L'Église catholique pendant la Révolution française. --

Constitution civile du clergé décrétée par l'Assemblée

Constituante. -- Cette constitution avait voulu

assimiler l'administration des cultes à celle du

royaume, établir un diocèse par département, faire élire

les évêques par les fidèles, et les dispenser de

l'institution canonique. -- Serment à cette

constitution exigé de la part du clergé. -- Refus de

serment, et schisme. -- Diverses catégories de prêtres,

leur rôle et leur influence. -- Inconvénients de cet

état de choses. -- Moyens qu'il fournit aux ennemis de

la Révolution, pour troubler l'État et les familles. --

Divers systèmes proposés pour porter remède au mal. --

Le système de l'inaction. -- Le système d'une Église

française, dont le Premier Consul serait le chef. -- Le

système d'un fort encouragement au protestantisme. --

Opinions du Premier Consul sur les divers systèmes

proposés. -- Il forme le projet de rétablir la religion

catholique, en appropriant sa discipline aux nouvelles

institutions de la France. -- Il veut la déposition des

évêques anciens titulaires, une circonscription

comprenant 60 siéges au lieu de 158, la création d'un

nouveau clergé composé de prêtres respectables de toutes

les sectes, l'attribution à l'État de la police des

cultes, un salaire aux prêtres au lieu d'une dotation

territoriale, enfin la consécration par l'Église de la

vente des biens nationaux. -- Relations amicales du pape

Pie VII avec le Premier Consul. -- Monsignor Spina,

chargé de négocier à Paris, retarde la négociation dans

un intérêt temporel du Saint-Siége. -- Désir secret de

recouvrer les Légations. -- Monsignor Spina sent enfin

le besoin de se hâter. -- Il s'abouche avec l'abbé

Bernier, chargé de traiter pour la France. --

Difficultés du plan proposé à la cour romaine. -- Le

Premier Consul envoie son projet à Rome, et demande au

Pape de s'expliquer. -- Trois cardinaux consultés. -- Le

Pape, après cette consultation, veut que la religion

catholique soit déclarée religion de l'État, qu'on le

dispense de déposer les anciens titulaires, et de

consacrer autrement que par son silence la vente des

biens d'Église, etc. -- Débats avec M. de Cacault,

ministre de France à Rome. -- Le Premier Consul, fatigué

de ces lenteurs, ordonne à M. de Cacault de quitter Rome

sous cinq jours, si le Concordat n'est pas adopté dans

ce délai. -- Terreurs du Pape et du cardinal Consalvi.

-- M. de Cacault suggère au cabinet pontifical l'idée

d'envoyer à Paris le cardinal Consalvi. -- Départ de

celui-ci pour la France, et ses frayeurs. -- Son arrivée

à Paris. -- Accueil bienveillant du Premier Consul. --

Conférences avec l'abbé Bernier. -- On s'entend sur le

principe d'une religion d'État. -- On déclare la

religion catholique, religion de la majorité des

Français. -- Toutes les autres conditions du Premier

Consul, relativement à la déposition des anciens

titulaires, à la nouvelle circonscription, à la vente

des biens d'Église, sont acceptées, sauf quelques

changements de rédaction. -- Accord définitif sur tous

les points. -- Efforts tentés au dernier moment par les

adversaires du rétablissement des cultes, afin

d'empêcher le Premier Consul de signer le Concordat. --

Il persiste. -- Signature donnée le 15 juillet 1801. --

Retour du cardinal Consalvi à Rome. -- Satisfaction du

Pape. -- Solennité des ratifications. -- Choix du

cardinal Caprara, comme légat _a latere_. -- Le Premier

Consul aurait voulu célébrer le 18 brumaire la paix de

l'Église, en même temps que la paix avec toutes les

puissances de l'Europe. -- La nécessité de s'adresser

aux anciens titulaires, pour avoir leur démission,

entraîne des retards. -- Demande de leur démission

adressée par le Pape à tous les anciens évêques,

constitutionnels ou non constitutionnels. -- Sage

soumission des constitutionnels. -- Noble résignation

des membres de l'ancien clergé. -- Admirables réponses.

-- Il n'y a de résistance que de la part des évêques

retirés à Londres. -- Tout est prêt pour le

rétablissement du culte en France, mais une vive

opposition dans le sein du Tribunat fait naître de

nouveaux délais. -- Nécessité de vaincre cette

opposition avant de passer outre. 194 à 285

LIVRE TREIZIÈME.

LE TRIBUNAT.

Administration intérieure. -- Les grandes routes purgées

du brigandage, et réparées. -- Renaissance du commerce.

