femme, parce qu’en effet le membre viril, à l’instar du suif qui coule
d’une chandelle, filtre alors une chaude-pisse dans la culotte.
_Ma pine encore vierge
Coula,
Ni plus ni moins qu’un cierge.
Voilà._
EUGÈNE VACHETTE.
COUP. L’acte vénérien, qui est, en effet, un choc—agréable pour celle
qui le reçoit comme pour celui qui le donne.
_L’autre jour un amant disait
A sa maîtresse à basse voix,
Que chaque coup qu’il lui faisait
Lui coûtait deux écus ou trois._
CL. MAROT.
_Tu voudrais avoir pour un coup
Dix écus; Jeanne, c’est beaucoup._
ÉT. TABOUROT.
_Pour l’avoir fait deux coups en moins de demi-heure,
C’est assez travailler pour un homme de cour._
(_Cabinet satyrique._)
Il faut toujours se faire payer avant le coup.
TABARIN.
L’homme philosophal que cherche, sans le trouver, la femme, est
celui qui ferait réellement les cent coups.
J. LE VALLOIS.
COUP DE CANIF DANS LE CONTRAT (Donner un). Tromper son mari au profit
d’un amant, sa femme au profit d’une maîtresse.
Et puis ces messieurs, comme ils se gênent pour donner des coups
de canif dans le contrat! La _Gazette des Tribunaux_ est pleine
de leurs noirceurs; aussi nous sommes trop bonnes.
L. FESTEAU.
COUP DE CROUPE. Coup de cul que donne la femme dans l’acte copulatif.
Elle a un coup de croupe des plus distingués.
LA POPELINIÈRE.
COUP DE CUL. Jeu des reins dans lequel excellent les femmes, ce qui
nous procure du plaisir et à elles des rentes—quand elles ne sont pas
trop prodigues et qu’elles n’ont pas de maquereaux.
_Pourtant, si j’en crois mes propres rivales,
Je réveillerais le plus mort des morts
D’un coup de ce cul qu’ici tu ravales
Sans en éprouver le moindre remords._
ANONYME.
_Ta fortun’ n’est pas faite:
Allons donc, y pens’-tu?
Encore un coup d’ cul,
Jeannette,
Encore un coup d’ cul._
E. DEBRAUX.
COUP DU MACARON. Tour de force facile à figurer, mais impossible
de mener à bonne fin.—L’homme est couché sur le dos, le bracquemart
en l’air. La femme s’asseoit dessus et s’introduit dans le vagin ce
pivot de chair. Alors, s’aidant des pieds et des mains, elle tâche de
tourner et de figurer l’aiguille du jeu de macarons. L’inventeur de
ce divertissement m’assure «_qu’à tous les coups l’on gagne_.»—Je me
permets d’en douter..... et vous?...
_Sur l’assise d’une pine
Pivotant comme un toton,
Aimes-tu mieux en gamine
Tirer l’coup du macaron?_...
PAUL SAUNIÈRE.
COUP DU MATIN (Le). Celui qui se tire forcément lorsqu’on se réveille,
parce qu’à ce moment on bande toujours, soit qu’on ait dormi sur le
dos, soit qu’on ait envie de pisser, et que toute pine qui bande a le
devoir de décharger.
_Pour le coup du matin j’ai de l’aversion,
Et je ne m’y soumets qu’avec répulsion._
LOUIS PROTAT.
COUP DU MILIEU (Le). Celui qui se tire vers le milieu de la nuit, après
un léger repos, nécessité par la fatigue des coups précédents, et avant
le repos définitif qui précédera le _coup du matin_.
_Et l’on ne voit pas une belle
Refuser le coup du milieu._
ARMAND GOUFFÉ.
COUPER LA MÈCHE (Se). S’émasculer volontairement,—pour ne plus prendre
feu auprès des femmes.
_Puisque aimer offense Dieu,
Qu’un sûr moyen nous empêche:
Dès qu’on redoute le feu,
Que ne coupe-t-on la mèche?_
ALTAROCHE.
COUP QUI PORTE. Coup chargé de sperme prolifique, dont le résultat
naturel est un enfant.
