«Vous voulez donc, passer pour Hearne le chasseur?»
Shakespeare. (Les Joyeuses Femmes de Windsor.)
(Dans la pièce d'où ce vers est tiré, on persuade Falstaff de se
faire passer pour Hearne le chasseur, espèce d'esprit qui revient,
dans la forêt de Windsor. C'est une des mystifications dont le
pauvre chevalier est la dupe.)
Dans un des cantons les plus reculés du sud de l'Écosse (L'auteur
désigne ici le comté de Roxhurgh), où une ligne imaginaire, tracée
sur le froid sommet des hautes montagnes, sépare ce pays du
royaume voisin, un jeune homme, nommé Halbert ou Hobby Elliot,
fermier aisé qui se vantait de descendre de l'ancien Martin Elliot
de la tour de Preakin, si fameux dans les traditions et les
ballades nationales des frontières (Mentionné dans les Chants
populaires de l'Écosse (Border-Minstrerlsy)), revenait de la
chasse et regagnait son habitation. Les daims, autrefois si
multipliés dans ces montagnes solitaires, étaient bien diminués.
Ceux qui restaient, en petit nombre, se retiraient dans des
endroits presque inaccessibles où il était fort difficile de les
atteindre, quelquefois même dangereux de les poursuivre. Il y
avait cependant encore plusieurs jeunes gens du pays qui se
livraient avec ardeur à cette chasse, malgré les périls et les
fatigues qui y étaient attachés. L'épée des habitants des
frontières avait dormi dans le fourreau, depuis la pacifique union
des deux couronnes, sous le règne de Jacques, premier roi de ce
nom qui occupa le trône de la Grande-Bretagne; mais il restait
dans ces contrées des traces de ce qu'elles avaient été naguère.
Les habitants, dont les occupations paisibles avaient été tant de
fois interrompues par les guerres civiles pendant le siècle
précédent, ne s'étaient pas encore faits complètement aux
habitudes d'une industrie régulière. Ce n'était encore que sur une
très petite échelle que l'exploitation des bêtes à laine était
établie, et l'on s'occupait principalement à élever le gros
bétail. Le fermier ne songeait qu'à semer la quantité d'orge et
d'avoine nécessaire aux besoins de sa famille; et le résultat d'un
pareil genre de vie était que bien souvent lui et ses domestiques
ne savaient que faire de leur temps. Les jeunes gens l'employaient
à la chasse et à la pêche; et, à l'ardeur avec laquelle ils s'y
livraient, on reconnaissait encore l'esprit aventureux qui jadis
guidait les habitants du Border dans leurs déprédations.
Les plus hardis parmi les jeunes gens de la contrée, à l'époque où
commence cette histoire, attendaient avec plus d'impatience que de
crainte une occasion d'imiter les exploits guerriers de leurs
ancêtres dont le récit faisait une partie de leurs amusements
domestiques. L'acte de sécurité publié en Écosse, avait donné
l'alarme à l'Angleterre, en ce qu'il semblait menacer les deux
royaumes d'une séparation inévitable, après la mort de la reine
Anne. Godolphin, qui était alors à la tête de l'administration
anglaise, comprit que le seul moyen d'écarter les malheurs d'une
guerre civile était de parvenir à l'incorporation et à l'unité des
deux royaumes. On peut voir dans l'histoire de cette époque
comment cette affaire fut conduite, et combien on fut loin de
pouvoir espérer d'abord les heureux résultats qui en furent la
suite. Il suffit, pour l'intelligence de notre récit, de savoir
que l'indignation fut générale en Écosse, quand on y apprit à
quelles conditions le parlement de ce royaume avait sacrifié son
indépendance. Cette indignation donna naissance à des ligues, à
des associations secrètes, et aux projets les plus extravagants.
