de la Comédie françoise établie, depuis 1688, rue des
Fossés-Saint-Germain. (_Hist. amour. des Gaules_, t. III, 435.)
C’est à sa porte que mourut subitement, en 1701, le gros
comédien-auteur Champmeslé. _L’Alliance_ est citée, pour les
débauches qui s’y faisoient, dans plusieurs pièces du théâtre
italien: _la Cause des femmes_, _Pasquin et Marforio_, _les
Aventures des Champs-Elysées_, où Forel est nommé.
[14] Les cabarets y étoient déjà nombreux sous Louis XIII. Saint-Amand
l’appelle «un cimetière»
Fait pour enterrer les ennuis.
Il y a plusieurs autres Marchands renommez pour les fins Vins et pour la
belle Viande, par exemple, Messieurs Lamy aux trois Cuilleres rue aux
Ours[15], Loisel aux bons Enfans[16] près le Palais Royal, Fitte au
grand Loüis rue Bailleul[17], Berthelot à la Conférence rue Gémis
Laurent, du Monchel au Soleil d’or rue saint André, du Test à la Corne
rue Galande, de Sercy à la petite Galere rue de Seine[18], etc.
[15] Celui-ci étoit en telle vogue, qu’il avoit fini par dédaigner le
nom de cabaretier, pour prendre celui de traiteur, que tous les
autres, cela va de soi, prirent aussitôt comme lui, même ceux des
guinguettes. «COLOMBINE, _déguisée en chevalier_. Quand vous
donnerai-je à souper chez Lamy?--ISABELLE. Vous perdez le respect,
chevalier, une fille de ma qualité au cabaret!--COLOMBINE. Oh! s’il
vous plaît, Lamy n’est pas un cabaret, c’est un traiteur de
conséquence...» _Le Banqueroutier_ (1687), théâtre de Ghérardi, t.
I, p. 390. Il est nommé dans le prologue du _Grondeur_ (1691).
[16] Il avoit pris pour enseigne le nom même de sa rue, qui alloit, du
reste, fort bien à un cabaret.
[17] Fitte, qui est aussi nommé deux fois dans _Turcaret_, comme
l’homme des meilleurs repas, a eu l’honneur d’être cité par
Chaulieu, en 1704, dans son épître au chevalier de Bouillon:
Chevalier, reçois ces vers
D’une muse libertine.
Qu’ils aillent sous ton nom de _popine_ en _popine_
Apprendre à tout l’univers
Que _Fite_ et La Morilliére,
Pour n’avoir point de Césars,
Ont pourtant sous leur bannière
Leur héros, ainsi que Mars.
[18] C’est chez lui que Saint-Amand étoit mort le 29 décembre 1661,
après une maladie de deux jours: «Son ami, l’illustre abbé de
Villeloin, si connu dans la République des Lettres, dit Fr. Colletet
dans _l’Abrégé des Annales de Paris_, 1664, in-12, p. 439, l’assista
en ce dernier moment et luy rendit ce dernier devoir de son amitié
qu’il luy avoit juré depuis tant d’années.»
Il y a d’ailleurs en différens quartiers de la Ville et du Fauxbourg des
Traiteurs et Marchands de Vins qui font nopces ou qui tiennent de grands
Cabarets, et où il se fait de gros Ecots, par exemple, Mrs Clossier à la
Gerbe d’or rue Gervais Laurent, Blanne à la Galere rue de la Savaterie,
Bedoré au petit Panier rue Tirechape[19], Robert près les Consuls[20],
Aubrin à la Croix Blanche rue de Bercy[21], Martin aux Torches cimetiere
saint Jean[22], Guérin à la Folie rue de la Poterie, Payen au petit
Panier rue des Noyers, Cheret à la Cornemeuse rue des Prouvaires[23].
[19] L’édit. de 1691, p. 28, le loge «rue Troussevache.»