Pour neuf mois que l’on passe en délices et plaisirs, on
n’engrosse qu’une seule fois, et... tous les coups ne portent
pas.
MILILOT.
COURAILLER. Baiser en ville, et fréquemment, brunes ou blondes, rousses
ou cendrées, bourgeoises et lorettes, servantes et maîtresses.
Vous l’auriez empêché de courailler.
H. DE BALZAC.
COUREUR. Libertin,—parce qu’il court après toutes les femmes, comme un
chien après toutes les chiennes.
COUREUSE. Femme libertine qui court volontiers après les porte-queue,
soit parce qu’elle y trouve son plaisir, soit parce qu’elle y trouve
son intérêt.
Une fille inconnue, qui fait le métier de coureuse.
MOLIÈRE.
COURIR. Baiser en ville et chez soi; changer volontiers de maîtresses
quand on est homme, d’amants lorsqu’on est femme.
Monsieur n’est pas heureux quand il court.
H. MONNIER.
J’aimerois mieux que tous les laquais de la cour courussent
sur le ventre de ma femme, que d’être astreint à ne point faire
l’amour.
(_Les Caquets de l’accouchée._)
COURIR LA GUEUSE. Hanter les bordels et les bals publics, où l’on peut
_faire_ une femme nouvelle tous les jours.
_Mais j’oublierai cette folle amoureuse,
Tra la la, la la la la la,
Et dès ce soir, je vais courir la gueuse!
Tiens, voilà Carjat!..._
ALEXANDRE POTHEY.
COURIR LE GUILLEDOU. Faire le libertin; rechercher les grisettes, les
femmes faciles, pour coucher avec elles. Se dit aussi pour: Faire le
métier de gueuse.
_J’aurais pu, comme une autre, être vile, être infâme!
Courir le guilledou jusqu’au Coromandel!
Mais jamais je ne fusse entrée en un bordel!_
ALBERT GLATIGNY.
COURIR UNE POSTE, DES POSTES. Tirer un coup, des coups, autant qu’on
le peut quand on est bon cavalier et qu’on ne se laisse pas désarçonner
par le premier coup de cul de sa jument.
COURSE. Coup tiré avec une femme, que l’on fait ainsi voyager à cheval
sur un bâton, comme sorcière allant au sabbat.
_Argant, de ses nombreuses courses
Tout fatigué, s’échappe enfin.
Hélas! il emporte à ses bourses
L’amante qui supplie en vain._
B. DE MAURICE.
COURTE. Le membre viril—qui s’allonge si volontiers sous la douce
pression d’une bouche ou d’une main de femme.—On emploie ordinairement
ce mot en mauvaise part, pour désigner une pine d’une longueur médiocre
et qu’on ne suppose pas, sur ses apparences, propre à faire jouir les
femmes. Qu’importe qu’elle soit courte—pourvu qu’elle soit bonne!
_Le jeune homme puceau l’appelle son affaire,
L’ouvrier son outil, la grosse cuisinière
Une courte..._
LOUIS PROTAT.
_En avant! courtons,
Enfonçons les cons;
A grands coups de cul, de pine et de roustons,
Faisons cramper les garces._
(_Parodie de la Parisienne._)
COURTISANE. Professeur femelle de philosophie horizontale.
_Aussi, j’aime tes courtisanes
Et tes nymphes, ô Titien,
Roi des tons chauds et diaphanes,
Soleil du ciel vénitien._
TH. GAUTIER.
_Les petites paysannes
Qu’on patine au coin d’un mur,
Ont, plus que les courtisanes,
Fesse ferme et téton dur._
DE LA FIZELIÈRE.
COURTISER UNE FEMME. Chercher tous les moyens de se servir de sa courte
avec elle et même s’en servir.
_Mais pour que ce coureur de belles
Puisse, en dix heures seulement,
Courtiser cinquante pucelles...
Ah! qu’il faut de tempérament._
L. FESTEAU.
COUSIN. L’homme qui baise une femme, qu’il lui soit ou non parent.
