El Ḥasen, est celle qui est comprise entre l’Ouad Sous au nord,
l’Océan à l’ouest, l’Ouad Dra au sud, les Aït ou Mrîbeṭ
au sud-est. Cette dernière tribu est restée indépendante : à
elle s’arrête le blad el makhzen. Mais il ne faut pas oublier
que ce blad el makhzen ne l’est que _bel kedeb_, « d’une façon
mensongère », comme disent les indigènes, et de nom seulement :
c’est une domination qui coûte beaucoup plus au sultan, en
cadeaux pour entretenir l’alliance, qu’elle ne lui rapporte en
impôts. Cette domination, Moulei El Ḥasen voulut, avons nous dit, en
donner une preuve en élevant une ville dans la contrée : il choisit
l’emplacement de Tiznit, où il avait campé, et convint avec les
chikhs des environs, désormais qaïds, qu’ils y construiraient
pour lui une ville dont il leur donnerait les plans : il paierait
leur travail. En effet, peu de jours après le départ de l’armée,
arrivèrent plans et architectes : on commença aussitôt : on se mit
à construire une cité avec ses mosquées, sa qaçba, son mellaḥ,
ses fondoqs ; on fit une vaste enceinte carrée avec des murs de cinq
largeurs de main d’épaisseur et avec 36 tours sur chaque côté. La
ville n’est pas éloignée de la mer : le sultan veut en faire une
sorte d’entrepôt où viennent commercer les Européens.
Des Chrétiens sont récemment venus par mer sur cette côte,
cherchant un lieu favorable à l’établissement d’un port. Ils
ont visité Aglou, Ifni et d’autres points. Ifni, dans la tribu des
Aït Bou Ạmran, a paru leur plaire. On ne sait pas autre chose de
leurs entreprises.
C’est la première fois que les contrées qui viennent de
reconnaître le sultan font acte de soumission ; mais ce n’est pas
la première fois que Moulei El Ḥasen a affaire à elles. Il y a
plusieurs années, du vivant de Sidi Moḥammed, Moulei El Ḥasen, son
fils aîné, fit une campagne de ce côté. Il s’avança jusqu’à
l’Ouad Oulṛass ; mais là il se trouva face à face avec Sidi El
Ḥoseïn ould Ḥachem qui lui barrait le passage à la tête d’une
armée : le marabout lui envoya un message, lui donnant trois jours
pour battre en retraite : au delà de ce délai, il l’y forcerait les
armes à la main. Moulei El Ḥasen, ne se trouvant pas en force, se
retira ; en partant, il répondit à la lettre de Sidi El Ḥoseïn :
« Vous m’avez donné trois jours pour me retirer ; je vous donne
trois ans pour vous soumettre. » Peu après, Sidi Moḥammed mourut
et Moulei El Ḥasen monta sur le trône : depuis ce temps, on se
disait chaque année dans le Tazeroualt et dans l’Ouad Noun :
« C’est cette année qu’il va venir. » Enfin il est venu en
1882. Dès que Sidi El Ḥoseïn eut connaissance de son approche,
il fit transporter tout ce qu’il avait de plus précieux dans son
agadir, y accumula des provisions énormes et s’y enferma avec sa
famille et son armée d’esclaves. Puis il envoya au-devant du sultan
un messager, chargé de présents et d’une lettre fort humble :
il priait Moulei El Ḥasen de lui pardonner, de le ménager ;
il n’était qu’un simple religieux, uniquement consacré à
Dieu, n’ayant ni le pouvoir ni la volonté de s’opposer à ses
desseins. Moulei El Ḥasen lui répondit qu’il suffisait qu’il
ait eu peur, qu’il ait déménagé à son approche et qu’il se
soit humilié ; à présent qu’il était soumis, il ne voyait plus
en lui qu’un marabout, descendant d’un saint, et en conséquence
il lui envoyait des cadeaux, hommage à son caractère sacré. En
même temps il l’engageait à venir auprès de lui. Nous avons vu
comment Sidi El Ḥoseïn eut la sagesse de ne pas se rendre à cette
invitation, quelques instances que fît dans la suite le sultan. Mais
s’il refusa de se présenter lui-même, il envoya à Moulei El
Ḥasen un de ses fils qui fut fort bien reçu.
