De cette ode politique il s'élève jusqu'au ciel dans une ode religieuse
adressée aux Romains pour les menacer de l'expiation de l'impiété du
siècle. Libre de moeurs et de philosophie, Horace était sincèrement
crédule et pieux envers les divinités nationales de son temps et de son
culte; il voulait jouir, mais non blasphémer. Cette ode est grave comme
un grondement de la colère des dieux dans la poitrine du poëte.
Dans l'ode suivante, une des plus décemment amoureuses de toutes ses
poésies légères, il redescend avec la souplesse d'un dieu dans les
prairies de l'Anio, pour y placer un dialogue digne de Théocrite entre
deux amants; c'est lui-même qu'il met en scène avec Lydie, car nul autre
que lui ne pouvait soutenir en vers avec Lydie un si gracieux dialogue.