XIII

Après cette touchante et héroïque invocation au héros qu'elle aime,

elle écrit à la belle Rocca sa douce amie une lettre en vers pleine

des plus habiles leçons de poésie, interrompues par des descriptions

dignes de Pétrarque.

Telle que celle-ci:

Comme parloye, erroient dans la prairie

Blancs agnelets, broustant l'herbe flourie;

De rame en rame oysillons voletoient,

Et du printemps le retour se contoient

En sy doulx airs, que n'auroit peu s'eslire

Cil qu'eust Linus accordé sur sa lyre;

Plus loing sembloit appendue au roschier

La chefvre folle; et bergers d'approschier,

Prompts à garder de l'alme nourriciere,

Des arbres nains la seyve printaniere.

Et boutons frais trop pressés de s'ouvrir...

Mes yeulx riants qu'ont veu nos champs flourir

Plus qu'ugne fois, ceste-là s'estonnerent

Qu'en çà des monts nul d'iceulx qu'entonnerent

Le chant de may, pour model n'eusse priz

Ce grand tabel, dont voyons touz le prilx:

Pourquoy me dy: Clotilde qu'ez jeunette,

Se n'est méfaict quant fusse orguillouzette

De si beaulx dons que Phoebus et l'Amour

T'ont fait, te font, et feront tour à tour.

Cours familier de Littérature - Volume 23 · 第 36 / 136 题