Telle fut, selon les indigènes, cette campagne dans laquelle le
sultan reçut la soumission de la partie du Sahel dont nous avons
donné les limites plus haut et en même temps de la vallée de
l’Ouad Sous, depuis l’embouchure de ce fleuve jusqu’au haut du
Ras el Ouad. L’expédition fut de courte durée : le 6 juin 1882,
Moulei El Ḥasen passait avec son armée à proximité de Mogador ;
le 2 juillet, il arrivait chez les Massa, tribu habitant le bas cours
de l’Ouad Oulṛass et comptant environ 1500 maisons (le plus grand
village des Massa est Agoubalou, près de l’embouchure de la rivière
dans l’Océan) ; le 26 juillet, le sultan écrivait dans les villes
de son empire que la campagne était terminée et avait eu plein
succès : on célébra à cette occasion des réjouissances publiques.
Voici, pour un certain nombre de tribus du Sahel, comment le sultan
a réparti les qaïds :
Ksima 1 qaïd.
Chtouka 1 qaïd (Ould Ben Dleïmi).
Assaka 1 qaïd.
Ouizzân 1 qaïd.
Aït Jerrar 1 qaïd.
Ida ou Semlal 1 qaïd.
Tazeroualt }
}
Ifran } réunis sous le qaïdat de Ḥadj Ṭahar ben Sidi
} El Ḥoseïn.
Tiznit (ville }
nouvelle). }
Assa 1 qaïd.
Aït Bou Ạmran 1 qaïd.
Aglou 1 qaïd.
Aït Imejjat 1 qaïd.
El Akhsas 1 qaïd.
Aït Brahim 1 qaïd.
Aït Ạbd Allah 1 qaïd.
Isbouïa 1 qaïd.
Tamanaṛt 1 qaïd.
{ Ida ou Leggan }
{ }
{ Aït Ḥerbil }
{ }
{ Aït Ouadaï }
{ }
{ Aït Illoul }
Id Brahim { } réunis sous le qaïdat de Ḥadj
{ } Ḥamed el Manaṛi.
{ Aït Mousa ou }
{ Daoud. }
{ }
{ Aït Bou Ạchra }
{ }
{ Aït Zkri }
{ }
{ Aït Bouhou }
{ Aït Ḥamed }
{ }
{ Aït Mesạoud }
{ }
Aït Bella { Aït Azouafid } 1 qaïd.
{ }
{ Aït Iasin }
{ }
{ Aït Bou }
{ Hioualat }
{ Aït Mousa ou }
{ Ạli }
{ }
{ Aït Cheggout }
{ }
{ Aït El Ḥasen }
{ }
{ Aït El Ḥaseïn }
{ }
{ Aït Chergouout }
Aït { } 1 qaïd.
Djemel. { }
{ Aït Mejjat }
{ }
{ Aït Tedrarin }
{ }
{ Oulad Bou Ạïṭa }
{ }
{ Oulad Izenqad }
{ }
{ Oulad Taoubbalt }
Ouad Noun 1 qaïd.
Ainsi qu’on le voit, l’expédition de Moulei El Ḥasen dans
le Sous et le Sahel avait sans doute un double objet : l’un
d’affirmer aux yeux des Chrétiens sa suprématie sur ces contrées ;
l’autre de s’emparer de la personne de Sidi El Ḥoseïn, contre
qui il nourrissait une vieille rancune et de qui les trésors
lui offraient une riche proie. Les instances sans nombre qu’il
fit auprès du marabout pour l’attirer dans son camp prouvent le
prix qu’il attachait à sa capture. De ces deux buts, c’était,
je crois, le second que le sultan avait le plus à cœur. Il ne put
l’atteindre. Le premier au contraire fut rempli sans difficulté. Si
l’on s’étonne qu’un si grand nombre de tribus aient aisément
consenti à se soumettre, que ni elles ni Sidi El Ḥoseïn n’aient
tenté aucune résistance, on trouvera la principale cause de cette
conduite dans la famine épouvantable qui régnait alors en ces
régions. Le pays était affaibli ; chacun était obligé d’aller
chercher des vivres au loin ; on n’avait plus de bestiaux, plus de
provisions, on avait dû vendre les chevaux, enfin on était dans de
très mauvaises conditions pour faire la guerre. Il parut sage de
se soumettre, quitte à se révolter quand, l’abondance revenue,
on serait en état de lutter. On m’a assuré que c’était déjà
fait. Lors de mon voyage (hiver et printemps 1884), le pays était
encore en l’état où l’avait laissé le sultan. Mais il paraît
que, 5 ou 6 mois après, la récolte ayant été excellente et la
richesse régnant partout, on s’est soulevé de tous les côtés
à la fois et que la plus grande partie des tribus du Sahel, du Ras
el Ouad et même du bas Sous, les Chtouka entre autres, ont secoué
le joug.