COUSINE. Pédéraste passif; variété de _Tante_,—les enculés portant
presque tous des noms de femme, tels que ceux de: la _Reine
d’Angleterre_, la _Grise_, la _Marseillaise_, la _Fille à la perruque_,
la _Léontine_, la _Nantaise_, la _Folle_, la _Fille à la mode_, la
_Pipée_, la _Bouchère_, etc.
COUSINE DE VENDANGE. Femme que l’on baise sur la table de certains
cabarets borgnes, moyennant bouteille et quelque monnaie.
M. de L’Aulne se fit égratigner à la place de sa cousine de
vendange.
Comte DE CAYLUS.
COUVENT. Bordel, où s’enferment volontairement les vierges folles.
COUVREUR, COUVRIR UNE FEMME. Homme qui baise, parce qu’en baisant il
couvre de son ventre, en guise de toit, cette délicieuse habitation
qu’on appelle le con de la femme, et que, sous prétexte d’empêcher la
pluie d’y tomber, il inonde, lui, de son sperme.
Plus vous couvrirez une femme, plus il pleuvra.
TABARIN.
_Faut voir comm’ leux femm’s sont couvertes._
ROUGEMONT.
CRACHER À LA PORTE. Décharger sur la motte d’une femme au lieu de le
faire dans son vagin;—ce qui s’appelle: _tricher au jeu_.
_Ne fout que quand son vit lui crache
Pour tout soulaz dedans la main._
THÉOPHILE.
CRACHER DANS LES BROUSSAILLES. Éjaculer, non dans le vagin, mais sur
les poils de la motte.
CRAMPE D’AMOUR. L’érection.—Voir aussi _Tirer sa crampe_.
_Le grivois à l’aspect des lieux qu’il envisage,
Où nichent mille attraits qu’il lorgne tour à tour,
Se sent atteint d’une crampe d’amour._
VADÉ.
CRAMPER. Baiser,—parce que dans la jouissance qu’amène la conjonction
de deux créatures d’un sexe différent, il y a un spasme, une crampe.
_Puissé-je,
... Cramper dans le cul
De ma blonde._
E. DEBRAUX.
CRAMPEUSE. Synonyme de _jouisseuse_.—Fille publique qui
crampe—c’est-à-dire qui jouit aussi bien avec un miché qu’avec un
amant.
CRAPAUDINE. Expression tirée du langage culinaire. Les pigeons à la
crapaudine ont les pattes rentrées en dedans. De même, la femme étendue
sur le dos et recevant le vit dans son con, afin de mieux le faire
glisser jusqu’au fond du vagin, lève ses deux jambes en l’air, les
replie sur l’homme, les appuie sur son dos et l’attire à elle autant
qu’elle peut. Il voudrait s’en défendre, ce serait inutile, il faut que
sa pine pénètre jusqu’à la matrice, qui vient d’elle-même se présenter
à ses coups. Plus les coups sont forts, plus ils plaisent à la femme
jeune et bien portante. Bien des couchettes ont été cassées avec ce
jeu-là; aussi, maintenant, on les fait en fer.
_Marie se colle à mon ventre
Et pour que tout mon vit entre
Jusques au fin fond de l’antre
Enflammé par Cupidon,
Elle fait la crapaudine.
Vraiment, cette libertine,
Si je n’étais qu’une pine
M’engloutirait dans son con._
J. CHOUX.
CRÉATURE. Nom que, dans leur mépris—qui ressemble beaucoup à de
l’envie,—les femmes honnêtes donnent à celles dont le métier est de ne
l’être pas.
Mon mari a eu l’infamie de faire venir cette créature dans ma
maison.
GAVARNI.
CREUSET. La nature de la femme.
_Ma femme tempeste
Dans son cabinet:
Je luy mets mon reste
Dedans son creuset._
(_Chansons folastres._)
CREVER L’ŒIL. Introduire le membre viril dans le vagin d’une femme, ou
dans le cul d’un homme.
Un jeune homme qui tenait la lance en arrêt pour te crever l’œil.
D’ABLANCOURT.
CREVETTE. Lorette.—Mot de création tout à fait récente.
Le petit crevé une fois affirmé, il a fallu lui trouver sa
femelle, et à sa femelle donner un nom; une dérivation toute
naturelle a conduit au nom de crevette.
