CHAPITRE XV

«....... Le temps et le chagrin

«Ont desséché son coeur, aigri son caractère.

«N'importe, il faut le voir, s'offrir à sa colère;

«Conduisez-nous vers lui......»

Ancienne comédie.

La personne qui entra était M. Ratcliffe; Ellieslaw, dans le

trouble qui l'agitait, ayant oublié de révoquer les ordres qu'il

avait donnés pour le faire venir.

--Vous désirez me voir, monsieur, dit-il en ouvrant la porte; et

ne voyant qu'Isabelle:--Miss Vere est seule! S'écria-t-il; à

genoux! en pleurs!

--Laissez-moi, monsieur Ratcliffe, laissez-moi!

--Non! de par le ciel, répondit Ratcliffe: j'ai demandé plusieurs

fois la permission de prendre congé de vous; on me l'a refusée; le

hasard m'a mieux servi que mes prières. Excusez-moi donc; mais

j'ai un devoir important dont je dois m'acquitter envers vous.

--Je ne puis vous écouter, monsieur Ratcliffe, je ne puis vous

parler! ma tête n'est plus à moi. Recevez mes adieux, et laissez-moi,

pour l'amour du ciel.

--Dites-moi seulement s'il est vrai que ce monstrueux mariage

doive avoir lieu..., et cela, ce soir même? J'ai entendu les

domestiques en parler. J'ai entendu donner l'ordre de disposer la

chapelle.

--Épargnez-moi, de grâce, monsieur Ratcliffe: vous pouvez juger,

d'après l'état où vous me voyez, combien une pareille question est

cruelle!

--Mariée! à sir Frédéric Langley! cette nuit même...!

--Cela ne se peut...--Cela ne doit pas être...--Cela ne sera

pas.

--Il faut que cela soit, monsieur Ratcliffe! la vie de mon père

en dépend.

--J'entends!--Vous vous sacrifiez pour sauver celui qui...;

mais que les vertus de la fille fassent oublier les fautes du

père. En vingt-quatre heures j'aurais plus d'un moyen pour

empêcher ce mariage. Mais le temps presse: quelques heures vont

décider le malheur de votre vie, et je n'y trouve qu'un seul

remède..,--Il faut, miss Vere, que vous imploriez la protection

du seul être humain qui a le pouvoir de conjurer les maux qu'on

vous prépare.

--Et qui peut être doué d'un tel pouvoir sur la terre? dit miss

Vere respirant à peine.

--Ne tressaillez pas quand je vous l'aurai nommé, dit Ratcliffe

en s'approchant d'elle et en baissant la voix c'est celui qu'on

nomme Elsender, le solitaire de Mucklestane-Moor.

--Ou vous avez perdu l'esprit, monsieur Ratcliffe, ou vous venez

insulter à mon malheur par une plaisanterie hors de saison.

--Je jouis, comme vous, de toute ma raison, miss Vere, et vous

devez savoir que je ne suis pas un homme à me permettre de

mauvaises plaisanteries, surtout dans un moment de détresse et

quand il s'agit du bonheur de votre vie. Je vous atteste que cet

être, qui est tout autre que vous ne le supposez, a le moyen de

mettre un obstacle invincible à cet odieux mariage.

--Et d'assurer les jours de mon père?

--Oui, dit Ratcliffe, si vous plaidez sa cause auprès de lui...

Mais comment parvenir à lui parler ce soir?

--J'espère y parvenir, dit Isabelle, se rappelant tout-à-coup la

rose qu'il lui avait donnée. Je me souviens qu'il m'a dit que je

pouvais avoir recours à lui dans l'adversité; que je n'aurais qu'à

lui montrer cette fleur, ou seulement une de ses feuilles. J'avais

regardé ce discours comme une preuve de l'égarement de son esprit,

et j'étais honteuse de l'espèce de sentiment superstitieux qui m'a

fait conserver cette rose.

--Heureux événement! dit Ratcliffe: ne craignez plus rien. Mais

ne perdons pas de temps. Êtes-vous en liberté? ne veille-t-on pas

sur vous?