[20] «Au cloître Saint-Méderic, chez Robert.» _Id._
[21] Un autre cabaret de «la Croix blanche», étoit rue aux Ours. Edit.
de 1691, p. 28.--Chapelle fréquentoit celui de la rue de Bercy, au
Marais. Il avoit deux entrées, l’une sur cette rue, l’autre sur une
rue parallèle, qui en avoit pris le nom de rue de la Croix-Blanche.
Elles étoient toutes deux fort étroites, et il a suffi, en 1850,
d’enlever l’îlot de maisons qui les séparoient, pour n’avoir qu’une
seule rue de largeur réglementaire.
[22] Ce cabaret est déjà nommé comme un des fameux dans les _Visions
admirables du Pelerin du Parnasse_. 1635, in-12.
[23] Il est cité dans la pièce _Les Souffleurs_, acte I, sc. XI. Les
auteurs y alloient beaucoup. (_V._ notre Notice sur
Regnard.)--Dancourt qui, on le sait, par une anecdote connue, se
consoloit chez Chéret de la chute de ses pièces, l’a nommé, dans sa
comédie, _Madame Artus_. Acte I, sc. XI.--Chéret fit fortune. Son
fils devint procureur au Parlement, et ce sont ses petites-filles,
Mlles Chéret, très-ardentes jansénistes, qui, en 1758, pour tenir
tête au curé de Saint-Séverin, créèrent une sorte de petite église
qu’elles opposèrent à la sienne. (_Journal_ de Barbier, édit. in-18,
t. VII, p. 81 et 377.)
On peut aussi boire et manger proprement et agréablement au Loüis près
le Jeu de Metz[24], à la porte S. Germain rue des Cordeliers, à la Reine
de Suède rue de Seine, aux Carneaux rue des Déchargeurs, à la petite
Bastile rue Betizy[25], au petit Pere noir rue de la Bucherie[26], aux
trois Chapelets rue saint André, à la Galère rue saint Thomas du
Louvre[27], au Soleil des Perdreaux[28] rue des Petits Champs, au Panier
fleuri rue du Crucifix saint Jacques de la Boucherie[29], à la Porte
saint Denis chez Hory, à la Boule blanche, et au Jardinier[30] Fauxbourg
saint Antoine.
[24] Deux autres cabarets avoient cette enseigne du «Louis»; l’un, qui
étoit peut-être celui de Le Gendre, nommé tout-à-l’heure, se
trouvoit rue des Noyers; l’autre, rue Bourg-l’Abbé.
[25] Il y avoit au port Saint-Paul un autre cabaret de «la petite
Bastille.» Edit. de 1691, p. 28.
[26] On y venoit de tout Paris, pour la beauté de la cabaretière et
l’excellence des vins. C’est pour l’hôtesse que Coulange fit son
couplet:
Si tu veux sans suite et sans bruit, etc.
Dans la farce italienne des _Deux Arlequins_, le vin du cabaret du
_Père Noir_ est chanté, acte I, sc. III:
ARLEQUIN.
Qu’un bon levraut suivi d’un dindon tendre
Soit tantôt sur le soir pour nous deux apprêté
Et prends au _Père Noir_ d’un bon vin velouté
Deux flacons dignes de m’attendre.
[27] C’est le même cabaret de _la Galère_, qui, dans l’édit.
précédente, est indiqué «près le Palais-Royal.»
[28] «Des six perdreaux.» _Id._
[29] Un autre «Panier fleury» est indiqué rue Tirechappe, dans l’édit.
précédente. Il donna son nom à un passage, qui alloit de cette rue à
celle des Bourdonnois. Rousseau et Diderot dînoient souvent en
pick-nik, au cabaret du _Panier fleury_, dans les premiers temps de
leur séjour à Paris. (V. _les Confessions_, 2e part., liv. VII.)