=Notes diverses sur le Sahel.=
1o _DAR BEN DLEIMI_ est un grand village situé au bord de la mer,
à un jour de marche au sud d’Agadir Iṛir. Il se trouve sur le
territoire des Chtouka et est la résidence du qaïd de cette tribu,
Ould Ben Dleïmi.
2o _OUAD NOUN_ n’est ni le nom d’une rivière ni celui d’une
ville, mais celui d’un petit district formé de la réunion de
plusieurs qçars ; ceux-ci s’élèvent au milieu d’une plaine nue
et stérile ; autour d’eux, ni palmiers, ni jardins, ni labourages :
ils se dressent isolés dans l’areg. L’Ouad Noun a un chikh
héréditaire, El Ḥabib ould Beïrouk ; c’est un personnage peu
aimé, mais puissant et craint aux environs. Le sultan a nommé son
frère, Daḥman, qaïd du district.
3o _REGIBAT, OULAD DELEIM_. — Ce sont deux tribus nomades ayant
leurs campements dans le Sahel, au sud du Maroc, entre l’Ouad Noun
et l’Adrar. Leurs ṛezous écument le Sahara entre Timbouktou et
Tindouf et apparaissent parfois sur le cours inférieur du Dra.
4o _CHQARNA_. — Tribu nomade errant dans le Sahel, au sud du
Maroc. Elle comptait, il y a 20 ans, 500 ou 600 combattants montés à
chameau ; c’est à peine si elle en possède 200 aujourd’hui. Les
Chqarna n’ont point de chevaux, le chameau est leur seule monture.
[Note 118 : On n’a pu me dire le nom de la douzième fraction.]
[Note 119 : Une légende qui a cours dans le pays veut que les Haha
soient Arabes d’origine et que ce soit par leur long séjour au
milieu d’Imaziren qu’ils aient pris les mœurs et la langue de
ces derniers.]
V
BASSIN DE L’OUAD ZIZ.
1o. — OUAD ZIZ.
L’Ouad Ziz prend sa source aux crêtes supérieures du Grand Atlas,
dans la grande fraction des Aït Ḥediddou. Il coule pendant quelque
temps sur leur territoire ; cette partie de son cours prend le nom
de district des Aït Ḥediddou ; des qçars nombreux sont sur ses
bords ; sa vallée est dominée par de hautes montagnes. En sortant
des Aït Ḥediddou, il reste désert un certain temps ; puis il
entre dans le district du Ziz. Le Ziz se compose de 25 à 30 qçars,
tous sur les rives du fleuve ; il appartient aux Aït Izdeg. Après
avoir arrosé le Ziz, l’ouad traverse un court passage désert et
entre dans le Gers. C’est un nouveau district ; il le traverse,
en baigne tous les qçars, et de là passe immédiatement dans le
Tiallalin. En sortant du Tiallalin, le fleuve se trouve de nouveau,
mais pour la dernière fois, dans le désert ; après y avoir coulé
pendant quelque temps, il s’engage dans le district d’El Kheneg,
où commencent les palmiers : à partir de là, il ne cesse d’en
avoir son cours ombragé, et il se déroule jusqu’au Tafilelt
entre deux rubans continus de dattiers et de qçars ; ses rives,
devenues un des endroits les plus riches du Maroc, s’appellent alors
successivement districts de Qçar es Souq, du Metṛara, de Reṭeb,
de Tizimi et du Tafilelt.