Les Caméroniens mêmes, qui regardaient avec raison les Stuarts
comme leurs oppresseurs, étaient sur le point de prendre les armes
pour le rétablissement de cette dynastie; et les intrigues
politiques de cette époque présentaient l'étrange spectacle des
papistes, des épiscopaux et des presbytériens, cabalant contre le
gouvernement britannique, et poussés par un même ressentiment des
outrages de la patrie commune. La fermentation était universelle,
et comme la population de l'Écosse avait été exercée au maniement
des armes, depuis la proclamation de l'acte de sécurité, elle
n'attendait que la déclaration de quelques-uns des chefs de la
noblesse qui voulussent diriger le soulèvement, pour se porter à
des actes hostiles. C'est à cette époque de confusion générale que
commence notre histoire.
Le Cleugh, ou la ravine sauvage, où Hobby Elliot venait de
poursuivre le gibier, était déjà loin de lui, et il était à peu
près à mi-chemin de sa ferme, quand la nuit étendit ses premiers
voiles sur l'horizon. Il n'existait pas dans les environs un
buisson ni une pointe de rocher qu'il ne connût parfaitement, et
il aurait regagné son gîte les yeux fermés; mais ce qui
l'inquiétait malgré lui, c'est qu'il se trouvait près d'un endroit
qui ne jouissait pas d'une bonne réputation dans le pays. La
tradition disait qu'il était hanté par des esprits, et qu'on y
voyait des apparitions surnaturelles. Il avait entendu faire ces
contes depuis son enfance, et personne n'y ajoutait plus de foi
que le bon Hobby de Heugh-Foot, car on le nommait ainsi pour le
distinguer d'une vingtaine d'autres Elliot qui avaient le même
nom.
Il faut convenir que le lieu dont il s'agit prêtait un peu à la
superstition, et Hobby n'eut pas besoin de faire de grands efforts
pour se rappeler les événements merveilleux qu'il avait entendu
raconter tant de fois. Ce lieu sinistre était un common, ou
bruyère communale, appelé Mucklestane-Moor (La plaine de la
Grande-Pierre), à cause d'une colonne de granit brut placée sur
une éminence au centre de la bruyère, peut-être pour servir de
mausolée à un ancien guerrier enseveli en ce lieu, ou comme le
monument de quelque combat. On ignorait quelle était l'origine de
cette espèce de monument; mais la tradition, qui transmet souvent
autant de mensonges que de vérités, y avait suppléé par une
légende que la mémoire d'Hobby ne manqua pas de lui rappeler.
Autour de la colonne, le terrain était semé ou plutôt encombré
d'un grand nombre de fragments énormes du même granit, que leur
forme et leur disposition sur la bruyère avaient fait appeler les
oies grises de Mucklestane-Moor. La légende avait trouvé
l'explication de la forme et du nom de ces pierres dans la
catastrophe d'une fameuse et redoutable sorcière qui fréquentait
jadis les environs, faisait avorter les brebis et les vaches, et
jouait tous les autres méchants tours qu'on attribue aux gens de
son espèce. C'était sur cette bruyère que la vieille faisait son
sabbat avec ses soeurs les sorcières. On montrait encore des
places circulaires dans lesquelles jamais ne pouvait croître ni
bruyère ni gazon, le terrain étant en quelque sorte calciné par
les pieds brûlants des diables qui venaient prendre part à la
danse.
Un jour la vieille sorcière fut obligée de traverser ce lieu pour
conduire, dit-on, des oies à une foire voisine; car on n'ignore
pas que le diable, tout prodigue qu'il est de ses funestes dons,
est assez peu généreux pour laisser ses associés dans la nécessité
de travailler pour vivre. Le jour était avancé; et, pour obtenir
un meilleur prix de ses oies, il fallait que la vieille arrivât la
première au marché; mais, aux approches de cette lande sauvage,
coupée par des flaques d'eau et des fondrières, son troupeau, qui
jusqu'alors docile s'était avancé en bon ordre, se dispersa
tout-à-coup pour se plonger dans son élément favori. Furieuse de
voir ses efforts inutiles, et oubliant les termes du pacte qui
obligeait Belzébuth à lui obéir pendant un temps convenu, la
sorcière s'écria:--Démon! que je ne sorte plus de ce lieu, ni
mes oies ni moi! A peine ces mots furent-ils prononcés, que, par
une métamorphose aussi subite qu'aucune de celles d'Ovide, la
vieille et le troupeau réfractaire furent convertis en pierres,
l'ange du mal, qu'elle servait, ayant saisi avec empressement
l'occasion de compléter la perte de son corps et de son âme, en
obéissant littéralement à ses ordres. On dit que, se sentant
transformée, elle s'écria en s'adressant au démon perfide:--«Ah!