--Que faut-il donc que je fasse? dit Isabelle.

--Sortir du château à l'instant, et courir vous. Jeter aux pieds

de cet être qui, dans une situation en apparence si méprisable,

possède une influence presque absolue sur votre destinée. Les

convives et les domestiques ne songent qu'à se divertir. Les chefs

sont enfermés et s'occupent du plan de leur conjuration. Mon

cheval est sellé, je vais en préparer un pour vous. La plaine de

Mucklestane n'est pas éloignée d'ici. Nous pourrons être rentrés

avant qu'on s'aperçoive de votre absence. Venez me joindre dans

deux minutes à la petite porte du jardin... Ne doutez ni de ma

prudence ni de ma fidélité. N'hésitez pas à faire la démarche qui

peut seule vous préserver du malheur de devenir l'épouse de sir

Frédéric Langley.

--Un malheureux qui se noie, dit Isabelle, s'attache au plus

faible rameau. D'ailleurs, monsieur Ratcliffe, je vous ai toujours

regardé comme un homme plein d'honneur et de probité; je

m'abandonne donc à vos conseils. Je vais aller vous joindre à la

porte du parc.

Dès que M. Ratcliffe fut sorti, elle tira les verrous de sa porte,

et, descendant par un escalier dérobé qui donnait dans son cabinet

de toilette, dont elle ferma pareillement la porte, et dont elle

mit la clé dans sa poche, elle se rendit dans le jardin. Il

fallait pour y arriver qu'elle passât près de la chapelle du

château: elle entendit les domestiques occupés à la préparer, et

elle reconnut la voix d'une servante qui disait:

--Épouser un pareil homme! Oh ma foi! tout, plutôt qu'un pareil

sort.

--Elle a raison, pensa Isabelle, elle a raison! tout, plutôt que

ce mariage; et elle arriva bientôt à la porte du jardin.

M. Ratcliffe l'y attendait avec deux chevaux, et ils se mirent en

marche vers la hutte du solitaire.

--Monsieur Ratcliffe, dit Isabelle, plus je réfléchis sur ma

démarche, plus elle me paraît inconséquente. Le trouble et

l'agitation de mon esprit ont pu seuls me déterminer à me la

permettre. Mais réfléchissez-y bien! ne ferions-nous pas mieux de

retourner au château?... Je sais que cet homme est regardé par le

peuple comme un être doué d'une puissance surnaturelle, comme

ayant commerce avec les habitants d'un autre monde; mais vous

devez bien penser que je ne puis partager de telles idées, et que

si j'avais la faiblesse d'y croire, la religion m'empêcherait

d'avoir recours à de tels moyens.

--J'aurais espéré, miss Vere, dit Ratcliffe, que mon caractère et

ma façon de penser vous étaient assez connus pour que vous me

crussiez incapable d'ajouter foi à de pareilles absurdités.

--Mais de quelle manière un être en apparence si misérable peut-il

avoir le pouvoir de me secourir?

--Miss Vere, répondit Ratcliffe après un moment de réflexion, je

suis lié par la promesse d'un secret inviolable. Il faut que, sans

exiger de moi d'autre explication, vous vous contentiez de

l'assurance solennelle que je vous donne qu'il en a le pouvoir, si

vous parvenez à lui en inspirer la volonté; et je ne doute pas que

vous n'y réussissiez.

--J'ai en vous une confiance sans bornes, monsieur Ratcliffe;

mais ne pouvez-vous pas vous tromper vous-même?

--Vous souvenez-vous, ma chère miss, que lorsque vous me priâtes

d'intercéder auprès de votre père en faveur d'Haswell et de sa

malheureuse famille, et que j'obtins de lui une chose qu'il

n'était pas facile de lui arracher, le pardon d'une injure, j'y

mis pour condition que vous ne me feriez aucune question sur les

causes de l'influence que j'avais sur son esprit? Vous ne vous

êtes pas repentie alors de votre confiance en moi: pourquoi n'en

auriez-vous pas autant aujourd'hui?

