi d'abuser de votre pitié au moins en ce qui concerne mon

abandon; j'aime mieux m'en fier à votre indulgence et à votre discrétion

et vous avouer que depuis dimanche soir, me voyant privé de l'usage de

mon bras, j'ai été pris de l'ennui de rester dans la solitude et j'ai

gardé la blonde petite qui m'offrait ses mains blanches pour me soigner.

Je suis entouré de sympathie... ne me plaignez donc pas trop. Vous vous

imaginez bien, en effet, que si les choses ne s'étaient pas passées

ainsi j'aurais eu recours à vous et prié votre dévouement de s'asseoir à

mon chevet; mais cela n'aurait pas été aussi sage, quoiqu'il n'y eût pas

eu là de quoi alarmer M. Béranger lui-même, que notre histoire

réconforterait plutôt.

C'est pour moi le regret de l'hospitalité que j'ai offerte, de ne

pouvoir vous convier à venir...

J'espère bien, du reste, être vite remis; on doit me permettre de sortir

jeudi prochain. J'irai vous voir; on me rendra d'ici là mon bras moins

impotent avec des bandages plus menus.

Adieu, mon amie; je vous remercie de vos lettres et je profite des

privilèges que donne la maladie pour vous embrasser très tendrement vous

et Hélène.

Amitié amoureuse · 第 440 / 469 题