pouvait donner jusqu’ici. Derrière l’information du jour se trouve toute une
encyclopédie qui aide à la comprendre. Le réseau offre des avantages sans
précédent: rapidité de propagation des informations, accès immédiat à de
nombreux sites d’information, liens vers des articles et sources connexes,
énormes capacités documentaires allant du général au spécialisé et
réciproquement (cartes géographiques, notices biographiques, textes officiels,
informations d’ordre politique, économique, social, culturel, etc.), grande
variété d’illustrations suite à la création de banques d’images et de photos,
possibilité d'archivage des articles, avec moteur de recherche permettant de les
retrouver rapidement, etc.
L’internet est devenu lui-même un médium d’information à part entière. La presse
en ligne reste toutefois essentielle, comme le rappelle en juin 1998 Jean-Pierre
Cloutier, journaliste et auteur des Chroniques de Cybérie: "Quel que soit le
degré de convergence, je crois qu'il y aura toujours place pour l'écrit, et
aussi pour les analyses en profondeur sur les grandes questions." Selon lui, la
presse en ligne a tout autant besoin des journalistes que la presse écrite, la
radio et la télévision. Dans un article de WebdoMag daté de juillet 1998, il
explique: "L'esprit de découverte et le goût de l'exploration et du bricolage
technique de ceux et celles qui ont été précoces à adopter l'internet (...) ne
sont pas partagés par la deuxième vague d'utilisateurs qui constituent
maintenant la partie la plus importante de cette 'masse critique'. Et voilà le
défi de la presse spécialisée, c'est-à-dire accompagner le grand public dans sa
découverte du nouveau médium et dans son appropriation de l'espace cyber,
l'aider à analyser, faciliter sa compréhension, ajouter une valeur à
l'information brute."
6. LES BIBLIOTHEQUES ET L'AVENTURE INTERNET
[6.1. Sites web et répertoires / 6.2. L’internet dans les bibliothèques / 6.3.
Les professionnels de l’information / 6.4. Les catalogues en ligne]
Ce chapitre est consacré aux bibliothèques traditionnelles, caractérisées par
des bâtiments en dur, des imprimés alignés sur les rayonnages, des tables et des
sièges pour les lecteurs, des jours et heures d’ouverture, et des
bibliothécaires en chair et en os renseignant les lecteurs. Les bibliothèques
numériques, qui regroupent des textes électroniques disponibles sur le web,
seront abordées au chapitre suivant.
6.1. Sites web et répertoires
La première bibliothèque présente sur le web est la Bibliothèque municipale
d’Helsinki (Finlande), qui inaugure son site en février 1994.
= En France
Le site très coloré de la Bibliothèque publique d’information (BPI) est un
modèle du genre. Incluse dans le Centre national d’art et de culture Georges
Pompidou, au cœur de l’ancien quartier des Halles, la BPI est la grande
bibliothèque parisienne multimédia en libre accès. En travaux pour
restructuration après vingt ans de fonctionnement (1977-1997), elle déménage
provisoirement en novembre 1997 dans d’autres locaux situés dans le même
quartier, en attendant la réouverture des locaux initiaux en l’an 2000. Entre
autres services, le site web de la BPI propose l’Oriente-Express, un répertoire
d’adresses de bibliothèques et de centres de documentation publics et privés
situés à Paris ou en région parisienne, choisis soit parce qu’ils sont ouverts à
un large public, soit parce qu’ils font référence dans leur domaine. Tous les
organismes sont présentés dans un cadre identique avec description des
collections et des domaines couverts, ainsi qu’un lien hypertexte vers leur site
web.
Le site bilingue français-anglais de la Bibliothèque nationale de France (BnF)
est à la fois solidement ancré dans le passé et résolument ouvert sur l’avenir,
comme en témoigne le menu principal de la page d’accueil avec ses neuf
rubriques: nouveau (à savoir les nouvelles manifestations culturelles),
connaître la BnF, les actualités culturelles, les expositions virtuelles (quatre
expositions en septembre 1998: les splendeurs persanes, le roi Charles V et son
temps, naissance de la culture française, tous les savoirs du monde), des
informations pratiques, l’accès aux catalogues de la BnF, l’information
professionnelle (conservation, dépôt légal, produits bibliographiques, etc.), la
bibliothèque en réseau (francophonie, coopération nationale, coopération
internationale, etc.), et les autres serveurs (bibliothèques nationales,
bibliothèques françaises, universités, etc.). Enfin, bien en vue sur la page
d’accueil, un logo permet d’accéder à Gallica, sa bibliothèque numérique, sur
laquelle on reviendra dans le chapitre suivant.