[30] «Au Jardinet.» _Id._
Les Marchands de Vins qui vendent quelquefois en gros et qui debitent
beaucoup au pot[31] et en bouteilles, sont entr’autres, Messieurs
Mariette, au carrefour saint Benoist, de la Cour rue du Crucifix saint
Jacques de la Boucherie, Bernard devant le Pont Neuf, Saulsay rue des
Poulies, Rougeault près l’aport de Paris, Bricet Butte saint Roch,
Haumont et Berthelot rue des Boucheries saint Germain, des Hottes rue de
la Fromagerie, Darlu, Hardouin et Joly près le Palais Royal.
[31] Les bourgeois faisoient vendre la plupart «à pot» ou «au pot»,
chez ces marchands de vin, le produit de leurs vendanges: «M.
BERNARD. Ne vaut-il pas autant vendre mon vin à la campagne que de
le faire vendre à _pot_ dans Paris, comme la plupart de mes
confrères.» Dancourt, _la Maison de campagne_, scène XXXII.
Le même M. Joly donne fort bien à manger à trente sols par tête[32].
[32] L’édition de 1691, p. 28, cite encore quelques autres cabarets:
«_Au petit Paris_, rue de la Verrerie; _à la petite Epousée_, rue
Saint-Jean en Grêve; chez Tessier, au coin Saint-Paul; _au Cormier_,
rue des Fossez-Saint-Germain; _à la Vallée Tissart_, rue Vaugirard;
_au Milieu du Monde_, à la Grenouillère, où demeure Lognon, renommé
pour les matelottes; _à la Chasse Royale_, près la porte
Saint-Louis; _aux Bâtons royaux_, rue Saint-Honoré.» Les _Bâtons
royaux_ se trouvoient près de Saint-Roch, dont les marguilliers y
alloient faire bombance. (_V._ notre _Histoire de la Butte_, p. 52.)
HOSTELS GARNIS ET TABLES D’AUBERGES.
Il y a des Appartemens magnifiquement garnis pour les grands Seigneurs à
l’Hotel de la Reine Marguerite rue de Seine[1], et à l’Hotel de Bouillon
quay des Théatins.
[1] Liger, dans son _Voyageur fidèle_, p. 325, le met aussi au nombre
des hôtels garnis renommés. Il existe encore au nº 6 de la rue de
Seine. C’est un pavillon détaché du magnifique hôtel que la première
femme d’Henri IV s’étoit fait construire, et dont les jardins, qui
s’étendoient jusqu’à la rue des Saints-Pères, ne survivent plus que
par un jardinet planté de quelques arbres, où l’on descend, comme
sous Henri IV, par un double perron. La façade du pavillon est
restée ce qu’elle étoit. On s’est contenté de l’exhausser d’un
étage, mais du même style, au-dessus duquel on a reconstruit les
anciennes mansardes. Le conseiller d’Etat Gilbert des Voisins
l’habitoit au XVIIIe siècle, et les Mirabeau, dont les boiseries
intérieures conservent encore le chiffre, y étoient venus après lui.
Il y a encore plusieurs autres Hotels meublez en differens quartiers,
par exemple, le grand Duc de Bourgogne rue des petits Augustins, l’Hotel
d’Escosse rue des saints Pères, l’Hotel de Taranne, l’Hotel de Savoye,
et l’Hotel d’Alby rue de Charonne, l’Hotel de l’Isle, l’Hotel de
Baviere, l’Hotel de France, et la Ville de Montpellier rue de Seine,
l’Hotel de Venise, et l’Hotel de Marseille rue saint Benoist, l’Hotel de
Vitry, l’Hotel de Bourbon, l’Hotel de France, et l’Hotel de Navarre rue
des grands Augustins[2], la Ville de Rome rue des Marmouzets, l’Hotel de
Perpignan rue du Haut Moulin, l’Hotel de Tours rue du Jardinier[3],
l’Hotel de Beauvais rue Dauphine, l’Hotel d’Orléans rue Mazarine,
l’Hotel du saint Esprit rue de Guenegaud, l’Hotel de saint Agnan rue
saint André, l’Hotel d’Hollande[4], l’Hotel de Beziers, l’Hotel de
Brandebourg, l’Hotel de saint Paul et le grand Hotel de Luyne rue du
Colombier.