--Mais la vie extraordinaire de cet homme, sa retraite absolue,

sa figure, son ton amer de misanthropie... Mon sieur Ratcliffe,

que dois-je penser de lui, s'il a réellement le pouvoir que vous

lui attribuez?

--Je puis vous dire qu'il a été élevé dans la religion

catholique, et cette secte chrétienne offre mille exemples de

personnes qui se sont condamnées à une vie aussi dure et à une

retraite aussi absolue.

--Mais il ne met en avant aucun motif religieux.

--Il est vrai. C'est le dégoût du monde qui a fait naître en lui

l'amour de la retraite. Je puis encore vous dire qu'il est né avec

une grande fortune. Son père voulait l'augmenter encore en

l'unissant à une de ses parentes qui était élevée dans sa maison.

Vous connaissez sa figure. Jugez de quels yeux la jeune personne

dut voir l'époux qu'on lui destinait. Cependant, habituée à lui

dès son enfance, elle ne montrait aucune répugnance à l'épouser;

et les amis de sir..., de l'homme dont je parle, ne doutèrent pas

que le vif attachement qu'il avait conçu pour elle, les

excellentes qualités de son coeur, un esprit cultivé, le caractère

le plus noble, n'eussent surmonté l'horreur naturelle que son

extraordinaire laideur devait naturellement inspirer à une jeune

fille.

--Et se trompèrent-ils?

--Vous allez l'apprendre. Il se rendait justice à lui-même, et

savait fort bien ce qui lui manquait. «--Je suis, me disait-il...,

c'est-à-dire, disait-il à un homme en qui il avait confiance,--je

suis, en dépit de tout ce que vous voulez bien me dire, un

pauvre misérable proscrit, qu'on eût mieux fait d'étouffer

au berceau que de laisser grandir pour être un épouvantail

sur cette terre où je rampe.» Celle qu'il aimait s'efforçait

en vain de le convaincre de son indifférence pour les formes

extérieures, en lui parlant de l'estime qu'elle faisait des

qualités de l'âme et de l'esprit.--«Je vous entends, lui disait-il,

mais vous parlez le langage du froid stoïcisme, ou du moins

celui d'une partiale amitié. Voyez tous les livres que nous avons

lus, à l'exception de ceux qui, dictés par une philosophie

abstraite, n'ont point d'écho dans notre coeur: un extérieur

avantageux, une figure au moins qu'on puisse regarder sans

horreur, ne sont-ils pas toujours une des premières qualités

exigées dans un amant? Un monstre tel que moi ne semble-t-il pas

avoir été exclus par la nature de ses plus douces jouissances?

Sans mes richesses, tout le monde, excepté vous peut-être et

Létitia, ne me fuirai-il pas? Ne me regarderait-on pas comme un

être étranger à votre nature, et plus odieux à cause de mon

analogie avec ces êtres que l'homme abhorre comme la caricature

insultante de son espèce.

--Ces sentiments sont ceux d'un insensé, dit Isabelle.

--Nullement: à moins qu'on ne donne le nom de folie à une

sensibilité excessive. Je ne nierai pourtant pas que ce sentiment

ne l'ait entraîné dans des excès qui semblaient le fruit d'une

imagination dérangée. Se trouvant à ses propres yeux comme séparé

du reste des hommes, il se croyait obligé de chercher à se les

attacher par des libéralités excessives et souvent mal placées; il

croyait que ce n'était qu'à force de bienfaits qu'il pouvait,

malgré sa conformation extérieure, obliger le genre, humain à ne

pas le repousser de son sein. Il n'est pas besoin de dire que

souvent sa bienveillance fut abusée, sa confiance trahie, sa

générosité payée d'ingratitude. Ces événements ne sont que trop

ordinaires, mais son imagination les attribuait à la haine et au

mépris que faisait naître, selon lui, sa difformité. Je vous

fatigue peut-être, miss Vere?