-- Exportations et importations de l'année 1801. --

Résultats matériels de la Révolution française,

relativement à l'agriculture, à l'industrie, à la

population. -- Influence des préfets et sous-préfets sur

l'administration. -- Ordre et célérité dans l'expédition

des affaires. -- Conseillers d'État en tournée. --

Discussion du Code civil au Conseil d'État. -- Brillant

hiver de 1801 à 1802. -- Affluence extraordinaire des

étrangers à Paris. -- Cour du Premier Consul. --

Organisation de sa maison militaire et civile. -- La

garde consulaire. -- Préfets du palais et dames

d'honneur. -- Soeurs du Premier Consul. -- Hortense de

Beauharnais épouse Louis Bonaparte. -- MM. Fox et de

Calonne à Paris. -- Bien-être et luxe de toutes les

classes. -- Approches de la session de l'an X. -- Une

vive opposition s'élève contre les plus belles oeuvres

du Premier Consul. -- Causes de cette opposition,

répandue non-seulement parmi les membres des assemblées

délibérantes, mais parmi quelques chefs de l'armée. --

Conduite des généraux Lannes, Augereau et Moreau. --

Ouverture de la session. -- Dupuis, l'auteur de

l'ouvrage sur l'origine de tous les cultes, est nommé

président du Corps Législatif. -- Scrutins pour les

places vacantes au Sénat. -- Nomination de l'abbé

Grégoire, contrairement aux propositions du Premier

Consul. -- Explosion violente au Tribunat, pour le mot

_sujets_, inséré dans le traité avec la Russie. --

Opposition au Code civil. -- Irritation du Premier

Consul. -- Discussion au Conseil d'État sur la conduite

à tenir dans ces circonstances. -- On prend le parti

d'attendre la discussion des premiers titres du Code

civil. -- Le Tribunat rejette ces premiers titres. --

Suite des scrutins pour les places vacantes au Sénat. --

Le Premier Consul a proposé d'anciens généraux, qui ne

sont pas pris parmi ses créatures. -- Le Tribunat et le

Corps Législatif les repoussent, et se mettent d'accord

pour proposer M. Daunou, connu par son opposition au

gouvernement. -- Vive allocution du Premier Consul à une

réunion de sénateurs. -- Menaces d'un coup d'État. --

Les opposants intimidés se soumettent, et imaginent un

subterfuge pour annuler l'effet de leurs premiers

scrutins. -- Le consul Cambacérès dissuade le Premier

Consul de toute mesure illégale, et lui persuade de se

débarrasser des opposants, au moyen de l'article 38 de

la Constitution, qui fixe en l'an X la sortie du premier

cinquième du Corps Législatif et du Tribunat. -- Le

Premier Consul adopte cette idée. -- Suspension de tous

les travaux législatifs. -- On en profite pour réunir à

Lyon, sous le titre de Consulte, une diète italienne. --

Avant de quitter Paris le Premier Consul expédie une

flotte chargée de troupes à Saint-Domingue. -- Projet de

reconquérir cette colonie. -- Négociations d'Amiens. --

Objet de la Consulte convoquée à Lyon. -- Diverses

manières de constituer l'Italie. -- Projets du Premier

Consul à ce sujet. -- Création de la République

Italienne. -- Le général Bonaparte proclamé Président de

cette république. -- Enthousiasme des Italiens et des

Français réunis à Lyon. -- Grande revue de l'armée

d'Égypte. -- Retour du Premier Consul à Paris. 286 à 404

LIVRE QUATORZIÈME.

CONSULAT À VIE.

Arrivée du Premier Consul à Paris. -- Scrutin du Sénat

qui exclut soixante membres du Corps Législatif et vingt

membres du Tribunat. -- Les membres exclus remplacés par

des hommes dévoués au gouvernement. -- Fin du congrès

d'Amiens. -- Quelques difficultés surgissent au dernier

moment de la négociation, par suite d'ombrages excités

en Angleterre. -- Le Premier Consul surmonte ces

difficultés par sa modération et sa fermeté. -- La paix

définitive signée le 25 mars 1802. -- Quoique le premier

enthousiasme de la paix soit amorti en France et en

Angleterre, on accueille avec une nouvelle joie

l'espérance d'une réconciliation sincère et durable. --

Session extraordinaire de l'an X, destinée à convertir

en loi le Concordat, le traité d'Amiens, et différents

projets d'une haute importance. -- Loi réglementaire des

cultes ajoutée au Concordat, sous le titre d'_Articles

organiques_. -- Présentation de cette loi et du

Concordat au Corps Législatif et au Tribunat renouvelés.