[2] On peut remarquer que beaucoup de ces hôtels étoient dans le
faubourg Saint-Germain. Les étrangers le préféroient, et les hôtels
garnis s’y étoient multipliés en conséquence: «depuis que la paix
étoit faite, lit-on dans les _Annales de la Cour et de la Ville_,
pour les années 1697-1698, t. II, p. 135, il y avoit eu dans Paris
un si grand abord d’étrangers, que l’on en comptoit quinze à seize
mille dans le faubourg Saint-Germain seulement... Le nombre s’accrut
encore bientôt de plus de la moitié, en sorte que, au commencement
de l’année suivante, on trouva qu’il y en avoit trente-six mille
dans ce seul faubourg.»
[3] Lisez rue du Jardinet. Cet hôtel, que Liger place avec plus de
raison rue du Paon, où il en subsista des restes jusqu’aux dernières
démolitions, devoit son nom aux archevêques de Tours, dont il avoit
été longtemps la propriété. Vauvenargues y descendoit pendant ses
congés de semestre. Les lettres que lui écrivit Voltaire portent
cette adresse.
[4] C’est un des hôtels que, dans _la Comtesse d’Escarbagnas_, scène
XI, Julie, voulant se moquer de la ridicule provinciale, lui nomme
comme autant d’hôtels de grands seigneurs: «On sait bien mieux,
dit-elle, vivre à Paris dans ces hôtels, dont la mémoire doit être
si chère: cet hôtel de Mouhy, Madame, cet hôtel de Lyon, cet hôtel
d’Hollande. Les agréables demeures que voilà!»
On mange à table d’Auberge[5] dans presque toutes les maisons garnies
cy-devant designées à vingt, à trente ou à quarante sols par repas[6]:
mais l’Auteur ignore encore sur quel pied elles sont reglées chacune en
particulier[7], en attendant sur cela un plus grand eclaircissement, les
Provinciaux peuvent s’assurer qu’on loge et qu’on mange d’ailleurs dans
les Hotels et Auberges ci-après aux differens prix qui seront marquez,
par exemple:
[5] C’étoit encore le mot le plus en usage. Gourville dans ses
_Mémoires_, 1re édit., t. I, p. 306, dit toutefois déjà «Table
d’hôte», de même que les deux Hollandois qui vinrent à Paris en
1657, et dont M. Faugère a publié le curieux _Journal de Voyage_. V.
p. 191. Nous lisons aussi dans une pièce de Dancourt: «M. BERNARD. A
_table d’hôte_, je vous entends, tant par tête.» _La maison de
campagne_, 1688, scène XXX. En somme, c’est, je crois, suivant
l’importance des hôtels et des prix qu’on disoit _table d’hôte_ ou
_table d’auberge_.
[6] Même les plus chères de ces tables d’hôte ou d’auberge n’étoient
pas pour les délicats, qui ne vouloient que des cabarets «à gros
écots», sans prix fixe. Dans _les Côteaux_ ou _les Marquis friands_,
qui furent joués à l’hôtel de Bourgogne, en 1665, Clidamant et
Oronte, deux de ces gourmets, s’en expliquent nettement scène XI:
ORONTE.
Les repas de grand prix sont bien plus agréables
Et la cherté des mets les rend plus délectables.
VALÈRE.
A ce plaisant discours, que réponds-tu, Marquis?
CLIDAMANT.
Que je ne veux jamais disner à juste prix.
LÉANDRE.
Voilà d’un vrai Marquis le parfait caractère.
[7] Selon Liger, p. 326, «ces prix fixes» ne l’étoient pas toujours.
