Après cette touchante et héroïque invocation au héros qu'elle aime,
elle écrit à la belle Rocca sa douce amie une lettre en vers pleine
des plus habiles leçons de poésie, interrompues par des descriptions
dignes de Pétrarque.
Telle que celle-ci:
Comme parloye, erroient dans la prairie
Blancs agnelets, broustant l'herbe flourie;
De rame en rame oysillons voletoient,
Et du printemps le retour se contoient
En sy doulx airs, que n'auroit peu s'eslire
Cil qu'eust Linus accordé sur sa lyre;
Plus loing sembloit appendue au roschier
La chefvre folle; et bergers d'approschier,
Prompts à garder de l'alme nourriciere,
Des arbres nains la seyve printaniere.
Et boutons frais trop pressés de s'ouvrir...
Mes yeulx riants qu'ont veu nos champs flourir
Plus qu'ugne fois, ceste-là s'estonnerent
Qu'en çà des monts nul d'iceulx qu'entonnerent
Le chant de may, pour model n'eusse priz
Ce grand tabel, dont voyons touz le prilx:
Pourquoy me dy: Clotilde qu'ez jeunette,
Se n'est méfaict quant fusse orguillouzette
De si beaulx dons que Phoebus et l'Amour
T'ont fait, te font, et feront tour à tour.