Nous allons examiner une partie de ces districts.
Nous nous occuperons ensuite des affluents de l’Ouad Ziz.
=I. — District des Aït Hediddou.=
C’est le premier qu’on rencontre sur le haut cours de l’Ouad
Ziz. Il se compose d’un certain nombre de qçars appartenant
aux Aït Ḥediddou et échelonnés sur les deux rives du fleuve :
ces qçars, avec quelques autres situés sur l’Ouad Sidi Ḥamza,
sont les seuls que possèdent les Aït Ḥediddou, fraction très
nombreuse des Aït Iafelman, mais composée surtout de nomades. En
voici l’énumération, dans l’ordre où on les trouve en descendant
l’ouad :
RIVE DROITE :
Aït Bou Ouzellif (2 qçars). 50 fusils.
Sountat. 100
Toulgdit. 20
Aït Ouazerf. 100
Aqdim. 100
Imtras. 300
Aït Ạmer. 30
Taberracht. 60
Aït Ạli ou Iqqo. 50
Tarribant. 20
Aït Ạmer. 50
Igli. 200
RIVE GAUCHE :
Imelouan 50 fusils.
Aït Ạmer 150
Aït Ạli ou Iqqo 30
Igli, Aït Ạmer, Tarribant forment un groupe distinct, séparé
du reste du district par un long kheneg. La réunion de ces trois
qçars se nomme Aït Sạïd ou Ḥeddou. Les autres portent le nom
collectif de Qçour Asif Melloul : l’Ouad Ziz, au nord du kheneg,
s’appelle Asif Melloul.
Plus de qçar sur l’Asif Melloul au-dessus de ceux que nous venons
de nommer. Ce sont les plus hauts de l’Ouad Ziz.
Les Aït Ḥediddou, maîtres de ce pays, en sont les seuls
habitants. Ils sont indépendants. Point de relations avec le makhzen.
Langue tamaziṛt.
Deux marchés : tenîn et khemîs à Aqdim.
Pas de Juifs.
Distances : de Mezizelt à Igli comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït Ọtman.
d’Aït Bou Ouzellif à Igli comme de Mellaḥ Tiallalin à
Qçar es Souq.
de Tarribant à Aït Ạli ou Iqqo comme de Mellaḥ Tiallalin
à Tamerrakecht.
Aït Ạli ou Iqqo (de la rive gauche) est en face de
Taberracht.
Imelouan est en face de Toulgdit.
Il y a un espace désert entre Tarribant et Aït Ạli ou
Iqqo ; les autres qçars sont les uns près des autres,
unis par leurs cultures.
=II. — Ziz.=
Le district du Ziz se compose d’un certain nombre de qçars
échelonnés sur les deux rives de l’Ouad Ziz ; en voici
l’énumération, dans l’ordre où on les rencontre en descendant
le fleuve :
RIVE DROITE :
Mezizelt. 20 fusils.
Zaouïa Sidi Bou Qil (2 qçars) 500
Tabia }
} Tabia 300
El Ḥara }
Aït Sạïd.
Aït Zebbour. 20
Aït Ḥammou el Ḥadj. 15
Tirezdet. 80
Aït Mousa ou Ạli. 70
Irezd (cherifs ; 3 qçars). 150
Aït el Ḥadj Sạïd. 10
Aït Kharroub. 4
Ibzazen }
}
Aït Bou el Khial } Aït Iaḥia ou Khalifa. 150
}
Izouṛar }
Rich. 20
RIVE GAUCHE :
Tamagourt. 100 fusils.
Gafaï. 100
Tasiset. 18
Tabarkaït. 25
Ou Allal. 60
Izebban. 15
Izebban. 80
Tagersift. 100
Le pays de Ziz appartient aux Aït Izdeg et n’est habité que par
eux. Les Aït Izdeg sont une fraction des Aït Iafelman. Ils sont
indépendants.
Langue tamaziṛt.
Deux marchés : tenîn et khemîs à Zaouïa Sidi Bou Qil.
Pas de Juifs.