Les sites web de bibliothèques francophones étant de plus en plus nombreux,
plusieurs répertoires sont créés pour en faciliter l’accès: le répertoire des
catalogues des bibliothèques francophones de l’ENSSIB (Ecole nationale
supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques), le répertoire
des bibliothèques présentes sur l’internet de l’Association des bibliothécaires
français (ABF), le répertoire des sites web de bibliothèques de Biblio On Line,
etc. Ces répertoires sont également accessibles par le biais de Sitebib, un site
web permettant une gestion partagée des liens entre divers organismes
spécialisés. Situé sur le serveur de la Bibliothèque nationale de France (BnF),
le Catalogue collectif de France (CCFR) permet de "trouver des informations
détaillées sur les bibliothèques françaises, leurs collections et leurs fonds
(anciens, locaux ou spécifiques), connaître précisément les services qu'elles
rendent et interroger leur catalogue en ligne".
= En Europe
Il existe nombre de répertoires nationaux, par exemple Bibliotheken, situé sur
le site du Fachbereich Informatik (devenu ensuite: Fargebiet Wissensbasierte
System) de la Technische Universität (TU) de Berlin, qui donne la liste des
bibliothèques nationales, universitaires et publiques d’Allemagne, d’Autriche et
de Suisse, ou encore BIBSYS,qui est le site des bibliothèques de Norvège. Géré
par la bibliothèque de l’Université d’Exeter, Library and Related Resources est
le répertoire des bibliothèques, musées et centres de recherche du Royaume-Uni.
Site trilingue (anglais, français, allemand), Gabriel est l’acronyme de: Gateway
and Bridge to Europe’s National Libraries. Comme son nom l’indique, il s’agit du
serveur des bibliothèques nationales européennes, créé afin d’offrir un point
d’accès unique à leurs services et collections. Le choix de ce nom "rappelle
également les travaux de Gabriel Naudé, dont l’Advis pour dresser une
bibliothèque (Paris, 1627) est le premier travail théorique en Europe sur les
bibliothèques et qui constitue ainsi un point de départ sur les bibliothèques de
recherche modernes. Le nom Gabriel est aussi employé dans de nombreuses langues
européennes et vient de l'Ancien Testament, Gabriel étant l'un des archanges, ou
messager céleste. Il est également présent dans le Nouveau Testament et dans le
Coran."
Le site propose des liens hypertextes vers les services en ligne des
bibliothèques nationales européennes. Il couvre les pays suivants: Allemagne,
Autriche, Belgique, Bulgarie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France,
Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie,
Luxembourg, Macédoine, Malte, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République
slovaque, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, San Marino, Suède, Suisse,
Turquie et Vatican. Une rubrique informe des projets communs à plusieurs pays.
La recherche sur Gabriel est possible par pays ou par type de services: OPAC
(online public access catalogues), bibliographies nationales, catalogues
collectifs nationaux, index de périodiques, serveurs web, gophers (systèmes
d’information à base de menus textuels à plusieurs niveaux), et liste complète
des services en ligne par bibliothèque.
Comment Gabriel voit-il le jour? L’idée d’un site web commun aux bibliothèques
nationales européennes naît en 1994 à Oslo (Norvège) lors de la réunion de la
Conference of European National Libraries (CENL). En mars 1995, une nouvelle
réunion rassemble les représentants de la Koninklijke Bibliotheek (Pays-Bas), de
la British Library (Royaume-Uni) et de l’Helsinki University Library (Finlande).
Après s'être mises d’accord sur un projet pilote, ces trois bibliothèques sont
rejointes par trois autres bibliothèques nationales: Die Deusche Bibliothek
(Allemagne), la Bibliothèque nationale de France et la Biblioteka Narodowa
(Pologne).
Le projet Gabriel est approuvé en septembre 1995 lors de la réunion annuelle de
la CENL à Berne (Suisse). Un serveur pilote est lancé sur l’internet par la
British Library, qui s’occupe ensuite de sa maintenance éditoriale avec la
collaboration des bibliothèques nationales de Finlande et des Pays-Bas. La
seconde étape se déroule entre octobre 1995 et septembre 1996. Les bibliothèques
nationales n’ayant pas participé à la phase pilote sont invitées à se joindre au
projet, ce qui permet son développement rapide. Entre-temps, de nombreuses
bibliothèques débutent leur propre site web. Lors de sa réunion à Lisbonne
(Portugal) en septembre 1996, la CENL décide le lancement de Gabriel, son site
officiel, à compter du 1er janvier 1997. Sa maintenance éditoriale est désormais
assurée par la Koninklijke Bibliotheek (Pays-Bas).