NESTOR ROQUEPLAN.
CRISTALLINE. Maladie vénérienne de l’anus,—ce que les satiriques latins
appellent _crista_, ou _marisca_. Ce sont des espèces de caroncules, de
crêtes, que font pousser là les habitudes sodomiques.—C’est à tort que
M. Louis Protat a, dans sa parodie de _Lucrece_, dit:
_Mais là, de tous les maux que redoutent une pine:
Chancres, crêtes de coq, vérole, cristalline..._
La pine la donne, mais ne la reçoit pas,—comme une noble et charitable
dame qu’elle est.
CROQUER. Employé dans un sens obscène pour faire l’acte vénérien.
_Par où le drôle en put croquer,
Il en croqua._
LA FONTAINE.
_Tout
Est de votre goût,
Vous croquez tout._
COLLÉ.
CROQUER UNE FEMME. La baiser, ce qui est une friandise exquise.
C’est que la plupart sont des goulus, qui ne veulent des femmes
que pour eux: ils ont beau faire, on en croquera toujours
quelques-unes à leur barbe.
(_Théâtre italien._)
CROUPE (La). Les reins, dont la femme joue si merveilleusement à notre
bénéfice.
La torsion lascive de sa croupe.
H. DE BALZAC.
_Une gorge bien ferme et des fesses bien blanches,
Une croupe soignée, un beau cul et des hanches._
LOUIS PROTAT.
_J’aime à voir onduler vos croupes dans le soir,
Monstres dont on voudrait être les Hippolytes._
PAUL MAHALIN.
CROUPION. Nom qu’on donne aux fesses.
_Quel superbe croupion elle a, cette drôlesse!_
J. LE VALLOIS.
CUEILLIR LA FRAISE, LA NOISETTE, LA FLEUR, UN BOUTON DE ROSE SUR LE
NOMBRIL. Tirer un coup.
_Ah! qu’il fait donc bon_ (bis)
_Cueillir la fraise,
Au bois de Bagneux,
Quand on est deux._
(_Le Bijou perdu._)
Mais souffre que je puisse cueillir le fruit, dès si longtemps
promis à ma pure et sainte fidélité.
P. DE LARIVEY.
Je craignais qu’elle ne laissât cueillir la belle fleur de son
pucelage sans en tirer profit.
CH. SOREL.
_Par ma fine, je suis perdue,
Disait Babet à son seigneur,
Qui par méprise, en lui cueillant sa fleur,
La greffa d’un beau fruit._
VADÉ.
_Vous abusez, car Meung, docteur très sage,
Nous a décrit que pour cueillir la rose
Riche amoureux a toujours l’avantage._
F. VILLON.
CUEILLIR UNE FEMME. Prendre un pucelage,—les femmes étant des fleurs,
au dire des poètes qui les mettent dans leur herbier au lieu de les
foutre dans leur lit.
_... Je te vois pâlir,
Lui dis-je, et de plus tressaillir,
Quand je suis prêt à te cueillir._
COLLÉ.
CUL (Le). Les fesses, l’anus et les parties génitales tout ensemble.
Que ton petit cul est rond et potelé! Qu’il est bien fait!...
LA POPELINIÈRE.
_Un cul dur comme un marbre et plus blanc que l’ivoire._
LOUIS PROTAT.
_Vous assurez, belle farouche,
Que l’amour ne peut vous brûler:
Si votre cul pouvait parler,
Il démentirait votre bouche._
COLLÉ.
_Et nous autres,
Pauvres apôtres,
Pauvres moines...
Ne foutons que des culs crottés...
Eleïson!_
(_Romance populaire._)
_Louyson a le cul crotté
Tout ainsi qu’un veau garotté
Que l’on traîne parmy la rue..._
M. DE MONTGAILLARD.
_Gai, gai, l’on est chez nous
Toujours en fête
Et cul par-dessus tête;
Gai, gai, l’on est chez nous,
Toujours en fête et sens dessus dessous._
BÉRANGER.
_Cul, cul pour la vertu!
Je suis putain, je veux faire mes farces;
Cul, cul, pour la vertu!