Distances : de Tiṛilasin à Rich comme de Souq Tiallalin à Mellaḥ
Tiallalin.
de Rich à Mezizelt comme de Tamerrakecht à Mellaḥ
Tiallalin.
de Tamagourt à Igli (Aït Ḥediddou) comme d’Aït Ọtman à
Mellaḥ Tiallalin.
Désert entre Tamagourt et Igli.
Pas de désert entre Rich et Mezizelt, sur les rives de
l’ouad.
Tamagourt est en face de Mezizelt.
Tagersift est en face d’Aït Iaḥia ou Khalifa.
=III. — Gers.=
Le district du Gers se compose d’un certain nombre de qçars situés
sur les bords de l’Ouad Ziz et tous sur sa rive droite : en face
d’eux, la rive gauche est déserte. Voici les noms des qçars du
Gers, dans l’ordre où on les trouve en descendant l’Ouad Ziz :
RIVE DROITE :
Tiṛilasin Qedîm } 15 fusils.
} Tiṛilasin
Aït Tikkert } 40
Kherzouza. 40
Qcîra Aït Ạouda. 25
Amalou. 60
El Ḥaïn. 150
Aït El Feqih. 50
Qcîra Alibou (Alibou est le chikh el
ạam de toute la fraction des Aït
Izdeg, cette année). 20
Cedouqa. 30
De plus, entre Amalou et El Ḥaïn, on voit les ruines de Douar,
grand qçar détruit.
Le district du Gers appartient aux Aït Izdeg. La population y est
un mélange d’Aït Izdeg et de Qebala[120].
Langue tamaziṛt.
Point de marché.
Pas de Juifs. Mellaḥ ruiné à Douar.
Distances : Cedouqa est en face d’Aït Khozman, sur la rive opposée de
l’ouad.
de Cedouqa à Aït Tikkert comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït
Çaleḥ.
=IV. — Tiallalin.=
Le Tiallalin se compose d’un certain nombre de qçars échelonnés
sur les deux rives de l’Ouad Ziz. En voici l’énumération,
dans l’ordre où on les trouve en descendant le fleuve :
RIVE DROITE :
Kerrando. 50 fusils.
Qcîra el Ihoud (appelée aussi Mellaḥ Tiallalin).
Iserdan. 30
Bousam. 20
Tadaout. 20
Qcîra Aït Aḥa. 10
Aït ou Alil. 50
Aït Ḥaḥou. 15
Aït Ạmer. 4
Aït Çaleḥ. 30
RIVE GAUCHE :
Aït Khozman. 40 fusils.
Aït Ḥeqqou. 20
Aït ou Isaden. 20
Aït ou Innou. 20
Aït Zaïa. 15
Bou Idiren. 60
Qcîr Cherif. 15
Qcîr Sidi Ọmar. 50
Izabouben. 10
Aït Iaḥia ou Khalifa. 10
Aït Brahim. 10
Aït Attou. 30
El Qçar el Kebir. 20
Tamdafelt. 12
Taouaḥit. 80
Imazan. 60
Tamazount. 15
Izerraḥen. 15
Isaffen. 6
Aït Iaḥia. 50
Timṛirt. 12
Imri. 30
Le Tiallalin appartient aux Aït Izdeg et n’est peuplé que
d’eux. Chez les Aït Izdeg, chaque district, pour les sédentaires,
chaque campement, pour les nomades, se gouverne à sa fantaisie, sans
chikh, ni à l’année, ni autre : quelquefois on en nomme, mais pour
quelques mois, pour la durée d’une guerre par exemple. Ces jours-ci,
on en a élu ; voici pourquoi : le sultan a prié les Aït Izdeg de
lui envoyer leurs chikhs : après délibération, ils y ont consenti,
en ont nommé et les lui ont envoyés. Mais ils ne dépendent point de
Moulei El Ḥasen ; ils ne lui paient rien et n’ont, disent-ils,
que de la poudre à lui donner. S’ils n’ont pas de chikhs
permanents dans leurs diverses subdivisions, ils en ont toujours un
pour l’ensemble des Aït Izdeg : c’est un chikh el ạam, qui
est nommé chaque année par l’assemblée des diverses djemaạas.
Langue tamaziṛt.
