La bibliothèque numérique peut être définie comme une entité résultant de

l’utilisation des technologies numériques pour acquérir, stocker, préserver et

diffuser des documents. Ces documents sont soit publiés directement sous forme

numérique, soit numérisés à partir d’un document imprimé, audiovisuel ou autre.

Une collection numérique devient une bibliothèque numérique quand elle répond

aux quatre facteurs suivants: 1) elle peut être créée et produite dans un

certain nombre d’endroits différents, mais elle est accessible en tant qu’entité

unique; 2) elle doit être organisée et indexée pour un accès aussi facile que

possible à partir du lieu de base où elle est produite; 3) elle doit être

stockée et gérée de manière à avoir une existence assez longue après sa

création; 4) elle doit trouver un équilibre entre le respect du droit d’auteur

et les exigences universitaires.

Dans Information Systems Strategy, un document disponible sur le site de la

British Library en 1997, Brian Lang, directeur de projet, explique que la future

bibliothèque numérique de la British Library n’est pas envisagée comme un

secteur à part, mais qu’elle fera partie intégrante d’une vision globale de la

bibliothèque. Si certaines bibliothèques pensent que les documents numériques

prédomineront dans les bibliothèques du futur, la British Library n’envisage pas

une bibliothèque exclusivement numérique. Elle considère comme fondamentale la

communication physique des imprimés, manuscrits, partitions musicales, bandes

sonores, etc., tout en ayant conscience de la nécessité du développement

parallèle de collections numériques. "On ne peut pas, on ne pourra pas tout

numériser. A terme, une bibliothèque virtuelle ne sera jamais qu’un élément de

l’ensemble bibliothèque", souligne aussi Jean-Pierre Angremy, président de la

Bibliothèque nationale de France (BnF), dans un article du Figaro du 3 juin

1998.

Hébergée par l'Université Carnegie Mellon (Pittsburgh, Pennsylvanie, Etats-Unis)

et reliée au catalogue expérimental (Experimental Search System - ESS) de la

Library of Congress, l’Universal Library insiste sur les trois avantages de la

bibliothèque numérique: 1) elle occupe moins de place qu’une bibliothèque

traditionnelle et son contenu peut être copié ou sauvegardé électroniquement; 2)

elle est immédiatement accessible à quiconque sur l’internet; 3) comme toute

recherche sur son contenu est automatisée, elle permet une réduction des coûts

importante et une plus grande accessibilité des documents.

= Numérisation en mode image et en mode texte

Qui dit bibliothèque numérique dit numérisation, c’est-à-dire conversion des

textes et des images en langage informatique, le plus souvent binaire (0 ou 1).

Pour pouvoir être consulté à l’écran, un livre doit être numérisé soit en mode

image soit en mode texte.

La numérisation en mode image correspond à la photographie du livre page après

page. C’est la méthode employée pour les numérisations à grande échelle, par

exemple pour le programme de numérisation de la Bibliothèque nationale de France

(BnF). Outre un coût peu élevé, l’avantage qu’y voient les bibliothèques est la

conservation de la notion de livre, puisque la version informatique est le

fac-similé de la version imprimée.

La numérisation en mode texte implique la saisie d’un texte. Les documents sont

patiemment scannés ou saisis page après page. C’est le cas des collections

d’ABU: la bibliothèque universelle ou du Projet Gutenberg. Contrairement à la

numérisation en mode image, la version informatique ne conserve pas la

présentation originale du livre ou de la page. Le livre devient texte, à savoir

un ensemble de caractères apparaissant en continu à l’écran. A cause du temps

passé au traitement de chaque livre, ce mode de numérisation est assez long, et

donc nettement plus coûteux que la numérisation en mode image. Dans de nombreux

cas, il est toutefois très préférable, puisqu’il permet l’indexation, la

recherche et l’analyse textuelles, une étude comparative entre plusieurs textes

ou entre plusieurs versions du même texte, etc.

Même si, pour des raisons de coût, le texte est numérisé en mode image, la

numérisation en mode texte est souvent utilisée pour les tables des matières,

les sommaires et les corpus de documents iconographiques. C'est la solution

choisie par Gallica, bibliothèque numérique de la BnF (Bibliothèque nationale de

France).