Je suis putain, je veux montrer mon cul!_
(_Vieux refrain._)
_Dieu fit le con, ogive énorme,
Pour les chrétiens,
Et le cul, plein cintre difforme,
Pour les païens..._
(_Parnasse satyrique._)
_Ah! je n’y tiens plus!... le cul me démange...
Qu’on m’aille chercher l’Auvergnat du coin,
Car je veux sentir le vit de cet ange
Enfoncer mon con comme avec un coin._
(_Parnasse satyrique._)
CULBUTER UNE FEMME. En jouir,—parce que, pour en arriver là, il faut la
renverser sur le dos.
Mademoiselle, aimez-vous bien à être culbutée?
SOREL.
CULETER. Faire l’acte copulatif, qui exige de part et d’autre un fort
remuement de cul.
_Elle en entretenait de tous prix et tous âges,
Même leur apprenait cent divers culetages._
THÉOPHILE.
_Depuis grosse garce devint,
Et lors culetait plus que vingt._
CL. MAROT.
_Ci-gist qui est une grand’perte,
En culetis la plus experte
Qu’on sut jamais trouver en France._
CL. MAROT.
CULISTE. Homme qui préfère le cul au con,—élevé, sans doute, à l’école
anormale des RR. PP. Jésuites.
_Il n’est à présent que des sots
Qui se disent conistes;
Les philosophes, les héros
Ont tous été culistes._
COLLÉ. (_Recueil du Cosmopolite._)
CULOT DE FROMAGE (Le). Ce qui reste au fond des vagins qu’on n’a pas
le soin de les bien récurer lorsqu’ils ont servi à faire la cuisine de
l’homme.
_Malgré l’culot de fromage
Qu’on est sûr d’y rencontrer,
Ma gueul’ ne f’ra pas naufrage
Si mon nez n’ vient à sombrer._
(_Parnasse satyrique._)
CULTE DE SAPHO (Le). _Lesbicus amor._ L’amour d’une femme pour une
autre femme, à l’exemple de celui dont était possédée l’amante méprisée
de Phaon.
_L’Opéra dit tout haut
Que St....., la prima-donne,
Avec fureur s’adonne
Au culte de Sapho._
JOACHIM DUFLOT.
CUL TERREUX. Paysanne, qui ignore l’usage de la cuvette, et qui a
autant de crasse au vagin qu’aux mains.
CUVETTE. Vase qui joue un grand rôle dans la vie des filles d’amour;
elles y touchent aussi souvent qu’aux pines de leurs contemporains. Un
homme est monté; pendant qu’il redescend, la cuvette se remplit d’eau,
avec quelques gouttes de vinaigre de Rully, et la main travaille à
déterger l’intérieur de la petite caverne dans laquelle il vient de
faire ses nécessités spermatiques. Si Paris pouvait se taire, de six
heures du soir à minuit, on entendrait un bruit formidable de cuvettes,
jouant toutes le même air, une sorte de _ranz des vaches_ plein de
mélancolie, car il paraît que cela n’est pas amusant de se laver ainsi
trente fois par soirée.
CYCLOPE. L’outil qui n’a qu’un œil, ou plutôt l’ouvrier qui forge les
enfants:—Le vit.
_Chez la Constant, Berthe aux merveilleux charmes,
Beau travail et fermes appas,
De mon Cyclope a fait couler les larmes
Bien souvent, hélas!..._
P. SAUNIÈRE.
D
DAIM. Le monsieur qui paie les filles pour être trompé par elles avec
leurs amants de cœur; le mâle naturel de la _biche_.
Des daims! J’ôte jamais mes frusques, moi.
LEMERCIER DE NEUVILLE.
DAME AUX CAMÉLIAS. Femme entretenue, qui joue quelquefois à la ville
le rôle de _Marguerite Gautier_ (Marie Duplessis) avec un coiffeur de
son quartier, qu’elle aime ou fait semblant d’aimer, dans un accès de
vertu—heureusement très court.
Quand la lorette arrive à la prospérité, elle change de nom et
s’appelle _Dame aux Camélias_.
EDMOND TEXIER.