--Je vous écoute, au contraire, avec le plus vif intérêt.

--Je continue donc. Il finit par devenir l'être le plus ingénieux

à se tourmenter. Le rire des gens du peuple qu'il rencontrait dans

les rues, le tressaillement d'une, jeune fille qui le voyait en

compagnie pour la première fois, étaient des blessures mortelles

pour son coeur. Il n'existait que deux personnes sur la bonne foi

et sur l'amitié desquelles il parût compter: l'une était la jeune

fille qu'il devait épouser; l'autre un ami qui paraissait lui être

sincèrement attaché, et qu'il avait comblé de bienfaits. Le père

et la mère de ce malheureux si disgracié de la nature moururent à

peu d'intervalle l'un de l'autre, et leur mort retarda la

célébration de son mariage, dont l'époque avait été fixée. La

future épouse ne changea pourtant pas de détermination, et ne fit

aucune objection lorsque, après les délais convenables, il lui

proposa d'arrêter le jour de leur union. Il recevait chez lui

presque journellement l'ami dont je vous ai parlé. Sa malheureuse

étoile voulut qu'il acceptât l'invitation que lui fit cet ami

d'aller passer quelques jours chez lui. Il s'y trouva des hommes

qui différaient d'opinions politiques. Un soir, après une longue

séance à table, les têtes étant échauffées par le vin, une

querelle sérieuse survint, plusieurs épées furent tirées à la

fois, le maître de la maison fut renversé et désarmé par un de ses

convives; il tomba aux pieds de son ami. Celui-ci, quelque

contrefait qu'il soit, est doué par la nature d'une grande force,

il a des passions violentes; il crut son ami mort, il tira son

épée, et perça le coeur de son antagoniste. Il fut arrêté, jugé,

et condamné à un an d'emprisonnement, comme coupable d'homicide

sans préméditation. Cet événement l'affecta d'autant plus

vivement, que celui qu'il avait tué jouissait de la meilleure

réputation, et qu'il n'avait tiré l'épée que pour se défendre et à

la dernière extrémité. Depuis ce moment, je remarquai...--je

veux dire on remarqua que la teinte de misanthropie qu'il avait

toujours eue se rembrunissait encore; que le remords, sentiment

qu'il était incapable de supporter, ajoutait à sa susceptibilité

naturelle; enfin que toutes les fois que le meurtre qu'il avait

commis, dans un premier mouvement de colère, se représentait à son

imagination, il tombait dans des accès de frénésie qui faisaient

craindre un égarement d'esprit.--Son année d'emprisonnement

expira. Il se flattait qu'il allait trouver près d'une tendre

épouse et d'un ami chéri l'oubli de ses maux, la consolation de

ses peines: il se trompait. Il les trouva mariés ensemble. Il ne

put résister à ce dernier coup: c'était le dernier câble qui

retient un navire, et qui, en se rompant, le laisse exposé à la

fureur de la tempête. Sa raison s'aliéna. Il fallut le placer dans

une maison destinée aux infortunés qui sont dans cette funeste

position; mais son faux ami, qui, par son mariage, était devenu

son plus proche parent, fit durer sa détention long-temps après

que la cause n'en existait plus, afin de conserver la jouissance

des biens immenses du malheureux. Il yavait un homme qui devait

tout à cette victime de l'injustice. Il n'avait ni crédit, ni

puissance, ni richesses; mais il ne manquait ni de zèle, ni de

persévérance: après de longs efforts, il finit par obtenir

justice; l'infortuné fut remis en liberté et rétabli dans la

possession de ses biens. Ses richesses s'augmentèrent même de

toutes celles de la femme qu'il devait épouser: elle mourut sans

enfants mâles, et elles lui appartenaient comme son héritier par

substitution; mais la liberté n'avait plus de prix à ses yeux, et

sa fortune, qu'il méprisait, ne fut plus pour lui qu'un moyen de