= Le Projet Gutenberg

Projet pionnier à tous égards, le Projet Gutenberg a inspiré bien d’autres

bibliothèques numériques depuis. Fondé dès 1971 par Michael Hart, alors étudiant

à l’Université de l’Illinois (Etats-Unis), le Projet Gutenberg se donne pour

mission de mettre gratuitement le plus grand nombre possible de textes

électroniques à la disposition du plus grand nombre possible de lecteurs. A

l’automne 1998, le rythme de publication est de 45 nouveaux titres par mois,

avec l’aide de nombreux volontaires.

Comme expliqué par son créateur dans History and Philosophy of Project

Gutenberg, le projet débute en 1971 quand le centre informatique (Materials

Research Lab) de son université lui attribue un compte de 100 millions de

dollars de "temps machine". Michael Hart décide de consacrer cet impressionnant

crédit au stockage d’oeuvres littéraires du domaine public. Il décide aussi de

stocker les textes électroniques de la manière la plus simple possible, en

utilisant le format ASCII (American standard code for information interchange),

afin que ces textes puissent être lus quels que soient la machine et le logiciel

utilisés. Un texte au format ASCII apparaît en continu, sans paramétrage, avec

des lettres capitales pour les titres et pour les termes en italique, gras et

soulignés de la version d’origine. Cinquante heures environ sont nécessaires

pour sélectionner, scanner, dactylographier, corriger et mettre en page une

œuvre électronique. Un ouvrage de taille moyenne (par exemple un roman de

Stendhal ou de Jules Verne) représente deux fichiers ASCII.

Le Projet Gutenberg propose trois grands secteurs: la littérature de

divertissement (Light Literature), comme Alice au pays des merveilles, Peter Pan

ou les Fables d’Esope, la littérature "sérieuse" (Heavy Literature) comme La

Bible, les oeuvres de Shakespeare ou Moby Dick, et enfin la littérature de

référence (Reference Literature), qui regroupe les encyclopédies et les

dictionnaires, par exemple le Thesaurus de Roget.

La vocation du Projet Gutenberg est universelle. Son but est de mettre la

littérature à la disposition de tout le monde, et pas seulement des étudiants,

professeurs et chercheurs. Le secteur consacré à la littérature de

divertissement est destiné à amener devant l’écran aussi bien un enfant d’âge

pré-scolaire qu’une personne du troisième âge. Des enfants ou des grand-parents

recherchent le texte électronique de Peter Pan après avoir vu le film Hook au

cinéma, ou bien ils lisent Alice au pays des merveilles après avoir regardé le

film à la télévision. Pratiquement tous les épisodes de Star Trek mentionnent

des sources existant dans les collections du Projet Gutenberg. L’objectif est

que tous les publics, qu’ils soient familiers ou non avec le livre imprimé,

puissent facilement retrouver des citations entendues dans des conversations,

des films, des musiques, d’autres livres, etc.

En juillet 1997, le Projet Gutenberg fête son 26e anniversaire avec la mise en

ligne des Merry Adventures of Robin Hood de Howard Pyle. En septembre 1997, il

fête son millième texte électronique avec la version anglaise de la Divine

Comédie de Dante. Dans sa lettre d’information d’octobre 1997, Michael Hart

annonce son intention de compléter la collection d’Oscar Wilde, de séparer les

fichiers des oeuvres complètes de Shakespeare en fichiers individuels pour

chaque oeuvre, et de mettre en ligne davantage de livres non anglophones.