Trois marchés à Aït ou Alil, le ḥad, le tlâta, le khemîs.
Un mellaḥ.
Distances : Qcîr Sidi Ọmar est juste en face de Qcîra el Ihoud.
=V. — El Kheneg.=
On appelle de ce nom le district formé par les qçars échelonnés
sur les deux rives de l’Ouad Ziz dans le long défilé qu’il
traverse entre Foum Jabel et Foum Ṛiour. Voici les noms de ces
qçars, dans l’ordre où on les rencontre en descendant le fleuve :
RIVE DROITE :
Asbarou. 20 fusils.
Aït Ọtman. 200
Qcîra el Mehenni. 30
Oul Itgir. 60
Serṛin. 40
Cheba. 20
RIVE GAUCHE :
Tamerrakecht (3 petits qçars). 40 fusils
Ifri (3 petits qçars). 40
Aït Isfa ou Daoud. 30
Amzou. 300
Ingbi. 30
Tingbit. 40
Beni Iffous. 50
Aït Moulei Moḥammed. 100
Timzourin (2 qçars). 40
El Kheneg appartient aux Aït Izdeg et n’est peuplé que d’eux.
Langue tamaziṛt.
Pas de marché.
Pas de Juifs.
=VI. — Qçar es Souq.=
Le district du Qçar es Souq se compose d’un certain nombre
de qçars échelonnés sur les rives de l’Ouad Ziz ; en voici
l’énumération, dans l’ordre où on les trouve en descendant
le fleuve.
RIVE DROITE :
Tazouqa. 200 fusils.
Tagnit. 40
Qçar es Souq (composée de 5 qçars : Mouskellal, Qcîba 300
Aït Moḥa ou Ạli, El Ḥaraṭîn, Agaouz, Azrou ; ils
forment un cercle au milieu duquel sont le marché et
le mellaḥ).
Tisgedlt. 100
Taṛzout (2 qçars). 100
Azemmour. 150
Targa (2 qçars). 150
RIVE GAUCHE :
Tiṛiourin. 150 fusils.
Beni Ouaṛaïn (3 qçars). 100
Er Raḥba. 60
Qçar Djedid Aït Ḥammou (3 qçars). 60
Le Qçar es Souq est peuplé d’Aït Izdeg et de cherifs. Ceux-ci
sont indépendants des premiers. Point de djemaạa ni de chikh
pour l’ensemble du district. Chaque qçar a sa djemaạa et son
gouvernement à part ; ils ne s’unissent entre eux qu’en cas
de guerre.
Langue tamaziṛt.
Un marché, à Qçar es Souq.
Un mellaḥ.
Distances : de Mellaḥ Qçar es Souq à Targa comme de Mellaḥ Tiallalin
à Aït Çaleḥ.
Qçar Djedid Aït Ḥammou est en face de Taṛzout.
Tiṛiourin est en face de Tazouqa.
=VII. — Metrara.=
Le district se compose d’un certain nombre de qçars échelonnés sur
les bords de l’Ouad Ziz. En voici l’énumération, dans l’ordre
où on les rencontre en descendant le cours du fleuve :
RIVE DROITE :
Tisgedlt. 40 fusils.
Beni Meḥelli. 100
Asrir. 200
Mediouna. 20
El Ḥibous. 400
Qaçba Qedîma. 400
RIVE GAUCHE :
Oulad el Ḥadj. 300 fusils.
Qçar Dekhlani. 150
El Ṛrouch. 40
Qçar Djedid. 100
Zaouïa Moulei Ạbd Allah. 20
Qçar Berrani. 100
Taourirt. 100
Sidi Bou Ạbd Allah. 300
Ṭitaf. 200
Qaçba Djedida. 200
Beni Mousi. 300
Geri Ourgaz. 4
Gaouz. 100
Tazenagt. 400
Le Metṛara n’est habité que par des cherifs et des Qebala :
les premiers sont les plus nombreux et ont la prépondérance. Ils
sont seuls maîtres du pays. Ils sont libres, n’obéissent pas au
sultan et ne sont sous la dépendance d’aucune tribu : ni Berâber
ni autres n’ont droit de parler dans le Metṛara. Cherifs et
Qebala sont mélangés dans les divers qçars. Point de chikh ni de
djemaạa administrant l’ensemble du district. Chaque qçar a son
existence isolée, se gouverne au moyen de sa djemaạa et ne s’unit
à d’autres qu’en cas de guerre.
