J’ai lu, il n’y a pas longtemps, un article de M. Robert d’Humières
intitulé _Renaissance catholique_ où j’ai pris autant d’intérêt que
cette question peut désormais en fournir pour moi. Mais, comme j’ai
trempé, au temps de ma jeunesse dans ladite Renaissance, il ne m’a
jamais été possible de m’en désintéresser complètement et il me plaît de
voir considérer comme de grands artistes et même de grands penseurs
catholiques des écrivains auxquels des œuvres d’un moment n’ont pas
toujours été inutiles; j’ai découvert la littérature latine du moyen
âge, ou du moins sa valeur esthétique, et j’ai vu en même temps que ce
qui fait encore sa beauté, c’est la naïveté de la foi qui y est incluse.
Ce n’est pas de la littérature orientée volontairement vers le
catholicisme, c’est la littérature d’une époque où l’on vit, où l’on
respire, où l’on marche dans une atmosphère de catholicisme, comme de
nos jours on marche et on respire dans une atmosphère de positivisme et
de scientisme. Contester la vierge Marie au XIIIe siècle est aussi bête
et aussi vain que contester la physique au XXe siècle. On était, aux
temps que je dis, tout aussi avide de connaissance que de nos jours,
mais l’esprit se heurtait à la notion invétérée de son impuissance, en
dehors de la foi, qui devait résoudre toutes les questions. Maintenant,
et ce que je vais dire est peut-être singulier, ceux même qui ont la foi
n’y croient plus. La foi n’est plus l’essence de leur âme. C’est quelque
chose qu’ils ont avalé comme un remède et qui n’a que des effets
temporaires. Renaissance! Mettons laborieuse imitation. Les renaissances
ne sont d’ailleurs que des périodes d’imitation. Cela leur donne
toujours quelque chose de pénible.