Le catalogue comporte déjà quelques titres non anglophones (allemand, espagnol,

français, italien et latin), mais ils ne sont pas légion. A titre anecdotique,

une recherche lancée en janvier 1998 pour trouver des livres en français donne

neuf titres: six romans de Stendhal (L’Abbesse de Castro, La Chartreuse de

Parme, La Duchesse de Palliano, Le Rouge et le Noir, Les Cenci, Vittoria

Accorambani), deux romans de Jules Verne (De la terre à la lune et Le tour du

monde en 80 jours) et French Cave Paintings (titre anglais et texte français),

un ouvrage sur les peintures préhistoriques. A part ce dernier titre, mis en

ligne en 1995, tous ces livres sont intégrés à la bibliothèque début 1997. Si

aucun titre de Stendhal n'est disponible en anglais, il existe trois oeuvres de

Jules Verne en langue anglaise : From the Earth to the Moon (mis en ligne en

septembre 1993), Around the World in 80 Days (mis en ligne en janvier 1994) et

20,000 Leagues Under the Sea (mis en ligne en septembre 1994). En septembre

1998, la même requête donne deux titres supplémentaires, Cyrano de Bergerac,

d’Edmond Rostand (mis en ligne en mars 1998), et La Révolution française, de

Thomas Carlyle (mis en ligne en mai 1998).

Interviewé en août 1998, Michael Hart précise: "Nous considérons le texte

électronique comme un nouveau médium, sans véritable relation avec le papier. Le

seul point commun est que nous diffusons les mêmes oeuvres, mais je ne vois pas

comment le papier peut concurrencer le texte électronique une fois que les gens

y sont habitués, particulièrement dans les établissements d’enseignement. (...)

Mon projet est de mettre 10.000 textes électroniques sur l'internet. Si je

pouvais avoir des subventions importantes, j’aimerais aller jusqu’à un million

et étendre aussi le nombre de nos usagers potentiels de 1,x% à 10% de la

population mondiale, ce qui représenterait la diffusion de 1.000 fois un

milliard de textes électroniques au lieu d'un milliard seulement." Michael Hart

se définit lui-même comme un fou de travail dédiant toute sa vie à son projet,

qu’il voit comme étant à l’origine d’une révolution néo-industrielle. (En avril

2002, le Projet Gutenberg fête son 5.000e texte. En octobre 2003, le catalogue

comprend 10.000 oeuvres dans plusieurs langues. Michael Hart espère franchir la

barre du million de livres d'ici 2015.)

7.2. Bibliothèques numériques francophones

= ABU: la bibliothèque universelle

Fondée en avril 1993 par l’Association des bibliophiles universels (ABU) dans la

lignée du Projet Gutenberg, l’ABU: la bibliothèque universelle est hébergée par

le Centre d’études et de recherche informatique (CEDRIC) du Conservatoire des

arts et métiers (CNAM) de Paris. Elle est la première bibliothèque numérique

francophone du réseau. Fin 1998, ses collections comprennent 223 textes et 76

auteurs.

Ce nom "ABU" est aussi une référence à Aboulafia, petit ordinateur présent dans

Le pendule de Foucault, un roman d’Umberto Ecco dans lequel "s’entremêlent

savoirs anciens et high tech", et dont l’intrigue se situe justement au CNAM.

Quant au nom de l’association, "au départ, il s'agissait de biblioFiles

universels, et non de biblioPHiles, mais la préfecture de Paris n'a pas semblé

saisir tout le sel de ce néologisme", explique l'ABU sur son site.

Dans sa foire aux questions, l’association donne les neuf conseils suivants aux

volontaires souhaitant scanner ou saisir des textes: 1) pas de mise en page,

mais un texte en continu avec des lignes d’environ 70 caractères et des sauts de

ligne; 2) des sauts de ligne avant chaque paragraphe, y compris pour les

dialogues; 3) la transcription du tiret long accompagnant les dialogues par deux

petits tirets; 4) des majuscules pour les titres, noms de chapitres et sections,

avec un soulignement fait de petits tirets; 5) la transcription des mots en

italique par des blancs soulignés; 6) pas de tabulation, mais des blancs; 7) les

notes de l’auteur mises entre crochets dans le corps du texte; 8) la pagination

de l’édition originale entre crochets (facultatif); 9) l’encodage final en

ISO-Latin-1, à savoir en code ASCII (American standard code for information

interchange) étendu.

