La demoiselle des Tuileries appartient aux Tuileries à titre

de meuble, comme la statue de Méléagre ou comme celle de

Spartacus.—Elle avoue vingt-cinq ans et en a trente bien sonnés.

Elle est arrivée à cette époque fatale de la vie où l’on dit:

Voilà une femme qui a dû être fort bien. De trente à trente-cinq

ans, elle dissimule la tristesse qui la gagne, elle s’efforce de

sourire. Quand elle voit passer à sa portée un bel enfant avec

des cheveux blonds, elle l’attire à elle, l’embrasse tendrement

et pousse un profond soupir qui veut dire: J’aurais été si bonne

mère!—Les trente-cinq ans arrivent: oh! alors, c’est l’énergie

du désespoir, c’est la rage, une fureur. _La demoiselle des

Tuileries_ s’accroche à tout; elle est prête à tout; elle

épousera, si on le veut, avec un égal empressement, un jeune

homme de dix-huit ans qui veut s’émanciper, ou un vieillard

qui cherche une garde-malade...—A quarante ans, le rôle de la

demoiselle des Tuileries est fini; elle prend le mariage en

horreur, elle est vieille fille et restera vieille fille...

E. GLORIEUX.

DEMOISELLE DU PONT-NEUF. Fille ou femme sur le ventre de qui tout le

monde passe, a passé, ou passera.

DÉNICHEUR DE FAUVETTES. Libertin, dont l’unique occupation est de

faire la chasse aux connins, de dénicher les pucelages pour son propre

compte.

DÉPENSER SES CÔTELETTES. Tirer un coup, parce que le sperme est le

résultat de la nourriture absorbée.—Cette expression a été employée

pour la première fois dans une nouvelle à la main du _Figaro_, dont le

parquet a ri—sans la poursuivre comme outrage à la morale publique. Une

dame avait un amant pauvre, qu’elle invitait souvent à dîner avec elle,

afin de lui confectionner un sperme de bonne qualité et de le forcer à

bander en temps utile. Un jour elle s’aperçut qu’il la trompait pour

une autre femme; elle s’en plaignit amèrement à une de ses amies, en

disant: «Il va dépenser ailleurs les côtelettes qu’il mange chez moi!»

DÉPUCELER UNE FILLE. La débarrasser, à coups de pine, du fardeau de

sa virginité; briser la cloison de l’hymen pour entrer dans son divin

retrait,—où déjà, peut-être, est entré l’indiscret médium.

Il trouve son écolière sur le lit, qui l’attendoit, dont il jouit

à son souhait, et la dépucelle.

MILILOT.

Il vaut mieux dépuceler une garce que d’avoir les restes d’un

roi.

BRANTÔME.

_Çà donc, mon cœur et ma rebelle,

Çà mon âme, çà mes amours,

Qu’à ce coup je vous dépucelle._

(_Cabinet satyrique._)

La nouvelle mariée fit pourtant si bien qu’elle dépucela son

mari.

TALLEMANT DES RÉAUX.

DÉPUCELEUR DE NOURRICES. Fat qui joue au don Juan, qui prétend avoir

mis à mal une infinité de pauvres innocentes, et qui n’a jamais baisé

que des gourgandines.

DERNIÈRE FAVEUR (La). Ainsi appelait-on, au XVIIIe siècle, la

complaisance qu’une femme avait de prêter son derrière à un homme après

lui avoir prêté son devant. Cela résulte clairement de ce passage des

_Tableaux des mœurs du temps_, de La Popelinière:

—Comment donc, comtesse, vous ne lui avez pas encore accordé la

dernière faveur?—Non certes, je m’y suis toujours opposée.—Cela

vous tourmentera et lui aussi, ma petite reine; il faut bien que

vous fassiez comme les autres. Les hommes sont intraitables avec

nous jusqu’à ce qu’ils en soient venus là.

(_Dialogue XVII._)

Aujourd’hui, la _Dernière faveur_, dans le langage de la galanterie

décente, c’est la coucherie pure et simple—et c’est déjà bien joli.

DERRIÈRE (Le). Le cul, soit de la femme, soit de l’homme.

_Et pour peu que, d’un air tendre,

On dirige un doigt savant,

On les voit se laisser prendre

Le derrière et le devant._

CHARLES MONSELET.

