Puis, de ce même mouvement insensible, comme s'il se fût haussé vers le
ciel, il se mettait debout, l'enlaçait de ses bras, son visage était
près du visage de Jeanne...
Et, comme il allait parler, Jeanne, d'un mouvement très doux, mit ses
deux bras autour de son cou, laissa tomber sa tête sur l'épaule de
François...
Ah! pourquoi François, à cet instant, fut-il saisi d'une terreur
étrange?
Ce mouvement des bras de Jeanne, il le reconnaissait! Ce sourire,
cette attitude de la tête chérie qui se penche sur son épaule, il les
reconnaissait!...
--Jeanne! Jeanne! bégaya François avec angoisse.
Et Jeanne murmurait:
--O mon bien-aimé, tu vas le savoir enfin, le cher secret quoi je n'ose
t'avouer depuis trois mois... Il faut que tu le saches... puis nous
irons ensemble le dire à mon père.
--Jeanne! Jeanne! cria le maréchal, pantelant.
--Ecoute, mon François... écoute-moi bien... cette minute est
solennelle... Mon bien-aimé, je suis ta femme, et notre union est
bénie...
--Jeanne! Jeanne! hurla le maréchal.
--Ecoute... voici le cher secret, si doux et si redoutable... François,
je vais être mère...
Une clameur de désespoir, une imprécation terrible, un mot s'exhalèrent
ensemble des lèvres du maréchal:
--Folle!... Elle est folle!
Et il tomba à la renverse, foudroyé, sans connaissance.
Le maréchal de Montmorency venait de retrouver celle qu'il avait tant
aimée.
Qu'allait-il advenir de la réunion de ces deux êtres qui se
chérissaient, du jeune amour du chevalier de Pardaillan, de la lutte
engagée entre huguenots et catholiques?
C'est ce que nos lecteurs connaîtront en lisant: