13 juin 1915.

L’aigle ravisseur, brun pâle mordoré: les jambes emplumées, le bec noir,

l’œil fulgurant. Il est dans une cage d’un mètre cinquante carrés; un

unique bâton comme perchoir. Il s’y démène, bat des ailes furieusement;

il regarde, désespéré, autour de lui, cherchant une issue ou quelque

chose à quoi s’agripper dans ses efforts pour voler. Il scrute le ciel

bleu, se jette contre les barreaux, s’y ensanglante les épaules et

retombe à terre; après ces efforts inutiles recommencés toute la

journée, il finit par se blottir sur son perchoir, l’œil haineux, les

griffes incrustées autour du bâton.

Ah! cette impuissance devant la force brutale, implacable, qui anéantit

ses efforts, l’avilit, mais ne le terrasse que pour un instant: car il

recommencera tantôt son travail de révolte et de libération, et qui

sait? une barre peut céder... Ah! quelle douleur que celle de l’aigle

ravisseur...

Angelinette · 第 42 / 60 题