Un quart d'heure après je leur présentai mes charmantes nièces, ces
fleurs qui croissent sur mes ruines et quelques hôtes du château qui
étaient venus en charmer les dernières bonnes heures. Le déjeuner
était frugal, l'entretien roula sur l'aimable empressement des paysans
de Milly et des religieuses de Saint-Point, hélas! et sur le sort
probable du château où nous les recevions encore aujourd'hui. Nous
glissâmes sur ces suprêmes douleurs de notre vie.--Non, cela n'est pas
possible, dirent-elles toutes à la fois. La France ne voudra pas que
ses enfants périssent pour elle! La France ne me doit rien,
répondis-je. Mon bonheur lui appartient comme ma vie. Seulement
j'aurais préféré qu'elle choisît une autre mort, car si j'ai été
coupable envers elle, ma famille est plus qu'innocente.
Leurs yeux se voilèrent de larmes; on parla d'autre chose.