On ne parle que l’arabe.
Quatre marchés : tenîn et khemîs à Qaçba Qedîma ; tenîn et
khemîs à Sidi Bou Ạbd Allah.
Pas de Juifs.
Un homme est tout-puissant dans le Metṛara et a en sa main tout
le district, c’est Chikh Moḥammed El Ạrabi el Derkaoui. Ce
chef religieux, qui réside à Gaouz, est extrêmement influent :
chaque année, le sultan lui envoie sa part de dîme ; il y a deux
ans, il lui a expédié 40 qanṭars (le _qanṭar_ vaut ici 1250
francs). Sidi Moḥammed El Ạrabi avait, à la fin de 1881, appelé
les Berâber à la guerre sainte contre les Français ; mais peu après
il les contremanda. Son pouvoir est énorme sur tous les Berâber,
Aït Atta comme Aït Iafelman. D’un mot, il peut les armer. Par le
nombre et la valeur guerrière de ces tribus, tout à sa dévotion,
il est un des cinq chefs religieux les plus puissants du Maroc. Il
compte au même rang que Moulei Ạbd es Selam el Ouazzâni, Sidi
Ben Daoud, Sidi Moḥammed ou Bou Bekr et Sidi El Ḥoseïn.
Distances : point de désert entre le Qçar es Souq et le Metṛara.
d’Oulad el Ḥadj à Tazenagt comme de Mellaḥ Tiallalin à
Tamerrakecht.
de Qçar Djedid Aït Ḥammou à Oulad el Ḥadj comme de Mellaḥ
Tiallalin à Aït Çaleḥ.
de Tisgedlt à Targa comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït Çaleḥ.
Beni Mousi est en face de Qaçba Qedîma.
=VIII. — Districts inférieurs.=
Les trois districts les plus bas de l’Ouad Ziz se composent chacun,
comme les précédents, d’une double ligne de qçars échelonnés
sur les deux rives du fleuve.
Le Reṭeb comprend 30 ou 40 qçars : population mélangée, cherifs,
marabouts, Qebala. Langue arabe. Un mellaḥ.
Le Tizimi se compose de 30 à 40 qçars. Deux mellaḥs.
Le Tafilelt, d’environ 360 qçars. Cinq mellaḥs.
=IX. — Affluents de l’Ouad Ziz.=
L’Ouad Ziz reçoit divers affluents ; voici quelques-uns d’entre
eux :
1o L’Ouad Aït Iaḥia, se jetant sur sa rive gauche à Igli
(Aït Ḥediddou).
2o L’Ouad Zaouïa Sidi Ḥamza, se jetant sur sa rive gauche à
Tagersift (district du Ziz).
3o L’Ouad Todṛa, se jetant sur sa rive droite au-dessous du
Reṭeb, dans un des districts de son cours inférieur.
1o OUAD AIT IAHIA. — Il prend sa source dans le Grand Atlas
et se jette sur la rive gauche de l’Ouad Ziz à Igli (Aït
Ḥediddou). Voici les qçars que l’on rencontre sur son cours,
en le descendant :
RIVE GAUCHE :
Tazarin. 90 fusils.
Izloufa. 20
Tabouạrbit. 50
Anfergal. 150
El Bordj. 10
Ces qçars appartiennent aux Aït Iaḥia, fraction des Aït
Iafelman. Les Aït Iahia sont très nombreux, mais presque
tous nomades ; ils ne possèdent pas d’autres qçars que les
5 précédents. Ils sont indépendants et passent pour grands
pillards. Leurs quelques qçars n’ont point de chikh spécial.
Langue tamaziṛt.
Ni marché, ni Juifs.
Distances : d’El Bordj à Igli comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït ou
Alil.
d’El Bordj à Tazarin comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït
Çaleḥ.
Point de désert entre ces deux derniers points.