_Phœbus, au bout de sa carrière,

Put les apercevoir tous deux,

Le brigadier dans le derrière

Agitant son membre nerveux._

(_Parnasse satyrique._)

_Pour offrir

Son devant aux madames,

Son derrièr’ ferme et doux

Aux époux._

(_Chanson anonyme moderne._)

DÉSARÇONNÉ (Être). Ne plus bander, pour avoir trop bandé;—femme, faire

déconner son fouteur.

L’étudiant qui n’est pas encore désarçonné.

HENRI MONNIER.

Je désarçonnai mon cavalier, qui n’avait pas encore fini sa

course.

(_Meursius._)

DESCENDRE. Aller faire la rue, dans l’argot des filles de bordel,

qui descendent le plus souvent qu’elles peuvent, afin d’être montées

d’autant.

Va t’ êt’ onze heures, j’ descends pus... Nous allons nous

coucher, dis, veux-tu?

HENRI MONNIER.

DESGRIEUX. Maquereau, amant de cœur d’une femme galante.—Tout le monde

a lu le roman de l’abbé Prévost d’Exiles, intitulé _Manon Lescaut_,

et, l’ayant lu, sait que dans ce roman—qui a l’air d’être une histoire

arrivée—le chevalier Desgrieux joue le rôle de maquereau, et même un

peu d’escroc.

DESSUS DU PANIER DES AMOURS (Le). Le pucelage des jeunes filles, auquel

personne n’a encore touché du bout de la queue.

Ces messieurs du faubourg ont le dessus du panier des amours, et,

comme ils ont l’appétit et les dents de la jeunesse, ils mordent

aux grappes lorsqu’elles ont précisément toute leur fraîcheur,

toute leur saveur, tout leur parfum.

A. DELVAU.

DESSERRER LES GENOUX. Consentir à se laisser baiser. Ouvrir les cuisses

pour recevoir un homme, de même qu’on ouvre la bouche et desserre les

dents pour recevoir un vit.

_Un cordelier d’une riche encolure,

Large de quarrure,

Fier de son pouvoir,

Prodigue du mouchoir,

Au coin d’un bois rencontra sœur Julie,

Lui dit: Je vous prie,

Çà, dépêchez-vous,

Desserrez les genoux._

HAGUENIER.

DEUX ADJOINTS (Les). Les testicules, qui accompagnent partout le membre

viril,—le maire naturel de Confoutu.

_Ses deux adjoints lui font escorte;

Mais, par un caprice nouveau,

Tous les deux restent à la porte:

Il entre seul à son... bureau._

EUGÈNE VACHETTE.

DEUX BIBELOTS (Les). Les testicules, avec lesquels les femmes se

plaisent à jouer.

Donne-moi tes deux bibelots, mon chéri, que je les pelote.

JEAN DU BOYS.

DEUX OREILLES. Les deux couilles.

_Tu ronfles, tu sommeilles;

Tu mérit’rais, dans c’ cas,

Puisque tu n’ t’en sers pas,

Que j’ te coup’ les deux oreilles...

Adrien, c’ n’est pas bien, etc._

(_Anonyme moderne._)

DEUX SŒURS (Les). Les deux fesses, inséparables.

DEUX TROUS (Les). L’anus et le con.

_Le trou du cul, le trou du con,

Sont deux trous qui me semblent farces:

Par l’un, on jouit d’un garçon

Et par l’autre on jouit des garces.

Tous les deux me sont défendus;

Mais puisqu’il faut que je me perde...

Je préfère le trou du cul,

Malgré mon dégoût pour la merde._

BING.

DEVANT (Le). Les parties sexuelles de l’homme et de la femme.

_Le p’tit gueux, près des femmes,

Bientôt s’ mit à courir,

Pour offrir

Son devant aux madames._

(_Chanson anonyme moderne._)

On pourra désormais avoir confiance en moi, car on dit

communément qu’il faut se défier du devant d’une femme, du

derrière d’une mule, et d’un moine de tous les côtés.

(_Le Moine sécularisé._)

Ah! mon Dieu, quelle injustice que l’honneur d’un homme dépende

du devant d’une femme!

CH. SOREL.

DÉVIRGINER. Oter la virginité.

Ceux-ci ne trouvèrent pas d’autres moyens que de les dévirginer

eux-mêmes avant qu’elles pussent tenter personne.

PIGAULT-LEBRUN.

Oui, tout semblait m’annoncer qu’enfin j’allais être, et même

très agréablement, dévirginée.

