Il paraît que M. Hennion a entrepris de résoudre le problème de la
circulation dans Paris. C’est peut-être s’avancer un peu. Disons
toujours qu’il l’étudie. Cela donne confiance. Mais qu’il ne s’engage à
rien. Si c’était la quadrature du cercle? Comment faire à la fois qu’une
ville soit populeuse, riche, affairée, avide d’air, de promenades, et
que ses rues, la plupart très étroites, soient dénuées d’encombrement?
Comment satisfaire à la fois ceux qui vont à pied et ceux qui vont en
automobile, ceux qui veulent aller vite et ceux qui veulent être bercés
dans une lente voiture. Le plus court serait de s’en prendre aux
habitants et de ne leur permettre de ne sortir de chez soi qu’à tour de
rôle; mais puisque ce n’est pas possible, le mal n’a guère de remède. On
voudrait supprimer les fiacres maraudeurs. Ils sont une gêne, soit. Mais
il est bien commode de trouver sous la main la voiture dont on a besoin.
Il y a si peu de stations de fiacres à Paris. Il en faudrait quasi à
chaque coin de rue; mais cela serait une nouvelle source d’encombrement,
d’autant plus que l’administration a soin de les placer presque toujours
à contre sens, le long du côté où les voitures n’auraient pas le droit
de se tenir, si elles étaient en marche; de sorte que pour quitter son
poste, il faut qu’un fiacre viole la loi élémentaire de la circulation
et de même pour le regagner, au retour. Mais ce n’est peut-être là qu’un
point secondaire. Le grand inconvénient est le peu de largeur de
quelques-unes des voies les plus fréquentées. L’avenue des
Champs-Élysées, de la Concorde au rond-point, devrait être élargie, et
la place respective des voitures à chevaux et des automobiles mieux
répartie. J’y étais hier. C’était infernal, et chaque fois que les
agents faisaient arrêter la quadruple file, c’était un remous
effroyable. Chauffeurs et cochers sont heureusement admirables de
sang-froid et de précision. Sans cela Paris serait un bien pire chaos.
Il ne faut pas les abrutir par des règlements trop compliqués. Leur
liberté d’esprit est notre seule sauvegarde.