-- Froideur avec laquelle ces deux projets sont

accueillis, même après l'exclusion des opposants. -- Ils

sont adoptés. -- Le Premier Consul fixe au jour de

Pâques la publication du Concordat, et la première

cérémonie du culte rétabli. -- Organisation du nouveau

clergé. -- Part faite aux constitutionnels dans la

nomination des évêques. -- Le cardinal Caprara refuse,

au nom du Saint-Siége, d'instituer les constitutionnels.

-- Fermeté du Premier Consul, et soumission du cardinal

Caprara. -- Réception officielle du cardinal comme légat

_a latere_. -- Sacre des quatre principaux évêques à

Notre-Dame, le dimanche des Rameaux. -- Curiosité et

émotion du public. -- La veille même du jour de Pâques

et du _Te Deum_ solennel qui doit être chanté à

Notre-Dame, le cardinal Caprara veut imposer aux

constitutionnels une rétractation humiliante de leur

conduite passée. -- Nouvelle résistance de la part du

Premier Consul. -- Le cardinal Caprara ne cède que dans

la nuit qui précède le jour de Pâques. -- Répugnance des

généraux à se rendre à Notre-Dame. -- Le Premier Consul

les y oblige. -- _Te Deum_ solennel et restauration

officielle du culte. -- Adhésion du public, et joie du

Premier Consul en voyant le succès de ses efforts. --

Publication du _Génie du Christianisme_. -- Projet d'une

amnistie générale à l'égard des émigrés -- Cette mesure,

débattue au Conseil d'État, devient l'objet d'un

sénatus-consulte. -- Vues du Premier Consul sur

l'organisation de la société en France. -- Ses opinions

sur les distinctions sociales, et sur l'éducation de la

jeunesse. -- Deux projets de loi d'une haute importance,

sur l'institution de la Légion-d'Honneur, et sur

l'instruction publique. -- Discussion de ces deux

projets dans le sein du Conseil d'État. -- Caractère des

discussions de ce grand corps. -- Paroles du Premier

Consul. -- Présentation des deux projets au Corps

Législatif et au Tribunat. -- Adoption à une grande

majorité du projet de loi relatif à l'instruction

publique. -- Une forte minorité se prononce contre le

projet relatif à la Légion-d'Honneur. -- Le traité

d'Amiens présenté le dernier, comme couronnement des

oeuvres du Premier Consul. -- Accueil fait à ce traité.

-- On en prend occasion de dire de toutes parts, qu'il

faut décerner une récompense nationale à l'auteur de

tous les biens dont jouit la France. -- Les partisans et

les frères du Premier Consul songent au rétablissement

de la monarchie. -- Cette idée paraît prématurée. --

L'idée du consulat déféré à vie prévaut généralement. --

Le consul Cambacérès offre son intervention auprès du

Sénat. -- Dissimulation du Premier Consul, qui ne veut

jamais avouer ce qu'il désire. -- Embarras du consul

Cambacérès. -- Ses efforts auprès du Sénat, pour obtenir

que le consulat soit déféré au général Bonaparte pour la

durée de sa vie. -- Les ennemis secrets du général

profitent de son silence, pour persuader au Sénat qu'une

prolongation du consulat pour dix années lui suffit. --

Vote du Sénat dans ce sens. -- Déplaisir du Premier

Consul. -- Il veut refuser. -- Son collègue Cambacérès

l'en empêche, et propose, comme expédient, de recourir à

la souveraineté nationale, et de poser à la France la

question de savoir si le général Bonaparte sera consul à

vie. -- Le Conseil d'État chargé de rédiger la question.

-- Ouverture de registres pour recevoir les votes, dans

les mairies, les tribunaux, les notariats. --

Empressement de tous les citoyens à porter leur réponse

affirmative. -- Changements apportés à la constitution

de M. Sieyès. -- Le Premier Consul reçoit le consulat à

vie, avec la faculté de désigner son successeur. -- Le

Sénat est investi du pouvoir constituant. -- Les listes

de notabilité sont abolies, et remplacées par des

colléges électoraux à vie. -- Le Tribunat réduit à

n'être qu'une section du Conseil d'État. -- La nouvelle

constitution devenue tout à fait monarchique. -- Liste

civile du Premier Consul. -- Il est proclamé

solennellement par le Sénat. -- Satisfaction générale

d'avoir fondé enfin un pouvoir fort et durable. -- Le

Premier Consul prend le nom de NAPOLÉON BONAPARTE. -- Sa

puissance morale est à son apogée. -- Résumé de cette

période de trois ans. 405 à 562

Histoire du Consulat et de l'Empire, (Vol. 03 / 20) faisant suite à l'Histoire de la Révolution Française · 第 39 / 39 段