2o OUAD SIDI HAMZA. — Il prend sa source au Djebel El Ạïachi et
se jette sur la rive gauche de l’Ouad Ziz à Tagersift (Ziz). Voici
les qçars qu’il arrose, dans l’ordre où on les trouve en le
descendant :
RIVE DROITE :
Tazrouft (marabouts). 200 fusils
Zaouïa Sidi Ḥamza (marabouts). 300
Aït ou Allou (2 qçars) (Aït Izdeg). 100
Aït Iạqob (Aït Ḥediddou). 600
Tanṛerift (Ait Ḥediddou). 50
Toullist (4 qçars) (Aït Izdeg). 200
Langue tamaziṛt.
Pas de marché.
Deux Juifs à Zaouïa Sidi Ḥamza.
Distances : de Tagersift à Tanṛerift comme de Mellaḥ Tiallalin à Qçar
es Souq.
Défilé désert assez long entre ces deux points, appelé
Kheneg Tarq.
de Tanṛerift à Aït Iạqob comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït
ou Alil.
Désert entre ces deux points.
d’Aït Iạqob à Aït ou Allou comme de Mellaḥ Tiallalin à
Qçar es Souq.
Désert entre ces deux points.
d’Aït ou Allou à Zaouïa Sidi Ḥamza comme de Mellaḥ
Tiallalin à Aït Ọtman.
Désert entre ces deux points.
de Zaouïa Sidi Ḥamza à Tazrouft comme de Mellaḥ Tiallalin
à Aït ou Alil.
Désert entre ces deux points.
de Toullist à Tagersift comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït
ou Alil.
L’Ouad Zaouïa Sidi Ḥamza reçoit un affluent, l’Ouad Nezala,
se jetant sur sa rive gauche à Toullist.
=Ouad Nezala.= — Il prend sa source au Djebel El Ạbbari ; voici
les qçars qui se trouvent sur son cours, dans l’ordre où on les
trouve en le descendant :
Ibabaḥen rive droite, 6 fusils.
Ạbbari rive gauche, 40
Qcîra ou Ba El Ḥasen rive gauche, 20
Bou Seroual rive droite, 20
Nezala rive droite, 20
Tiffitra rive droite, 8
Semlal rive gauche, 10
Tazalaṛt rive gauche, 30
Tous ces qçars appartiennent aux Aït Izdeg.
Langue tamaziṛt.
Ni marché, ni Juifs.
Distances : de Toullist à Tazalaṛt comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït
Çaleḥ.
Désert entre ces deux points.
de Tazalaṛt à Semlal comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït
Çaleḥ.
Désert entre ces deux points.
de Semlal à Tiffitra comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït ou
Alil.
Désert entre ces deux points.
de Tiffitra à Nezala comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït
Ọtman.
Désert Taqqat Nezala entre ces deux points.
de Nezala à Ibabaḥen comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït ou
Alil.
3o OUAD TODRA. — L’Ouad Todṛa, d’une grande importance, et
par lui-même, et par son affluent l’Ouad Ṛeris, fera l’objet
d’un article spécial.
2o. — OUAD TODRA.
=I. Ouad Todra.=
L’Ouad Todṛa prend sa source à peu de distance de l’oasis
du Todṛa, dans les hauts massifs qu’on en aperçoit vers le
nord-ouest. Le mont d’où il sort s’appelle Aqqa Tizgi ; c’est
une muraille rocheuse du pied de laquelle jaillissent des sources
abondantes qui forment l’Ouad Todṛa. De là il va arroser la
longue bande du Todṛa, où il a toujours de l’eau, été et
hiver. Au sortir de cette oasis, le lit s’en dessèche et les
bords en deviennent déserts jusqu’au Ferkla. Il arrose le Ferkla,
puis rentre dans le désert : du point où il sort du Ferkla à celui
où il se jette dans le Ziz, on ne trouve plus sur ses rives aucune
grande oasis, mais seulement de loin en loin quelque qçar isolé
entouré de dattiers, simple tache dans la plaine. Dans la portion
inférieure de son cours, il porte souvent le nom d’Ouad Ferkla.
Nous allons étudier successivement le Todṛa, le Ferkla et les
qçars au-dessous de Ferkla.