= Athena

Créée en 1994 et hébergée sur le site de l’Université de Genève (Suisse), Athena

est l’oeuvre de Pierre Perroud, qui y consacre trente heures par semaine, en

plus de son activité de professeur au collège Voltaire (Genève). Pierre-Louis

Chantre, journaliste, raconte dans L’Hebdo n°7 du 13 février 1997: "Il numérise

des livres, met en page des textes que des correspondants inconnus lui envoient,

crée des liens électroniques avec des livres disponibles ailleurs, tout en

essayant de répondre le mieux possible aux centaines de lettres électroniques

qu'il reçoit (mille personnes consultent Athena chaque jour). Un travail

artisanal qu'il accomplit seul, sans grande rémunération. Malgré des demandes

répétées, le Département de l'instruction publique de Genève ne lui paie que

deux heures par semaine."

En 1997, le site, bilingue français-anglais, donne accès à 3.500 textes

électroniques dans des domaines aussi variés que la philosophie, les sciences,

la période classique, la littérature, l’histoire, l’économie, etc. En décembre

1998, ces collections se montent à 8.000 textes. Un des objectifs d’Athena est

de mettre en ligne des textes français. Une section spécifique regroupe les

auteurs et textes suisses (Swiss authors and texts). Athena propose aussi un

choix de liens vers d'autres bibliothèques numériques (Athena literature

resources), ainsi qu’une table de minéralogie qui est l’oeuvre de Pierre Perroud

et qui est consultée dans le monde entier.

Dans un article publié en février 1997 dans la revue Informatique-Informations,

Pierre Perroud insiste sur la complémentarité du texte électronique et du livre

imprimé. A son avis, "les textes électroniques représentent un encouragement à

la lecture et une participation conviviale à la diffusion de la culture",

notamment pour l’étude et la recherche textuelles. Ces textes "sont un bon

complément du livre imprimé - celui-ci restant irremplaçable lorsqu'il s'agit de

lire". S’il est persuadé de l’utilité du texte électronique, le livre imprimé

reste "un compagnon mystérieusement sacré vers lequel convergent de profonds

symboles: on le serre dans la main, on le porte contre soi, on le regarde avec

admiration; sa petitesse nous rassure autant que son contenu nous impressionne;

sa fragilité renferme une densité qui nous fascine; comme l'homme il craint

l'eau et le feu, mais il a le pouvoir de mettre la pensée de celui-là à l'abri

du Temps."

= Gallica

Secteur numérique de la Bibliothèque nationale de France (BnF), Gallica est

inauguré en 1997 avec des images et textes du 19e siècle francophone, "siècle de

l'édition et de la presse moderne, siècle du roman mais aussi des grandes

synthèses historiques et philosophiques, siècle scientifique et technique". Ce

serveur expérimental comprend 2.500 livres numérisés en mode image complétés par

les 250 volumes saisis en mode texte de la base Frantext de l’INaLF (Institut

national de la langue française). Classées par discipline, ces ressources sont

complétées par une chronologie du 19e siècle et des synthèses sur les grands

courants en histoire, sciences politiques, droit, économie, littérature,

philosophie, sciences et histoire des sciences. Le site propose aussi un

échantillon de la future iconothèque numérique, à savoir le fonds du photographe

Eugène Atget, une sélection de documents sur l’écrivain Pierre Loti, une

collection d’images de l'Ecole nationale des ponts et chaussées (sur les grands

travaux ayant accompagné la révolution industrielle en France), et enfin un

choix de livres illustrés de la bibliothèque du Musée de l'homme.

Fin 1997, Gallica se considère moins comme une banque de données numérisées que

comme un "laboratoire dont l'objet est d'évaluer les conditions d'accès et de

consultation à distance des documents numériques". Le but est d’expérimenter la

navigation dans ces collections, pour que celle-ci permette à la fois le libre

parcours du chercheur ou du curieux et des recherches textuelles très pointues.