(_Mon noviciat._)

Extasiée, fendue par l’énorme grosseur du vigoureux bourdon

de mon dévirgineur,... je restai quelque temps accablée par la

fatigue et le plaisir.

(_Mémoires de miss Fanny._)

DEVOIR (Le). La fouterie, qui est en effet le premier des devoirs, le

plus sacré, celui auquel on manque le moins tant qu’on est jeune et

qu’on sait jouer des reins.

Allons! rentre chez toi, père de famille! et fais ton devoir près

de ta femme, cela dût-il te valoir un enfant!

LEMERCIER DE NEUVILLE.

_Puis quand on vint au naturel devoir,

Ah! dit Catin, le grand dégel s’approche.

Vrai, dit-il, car il va pleuvoir._

CL. MAROT.

DILIGENCE (La) DE LYON. C’est une des _postures_ (voir ce mot)

les plus curieuses et les plus rares. Nombre de grands amateurs de

Vénus sont morts sans la connaître; c’est que, pour l’exécuter, il

faut trouver une femme qui réunisse deux qualités rares: l’ardeur,

d’abord. Nombre de femmes feignent d’être ardentes pour plaire à

l’homme qu’elles veulent séduire, mais ne sont au fond que de simples

_patients_ et non des _agents_, et ici il faut que la femme soit agent

et que l’homme soit patient. Ensuite, il faut qu’elle ne soit pas

neutralisée par une sotte pudeur, résultat de la tyrannie des hommes

exercée continuellement jusqu’ici sur les femmes. Quand une femme

donc est ardente et libre, elle prend un homme qui lui plaise sous

tous les rapports; elle le met nu comme un ver, l’étend sur un lit

en lui mettant des coussins sous la tête et sous les reins, et toute

nue elle-même, elle se met à cheval à cru sur lui, s’embrochant sur

le pivot naturel, c’est-à-dire sur son vit. Alors, elle fait comme

le postillon sur un des chevaux des anciennes diligences de Lyon.

S’appuyant un peu sur les épaules de son amant, elle s’avance en

chevauchant et le vit se relève près du ventre de l’homme. Elle recule

et le vit se renfonce dans son con jusqu’à la garde. Elle s’anime;

elle va de plus fort en plus fort, comme si la diligence parcourait

un chemin raboteux. Ses yeux s’égarent, ses cheveux se dénouent.

Elle jouit, elle jouit, mais elle va toujours; elle va jusqu’à ce

qu’elle soit tout à fait exténuée de décharge spermatique; car il

faut remarquer que l’homme, étendu sur ses coussins, ne pouvant pas

bouger, bande de plus en plus, jusqu’à la fin, mais ne décharge pas. La

femme tombe alors comme morte dans les bras de son amant, lequel, tout

enflammé, finit de son côté comme il peut.

«Je serai bien aimable, je me mettrai toute nue, dit-elle

insidieusement.—Passe ton chemin, répond le fidèle époux, ayant

encore présente à la pensée l’image des charmes de sa jeune

moitié.—Je te ferai le grand jeu!—Non—Feuille de rose!—Non.—Le

tire-bouchon américain?—Connu... tu m’ennuies.—Eh bien, tiens, tu

me plais, viens, tu ne payeras pas et nous ferons la diligence de

Lyon...»

(_Fantaisiste_, I, 177.)

DISPENSAIRE. Endroit spécial, à la préfecture de police, où sont

obligées de se rendre une fois par semaine les filles en carte,

afin d’y subir de la part des médecins qui s’y trouvent, une visite

minutieuse de santé.

DIVERTIR (Se). Baiser ferme et dru, ce qui est encore le moins trompeur

de tous les plaisirs humains.

Il s’en allait, contre son gré, voir quelque fille pour se

divertir, et, étant là, s’efforçait si fort sur elle qu’il en

était allégé.

MILILOT.

_Et cherche un ami jeune et beau,

Par qui tu sois mieux divertie._

MAYNARD.

_Au lit, le divertissement

Qui se donne entre deux courtines,

Tient un peu trop du sacrement._

CHAPELLE.

DOCTEUR (Le). Le vit,—qui sert en même temps de remède.

_Vieilles, jeunes, laides, belles,

Toutes aiment le docteur,

Et toutes lui sont fidèles...

Toutes? non, c’est une erreur:

On dit qu’il en est entre elles,

Dans la crainte d’un malheur,

Qui se passent du docteur._

DOIGT. Le membre viril, que nous insinuons si volontiers dans le dé de

la femme.

