L’aigle ravisseur, brun pâle mordoré: les jambes emplumées, le bec noir,
l’œil fulgurant. Il est dans une cage d’un mètre cinquante carrés; un
unique bâton comme perchoir. Il s’y démène, bat des ailes furieusement;
il regarde, désespéré, autour de lui, cherchant une issue ou quelque
chose à quoi s’agripper dans ses efforts pour voler. Il scrute le ciel
bleu, se jette contre les barreaux, s’y ensanglante les épaules et
retombe à terre; après ces efforts inutiles recommencés toute la
journée, il finit par se blottir sur son perchoir, l’œil haineux, les
griffes incrustées autour du bâton.
Ah! cette impuissance devant la force brutale, implacable, qui anéantit
ses efforts, l’avilit, mais ne le terrasse que pour un instant: car il
recommencera tantôt son travail de révolte et de libération, et qui
sait? une barre peut céder... Ah! quelle douleur que celle de l’aigle
ravisseur...