D'après un document en la possession de la Société Historique du
Massachusetts, Uncas était du sang royal des Pequots. Tatobam et
Sassacus ne sont qu'un seul personnage. Uncas épousa sa fille, et se
révolta environ dix ans avant la ruine des Pequots. Mohegan ou Mohica
était le lieu de la sépulture des sachems.
Le père de Tatobam était le Sachem Wopegwosit. Le père d'Uncas était
Noncho. Sa mère et sa grand-mère s'appelaient toutes deux Mukkunump; la
dernière était fille de Oueroum, puissant Sachem des Narraghansetts, et
de Kiskechoowatmakunk, princesse Pequot. Un de ses aïeux, Sachem des
Pequots, se nommait Nucquuntdovaus. Le fils d'Uncas s'appelait
Onechocomme, son grand-père et ses descendans se sont appelés Ben-Uncas.
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DISCOURS DE MINAVANA
SACHEM CHIPPEOUAIS, LIEUTENANT DE PONTHIAC
Anglais, c'est à toi que je parle, et je demande ton attention. Anglais,
tu sais que le grand Ononthio est notre père. Il nous a promis de
l'être, et en retour, nous lui avons promis d'être ses enfans; nous
tenons notre parole.
Anglais, c'est toi qui as fait la guerre à notre père; tu es son ennemi.
Comment donc as-tu ôsé venir au milieu de ses enfans?
Anglais, nous savons que notre père est vieux et infirme; qu'étant
fatigué de faire la guerre à ta nation, il s'est laissé tomber assoupi.
Durant son sommeil, tu l'as battu et tu as mis en fuite ses jeunes gens;
mais il va s'éveiller. Je crois le voir se remuer déjà, et s'informer de
ses enfans: il s'éveille, et qu'allez vous devenir!
Anglais, quoique tu aies vaincu Ononthio, ses enfans ne dorment point;
ils ne sont pas tes esclaves. Ces lacs, ces montagnes et ces bois nous
ont été laissés par nos ancêtres, et nous ne les partagerons avec
personne. L'Anglais croit que nous ne pouvons vivre sans pain et sans
viande: ignore-t-il donc que le maître de la vie nous a donné de la
nourriture dans ces lacs spacieux?
Anglais, notre père employait nos jeunes gens à faire la guerre contre
ta nation. Plusieurs ont été tués, et c'est notre coutume d'apaiser les
morts. Ils peuvent être satisfaits de deux manières, ou par le sang de
la nation qui les a tués, ou en les couvrant, pour essuyer les larmes de
leurs amis.
Anglais, ton roi ne nous a fait aucuns présens, il n'a fait aucune
alliance avec nous; nous n'avons d'autre père que le Grand Ononthio.
Pour toi, nous savons que tu es venu ici croyant que nous ne te ferions
pas de mal. Tu viens nous apporter les choses dont nous avons grand
besoin. Nous te regardons donc comme un de nos frères, et comme une
marque de notre amitié, nous te présentons le calumet à fumer.
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J'ai parlé plus haut de Netam, Grand-Chef du Nord-ouest, vainqueur des
Sioux et défenseur des Anglais. Son fils ne fut pas moins en faveur
auprès de la compagnie. Il prononça un discours très remarquable durant
les troubles de 1814.
Le Chef entre dans la salle d'assemblée tenant un collier de rassades.
Négocians, mes enfans, dès que j'appris l'embarras où vous étiez ici,
mon coeur devint affligé et des larmes coulèrent sur mes joues.
Mais je m'aperçus qu'il ne fallait pas donner le temps à la douleur. Nos
négocians, nos amis, nos protecteurs, étaient environnés de dangers. Je
poussai le cri de guerre, et voyez qu'il fut entendu, car mes jeunes
gens sont tous avec moi.
Nous sommes à présent comme entourés par ce collier. C'est ainsi que
nous avons en haut les Sioux à contenir, et en bas, il paraît, des
jardiniers à combattre. Que sont donc ces jardiniers? Quel motif les a
fait venir ici? Qui leur a donné nos terres, et pourquoi veulent-ils
empêcher nos négocians d'acheter tout ce que nous pouvons leur livrer
sur nos domaines?... Mais il semble que ces étrangers se regardent comme
les véritables possesseurs de ce grand lit, et qu'à la faveur de cette
prétention extraordinaire, ils veulent vous empêcher de demeurer ici, et
vous enlever ces provisions que vous avez trafiquées sur notre rivière,
dans l'espoir sans doute d'asservir le pays et mes jeune gens, une fois
qu'ils seront privés de leurs protecteurs.--Quant à ces nouveaux venus
nous ne pourrons jamais les regarder comme tels.