Quelle est la situation dans les bibliothèques publiques? Internet and the
Library Sphere, document de l’Union européenne, évalue à 1.000 environ le nombre
de bibliothèques publiques ayant un site web en novembre 1998. Ces bibliothèques
sont réparties dans une trentaine de pays. Les pays les plus représentés sont la
Finlande (247 bibliothèques), la Suède (132 bibliothèques), le Royaume-Uni (112
bibliothèques), le Danemark (107 bibliothèques), l'Allemagne (102
bibliothèques), les Pays-Bas (72 bibliothèques), la Lituanie (51 bibliothèques),
l'Espagne (56 bibliothèques) et la Norvège (45 bibliothèques). La Russie est
présente avec 26 bibliothèques. Les pays nouvellement représentés sont la
République tchèque (29 bibliothèques) et le Portugal (3 bibliothèques). Les
sites sont très hétérogènes. Certains mentionnent seulement l’adresse postale de
la bibliothèque et ses heures d’ouverture, tandis que d’autres proposent toute
une gamme de services, avec accès direct à leur catalogue en ligne (OPAC).
= Dans le monde
Les deux grandes bibliothèques anglophones présentes sur le web sont la British
Library (Royaume-Uni) et la Library of Congress (Etats-Unis). Leurs sites web
sont d’autant plus intéressants qu’ils incluent toute une réflexion sur la place
de l’internet et des technologies numériques dans la profession. Dans sa section
Library and Information Science Resources, la Library of Congress donne une
liste des bibliothèques publiques universitaires aux Etats-Unis, avec accès à
leurs sites web et à leurs catalogues. Plusieurs rubriques concernent la
recherche et la référence, les services techniques, les collections
particulières, les bibliothèques numériques, les organisations professionnelles,
les écoles en bibliothéconomie et sciences de l’information, les journaux
professionnels et les fournisseurs de bibliothèques.
Un outil pratique à l'échelle mondiale est le répertoire Libweb: Library Servers
via WWW, tenu à jour par Thomas Dowling au sein de la Digital Berkeley Library,
la bibliothèque numérique de l’Université de Berkeley (Californie). Libweb
recense la totalité des sites web de bibliothèques dans le monde, soit, à
l’automne 1998, 2.500 sites web dans 70 pays. Une centaine de bibliothèques
européennes est répertoriée. La mise à jour est quotidienne, tous les jours à
minuit heure locale.
6.2. L’internet dans les bibliothèques
"Cyberespace. Une hallucination consensuelle expérimentée quotidiennement par
des milliards d’opérateurs réguliers, dans chaque nation, par des enfants à qui
on enseigne des concepts mathématiques... Une représentation graphique des
données extraites des banques de tous les ordinateurs dans le système humain.
Complexité incroyable. Des lignes de lumière alignées dans le non-espace de
l’esprit, des agglomérats et des constellations de données. Et qui s’estompent
peu à peu, comme les lumières de la ville..." En attendant le cyberespace à
l’échelle mondiale décrit par William Gibson dans Neuromancien, roman de
science-fiction paru en 1984, nombreux sont les bibliothécaires qui mettent sur
pied des cyberespaces entre quatre murs à destination de leurs lecteurs.
= L’internet en milieu rural
Lancé en 1996, le site web de l’ARPALS a pour sous-titre: "Internet et
multimédia aux champs, ou comment amener la culture en milieu rural". L’ARPALS
(Amicale du regroupement pédagogique Armillac Labretonie Saint-Barthélémy)
regroupe les 950 habitants de quatre villages (Armillac, Labretonie, Laperche et
Saint-Barthélémy) situés dans le département du Lot-et-Garonne, dans le
sud-ouest de la France. Le regroupement pédagogique intercommunal (RPI) permet
aux quatre villages de faire école commune afin d’éviter la fermeture de classes
malheureusement fréquente dans le monde rural.
L’association met sur pied d’une part des animations (repas, kermesse, bal
masqué), d’autre part une bibliothèque intercommunale de 1.300 livres en
partenariat avec la Bibliothèque départementale de prêt (BDP) de
Villeneuve-sur-Lot. Le site web présente une sélection de livres avec un résumé
pour chacun d’eux. L’association crée aussi une médiathèque ouverte 22 heures
par semaine pour un public allant de 3 à 76 ans. Quatre ordinateurs multimédia
(complétés par deux imprimantes couleur et un scanner à plat) permettent la
consultation de CD-Rom, le libre accès à l’internet et l’utilisation de
logiciels bureautiques tels que Works, Dbase for Windows, Corel Draw, Publisher,
PhotoPaint, etc.
