--Des fleurs! dit-il. Ma pauvre Simone, il y a bien longtemps, qu'il
n'en est entré à la maison!... Eh bien, qu'as-tu donc? Tu as l'air
triste.
Elle fixait sur lui son regard tout droit, où il était si facile de
lire.
--C'est que j'ai trouvé le jardin si abandonné! dit-elle. Cela m'a
rappelé...
Le visage du père s'assombrit immédiatement.
--Qu'est-ce que cela t'a rappelé, Simone?
Elle se tut. Il y eut un silence qui la fit rougir.
Et M. L'Héréec reprit, d'un ton de reproche:
--Non, ne remue pas tout cela. Tu n'es pas venue pour me faire de la
peine, n'est-ce pas? Va mettre tes fleurs dans les vases du salon,
mon enfant, va. Moi, je pars à l'usine.
Simone rentra dans la grande maison, un peu déconcertée que son père
n'eût pas mieux répondu à ce rappel de la vie passée. Pour elle,
pardonner, oublier, semblait si facile! Toutes les générosités
convenaient si bien à ce père idéal qu'elle s'était représenté!
Comment celui qu'elle venait de retrouver n'avait-il encore rien dit
qui pût faire espérer? Pourquoi se taisait-il obstinément, dès que la
pensée de madame Corentine s'offrait à lui? Encore, si elle avait pu
lire sur ce visage attristé autre chose qu'une sorte de reproche,
comme si elle réveillait des douleurs stériles! C'était bien cela,
oui, un reproche muet, un effort pour ne pas se plaindre d'un jeu
cruel.
Cette impression découragée ne dura pas. Simone, en disposant ses
gerbes de glaïeuls dans les vases du salon, vit passer Fantic, et
l'appela. Elle lui remit une dépêche pour le grand-père Guen, une
ligne confiante, qui disait, à mots couverts: «J'ai été bien
accueillie, je reste.»
Et elle se sentit plus fortement engagée à suivre la mission de
tendresse filiale qu'elle s'était donnée. Comment s'y prendrait-elle?
Réussirait-elle? Elle ne le savait pas. Une seule chose lui paraissait
résulter clairement de sa toute petite expérience de médiatrice: elle
se promit de ne pas amener volontairement la conversation sur ces
années de deuil qui renfermaient trop de mystères pénibles,
d'attendre, d'être prévenante et bonne, espérant que, derrière elle,
et sans qu'elle la montrât, les yeux du père et de madame Jeanne
finiraient par voir celle qui l'avait formée.
Alors une vie nouvelle commença, pour les habitants du vieil hôtel de
Lannion. Ce ne furent pas seulement des gerbes de fleurs qui
rentrèrent dans les appartements vides, ce fut surtout une gaieté
insinuante, une lueur discrète répandue sur toutes choses, une détente
progressive des habitudes d'agir et de penser introduites par madame
Jeanne.
Les premiers jours, Simone ne sortit pas. Elle attendait, travaillant
à quelque ouvrage de lingerie qu'elle avait demandé à madame Jeanne,
l'heure du déjeuner, puis celle du dîner qui réunissait la grand'mère,
le père et l'enfant. Cette solitude ne lui déplaisait pas. Une douceur
très grande venait à la jeune fille de cette reprise de possession
paisible des lieux qu'elle avait habités. Simone s'en trouvait plus
calme, plus forte, plus gaie aussi, lorsque M. L'Héréec rentrait de
l'usine, fatigué le plus souvent et toujours un peu sombre. Il
s'épanouissait en apercevant sa fille. Elle lui parlait de ce qu'elle
avait vu ou songé, des événements minuscules de la matinée ou de
l'après-midi, l'interrogeait sur Lannion et même sur Tréguier, et le
forçait à oublier ses préoccupations d'affaires. Les repas, pendant
lesquels la mère et le fils échangeaient autrefois de rares paroles,
pour se communiquer des chiffres ou se raconter les histoires
fastidieuses de la petite ville, devinrent des heures de trêve et de
gaieté cordiale. Ils se prolongèrent. M. L'Héréec reprit son ancienne
coutume de revenir de l'usine par le plus court. Le petit canot
traversa le Guer, soir et matin, comme au temps de madame Corentine.
Et les soirées parurent moins longues, à trois, sous les berceaux de
lilas que le soleil encore tiède pénétrait de rayons penchés.