Ils varioient selon que la cherté des vivres étoit plus ou moins
grande.
A quarante sols par repas à l’Hotel de Mantouë rue Mouton[8], à l’Hotel
de l’Isle de France rue de Guénégaud, etc.
[8] Dans l’édit. précédente, p. 28, se trouve une autre adresse, qui
est la vraie, et un plus long détail: «le sieur de La Motte, à
l’hôtel de Mantouë, rue Montmartre, tient une fort bonne table à
quarante sols par repas, et fournit même une seconde table aux
intervenants.»
A trente[9] au petit Hotel de Luyne rue Gît le Cœur, à la Galere rue
Zacharie, aux Bœufs et aux trois Chandeliers rue de la Huchette, etc.
[9] «Rue Saint-André, à l’hôtel de Chateau-Vieux.» Edit. 1691, p. 29.
A vingt à l’Hotel d’Anjou rue Dauphine, au petit S. Jean[10] rue Gît le
Cœur, au Coq hardi rue saint André[11], à la Croix de fer rue saint
Denis[12], au Pressoir d’or et à l’Hotel de Bruxelle rue saint
Martin[13], à la Croix d’or rue du Poirier, à la Toison rue Beaubourg,
etc.
[10] «Et au grand hôtel de Luynes.» _Id._
[11] «Le sieur Vilain, rue des Lavandières, près la place Maubert, à
la Galère.» _Id._--Il a, p. 63, un petit article supplémentaire: «le
sieur Vilain, marchand de vin, aussi renommé pour ses bons apprêts,
demeure rue des Lavandières, à l’entrée de la place Maubert, à la
Galère.»
[12] Ajoutons près de Saint-Leu. Il y a, sur un dîner à ce cabaret, un
curieux sonnet de François Colletet, qui se termine par ce vers,
bien digne d’un pauvre poëte, depuis longtemps à jeun:
Moi, je mange aux repas, et bois sans dire mot.
Un autre hôtel de _la Croix de fer_ se trouvoit rue de la Harpe,
adossé aux ruines des Thermes. Marmontel y logea en arrivant
d’Auvergne à Paris.
[13] Conrart, chez qui se réunit d’abord la Société littéraire, où se
recrutèrent les premiers membres de l’Académie françoise, logeoit
près de cette auberge de la rue Saint-Martin. (Marcou, _Pellisson_,
p. 80.) Plus d’une séance de la nouvelle Académie dut s’y terminer.
Suivant Vigneul-Marville, en effet, on ne se séparoit pas sans avoir
fait légèrement ripaille.
A quinze à la Ville de Bourdeaux et à l’Hotel de Mouy rue Dauphine, à
l’Hotel couronné rue de Savoye, au petit Trianon rue Tictonne, à la
ville de Stokolm rue de Bussy, à la belle Image rue du petit
Bourbon[14], au Dauphin rue Maubuée, etc.
[14] «Rue de la Rose, à la Samaritaine.» Edit. 1691, p. 29.
A dix sols[15] au Heaume rue du Foin, au Paon rue Bourlabé, au Gaillard
bois rue de l’Echelle, au gros Chapelet rue des Cordiers[16].
[15] Boileau, _satire X_, vers 673-676, nous dit à peu près ce
qu’étoient ces auberges:
T’ai-je encore décrit la dame brelandière
Qui de joueurs chez soi se fait cabaretière,
Et souffre des affronts que ne souffriroit pas
L’Hôtesse d’une auberge à dix sous par repas.
[16] «Et à l’hôtel Notre-Dame, rue du Colombier.» Edit. de 1691, p.
29.
Il y a d’ailleurs quelques Auberges où il y a trois tables différentes,
à quinze, à vingt et à trente sols par repas, par exemple, à la Couronne
d’or rue saint Antoine[17], au petit Bourbon sur le quay des Ormes, et à
l’Hôtel de Picardie rue saint Honoré[18].