DAMES (Ces). On appelle ainsi un groupe de femmes, célibataires ou non,
qui vivent, travaillent ou se divertissent ensemble:
_Ces dames_ du corps de ballet, _ces dames_ du théâtre, _ces
dames_ les étudiantes, _ces dames_ du Casino, de Mabille, etc.,
etc.—En famille, le fils sortant avec sa mère et ses sœurs dit:
Je vais au théâtre avec _ces dames_.—Dans les ateliers de femmes,
chez les couturières, les modistes, les lingères, etc., on dit
_mesdemoiselles_... _ces demoiselles_.—Au bordel, on dit: «Toutes
_ces dames_ au salon!»—_Être dame_ est le rêve que caresse toute
jeune fille sage qui désire sa liberté.
DANSE (La) À PLAT, LA BASSE DANSE, LA DANSE DU LOUP. L’acte vénérien,
pendant lequel les deux acteurs se trémoussent en cadence, coups de
cul de ci, coups de queue de là,—ce qui les échauffe bien plus que
n’importe quelle varsoviana.
_L’époux remonte, et Guillot recommence.
Pour cette fois, le mari vit la danse
Sans se fâcher._
LA FONTAINE.
Il lui enseigna la danse du loup, la queue entre les jambes.
(_Moyen de parvenir._)
Je crois que tu ne te ferais point prier de danser le branle de
un dedans et deux dehors.
TOURNEBU.
La danse est pour les jeunes filles ce qu’est la classe pour les
adolescents, une école protectrice de la sagesse, un préservatif
des passions naissantes. Le célèbre Locke recommande expressément
d’enseigner aux enfants à danser dès qu’ils sont en état de
l’apprendre. La danse porte en soi une qualité éminemment
réfrigérante, et, sur tout le globe, les tempêtes du cœur
attendent, pour éclater, le repos des jambes.
LEMONTEY.
A quinze ans, la danse est un plaisir, à vingt-cinq ans un
prétexte, à quarante ans une fatigue.
AD. RICARD.
DARD. Le membre viril—avec lequel on pique les femmes, qui aiment
toutes à être ainsi piquées.
_... Il devient dard avec le pioupiou._
LOUIS PROTAT.
_Ce brutal, ce Maure arrogant,
Dans son amoureuse-tempête,
S’élance au cul, le dard en main._
B. DE MAURICE.
DÉBALLAGE. Le déshabillé des femmes. Telle qui, sur le boulevard, avec
sa crinoline et les tromperies ouatées de son corsage, a un aspect très
appétissant, n’a plus, une fois nue, que des séductions de manche à
balai.
Faut voir ça au déballage... y a p’t-être plus d’ réjouissance
que d’ viande là-dessous.
LEMERCIER DE NEUVILLE.
DÉBANDER. Sentir son membre devenir mou, de dur qu’il était auparavant,
soit parce qu’on a tiré un coup et qu’on est fatigué, soit parce qu’on
ne se sent pas inspiré.
Tu ne me serres pas le vit comme tantôt... je sens que je
débande.
LA POPELINIÈRE.
DÉBAUCHER UNE FILLE. Lui prendre son pucelage et lui donner le goût de
la pine—qu’elle ne perdra plus désormais qu’en perdant le goût du pain.
DÉCALOTTER. Découvrir le prépuce qui recouvre le gland du phallus,
soit en bandant trop fort, soit en jouant avec, pour examiner son état
sanitaire.—J’aime cette habitude de politesse du membre viril, ôtant
respectueusement sa calotte devant la femme—quelle qu’elle soit. Il est
vrai qu’en l’ôtant ainsi sans précaution, il s’expose à s’enrhumer—et à
couler: mais il a été poli, mais il a été galant, l’honneur est sauf.
_Un vit, sur la place Vendôme,
Gamahuché par l’aquilon,
Décalotte son large dôme
Ayant pour gland... Napoléon!_
(_Parnasse satyrique._)
DÉCHARGE. Éjaculation.
Il faut que la femme, dans le point de la décharge, si elle veut
que le coup porte, tienne les fesses serrées l’une contre l’autre
et ne se remue en façon quelconque que tout ne soit fait et
achevé!
MILILOT.
