De Janin, nouvellement marié.
Janin s’étoit marié la sienne fois[684], et avoit pris une femme qui
jouoit des mannequins[685], laquelle ne s’en cachoit point pour lui,
ne voulant point faire de tort au beau nom de son mari. Quelque jour,
un des voisins de Janin lui disoit des demandes, et lui faisoit les
réponses en forme d’une assez plaisante farce[686]. «Or çà, Janin,
vous êtes marié?» Et Janin répondit: «O voire!—Cela est bon, disoit
l’autre.—Pas trop bon: elle a trop mauvaise tête.—Cela est mauvais.—Pas
trop mauvais pourtant.—Et pourquoi?—C’est une des belles de notre
paroisse.—Cela est bon.—Pas trop bon aussi.—Et pourquoi?—Il y a un
monsieur qui la vient voir à toute heure.—Cela est mauvais.—Pas trop
mauvais pourtant.—Et pourquoi?—Il me donne toujours quelque chose.—Cela
est bon.—Pas trop bon aussi.—Et pourquoi?—Il m’envoie toujours de çà,
de là.—Cela est mauvais.—Pas trop mauvais pourtant.—Et pourquoi?—Il me
baille de l’argent, de quoi je fais grand’chère par les chemins.—Cela
est bon.—Pas trop bon aussi.—Et pourquoi?—Je suis à la pluie et au
vent.—Cela est mauvais.—Pas trop mauvais pourtant.—Et pourquoi?—J’y
suis tout accoutumé.» Achevez le demeurant si vous voulez, celle-ci est
à l’usage d’étrivières[687].