_Et moy d’un seul petit coup

J’ay gagné la chaude-pisse,

Et du doigt de quoy je pisse

On m’en a coupé le bout._

(_Chansons folastres._)

_Il cherche le temps et le lieu

Pour mettre le doigt du milieu

Dans la bague de ta nature._

THÉOPHILE.

_Sans y réfléchir j’enfonçai

Ce pauvre doigt jusqu’à la garde._

E. DEBRAUX.

_Ma seringue, sans nul obstacle,

Peut seule opérer un miracle:

Pour guérir radicalement,

Prenez un doigt de lavement._

J. CABASSOL.

_Ce passe-temps partout d’usage

Favorise plus d’un amant:

La fillette innocente et sage,

Par là s’engage très souvent.

L’amour qui toujours nous partage

A soin que tout soit débrouillé,

Il dissipe plus d’un nuage

En conduisant le doigt mouillé._

(_La Goguette du bon vieux temps._)

DOIGT DE COUR. Le médium de la main droite, qui sert à branler les

femmes.

_Savez-vous pourquoi nos belles

Sont si froides en amour?

Ces dames se font entre elles,

Par un ingénieux retour,

Ce qu’on nomme un doigt de cour._

DE CHAMPCENETZ.

DONDON. Femme facile, qui se laisse prendre le cul par le premier venu,

et, au besoin, se laisse baiser par lui.

_Toinette, fraîche dondon,

Chantait ainsi son martyre._

JULES POINCLOUD.

DON D’AMOUR. Employé dans un sens obscène pour désigner l’acte vénérien.

_Oui, mais aussi nous gagnons quelque chose,

Dit la jeune Ève, et son souris propose

Le don d’amour._

PARNY.

_Je ne fais que requérir,

Sans acquérir,

Le don d’amoureuse liesse._

CL. MAROT.

_Conclusion, que Renaud sur la place

Obtint le don d’amoureuse merci._

LA FONTAINE.

DONNER DANS L’ŒIL À UN HOMME OU À UNE FEMME. Donner envie à un homme de

coucher avec une femme, ou à une femme de coucher avec un homme.

Il m’a dit que votre chienne de mine lui avait donné dans l’œil.

LA POPELINIÈRE.

DONNER DU BON TEMPS (Se). Passer sa jeunesse à baiser les filles, quand

on est homme, et à se faire baiser par les hommes, quand on est fille.

C’est le _Aimons! aimons!_ de M. Alphonse de Lamartine.

Où qu’est l’ mal après tout? On béquille, on s’amuse, on s’donne

du bon temps, on oublie sa misère: c’est toujours ça d’ gagné.

HENRY MONNIER.

_Not’ vivandière

S’en donna tant,

Qu’il survint un enfant._

E. DEBRAUX.

_Se donner à crédit pendant qu’on est si belle,

Et pendant qu’on pourrait amasser des trésors,

Ma fille, proprement c’est là ce qu’on appelle

Faire folie de son corps._

MONTREUIL.

DONNER DU CONTENTEMENT AUX HOMMES. Savoir les faire jouir comme il

faut, par des moyens que réprouve la morale et qu’autorise le bonheur.

Il dit qu’il me veut rendre une des plus habiles qui soient

capables de donner du contentement aux hommes.

MILILOT.

DONNER DU MAL. Communiquer la maladie vénérienne par le coït.

Elle est belle, ma Joséphine... et elle connaît son affaire!...

Mais, pas d’ bêtises, ô mon père! elle vous donnerait du mal...

TISSERAND.

DONNER DU MAL (Se). Dans l’argot des filles publiques, c’est raccrocher

fréquemment sur le trottoir, c’est monter souvent avec de nouveaux

michés.

_Mais, va, c’est égal,

Je m’ donnerai du mal,

Je veux c’ soir, bravant Saint-Lazare.

Labourer l’ persil._

DUMOULIN.

DONNER DU PLAISIR. Faire jouir un homme à coups de cul, ou une femme à

coups de queue.

_Il faut de tous ces dons savoir bien se servir,

Savoir les employer à donner du plaisir

A ceux qui dans nos bras cherchent la jouissance._

LOUIS PROTAT.

DONNER LA SAUCE. Donner la vérole.

_«..... Présent le plus funeste

Que puisse faire aux vits la colère céleste.»_

DONNER L’ASSAUT. Baiser une femme, monter sur elle et entrer par la

brèche que vous savez.

