Après avoir entrelu quelques rondeaux, chansons des jeunes et érudites
amies de Clotilde qui ouvrent le volume, comme on humecte les bords du
vase avant d'y boire à pleine coupe, j'arrivai à Clotilde et je lus sa
première pièce à son premier-né. Toute sa jeunesse et toute la passion
qu'elle portait à Bérenger son père éclataient, brûlaient. C'était le
torrent de l'Ardèche changé en fleuve et en larmes à la vue de
l'enfant image de son père absent. J'eus à peine besoin de lire deux
fois ces vers délicieux pour les savoir à jamais. Il n'y avait point
d'art, non, c'était la nature faite art; l'image et le son, cette
musique de l'âme, y naissaient ensemble indivisibles comme la voix et
la sensation. Quel tort ne faisait-on pas à cette jeune inspirée d'un
chaste amour de la comparer à Sapho?
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