L'été dernier, vous m'appelates avec mes jeunes gens, et je vins vous
joindre dans votre grande cabane. Mais je vis que vous n'aviez pas
besoin de mes guerriers; je laissai néanmoins ma massue dans la cabane
en cas d'un nouvel appel. Certes! je ne me serais point douté que
j'eusse à combattre des blancs sur ces terres, contre des blancs surtout
qui viennent du même pays que vous, et vous tous, aussi bien que les
sauvages, obéissant à un même Père.
Mais je vois que les jardiniers sont déraisonnables. Notre résolution
commune est donc de renverser toutes les barrières: c'est le voeu de mes
jeunes gens. C'est aussi notre intérêt, car si vous mourez, qui aura
pitié de nos femmes et de nos enfans.
Vous dites néanmoins que pour le moment vous en êtes venus à un
accommodement avec ces gans-la--j'en suis bien aise, et je remercie le
maître de la vie de ce que mon collier de rassade ne sera pas teint du
sang des blancs sur ces terres-ci. Je désirerais vous aimer tous; mais
ma vie et mon coeur sont à ceux qui gardent les ossemens de mon père. Si
donc vous ne pouviez vivre en paix avec ces jardiniers, nous les
chasserions de la rivière Assiniboane.
Je vois déjà un grand changement sur ces terres. Quand nous venions
camper autour des forts de nos négocians, mes enfans étaient
habituellement nourris de bonne viande broyée dans la graisse, mais ce
printems-ci, la disette et la faim nous ont forcés de laisser le fort
plutôt que je ne me l'étais proposé; car j'aurais désiré n'en partir
qu'après que les nuages noirs qui paraissent suspendus sur le fort
auraient été dissipés.
Quelques uns des négocians ont peut-être pensé alors que je voulais
abandonner la partie. Main non, je n'avais pas une pareille intention.
Voyant que vous n'aviez pas une bouchée de vivres à donner à vos propres
enfans, je fus obligé d'aller chercher quelque chose pour les mines. Ce
ne fut pas le bruit de quelques mauvais oiseaux qui me fit éloigner. Mon
empressement à me rendre ici pour soutenir votre cause, doit être la
preuve de mon attachement aux négocians.--Voilà ce que j'ai dit, et je
n'ai, moi, qu'une parole.
LETTRE DE MUSHULATUBA
CHEF DE VINGT-CINQ MILLE CHOCTAS AUX ELECTEURS DU MISSISSIPI.
Concitoyens,--J'ai combattu pour vous, et par un acte de votre propre
volonté, je suis devenu citoyen de l'état: ja suis propriétaire, je suis
enfant de la nature. On m'a dit que le titre de citoyen romain servait
autrefois de passeport pour parcourir de l'univers. Je suis d'après vos
lois citoyen américain, citoyen de la république représentative la plus
pure et la plus grande qui ait jamais existé. J'ai été chasseur dans ma
jeunesse; guerrier dans l'âge mûr: j'ai toujours combattu pour
l'avantage de la république. Je n'ai plus assez de force pour soutenir
les fatigues de la chasse, et mon bras est trop faible pour supporter le
poids de l'arc et des flèches. Lorsque je vivais dans l'état de nature,
je n'aspirais qu'à me reposer dans l'ombre, et je n'avais d'autre espoir
que celui d'être enseveli sous la même terre qui couvre mes ancêtres;
mais vous avez éveillé en mois de nouvelles espérances, et vos lois ont
fait luire à mes yeux une perspective brillante. Je ne connais pas
d'homme qui puisse avoir souffert plus que moi: que ce soit vous ou moi,
le temps devra le révéler. Mes frères blancs m'ont assuré que le burin
de l'histoire est impartial, et que dans la suite des temps, notre race
abandonnée obtiendra justice et sera épargnée. Ceci, concitoyens, est un
langage simple. Ecoutez, car je vous parle avec candeur. Je crois,
d'après vos lois, être qualifié pour occuper une place dans le conseil
de cette puissante république, dont le Mississipi forme une partie
inhérente; et je ne le cède à aucun autre citoyen en ce qui concerne la
dévotion aux lois et à la constitution du pays. Si après avoir pesé mes
prétentions et les avoir comparées avec celles des candidats qui me
seront opposés, vous vous prononcez en ma faveur, je vous servirai. Je
n'ai d'animosité contre aucun de mes frères blancs qui entreront dans
les rangs avec moi, mais je vous déclare sincèrement que je désire
réunir vos suffrages à l'élection prochaine d'un représentant au
Congrès.
(Signé,) MUSHULATUBA.
Nation des Choctas, 1 Avril, 1930.