_Dames, dansez, et que l’on se déporte,

Si m’en croyez, d’écouter à la porte,

S’il donnera l’assaut sur le minuit._

CL. MAROT.

DONNER L’AUBAINE. Baiser une femme, qui s’en _trémousse_ beaucoup—de

joie.

_Aussi la dernière du bout,

Se pâmant, cria: Le roi fout!

Et chanta: Bon!

Le roi Salomon

M’en a donné l’aubaine!_

COLLÉ.

DONNER LE PICOTIN. Baiser une femme—qui mourrait d’inanition sans cette

ration d’amour quotidien.

Un dimanche matin, il cuidait lui donner le picotin.

(_Moyen de parvenir._)

DONNER LE PLAISIR À UNE FEMME. Besogner du membre dans son vagin.

Témoin son père, qui a donné le plaisir à Marguerite, la servante

que vous avez chassée.

MILILOT.

DONNER SA ROSE. Offrir son pucelage sur l’autel du dieu Priape.

_Ma fille, avant d’ céder ta rose,

Retiens bien ce précepte-là._

E. DEBRAUX.

DONNER UN BRANLE. Faire l’acte vénérien.

_Mais quand quelqu’un lui donne un branle,

En l’absence de son cocu,

Vous diriez, comme elle se branle,

Qu’elle a des épines au cu._

THÉOPHILE.

DONNER OU RECEVOIR UN CLYSTÈRE. Faire l’acte vénérien,—par allusion

à la forme de la seringue que l’on introduit dans le cul. Aussi

trouve-t-on dans les vieux auteurs, et notamment dans Rabelais,

cette expression: _Clystère barbarin_ dans le sens d’_enculement_. La

seringue disparaît de jour en jour devant le _clyso-pompe_ et autres

_irrigateurs_: dans cinquante ans, nos petits-neveux ne sauront plus ce

que c’est que de _donner_ ou _recevoir un clystère_—barbarin ou non.

DONNER UN COUP DE CUL. Se remuer sous l’homme, de façon à le faire

jouir lorsque cela tarde trop.

_En baisant, à propos donner un coup de cul._

LOUIS PROTAT.

DONZELLE. Fille ou femme légère—comme chausson.

Tu veilleras à ce que la donzelle n’essaye pas de nous faire voir

le tour.

X. DE MONTÉPIN.

DOS VERT OU DOS D’AZUR. Maquereau, souteneur de filles,—parce que le

scombre dont on a emprunté le nom pour flétrir ces sortes de gens a

le dos d’un beau bleu métallique, changeant en vert irisé, et rayé de

noir.

_Écoute-moi, dos vert de ces putains sans nombre,

Ombre du grand Thomas qui de Priape est l’ombre._

DUMOULIN.

Je ne suis pas un miché, je suis un dos d’azur.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

DOUCE AFFAIRE. L’affaire de cœur, c’est-à-dire du cul, douce à faire,

en effet, bien que ses suites soient quelquefois amères.—Se donner, ou

se coller une _douce_: se masturber.

_Le portrait ravissant, l’image enchanteresse

Qu’en tout temps je me fais de ton con, de ta fesse,

De ta motte, des poils, blonds ou noirs, mais soyeux,

Qui viennent mollement frisotter autour d’eux,

A mon organe cause une telle secousse,

Que j’ai beau tous les jours me coller une douce,

Dans mes rêves ton con m’agace et me poursuit,

Et me fait dans mes draps décharger chaque nuit...

Cette agitation me fatigue et me pèse:

Aussi, sans plus tarder, faut-il que je te baise._

LOUIS PROTAT. (_Serrefesse._)

DRESSER. Venir en érection.

_Enfin tant que nous sommes,

Combien de membres d’hommes

Nous avons fait dresser._

(_Cabinet satyrique._)

DRÔLESSE. Fille ou femme de mœurs plus que légères—qui souvent n’est

pas drôle du tout, à moins qu’on ne considère comme drôleries les

chansons ordurières qu’elle chante au dessert.

Mais tout n’est pas rose et billets de mille francs dans

l’existence phosphorescente, fulgurante, abracadabrante de ces

adorables drôlesses, qui portent leurs vingt ans sans le moindre

corset.

A. DELVAU.

DULCINÉE. Maîtresse; femme entretenue; fille publique.

Ma dulcinée est-elle venue?

AUGUSTE RICARD.