Il arrivait à Simone, sans trop y prendre garde, et par une sorte
d'habitude, de dire en parlant d'elle-même: «Nous avions coutume, nous
faisions, nous aimions...» Elle n'appuyait pas. Mais la pensée de
l'absente s'insinuait entre eux subtilement, prenait, sous cette forme
commune et vague, quelque chose du charme propre de Simone.
L'approbation qu'obtenait la jeune fille remontait un peu jusqu'à la
mère. Et, si mince que fût l'occasion, Simone éprouvait, à chaque
fois, un contentement intime et profond, comme si madame Corentine
avait souri, de loin, pour elle seule.
Madame Jeanne elle-même, très défiante au début, parce qu'elle
redoutait un piège, une complicité secrète entre Simone et son père,
perdait chaque jour de ses préventions. Elle s'était imaginé qu'une
petite fille élevée par sa bru ne pouvait être que futile, intrigante,
préoccupée de toilette et de plaisir. Au lieu de cela, elle découvrait
une enfant sérieuse, adroite dans les travaux de femme qu'elle
estimait très fort, simple de goûts, prompte à s'effacer devant
l'autorité indiscutée de la maison. Ce dernier trait surtout commença
à la faire changer d'attitude. Elle ne renonça pas à la visite
quotidienne qu'elle faisait, chaque matin, à l'usine. Mais,
l'après-midi, elle admit Simone à travailler près d'elle, dans le
salon ou dans la grande chambre brune où se trouvait le portrait de M.
Jobic.
Puis, comme une jeune fille de l'âge de Simone ne pouvait demeurer
recluse à la maison, et qu'on commençait à jaser déjà de ne point la
voir sortir avec sa grand'mère, madame Jeanne l'emmena. Ce fut à
contre-cœur. Les quelques vieilles personnes qu'elle visitait chaque
jour étaient, naturellement, des plus prévenues contre madame
Corentine. Elle se trouvait assez embarrassée d'avoir à leur présenter
Simone, ne pouvant expliquer par quelle suite de circonstances la
jeune fille habitait, en ce moment, l'hôtel L'Héréec. Contre son
attente, ni mesdemoiselles Le Gallic, ni la vieille madame de
Pleumeur, ni M. Quimerc'h, le banquier, un des plus anciens amis de la
famille, ne parurent surpris de voir entrer Simone auprès de madame
Jeanne. Ils la savaient à Lannion. Ils l'attendaient. Et, découvrant
en elle si peu de ressemblance physique avec la mère, ils eurent vite
fait d'oublier le passé déjà lointain, pour ne retenir de la présence
de l'enfant que ce sentiment de curiosité, d'attendrissement mêlé
d'envie, que cause une entrée de jeunesse épanouie dans un milieu
fané. Ils exprimaient leur émotion à voix basse, en reconduisant la
grand'mère:
--Votre petite-fille vous fera honneur, chère amie. Ce doit être une
joie pour ce pauvre Guillaume? L'avez-vous pour longtemps? Ramenez-la,
vous savez, quand vous voudrez.
Le soir, le père demandait:
--Eh bien! que vous a dit aujourd'hui madame de Pleumeur?
Madame Jeanne laissait deviner que l'accueil avait été très bon. Elle
parlait complaisamment du temps qu'il avait fait, des gens rencontrés
et salués dans la rue, prenait sa petite-fille à témoin, avec un air
d'intérêt où l'aïeule déjà transparaissait. Et Guillaume L'Héréec,
fier, au premier moment, de ce que cette petite attirait toutes les
âmes à elle, de ce qu'elle apaisait les rancunes et rendait la vie
aux soirées mortes du vieil hôtel, songeait presque aussitôt: «Ce
n'est qu'en passant, elle partira.»
Cela suffisait pour empêcher le sourire de monter à ses lèvres. Il
était de ceux que le rêve ne quitte jamais tout à fait, et auxquels il
faut, pour jouir du présent, l'illusion de la durée. Avec son habitude
de vivre, par la pensée, toujours un peu en avant, sa disposition à
souffrir des tristesses prévues, ce qu'il apercevait, c'était le
lendemain de ce départ fatal, prochain peut-être, et l'isolement plus
cruel qui suivrait. Avoir entrevu Simone, la perdre, ne pas savoir, en
la perdant, quand il la retrouverait, voilà l'épreuve qui hantait déjà
sa tête songeuse de Breton. Elle l'absorbait au milieu de ses
ouvriers, parfois dans le cours d'une conversation d'affaires; elle le
ressaisissait dès que Simone le quittait un instant, ou lorsqu'il
entendait, le matin, le craquement des vieux planchers dans la chambre
voisine, et une voix qui disait, à travers la cloison:
--Bonjour, père! avez-vous bien dormi?