Début 1998, Gallica annonce 100.000 volumes et 300.000 images disponibles à la

fin de 1999, avec accroissement rapide des collections ensuite. Ces collections

numériques pourront également être consultées sur place au moyen de 3.000 postes

multimédias (dont quelques centaines fonctionnent déjà à cette date). Sur les

100.000 volumes prévus, qui représentent 30 millions de pages numérisées, plus

du tiers concerne le 19e siècle. Quant aux 300.000 images fixes, la moitié

appartient aux départements spécialisés de la BnF (Estampes et photographie,

Manuscrits, Arts du spectacle, Monnaies et médailles, etc.). L'autre moitié

provient de collections d'établissements publics (musées et bibliothèques, la

Documentation française, l'Ecole nationale des ponts et chaussées, l'Institut

Pasteur, l'Observatoire de Paris, etc.) ou privés (agences de presse dont

Magnum, l'Agence France-Presse, Sygma, Rapho, associations, etc.).

En mai 1998, la Bibliothèque nationale de France modifie quelque peu ses

orientations premières. Jérôme Strazzulla, journaliste, écrit dans Le Figaro du

3 juin 1998 que la BnF est "passée d'une espérance universaliste,

encyclopédique, à la nécessité de choix éditoriaux pointus". Interviewé à cette

occasion, Jean-Pierre Angremy, président de la BnF, rapporte la décision du

comité éditorial de Gallica: "Nous avons décidé d’abandonner l’idée d’un vaste

corpus encyclopédique de cent mille livres, auquel on pourrait sans cesse

reprocher des trous. Nous nous orientons aujourd’hui vers des corpus

thématiques, aussi complets que possibles, mais plus restreints. (...) Nous

cherchons à répondre, en priorité, aux demandes des chercheurs et des lecteurs."

Le premier corpus aura trait aux voyages en France, avec une mise en ligne

prévue en 2000. Il rassemblera des textes, estampes et photographies du 16e

siècle à 1920. Les corpus envisagés ensuite sont: Paris, les voyages en Afrique

des origines à 1920, les utopies, et les mémoires des Académies des sciences de

province. (En 2003, Gallica propose tous les documents libres de droits du fonds

numérisé de la BnF, à savoir 70.000 ouvrages et 80.000 images du Moyen-Age au

début du 20e siècle.)

= La Bibliothèque électronique de Lisieux

Créée en juin 1996 par Olivier Bogros, directeur de la Bibliothèque municipale

de Lisieux (Normandie), la Bibliothèque électronique de Lisieux suscite un réel

intérêt dans le monde francophone parce qu’elle montre ce qui est faisable avec

beaucoup de détermination et des moyens limités. Le site propose chaque mois la

version intégrale d’une oeuvre littéraire du domaine public. S'y ajoutent les

archives des mois précédents, une sélection d’œuvres courtes du 19e siècle, une

sélection du fonds documentaire de la bibliothèque (opuscules, brochures, tirés

à part), une sélection de son fonds normand (brochures et bibliographies), et

enfin un choix de sites normands et de sites littéraires francophones.

La sélection mensuelle de janvier 1998 est: Les Déliquescences, poèmes décadents

d'Adoré Floupette (1885), une oeuvre d’Henri Beauclair et Gabriel Vicaire. Les

mois précédents voient passer des oeuvres de Théophile Gautier, Vivant Denon,

Jean Lorrain, Charles Nodier, Ernest Lavisse, Jean Revel, Charles Rabou, Claire

de Duras, Xavier Forneret, Ernest Renan, Joris-Karl Huysmans, Philarète Chasles,

Emile Gaboriau, Georges Eekhoud, Prosper Mérimée, Stendhal, Denis Diderot,

Gaston Leroux, Marc de Montifaud, etc.

Le rayon littéraire présente une collection de pages consacrées principalement

aux auteurs du 19e siècle: des nouvelles de Jean Lorrain, Guy de Maupassant,

Alphonse Allais, Octave Mirbeau, Rémy de Gourmont, Jules Barbey d'Aurevilly,

Isabelle Eberhardt, Charles Asselineau, Marcel Schwob, Jean Richepin, Eugène

Mouton, Jean de La Ville de Mirmont, Léon Bloy, des lettres de Gustave Flaubert,

ainsi que des bibliographies et des travaux du lycée Marcel Gambier de Lisieux.