DUO SANS MUSIQUE. L’acte vénérien, qu’on accomplit à deux sans faire

aucun bruit, sans sonner un seul mot, en se consentant de soupirer.

E

EAU-DE-VIE. Le sperme. Equivoque facile à comprendre.

_Il égoutta toute son eau-de-vie,

Puis se voulut restaurer de coulis._

CL. MAROT.

_Il lui faut de l’eau-de-vie

Pour la guérir, ce dit-on._

(_La Comédie des Chansons._)

_Je crois qu’elle avait envie

D’avoir de mon eau-de-vie._

GAUTIER-GARGUILLE.

EAU DES CARMES. Le sperme.

_En dépit de mes larmes,

Négligeant mes appas,

Tu vends de l’eau des Carmes...

Mais... ne m’en offre pas!_

LOUIS PROTAT.

ÉBATS. Employé dans un sens obscène pour désigner l’acte vénérien.

_Pour ses ébats il eut trois cents maîtresses,

Je n’en ai qu’une, hélas! je ne l’ai plus._

VOLTAIRE.

_Les filles sommeillaient encore,

Nul indice de leurs ébats._

PARNY.

_C’est sur mon lit que s’ébat la friponne._

GRÉCOURT.

ÉBAUDIR (S’). Employé dans un sens obscène pour faire l’acte vénérien.

Je me veux ébaudir avec cette petite barbouillée.

(_La Comédie des Proverbes._)

_Le preux Chandos à peine avait la joie

De s’ébaudir sur sa nouvelle proie._

VOLTAIRE.

_C’est bon... je laisse une grosse heure entière

Mes deux paillards à l’aise s’ébaudir._

GRÉCOURT.

ÉCOUTILLE (L’). La nature de la femme—dans l’argot des marins d’eau de

mer et d’eau douce.

_Allons, la garce, haut la quille!

Mon vit est crânement drissé;

Ouvre-moi ta large écoutille.

Embarque-moi: je suis pressé._

ALPHONSE KARR.

ÉCRASER DES TOMATES. Avoir ses menstrues, dont la couleur est cousine

germaine de celle de la _pomme d’amour_.

—Eh bien, va coucher avec Mélie...—Peux pas: elle écrase des

tomates, depuis deux jours, que ça en est dégoûtant.

SEIGNEURGENS.

ÉCUELLE. Employé dans un sens obscène pour désigner la nature de la

femme.

Les femmes sont comme gueux, elles ne font que tendre leur

écuelle.

BRANTÔME.

ÉCUME DU PLAISIR (L’). Le sperme.

_Le feu du plaisir s’allume;

Du bonheur l’ardente écume

Dans ton manoir qui la hume

A gros bouillons rejaillit._

(_Chanson anonyme moderne._)

EFFETS DE CUL (Faire des). Remuer habilement les fesses en marchant

devant les hommes, pour les allumer et s’en faire suivre.

EFFETS DE PANTALON (Faire des). Arranger avantageusement son _paquet_

dans l’entre-jambe, à droite ou à gauche, de façon qu’il fasse saillie

sur la perpendiculaire naturelle du corps et crève les yeux des femmes.

EFFEUILLER. Masturber en parlant de la femme.

_Un joli doigt, qu’assouplit le désir,

En l’effeuillant y cherche le plaisir._

PARNY.

EFFEUILLER LA COURONNE VIRGINALE. Prendre le pucelage de sa femme, la

nuit des noces.

Et Pignouflard, demain, effeuille sa couronne virginale...

ALBERT GLATIGNY.

ÉJACULER. Décharger son sperme, soit en baisant, soit en se masturbant.

Il y en a qu’on ne saurait faire taire et qui, quand ils

éjaculent, en même temps ne peuvent s’empêcher de crier.

MILILOT.

ÉLIXIR... DE LONG’VIT. Le sperme, aimable essence qui ferait

ressusciter... une morte.

_Possédant une recette,

Je fis prendre à la fillette

Six fois de mon élixir.

—Ah! Dieu! que je suis contente,

S’écriait la patiente:

Encore, ou je vais mourir!_

(_Gaudriole_, 1834.)

ELLE EST COUVERTE D’ARDOISE. Sous-entendu: _Les crapauds ne montent pas

dessus_. Se dit d’une femme trop belle ou trop bégueule pour qu’il n’y

ait pas folie à vouloir la _grimper_ comme une simple drôlesse.