traître! tu m'avais promis depuis long-temps une robe grise, celle
que tu me donnes durera!» Ces louangeurs du temps passé qui, dans
leur opinion consolante, soutiennent la dégénération graduelle du
genre humain, citaient souvent la taille du pilier et celle des
pierres pour prouver quelle était autrefois la stature des femmes
et des oies.
Tous ces détails se retracèrent à l'esprit d'Hobby. Il se rappela
aussi qu'il n'existait pas un seul villageois qui n'évitât
soigneusement cet endroit, surtout à la nuit tombante, parce qu'on
le regardait comme un repaire de kelpies, de spunkies et d'autres
démons écossais, jadis les compagnons de la sorcière, et
continuant à se donner rendez-vous au même lieu pour y tenir
compagnie à leur maîtresse pétrifiée. Hobby, quoique
superstitieux, ne manquait pas de courage; il appela près de lui
les chiens qui l'avaient suivi à la chasse, et qui, comme il le
disait, ne craignaient ni chiens ni diables; il regarda si son
fusil était bien amorcé, et, comme le paysan du conte de Burns
(Halloween), il se mit à siffler le refrain guerrier de Jock of
the Side (Voyez les Chants populaires de l'Écosse), comme un
général fait battre le tambour pour animer des soldats dont le
courage est douteux.
Dans cette situation d'esprit, on juge bien qu'Hobby ne fut pas
fâché d'entendre derrière lui une voix de sa connaissance. Il
s'arrêta sur-le-champ, et fut joint par un jeune homme qui
demeurait dans les environs, et qui avait, comme lui, passé la
journée à la chasse.
Patrick Earnscliff d'Earnscliff venait d'atteindre sa majorité, et
d'entrer en possession de sa fortune, qui était encore fort
honnête, quoiqu'elle ne fût que le reste de biens plus
considérables qu'avaient possédés ses ancêtres avant les guerres
civiles du temps. Il était d'une bonne famille, universellement
respectée dans le pays, et il paraissait devoir maintenir la
réputation de ses aïeux, ayant reçu une excellente éducation, et
étant doué d'excellentes qualités.
--Allons, Earnscliff, s'écria Hobby, je suis toujours aise de
rencontrer votre Honneur, et il fait bon d'être en compagnie dans
un désert comme celui-ci.--C'est un endroit tout rempli de
fondrières.--Où avez-vous chassé aujourd'hui?
--Jusqu'au Carla-Cleugh, Hobby, répondit Earnscliff en lui
rendant son salut d'amitié; mais croyez-vous que nos chiens
vivront en paix?
--Ah! ne craignez rien des miens, ils sont si fatigués qu'ils ne
peuvent mettre une patte devant l'autre. Diable! les daims ont
déserté le pays, je crois. Je suis allé jusqu'à Inger-Fell-Foot;
de toute la journée, je n'ai vu d'autre gibier que trois vieilles
perdrix rouges, dont je n'ai jamais pu approcher à portée de
fusil, quoique j'aie fait un détour de plus d'un mille pour
prendre le vent. Du diable si je ne m'en moquerais pas;--mais je
suis contrarié de n'avoir pas une pièce de gibier à rapporter à ma
vieille mère.--La bonne dame est là-bas qui parle toujours des
chasseurs et des tireurs de jadis.--Ah! je crois, moi, qu'ils
ont tué tout le gibier du pays.