En juin 1998, deux ans après sa mise en ligne, Olivier Bogros relate les débuts

de la bibliothèque électronique: "Le site a été ouvert en juin 1996. Hébergé sur

les pages personnelles, limitées à 5 Mo (méga-octets), de mon compte CompuServe,

il est depuis quelques jours installé sur un nouveau serveur où il dispose d'un

espace disque plus important (15 Mo) et surtout d'un nom de domaine. Les frais

inhérents à l'entretien du site sont à ma charge, la ville finance de manière

indirecte le site en acceptant que tous les textes soient choisis, saisis et

relus par du personnel municipal sur le temps de travail (ma secrétaire pour la

saisie et une collègue pour la relecture). Ce statut étrange et original fait de

la Bibliothèque électronique de Lisieux le site presque officiel de la

Bibliothèque municipale, tout en restant sous mon entière responsabilité, sans

contrôle ni contrainte.

J'ai déjà rapporté dans un article paru dans le Bulletin des bibliothèques de

France (1997, n° 3, ndlr) ainsi que dans le Bulletin de l'ABF (Association des

bibliothécaires français) (n° 174, 1997, ndlr), comment l'envie de créer une

bibliothèque virtuelle avait rapidement fait son chemin depuis ma découverte de

l'informatique en 1994: création d'un bulletin électronique d'informations

bibliographiques locales (Les Affiches de Lisieux) en 1994 dont la diffusion

locale ne rencontre qu'un très faible écho, puis en 1995 début de la

numérisation de nos collections de cartes postales en vue de constituer une

photothèque numérique, saisie de nouvelles d'auteurs d'origine normande courant

1995 en imitation (modeste) du projet de l'ABU (Association des bibliophiles

universels) avec diffusion sur un BBS (bulletin board service) spécialisé.

L'idée du site internet vient d'Hervé Le Crosnier, enseignant à l'Université de

Caen et modérateur de la liste de diffusion Biblio-fr, qui monta sur le serveur

de l'université la maquette d'un site possible pour la Bibliothèque municipale

de Lisieux, afin que je puisse en faire la démonstration à mes élus. La suite

logique en a été le vote au budget primitif de 1996 d'un crédit pour l'ouverture

d'une petite salle multimédia avec accès public au réseau pour les Lexoviens

(habitants de Lisieux, ndlr). Depuis cette date un crédit d'entretien pour la

mise à niveau des matériels informatiques est alloué au budget de la

bibliothèque qui permettra cette année la montée en puissance des machines,

l'achat d'un graveur de cédéroms et la mise à disposition d'une machine

bureautique pour les lecteurs de l'établissement.... ainsi que la création en ce

début d'année d'un emploi jeune pour le développement des nouvelles

technologies."

= La Bibliothèque municipale de Lyon

Une bibliothèque numérique peut être aussi une bibliothèque d’images numérisées.

La Bibliothèque municipale de Lyon par exemple décide de mettre sa collection

d’enluminures sur le réseau. En 1998, cette collection numérique comprend 3.000

images. A terme, elle devrait comprendre plus de 10.000 images émanant de 200

manuscrits et incunables s’échelonnant du 5e siècle à la Renaissance. Le système

utilisé est le SGBI (Système de gestion de banques d'images) créé par la Maison

de l'Orient à Lyon, sous l’égide du CNRS (Centre national de la recherche

scientifique) et de l’Université Lyon 2.

"Chaque document, signalé par son auteur, son titre et son siècle de

réalisation, représente une entité, est-il expliqué sur le site web. Par un

double clic sur l'entité choisie, on accède à un écran qui permet de feuilleter

les images du document. Chaque écran peut comporter neuf imagettes,

correspondant à des objets-images. Lorsque le document comporte davantage

d'objets-images, des flèches permettent d'accéder aux objets-images suivants.

Chaque objet-image peut comprendre plusieurs images, leur nombre étant indiqué

sous chaque objet-image. Un double-clic sur une imagette permet de voir l'image

agrandie. Dans une seconde étape, une interrogation multicritères sera

possible."

Le Livre 010101, Tome 1 (1993-1998) · 第 8 / 12 段