En juin 1998, Jean-Baptiste Rey, webmestre de l’ARPALS, précise: "Le but de
notre site internet est de faire connaître l'existence de la médiathèque
intercommunale de St-Barthélémy et ce que nous y faisons. C'est un moyen pour
nous de démontrer l'utilité et l'intérêt de ce type de structure et la
simplicité de l'usage des nouvelles technologies dans le cadre d'une
bibliothèque." C’est aussi un moyen de "pallier la faiblesse de notre fonds
documentaire. Internet et le multimédia nous permettent d'offrir beaucoup plus
de ressources et d'informations à nos usagers".
= Le cyberespace des Nations unies à Genève
L’internet peut aussi relancer les bibliothèques traditionnelles. C’est le cas
de la Bibliothèque de l’Organisation des Nations unies à Genève (ONUG), sise
dans l’imposant Palais des nations, entre le Lac Léman et le quartier des
organisations internationales. En juillet 1997, à l’initiative de Pierre Pelou,
son directeur, la bibliothèque ouvre un cyberespace de 24 postes informatiques
en libre accès avec plusieurs dizaines de CD-Rom en réseau et connexion à
l’internet. Très rapidement, de l’avis du personnel, "la consultation
électronique induit une plus grande consultation imprimée et un renforcement de
toutes les formes de recherche". Dépassant les prévisions les plus optimistes,
ce cyberespace joue le rôle de catalyseur, amenant un nouveau public, jeune,
varié et enthousiaste, à consulter les collections de la bibliothèque et à
utiliser ses autres services.
Aménagé au premier étage de la bibliothèque par Antonio Bustamante, architecte
au Palais des nations, ce cyberespace est mis gratuitement à la disposition des
représentants des missions permanentes, délégués de conférences, fonctionnaires
internationaux, chercheurs, étudiants, journalistes, membres des professions
libérales, ingénieurs et techniciens, sans sélection par le rang, chose assez
rare dans ce milieu. Le premier arrivé est le premier servi. A l’ouverture en
1997, les 24 stations comprennent chacune un ordinateur multimédia, un lecteur
de CD-Rom et un casque individuel. Chaque groupe de trois ordinateurs est relié
à une imprimante laser. Suite au succès du premier cyberespace, un deuxième
cyberespace ouvre en avril 1998, deux étages plus haut, avec six postes
informatiques et une vue imprenable sur le lac Léman et la chaîne des Alpes.
Chaque station permet de consulter l’internet, d’avoir accès à sa messagerie
électronique et d’utiliser le traitement de texte WordPerfect. Sont disponibles
aussi les services suivants: a) le système optique des Nations unies, b) un
serveur regroupant une cinquantaine de CD-Rom en réseau, c) la banque de données
UNBIS (United Nations Bibliographic Information System), coproduite par les deux
bibliothèques des Nations unies à New York et à Genève, d) le catalogue de la
Bibliothèque de l’Office des Nations unies à Genève, e) Profound, un ensemble de
banques de données économiques et commerciales, f) RERO, le catalogue du Réseau
romand des bibliothèques suisses (qui comprend le catalogue de la Bibliothèque
des Nations unies de Genève à titre de bibliothèque associée), g) plusieurs
CD-Rom multimédia (Encarta 97, L’Etat du monde, Elysée 2, Nuklear, etc.), h) des
vidéocassettes multistandards et des DVD présentant des programmes, films et
documentaires sur l’action internationale et l’action humanitaire.
= L’Union européenne
L’Union européenne dispose quant à elle d’un Programme des bibliothèques dont
l’objectif est double: aider au développement des ressources internet et
faciliter les connexions des bibliothèques, ainsi que l’interconnexion des
bibliothèques entre elles. Géré par la Commission européenne, le portail I*M
Europe (scindé ensuite en plusieurs portails) présente l’actualité du marché
européen du multimédia et de l’information électronique. Le site web est en
anglais, avec des documents dans les onze langues européennes officielles.
Emanant de CoBRA (Computerised Bibliographic Record Action), forum de l’Union
européenne consacré à l’édition électronique, le projet BIBLINK est lancé en
avril 1996 pour établir des liens entre les agences bibliographiques nationales
et les éditeurs de documents électroniques, afin de contribuer à la création
d’un service bibliographique qui fasse autorité. L’objectif est la mise en
service d’un système permettant aux éditeurs de documents électroniques de
transmettre aux services bibliographiques nationaux des notices de base
comportant un nombre minimal d’informations sur ces documents. Ces services
bibliographiques seront ensuite autorisés à compléter les notices de base,
notamment par le contrôle d’autorités sur les noms propres et l’ajout de
mots-clés correspondant aux sujets traités, et à retransmettre ensuite les
notices complétées aux éditeurs. (Une fois réalisé, ce projet prend fin en
février 2000.)