[17] Cette auberge, très-agrandie, subsista jusqu’aux démolitions pour
la prolongation de la rue de Rivoli. C’est de là que partoient les
gondoles de Versailles.
[18] Un autre hôtel plus célèbre de cette rue étoit «l’hôtel
Saint-Quentin», où descendit Leibnitz, lorsqu’il vint à Paris, et où
logea Jean-Jacques Rousseau, dont il prit et a gardé le nom. (_V._
nos _Enigmes des rues de Paris_.) L’abbé de Marolles, dans ses
_Mémoires_, 1755, in-12, t. I, p. 75, a parlé de ces intéressants et
sérieux hôtels du quartier des Grès--la rue des Cordiers en fait
partie--où se rencontroient théologiens et poëtes.
Les gens qui ne peuvent faire qu’une très mediocre dépense, trouvent
d’ailleurs dans tous les quartiers de Paris de petites Auberges où on a
de la soupe, de la viande, du pain et de la biere à suffisance pour cinq
sols[19].
[19] Liger, p. 327, employant un mot que Saint-Simon emploie aussi
d’ailleurs, appelle franchement ces «petites auberges» _gargotes_,
«où l’on vit, dit-il, à la portion, à si petit prix que l’on veut.»
On avoit eu aussi déjà l’idée d’une sorte de grande marmite
économique, pour des soupes, au meilleur marché possible. _V._
Helvétius, _Traité des Maladies_, chap. _Bouillon pour les
pauvres_.--Dans les auberges à cinq sous le dîner, on logeoit,
suivant d’Argenson, à un sou la nuit. Marivaux ne donne pas d’autre
gîte à son _Paysan parvenu_ arrivant à Paris: «Je me mis, lui
fait-il dire avec sa préciosité ordinaire, dans une de ces petites
auberges à qui le mépris de la pauvreté a fait donner le nom de
gargote.»
FIN DU TOME Ier.
TABLE
DES ARTICLES
DU
LIVRE DES ADRESSES DE PARIS.[1]
[1] Nous donnerons à la fin du volume la table alphabétique de
l’édition de 1691.
Tome I.
Affaires Ecclésiastiques 15
Exercices de piété 21
Finances Royales 26
Trésoriers Payeurs des Gages et Rentes 40
Conseils du Roy et Chancellerie 46
Secretaires du Roy 54
Scéances des Tribunaux 78
Vacations des Tribunaux 86
Docteurs et Licentiez en Droit 87
Secretaires et Greffiers du Conseil, des Cours Souveraines
et des Juridictions Subalternes 93
Contraintes Judiciaires 100
Bureaux Publics 106
Administration des Hospitaux 112
Banquiers 117
Academies et Conferences publiques 120
Biblioteques particulières et publiques 129
Collèges et Leçons publiques 138
Mathematiques 146
Medecine ordinaire 150
Medecine empirique 156
Opérations chirurgicales 157
Matières Médecinales simples et composées 164
Pension pour les Malades 178
Bains et Etuves 182
Impressions et Commerce de Librairie 185
Musique 204
Fameux Curieux des Ouvrages magnifiques 216
Dames Curieuses 231
Commerce de Curiositez et de Bijouteries 236
Commerce des Ouvrages d’Or, d’Argent, de Pierreries, etc. 244
Premieres Instructions de la Jeunesse 248
Nobles Exercices pour la belle education 253
Armes et Bagages de Guerre et de Chasse 261
Chevaux et Equipages 264
Passetemps et Menus Plaisirs 269
Jardinages 275
Tapisseries et Meubles ordinaires 283
Chair et Poisson 289
Marchandises de Beurre, Œufs, Fromages et Legumes 296
Offices de fruiteries 300
Panneterie et Patisserie 304
Marchandises de Vins et d’Aprests 309
Hostels garnis et Tables d’Auberges 316
TABLE ALPHABÉTIQUE
DES PRINCIPALES
MATIÈRES CONTENUES EN CET OUVRAGE[1]
[1] Afin de continuer à reproduire aussi exactement que possible le
livre de Blegny, nous nous sommes conformé pour cette table, comme
disposition, texte et orthographe, à celle qu’il a donnée dans sa
première édition et qui--nous ignorons pourquoi--ne se retrouve pas
dans la seconde. Nous nous sommes contenté d’y faire les additions
nécessaires.