ÉMANCIPER (S’). Aller avec une femme beaucoup plus loin que la

bienséance ne le permet, mais beaucoup moins loin pourtant que ne

le voudrait la femme—qui a, sur le bonheur, des idées diamétralement

opposées à celles de la morale.

Lors, s’émancipant tout d’un coup, il me troussa la chemise tout

autour et me découvrit le ventre et les fesses, se plaisant à les

patiner.

MILILOT.

EMBROCHER UNE FEMME. La baiser, se servir du membre viril comme d’une

broche pour l’exposer au feu qui moult arde.

_Une dame allant dans son coche

Aux champs avecque son amant,

Hors du faubourg il vous l’embroche._

(_Cabinet satyrique._)

_Mais quand ce vient à l’embrocher,

Son outil ne peut se dresser._

(_Recueil de poésies françaises._)

_Et de si près il s’approcha,

Qu’amoureusement l’embrocha._

THÉOPHILE.

ÉMILE. Nom donné aux pédérastes que précédemment l’on appelait _Tantes_

(V. ce mot). Les _Émiles_ étaient en société, à Paris, en 1864. Leurs

statuts ont été imprimés. La police, avertie de ces réunions, y fit

une descente et fit fermer un établissement de marchand de vins de la

Barrière de l’École, où ils se réunissaient. De hauts fonctionnaires

furent compromis. Une chanson fut faite à cette occasion. Les patients

s’habillaient en femme pour recevoir leur Émile.—Un dessinateur avait

consenti à reproduire les poses lubriques de toutes ces scènes de

sodomie.

Extrait d’une lettre du baron de Heeckeren, sénateur, saisie:

«... Je ne pourrai venir à la réunion qu’à minuit, réservez-moi

Dupanloup...»

—Duc de Mouchy. Jeune attaché d’ambassade, très connu pour

ses goûts non-conformistes..., comme patient... S’habille

ordinairement en femme.—Général d’Herbillon (Émile), général de

division et sénateur.

Étaient encore acteurs dans la pièce:—Duc de Valmy, secrétaire

d’ambassade.—Davilliers (J.-P.-E.), chef du deuxième bureau,

première division, ministère de la guerre. Lieutenant

d’état-major. Proxénète et mignon. On faisait des cancans sur lui

dans son bureau; indigné de bruits qui ternissaient son honneur,

il fut s’en plaindre à son protecteur, le général Castelnau, chef

de sa division au ministère. Le général, qui ne voulait pas que

son protégé eût la réputation d’une putain, lui promit de faire

cesser les bruits qui couraient. Il pria le préfet de police de

faire une enquête; pour toute réponse, le préfet lui montra une

photographie représentant son protégé dans l’exercice de ses

fonctions.

Plusieurs dénonciations étaient arrivées à la préfecture de

police; la plus drôle est celle d’un propriétaire qui, voyant

arriver une masse de soldats dans la maison folichonne, et

apprenant qu’on y avait apporté des uniformes de préfets, de

sénateurs, d’évêques, crut à un complot et en écrivit à la

préfecture.

(_La Sultane Rozréa_, p. 21.)

EMMANCHER. Baiser.—la nature de la femme étant la manche où s’introduit

le plus volontiers le petit bras, ou si l’on veut, le _manche_ de

l’homme.

Un bon garçon du village, très bien emmanché.

(_Moyen de parvenir._)

N’est-il pas temps que je vous emmanche?

B. DESPERRIERS.

EMPÊCHER. Employé dans un sens obscène pour faire l’acte vénérien.

_Et tandis que je suis avec l’un empêchée,

L’autre attend sans mot dire, et s’endort bien souvent._

LA FONTAINE.

EMPOIGNER PAR LE MANCHE. Se dit de l’action par laquelle une femme

énamourée s’empare avec autorité du membre de l’homme qui est avec

elle, et se l’introduit avec empressement dans le vagin.

Je l’empoignai par le manche et le menai au pied du lit, où je

me couchai à la renverse, l’attirant dessus moi: je m’enconnai

moi-même son vit dans mon con jusques aux gardes.

MILILOT.

EMPRUNTER UN PAIN SUR LA FOURNÉE. Baiser une fille avant de l’avoir

épousée.

Bien souvent, ils empruntent un pain sur la fournée.

(_Les Caquets de l’accouchée._)

EN AVOIR DANS LE VENTRE. Être enceinte.

Dictionnaire érotique moderne · 第 9 / 23 段