(Écriture de Lucien.)
Mardi, minuit.
Je n'ai pas pu revoir Jeanne. J'aurais voulu me consulter avec elle. Il
y a une pensée qui tourne autour de mon cerveau. Cette personne
accomplit un devoir en travaillant au salut de Jeanne.
Un devoir impérieux!
Elle représente, dit-elle, le père de Jeanne.
Jeanne pourra me dire, peut-être....
Il y a des moments où mon coeur se dilate tout à coup. Je me sens léger
et fort. Cette horrible crainte de la justice, entêtée dans son
égarement, ne pèse plus sur moi. Je viendrai seul devant les juges, je
serai sûr de moi. La vérité jaillira de ma poitrine si haute et si
éclatante, dès que le danger de Jeanne ne sera plus là....
Voici une pensée qui a heurté mon esprit comme un choc: il y a bien
longtemps que je n'ai entendu parler ni de M. Louaisot ni d'Olympe.
Se reposent-ils dans leur victoire?
Je suis terriblement seul, Geoffroy. Je ne connais pas à Paris une
créature humaine à qui je puisse demander conseil!