--Hé bien! Hobby, j'ai tué ce matin un chevreuil, que mon
domestique a porté à Earnscliff; je vous en enverrai la moitié
pour votre grand'mère.
--Grand merci, monsieur Patrick. Vous êtes connu dans tout le
pays pour votre bon coeur. Ah! je suis sûr que cela fera plaisir à
la bonne femme, surtout quand elle saura que c'est vous qui l'avez
tué. Mais j'espère que vous viendrez en prendre votre part; car je
crois que vous êtes seul à la tour d'Earnscliff maintenant. Tous
vos gens sont à cet ennuyeux Édimbourg. Que diable font-ils dans
ces longs rangs de maisons de pierres avec un toit d'ardoises,
ceux qui pourraient vivre dans le bon air de leurs vertes
montagnes?
--Ma mère a été retenue pendant plusieurs années à Édimbourg par
mon éducation et celle de ma soeur; mais je me propose bien de
réparer le temps perdu.
--Et vous sortirez un peu de la vieille tour pour vivre en bon
voisin avec les vieux amis de la famille, comme doit faire le
laird d'Earnscliff. Savez-vous bien que ma mère... je veux dire ma
grand'mère; mais depuis la mort de ma mère, je l'appelle tantôt
d'une façon, tantôt de l'autre. N'importe, je voulais vous dire
qu'elle prétend qu'il y a une parenté éloignée entre vous et nous.
--Cela est vrai, Hobby; et j'irai demain dîner à Heugh-Foot de
tout mon coeur.
--Voilà qui est bien dit. Quand nous ne serions point parents, au
moins nous sommes d'anciens voisins après tout. Ma mère a tant
d'envie de vous voir! Elle jase si souvent de votre père, qui a
été tué il y a long-temps.
--Paix, Hobby! ne parlez pas de cela. C'est un malheur qu'il faut
tâcher d'oublier.
--Je n'en sais trop rien! Si cela était arrivé à mon père, je
m'en souviendrais jusqu'à ce que je m'en fusse vengé, et mes
enfants s'en souviendraient après moi. Mais, vous autres
seigneurs, vous savez ce que vous avez à faire. J'ai entendu dire
que c'était un ami d'Ellieslaw qui avait frappé votre père,
lorsque le laird lui-même venait de le désarmer.
--Laissons cela, laissons cela, Hobby. Ce fut une malheureuse
querelle occasionnée par le vin et par la politique. Plusieurs
épées furent tirées en même temps, et il est impossible de dire
qui frappa le coup.
--Quoi qu'il en soit, le vieux Ellieslaw était fauteur et
complice, car c'est le bruit général; et je suis sûr que si vous
vouliez en tirer vengeance, personne ne vous blâmerait, car le
sang de votre père rougit encore ses mains... Et d'ailleurs il n'a
laissé que vous pour venger sa mort... Et puis Ellieslaw est un
papiste et un jacobite... Ah! il est bien certain que tout le pays
s'attend à ce qu'il se passe quelque chose entre vous.
--N'êtes-vous pas honteux, Hobby, vous qui prétendez avoir de la
religion, d'exciter votre ami à la vengeance, et à contrevenir aux
lois civiles et religieuses, et cela dans un endroit où nous ne
savons pas qui peut nous écouter?
--Chut! chut! dit Hobby en se rapprochant de lui, j'avais
oublié... Mais je vous dirais bien, monsieur Patrick, ce qui
arrête votre bras. Nous savons bien que ce n'est pas manque de
courage. Ce sont les deux yeux d'une jolie fille, de miss Isabelle
Vere, qui vous tiennent si tranquille.
--Je vous assure que vous vous trompez, Hobby, répondit
Earnscliff avec un peu d'humeur, et vous avez grand tort de parler
et même de penser ainsi. Je n'aime pas qu'on se donne la liberté
de joindre inconsidérément à mon nom celui d'une, jeune
demoiselle.
