RECTIFICATION.

Par suite d'une erreur du dessinateur, la première figure des Amusements

des Sciences, dans notre dernier numéro (page 32), au lieu de

représenter dix cartes dont les nombres de points vont, en se suivant

depuis _un_ ou _as_ jusqu'à _dix_, offre dix cartes prises au hasard, à

partir des deux premières à gauche (l'_as_ de carreau et le _deux_ de

trèfle). Le lecteur est prié de faire par la pensée la correction

suivante, sans laquelle la solution de notre premier problème serait

inintelligible:

Après l'_as_ de carreau et le _deux_ de trèfle, il faut un _trois_ au

lieu d'un _huit_ de carreau; après ce _trois_ un _quatre_ au lieu d'un

_as_ de pique; après le _quatre_ un _cinq_ au lieu d'un _dix_ de coeur;

et ainsi de suite jusqu'au _dix_, qui sera immédiatement avant l'_as_ de

carreau pris pour point de départ.

SOLUTIONS DES QUESTIONS PROPOSÉES DANS LE

CINQUANTE-QUATRIÈME NUMÉRO.

I. Supposons que le nombre qu'il s'agit d'atteindre soit 100, et qu'il

faille ajouter des nombres constamment plus petits que 11.

L'artifice de ce problème consiste à s'emparer tout de suite de certains

nombres que nous allons faire connaître. Retranchez pour col effet 11 de

100, une fois, deux fois, trois fois, et autant de fois que cela se

peut, il restera 89, 78, 67, 56, 45, 34, 23, 12, 1, qu'il faut retenir;

car celui qui, en ajoutant son nombre moindre que 11 à la somme des

précédents, comptera un de ces nombres avant son adversaire, gagnera

infailliblement, et sans que l'autre puisse l'en empêcher. On trouvera

encore plus facilement ces nombres en divisant 100 par 11, et prenant le

reste 1, auquel on ajoutera continuellement 11 pour avoir 1, 12, 23, 34,

etc.

Supposons, par exemple, que le premier qui sait le jeu prenne 1; il est

évident que son adversaire devant compter moins que 11, pourra tout au

plus, en ajoutant son nombre, 10, par exemple, atteindre 11, le premier

prendra encore 1, ce qui fera 12; que le second prenne 8, cela fera 20;

le premier prendra 3 et aura 23, et ainsi successivement il atteindra le

premier à 34, 45, 56, 67, 78, 89. Arrivé là, le second ne pourra pas

l'empêcher d'atteindre 100 le premier; car, quelque nombre que prenne le

second, il ne pourra atteindre qu'à 99, le premier pourra donc dire, et

1 font 100. Si le second ne prenait que 1 en sus de 99, cela serait 90,

et son adversaire, prendrait 10, qui, avec 90, fait 100.

Il est clair que, de deux personnes qui jouent à ce jeu, si toutes deux

le savent, la première doit nécessairement gagner.

Mais si l'une le sait et que l'autre ne le sache pas, celle-ci, quoique

première, pourra fort bien ne pas gagner; car elle croira trouver un

grand avantage à prendre le plus fort nombre qu'elle puisse prendre;

savoir, 10; et alors la seconde, qui connaît le jeu, prendra 2; ce qui,

avec 10, fait 12, l'un des nombres dont il faut s'emparer. Elle pourra

même négliger cet avantage et ne prendre que 1 pour faire 11; car la

première prendra probablement encore 10, ce qui fera 21; la seconde

pourra alors prendre 2, ce qui fera 26. Elle pourra enfin attendre

encore plus tard pour se placer à quelqu'un des nombres suivants: 34,

45, 56, etc. Si le premier joueur veut gagner, il ne faut pas que le

plus petit nombre proposé mesure le plus grand; car, dans ce cas, le

premier n'aurait pas la certitude de gagner. Par exemple si, au lieu de

11, on avait pris 10, qui mesure 100 en ôtant 10 de 100 autant de fois

qu'on le peut, on aurait ces nombres: 10, 20, 30, 40, 50, 60, 70, 80,

90, dont le premier 10 ne pourrait pas être pris par le premier; ce qui

fait qu'étant obligé de prendre un nombre moindre que 10, si le second

était aussi fin que lui, il pourrait prendre le reste à 10, et ainsi il

aurait une régie infaillible pour gagner.

II. Prenez un ballon de verre à long col, remplissez-le d'eau à moitié,

et faites-y bouillir cette eau en tenant le fond du ballon au-dessus de

charbons ardents. Lorsque l'ébullition a duré pendant quelques minutes

avec une certaine intensité, mettez un bouchon au col de votre ballon et

retournez-le. Puis, lorsqu'il est refroidi complètement, placez de la

glace à la partie supérieure qui n'est pas en contact avec l'eau. Vous

verrez à l'instant l'ébullition se manifester avec beaucoup de force.

De l'eau froide suffira même habituellement pour produire l'ébullition,

et on pourra se donner ainsi le spectacle d'une eau qui bout sans feu

durant des heures entières.

L'explication de ce curieux phénomène est fort simple. Lorsque l'on a

chassé complètement du ballon l'air qui y était renfermé, par une

première ébullition, et qu'on a fermé le vase avec un bouchon, l'eau ne

s'est plus trouvée en contact qu'avec de la vapeur. Or, si on vient à

condenser cette vapeur par l'approche d'un corps froid, la surface

liquide n'étant plus pressée par rien, ce liquide laissera échapper de

nouvelle vapeur, et c'est là précisément ce en quoi consiste

l'ébullition.

C'est par une raison analogue que l'eau bout sur les hautes montagnes à

une température beaucoup plus basse qu'au bord de la mer. A Quito, par

exemple, a 2,900 mètres environ au-dessus de l'Océan, l'eau bout à 90º

seulement de l'échelle centigrade; de sorte qu'il est impossible

d'opérer certaines cuissons qui exigent une chaleur de 100°, à moins de

se servir du digesteur de Papin, ou de la vapeur à une pression plus

élevée que celle de l'atmosphère.

L'Illustration, No. 0055, 16 Mars 1844 · 第 5 / 10 题