A.
Abrégé de la science des temps, II, 205.
Académies, I, 120.
Académie de découvertes, I, xlv, xlix, 9.
Académie Françoise (Listes de 1676 et 1705), II, 275, 289.
Accouchements, I, 159 et II, 69.
Adresses casuelles de la ville de Paris, I, xlij.
Affaires ecclésiastiques, I, 15.
Adresses recouvertes après l’impression, II, 68.
Adresses diverses, II, 73.
Adresses (autres) nouvellement recouvertes, II, 177.
Affiches, I, vj, xxxij, xxxiv; II, 345, 357.
Affiches (petites), I, 10.
Afficheurs, II, 75.
Agneaux, I, 292.
Aiguilles, II, 24.
Alimens, I, 289.
Almanachs, I, 193; II, 190.
Almanach spirituel, I, 26.
Amirauté, I, 70.
Andouilles, I, 293-294.
Anchois, I, 302-303.
Animaux, I, 289. (Chair et poisson.)
Apoticaires, II, 69.
Architecture et Maçonnerie, II, 102.
Arcs de carosses, I, 47, 267.
Ardoises, II, 118.
Argenteurs, I, 287.
Armes et Bagages de guerre et de chasse, I, 261.
Armoires, II, 344.
Asnes, I, 264.
Auberges (tables d’Auberges) et Hostels garnis, I, 316.
Avis du Bureau d’adresse (Liste des), II, 302.
Avis généraux, II, 341.
Avis du journal général de France (Liste des), II, 373.
B.
Bailliage du Palais, I, 77.
-- du Temple, I, 86.
-- de Saint-Jean de Latran, I, 86.
Bains et Etuves, I, 182.
Balliveaux, II, 122.
Bandages, I, 13.
Banquiers, I, 117.
Banquiers expéditionnaires en cour de Rome, I, 18 et II, 68.
Baromètres, I, 242.
Bas, II, 30.
Bateaux (gardes), I, 111.
Bateurs d’or, II, 46.
Bâtimens du Roy, II, 87.
Bénéfices et Bénéficiers, I, 19.
Bêtes azines, I, 264.
Beurre (Marchandises de), œufs, fromages et légumes, I, 296.
Bible polyglotte, II, 319.
Bibliothèques, I, 129.
Bijouteries, I, 237.
Bijouterie de cire, II, 68.
Billards, I, 274.
Biscuits, I, 301.
Boëtes d’Allemagne, II, 23.
Bœufs, I, 291.
Bois de taillis à vendre, II, 338.
Bonneterie (Ouvrage et Commerce de), II, 28.
Bonnets carrés, II, 75.
Bottes, II, 65.
Bouchons de liège, II, 7.
Boucles d’oreilles, II, 317.
Boulangers, I, 306.
Boules à jouer, I, 274.
Bois à brûler, II, 8.
-- à bâtir.
Boudin blanc, I, 294.
Bouquetières, I, 165.
Bouteilles de poche, II, 42.
Brefs et Bréviaires, I, 192.
Bureau d’Adresses (Listes générales du), II, 332-346, 356, 364.
Bureau des Indes Orientales et Occidentales, I, 108-109.
Bureau d’adresses ou de rencontre, I, xx, xxiv et II, 302.
Bureau des Merciers, II, 18.
Bureaux publics, I, 106.
Buscs et bois d’Evantails, II, 24.
C.