--Là! ne vous disais-je pas bien que si vous étiez si calme; ce
n'était pas faute de courage? Allons, allons, je n'ai pas eu
dessein de vous offenser. Mais il y a encore une chose qu'il faut
que je vous dise entre amis. Le vieux laird d'Ellieslaw a plus que
vous dans ses veines l'ancien sang du pays. Il n'entend rien à
toutes ces nouvelles idées de paix et de tranquillité. Il est tout
pour les expéditions et les bons coups du vieux temps. On voit à
sa suite une foule de vigoureux garçons qu'il tient en bonne
disposition et qui sont pleins de malice comme de jeunes poulains.
Il vit grandement, dépense trois fois ses revenus tous les ans,
paie bien tout le monde, et personne ne peut dire où il prend son
argent. Aussi, dès qu'il y aura un soulèvement dans le pays, il
sera un des premiers à se déclarer. Or croyez bien qu'il n'a pas
oublié son ancienne querelle avec votre famille; je parierais
qu'il rendra quelque visite à la vieille tour d'Earnscliff.
--S'il est assez malavisé pour le faire, Hobby, j'espère lui
prouver que la vieille tour est encore assez solide pour lui
résister, et je saurai la défendre contre lui, comme mes ancêtres
l'ont défendue contre les siens.
--Fort bien! très bien! vous parlez en homme à présent... Hé
bien! si jamais il vous attaque ainsi, faites sonner la grosse
cloche de la tour, et en un clin d'oeil vous m'y verrez arriver
avec mes deux frères, le petit Davie de Stenhouse, et tous ceux
que je pourrai ramasser.
--Je vous remercie, Hobby; mais j'espère que dans le temps où
nous vivons nous ne verrons pas arriver des événements si
contraires à tous les sentiments de religion et d'humanité.
--Bah! bah! monsieur Patrick, ce ne serait qu'un petit bout de
guerre entre voisins: le ciel et la terre le savent bien, dans un
pays si peu civilisé, c'est la nature du pays et des habitants.
Nous ne pouvons pas vivre tranquilles comme les gens de Londres.
Ce n'est pas possible: nous n'avons pas comme eux tant à faire.
--Pour un homme qui croit aussi fermement que vous, Hobby, aux
apparitions surnaturelles, il me semble que vous parlez du ciel un
peu légèrement. Vous oubliez encore dans quel lieu nous nous
trouvons.
--Est-ce que la plaine de Mucklestane m'effraie plus que vous,
monsieur Earnscliff? Je sais bien qu'il y revient des esprits,
qu'on y voit là nuit des figures effroyables; mais qu'est-ce que
j'ai à craindre? J'ai une bonne conscience, elle ne me reproche
rien... Peut-être quelques gaillardises avec de jeunes filles, ou
quelques débauches dans une foire: est-ce donc un si grand crime?
Malgré tout ce que je vous ai dit, j'aime la paix et la
tranquillité tout autant que...
--Et Dick Turnbull, à qui vous cassâtes la tête? et Williams de
Winton, sur qui vous fîtes feu?
--Ah! monsieur Earnscliff, vous tenez donc un registre de mes
mauvais tours? La tête de Dick est guérie, et nous devons vider
notre différend le jour de Sainte-Croix à Jeddart; c'est donc une
affaire arrangée à l'amiable. Quant à Willie, nous sommes
redevenus amis, le pauvre garçon:--il n'a eu que quelques grains
de grêle après tout.--J'en recevrais volontiers autant pour une
pinte d'eau-de-vie. Mais Willie a été élevé dans la plaine, et il
a bientôt peur pour sa peau; quant aux esprits, je vous dis que
quand il s'en présenterait un devant moi...
--Comme cela n'est pas impossible, dit Earnscliff en souriant,
car nous approchons de la fameuse sorcière.
--Je vous dis, reprit Hobby comme indigné de cette provocation,
que, quand la vieille sorcière sortirait elle-même de terre, je
n'en serais pas plus effrayé que...--Mais Dieu me préserve!
monsieur Earnscliff, qu'est-ce que j'aperçois là-bas?