Certes, la tentation lui venait souvent d'appeler l'enfant, de la
prendre à part, pendant une absence de madame Jeanne, et de lui dire:
«Écoute, je ne puis vivre sans toi, je sens que je ne pourrai pas.
Dis-moi si ta mère consentirait à rentrer, maintenant que, hélas! pour
la deuxième fois, elle a été chassée? Je vois bien que tu cherches à
ramener ton père vers ta mère, mais n'est-ce qu'une inspiration
généreuse d'enfant qui souffre d'être disputée entre nous? Ou bien
sais-tu quelque chose? Es-tu sûre qu'elle voudrait? Dis-moi vite. Et
finissons cette torture trop longue, pour toi et pour moi.»
Et, à chaque fois, il se répondait à lui-même:
«Non, non, elle ne voudrait pas! C'est fini. L'occasion unique est
passée. Ma femme était venue à nous, peut-être forcée par le malheur,
comme le prétend ma mère, par des circonstances que Simone ignore,
évidemment, et qu'elle doit ignorer. Mais enfin j'aurais pu, un
instant, la reprendre à mon foyer. J'ai manqué d'énergie. A présent
nous sommes plus loin l'un de l'autre que jamais. Et puis, la
rappeler, à quoi bon? Quand même elle voudrait revenir, qui me
garantit que la vie ancienne ne reviendrait pas aussi, avec ses
luttes, ses querelles, ses blessures de cœur? Elle a bien élevé notre
enfant, c'est vrai... Mais est-ce là un signe certain qu'elle s'est
assagie? Qui peut me dire si ma Simone ne doit pas ce charme, cette
gravité naïve, cette égalité d'humeur et de tendresse, bien plus à la
bonté de sa nature qu'à l'éducation qu'elle a reçue? Et puis-je, en
honneur, puis-je, de sang-froid, pour ma femme qui ne rendra peut-être
aucun bonheur à ma vie, sacrifier ma mère qui ne voudra pas rester,
elle, qui s'en ira...»
Il se rappelait alors le dévouement constant de madame Jeanne, la
tendresse dont elle l'avait entouré, surtout dans ces dix années
d'épreuve, les dernières, et il concluait: «Il n'y a rien à faire, je
ne troublerai point Simone de pareilles questions. Ce sont des
douleurs stériles que je n'ai pas le droit de lui imposer.»
Et il ne se résolvait à rien. Après la crise où sa volonté s'était un
moment réveillée et fixée, il se retrouvait l'homme faible, timide,
combattu entre des raisons multiples. Il avait peur de ces trois
femmes qu'il aimait, et il se renfermait en lui-même, usant sa force
et sa vie en projets, en luttes muettes, en rêves et en regrets.
Un dimanche, il y avait trois semaines que Simone vivait près de son
père, madame Jeanne et Simone achevaient de déjeuner. Elles étaient
seules. M. L'Héréec était parti le matin pour passer la journée à
Tréguier. Un coup de sonnette étonnamment long et retentissant
s'engouffra dans les corridors ouverts et les escaliers de la maison.
Simone s'avança jusqu'à la porte du jardin, et revint presque
aussitôt, rouge d'émotion.
--C'est mon grand-père Guen, dit-elle, avec...
--Avec qui? demanda madame Jeanne.
--Je crois que c'est mon oncle Sullian. Je ne le connais pas... Ils me
prient de venir.
--Est-ce qu'ils vous emmènent, Simone?
La jeune fille, étonnée, regarda, et vit que madame Jeanne, assise de
l'autre côté de la table, était toute pâle.
--Je ne suppose pas, dit-elle. Et même non, assurément. Ils viennent
me voir.
Madame Jeanne, qui avait une merveilleuse puissance sur elle-même,
reprit son calme habituel, pas assez vite cependant pour que sa
petite-fille n'eût saisi ce mouvement d'angoisse rapide.
--Vous pouvez leur dire, reprit madame Jeanne, qu'ils entrent au
salon, s'il leur plaît. J'en serai même bien aise, car j'ai de
l'estime pour M. Guen... Moi, je me tiendrai dans ma chambre.
Simone courut. Dans l'encadrement de la petite porte extérieure, toute
coiffée de lierre retombant, le grand-père était toujours debout,
parcourant de ses yeux clairs les massifs du jardin coupé d'allées
tournantes. Si pressée qu'elle fût de l'embrasser, Simone s'arrêta un
instant, à deux pas de lui, contente de lui jeter:
--Voulez-vous entrer? Grand'mère vous en prie!
