Nouveaux détails sur Uncas--Sa soumission aux Anglais--Ses vices--Il
prend partit contre Philippe--Ses guerres--Sa postérité.
UNCAS est un nom célèbre dans le beau roman de Cooper, le _Dernier des
Mohicans_. Il convient à plusieurs Sachems. Celui qui fait le sujet de
ce chapitre, et dont j'ai déjà parlé si souvent, était Pequot de
naissance. Il descendait même des Sachems par son père et sa mère, qui
était fille de Tatobam. A l'arrivée des Anglais, il se rebella contre
Sassacus. Son adresse et son ambition le rendirent le Chef des Mohicans,
peuple qui semble n'être qu'une fraction des Pequots: il devait bientôt
occuper seul les forêts du Connecticut.
Aucun aborigène ne fut plus qu'Uncas utile aux Anglais. Il les suit à la
guerre[97] contre son maître. S'étant embarqué sur la flottille de
Mason, avec ses guerriers, il se fatigua bientôt de la manière de
naviguer des colons, et continua par terre. Ses sauvages fesaient force
belles fanfaronnades. Chaque guerrier vantait le noble courage qu'il
allait déployer, les nombreux ennemis auxquels il allait faire mordre la
poussière. Pour Uncas, comme le major lui demandait ce qu'il pensait que
ferait les sauvages, il répondit froidement: «Les Narraghansetts
abandonneront les Anglais, mais Uncas ne fuira point.» Sa prédiction se
trouva vraie. Ils reculèrent de terreur à la vue des guerriers de
Sassacus. Après le combat, Uncas alla avec cent guerriers contre
Pacatuck. Un petit havre au sud de la ville de Guilford, porte encore le
nom d'un de ses exploits. Côtoyant le rivage pour couper la retraite aux
vaincus, il y prit un Sachem et quelque Pequots, et coupa la tête au
premier. Depuis ce temps, le havre s'est appelé _Sachem's Head_. Cent
prisonniers et une partie du territoire Pequot furent le prix de ses
services. Des guerriers de différentes tribus commencèrent aussi dès
lors à se rallier autour de lui, et grossirent sa tribu.
[Note 97:
He was that Sagamo whom great Sassacus's rage
Had hitherto kept under vassalage,
But weary of h is great severity,
He now revolts, and to the English fly.
With cheerful air our Captain him embraces
And him and his Chiefmen wit titles graces.