II

C’était la fête de la paroisse. Le soir venu, on alluma les chandelles

et on dansa. Jose, qui avait dix-huit ans et Josette qui en avait

quinze, étaient là, en leurs beaux habits, et aux premiers cris du

violon s’étaient enlacés sous l’œil des familles qui buvaient du cidre

en parlant du temps passé, de la moisson future et des impôts plus

effroyables que la grêle.

Quand la première danse fut finie, Josette, sur un signe, vint retrouver

sa mère:

--Josette ma fille chérie, je t’en prie, ne danse pas avec Jose. Son

père est ruiné et lui n’est rien qu’un pauvre petit valet de ferme. Ne

te laisse pas courtiser par ce garçon-là car tu ne peux pas l’épouser,

nous n’y consentirions pas. A l’argent il faut de l’argent, et tu as de

l’argent, ma Josette, et Jose n’en a pas.

Ce soir-là, ils ne dansèrent plus ensemble.

D'un pays lointain: Miracles; Visages de femmes; Anecdotes · 第 69 / 84 题