XI

Après avoir entrelu quelques rondeaux, chansons des jeunes et érudites

amies de Clotilde qui ouvrent le volume, comme on humecte les bords du

vase avant d'y boire à pleine coupe, j'arrivai à Clotilde et je lus sa

première pièce à son premier-né. Toute sa jeunesse et toute la passion

qu'elle portait à Bérenger son père éclataient, brûlaient. C'était le

torrent de l'Ardèche changé en fleuve et en larmes à la vue de

l'enfant image de son père absent. J'eus à peine besoin de lire deux

fois ces vers délicieux pour les savoir à jamais. Il n'y avait point

d'art, non, c'était la nature faite art; l'image et le son, cette

musique de l'âme, y naissaient ensemble indivisibles comme la voix et

la sensation. Quel tort ne faisait-on pas à cette jeune inspirée d'un

chaste amour de la comparer à Sapho?

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Cours familier de Littérature - Volume 23 · 第 31 / 136 题