= Dans le monde
Deux associations professionnelles sont particulièrement actives en Amérique du
Nord. L’American Society for Information Science (ASIS) (devenue ensuite
l’ASIS&T – American Society for Information Science & Technology) est une
association de recherche regroupant 4.000 professionnels de l’information.
L’Association for Research Libraries (ARL) est une organisation à but non
lucratif regroupant les bibliothèques des institutions de recherche
nord-américaines. Elle se veut à la fois un forum pour les échanges d’idées et
un agent pour l’action collective, cette action consistant à développer la
communication dans le domaine de la recherche.
A la fois sobre et superbe, IFLANET, le site de l’International Federation of
Library Associations and Institutions (IFLA), offre une mine d’informations, y
compris pour l’internet et les technologies numériques. Organisme international
indépendant, l’IFLA représente les bibliothécaires à l’échelon international et
promeut la coopération internationale, la recherche et la formation continue.
Une réflexion particulièrement intéressante est celle menée par l’Internet
Public Library (IPL), qui se définit comme la première bibliothèque publique de
l’internet sur l’internet. En tant que bibliothèque expérimentale, l’IPL
s’efforce de découvrir et promouvoir les projets les plus intéressants relatifs
à l’utilisation de l’internet par les bibliothécaires. A cet effet, elle gère
une section intitulée IPL Services For Librarians (intégrée plus tard à: Subject
Collections), qui explicite les avantages de l’internet dans les bibliothèques,
donne de nombreux exemples de réalisations et indique les possibilités de
formation professionnelle dans ce domaine.
6.3. Les professionnels de l’information
= L’internet, un outil d’échange
Les avantages de l’internet pour les bibliothécaires? D'après Olivier Bogros,
directeur de la Bibliothèque municipale de Lisieux (Normandie), interviewé en
juin 1998, l’internet est "un outil formidable d'échange entre professionnels
(tout ce qui passe par le courrier électronique, les listes de diffusion et les
forums), mais aussi un consommateur de temps très dangereux. (...) C'est pour
les bibliothèques la possibilité d'élargir leur public en direction de toute la
francophonie. Cela passe par la mise en ligne d'un contenu qui n'est pas
seulement la mise en ligne du catalogue, mais aussi et surtout la constitution
de véritables bibliothèques virtuelles. Les professionnels des bibliothèques
sont les acteurs d'un enjeu important concernant la place de la langue française
sur le réseau."
L’internet est en effet un outil de communication sans précédent.
D’abord le courrier électronique. Ceux qui en bénéficient sont enthousiasmés par
les avantages qu'il procure. Voici enfin un outil de communication simple et
rapide permettant d’être en contact avec les collègues de sa ville, de sa
région, de son pays et du monde entier. Plus besoin d’attendre que la ligne de
téléphone de son correspondant soit libre. Pas d’enveloppe, pas de timbre, pas
de fax engorgé. Le message attend le correspondant dans sa boîte aux lettres
électronique, et le correspondant lit et répond à ses messages au moment choisi
par lui.
Ensuite les forums de discussion. Ceux-ci permettent de suivre et de participer
à des débats, de demander des avis et des conseils. Pour un bibliothécaire ou un
documentaliste travaillant seul, c’est un grand bol d’air sur l’extérieur. Pour
celui qui est entouré de collègues, le forum de discussion lui permet de
fréquenter des personnes venant d’autres horizons.
Enfin les listes de diffusion. Celles-ci permettent de communiquer le même
message à de très nombreux inscrits. La plus connue est Biblio-fr, créée en 1993
par Hervé Le Crosnier, professeur à l'Université de Caen (Normandie). Ouvert aux
bibliothécaires et documentalistes francophones et à toute personne intéressée
par la diffusion électronique de l'information documentaire, Biblio-fr compte
3.329 abonnés le 20 décembre 1998. La liste se veut le regard francophone des
documentalistes sur les questions soulevées par le développement de l’internet:
diffusion de la connaissance, organisation de collections de documents
électroniques, maintenance et archivage de l'écrit électronique. Son but est
également d’assurer la présence de la langue française sur un réseau multilingue
qui accorde leur place à toutes les cultures.