_L’éclair brille, Jupiter tonne,
Son vit n’en est point démonté;
Contre le ciel sa tête altière
Au bout d’une courte carrière,
Décharge avec tranquillité._
PIRON.
Ah! tu ne t’en iras pas que je n’aie déchargé.
LA POPELINIÈRE.
_Les capotes mélancoliques
Qui pendent chez le gros Millan,
S’enflent d’elles-mêmes, lubriques,
Et déchargent en se gonflant._
(_Parnasse satyrique._)
DÉCONNER. Sortir du con de la femme, soit parce qu’on a fini, soit
parce qu’elle remue trop les fesses. Il y a des gens qui peuvent, comme
l’Ascylte de Pétrone, rester deux jours sur une femme. Heureux Ascylte!
Plus heureuse femme!
Ah! me voilà déconné!
LA POPELINIÈRE.
_Le vit alors, bien convaincu
Qu’on ne peut voir un con vaincu,
Renonce à la victoire:
Il déconne et s’adresse au cu._
(_Chanson anonyme moderne._)
_Avec cet outil-là, je puis, sans me gêner,
Fournir mes douze coups, dont six sans déconner._
PIRON.
DÉCOUCHER. Aller passer la nuit au bordel quand on est homme, hors du
bordel quand on est fille.
Excusez-moi, mais, fidèle à mes devoirs de mari, je n’ai jamais
découché et ne découcherai jamais.
LIREUX.
DÉCROTTER UNE FEMME. La brosser vigoureusement avec son vit, de
façon à lui désobstruer le con, si par hasard il était embarrassé et
embroussaillé de restants de sperme ou de sang menstruel.
_Il me répond: Ne te fâche, Babeau,
Avant partir tu seras décrottée._
(_Recueil de poésies françaises._)
DÉDALE. La nature de la femme, où le membre viril s’égare souvent,
lorsqu’elle est trop large ou qu’il est trop petit,—bien qu’il ait la
main d’Ariane pour le conduire au bonheur.
_Ce beau dédale qu’il contemple
Avec des yeux étincelants,
Fait naître et couler dans ses sens
Une ardeur qui n’a point d’exemple._
GRÉCOURT.
DÉDUIT. L’acte amoureux,—du verbe latin _deducere_, tirer, faire
sortir, c’est-à-dire, en vieux français, se divertir en tirant—un coup.
_Qu’il ne manquait ou de jour, ou de nuit,
Sous prétexte de voir son ingrate maîtresse,
De faire naître avec adresse
Un rendez-vous pour l’amoureux déduit._
LA FONTAINE.
_L’homme noir, friand du déduit,
De dire: l’aventure est bonne._
GRÉCOURT.
_Il est minuit,
C’est l’instant du mystère,
Il nous invite à l’amoureux déduit._
ÉMILE DEBRAUX.
DÉFLORER UNE FILLE. Lui enlever son pucelage,—une rose diablement
épineuse.
_Si fut-il admiré pour masle très-puissant
D’en avoir une nuit défloré demi-cent._
J. DE SCHÉLANDRE.
DÉGELER SON MEMBRE. L’introduire à moitié roide dans le vagin d’une
femme dont la chaleur le force à grossir et à brûler lui-même.
_Un jour d’hiver Collas tout éperdu
Vint à Catin présenter sa requête
Pour dégeler son chose morfondu._
CL. MAROT.
DEMI-CASTOR. Femme de moyenne vertu.
Deux de ces filles qu’on appelle dans le monde demi-castors,
se trouvèrent, par hasard, assises près de moi l’autre jour au
jardin des Tuileries.
(_Correspondance secrète._)
DEMI-VERTU. Femme qui n’est pas encore fille.
_Et ces d’mi-vertus à panache,
Tendres à cent écus par mois._
E. DEBRAUX.
DEMOISELLE. Fille, dirait le portier de Prud’homme—qui est encore
garçon,—parce qu’elle n’est pas mariée.—Se dit aussi pour _pucelle_.
_Par hasard la trouvant d’moiselle,
A son pèr’ je d’mandai la belle._
E. DEBRAUX.
DEMOISELLE DES TUILERIES. Vieille fille en quête d’un mari.