se livrer aux bizarres caprices de son imagination. Il avait

renoncé à la religion catholique; mais peut être-quelques-unes de

ses doctrines continuaient-elles à exercer leur influence sur son

âme, qui parut désormais ne plus connaître que les inspirations du

remords et de la misanthropie. Depuis lors, il a mené

alternativement la vie errante d'un pèlerin et celle d'un ermite,

s'imposant les privations les plus sévères, non par un principe de

dévotion, mais par haine du genre humain. Tous ses discours

annoncent l'aversion la plus invétérée contre les hommes, et

toutes ses actions tendent à les soulager: jamais hypocrite n'a

été plus ingénieux à donner de louables motifs aux actions les

plus condamnables, qu'il l'est à concilier avec les principes de

sa misanthropie des actions qui prennent leur source dans sa

générosité naturelle et dans la bonté de son coeur.

--Mais encore une fois, dit Isabelle, ce portrait représente un

homme dont la raison est dérangée.

--Je ne prétends pas vous dire que toutes ses idées soient

parfaitement saines. Il tient quelquefois des propos qui feraient

croire à tout autre qu'à... qu'à celui qui seul le connaît

parfaitement, que son esprit est égaré; mais non, ce n'est qu'une

suite du système qu'il s'est formé, et dont je suis convaincu

qu'il ne se départira jamais.

--Mais encore une fois, monsieur Ratcliffe, vous me faites là le

portrait d'un homme en démence.

--Nullement, reprit Ratcliffe. Que son imagination soit exaltée,

je n'en disconviendrai pas; je vous ai déjà dit qu'il a eu

quelquefois comme des paroxysmes d'aliénation mentale; mais je

parle de l'état habituel de son esprit: il est irrégulier et non

dérangé; les ombres en sont aussi bien graduées que celles qui

séparent la lumière du jour des ténèbres de la nuit. Le courtisan

qui se ruine pour un vain titre ou un pouvoir dont il ne saurait

user en homme sage, l'avare qui accumule ses inutiles trésors, et

le prodigue qui dissipe les siens, sont tous un peu marqués au

coin de la folie. Les criminels, qui le sont devenus malgré leur

propre horreur du forfait et la certitude du supplice qui les

attend, rentrent dans mon observation; et toutes les violentes

passions, aussi bien que la colère, peuvent être appelées de

courtes folies.

--Voilà bien une philosophie excellente, répondit miss Vere; mais

pardonnez-moi si elle ne suffit pas pour me rassurer. Je tremble

de visiter à une telle heure quelqu'un dont vous ne pouvez vous-même

que pallier l'extravagance.

--Recevez donc mon assurance solennelle que vous ne courez pas le

moindre danger. Mais je ne vous ai pas encore parlé d'une

circonstance qui va peut-être vous alarmer plus que tout le reste;

et c'est même pour cela que je ne l'ai pas mentionnée plus tôt...

Maintenant que nous voici près de sa retraite,--il ne m'est pas

possible de vous accompagner chez lui, vous devez vous y présenter

seule.

--Seule? Je n'ose!

--Il le faut. Je vais rester ici et vous y attendre.

--Vous n'en bougerez pas?--Mais si je vous appelais, croyez-vous

que vous pourriez m'entendre?

--Bannissez toutes craintes, lui dit son guide, je vous en

supplie, et surtout gardez-vous bien de lui en montrer aucune. Il

prendrait votre timidité pour l'expression de l'horreur qu'il

croit que sa figure ne peut manquer d'inspirer. Adieu pour

quelques instants, souvenez-vous des maux dont vous êtes menacée,

et que la crainte qu'ils doivent vous inspirer triomphe de vos

scrupules et de vos terreurs.

--Adieu, monsieur Ratcliffe, dit Isabelle, je me confie en votre

honneur, en votre probité. Il est impossible que vous vouliez me

tromper.

--Sur mon honneur, sur mon âme, cria Ratcliffe, élevant la voix à

mesure qu'elle s'éloignait, vous ne courez aucun risque.

Le nain noir · 第 20 / 24 题