Mais Guen se retira d'un mètre, pour être bien dans la rue, et, quand
il eut embrassé sa petite-fille, à plein cœur:
--Je n'entrerai pas où ma fille n'est pas reçue, dit-il
tranquillement. Ta mère est-elle ici?
L'enfant baissa la tête, et le sourire de ses joues s'effaça.
--Alors, continua Guen, va mettre ton chapeau, et faisons un tour dans
la ville. C'est Sullian qui a voulu te voir...
Il montrait du bras, avec orgueil, un beau grand garçon, au teint vif,
la barbiche divisée en deux petites pointes rousses, et qui se tenait
découvert, à dix pas en arrière, intimidé d'avoir pour nièce une
pareille demoiselle.
Simone aussi fut prise d'un accès de sauvagerie, devant ce marin
qu'elle n'avait jamais vu qu'en photographie, et elle s'enfuit, à
travers le jardin, sans lui dire bonjour.
Mais, dix minutes plus tard, ils causaient tous trois, la petite entre
les deux capitaines, en longeant le quai, sous les ormeaux. Ils
s'étaient tout de suite plu, Simone et Sullian. Leur jeunesse les
rapprochait, et je ne sais quoi de décidé dans l'humeur, une manière
semblable de répondre, à la volée, tout ce qu'ils pensaient.
--Ma foi, ma nièce, nous avons bien failli ne pas nous connaître!
Coulé à pic, figurez-vous, en pleine nuit et par un temps!
--N'en parlez plus, ça me fait mal de me souvenir...
--Mais au contraire! ça donne confiance dans la vie! Voyez le
grand-père, sept naufrages à l'actif.
--Huit, fit Guen humblement, mais deux seulement qui comptent: le
reste avec mon canot, dans les baies.
--C'est égal, père, vous avez de l'avance. Et puis songez, Simone, que
me voilà en congé d'un mois. Je n'en ai jamais eu autant!
--Vous arrivez de Bordeaux?
--Avant-hier. Il a fallu un temps pour les assurances! J'ai cru que
j'en deviendrais fou d'envie de partir.
--Et Marie-Anne? Bien contente, n'est-ce pas?
--Ah! ma petite, interrompit Guen, j'aurais voulu que tu fusses là: ça
faisait pleurer de voir sa joie.
Simone les considérait l'un après l'autre, son grand-père un peu
solennel, droit, comme fier d'être d'une famille où l'on naufrageait
si heureusement, et Sullian penché et tourné vers elle, au contraire,
la figure épanouie par un large sourire qui relevait ses fines
moustaches rousses, et qui disait: «Oui, regardez-moi, petite nièce
Simone, c'est moi le naufragé, moi qu'on a reçu avec des larmes de
joie, moi qui bénis la vie à présent!»
Son visage disait cela si clairement, que Sullian jugea inutile
d'exprimer autrement la joie qu'il avait eue, lui aussi, de retrouver
Marie-Anne. Il laissa passer un moment, et murmura, en tirant sa
barbe:
--Et mon fils dont vous ne parlez pas? Est-il gentil, mon petit
mousse!
Tous trois ils passaient ainsi, causant, l'air heureux, sans se
préoccuper des bourgeois de Lannion. Comme c'était jour de fête, la
plupart des boutiques étaient fermées. Sullian trouva une pâtisserie
ouverte, et il acheta un grand gâteau pour Marie-Anne, un autre pour
Simone, un troisième qu'il enverrait à son père, et des bonbons qu'il
ferait goûter au petit. Il dépensait avec une sorte de rage joyeuse,
riant de jeter son argent sur le comptoir, et de l'écouter sonner. Car
c'était de la vie encore, et la vie l'enivrait, sans qu'il sût trop
pourquoi, lui qui venait de voir la mort.
Au hasard, ils tournèrent dans les rues de la ville, s'arrêtèrent sur
la place du marché, à cause des vieilles maisons qui sont là, vêtues
d'ardoises du haut en bas, comme d'une cotte de maille, et que Simone
trouvait jolies, puis, ne pouvant se résoudre à se quitter encore,
s'en allèrent près de la chapelle de Brélévenez, pour revenir par la
route de Perros jusqu'à l'hôtel des L'Héréec.
Le capitaine Guen avait remis à Simone une lettre de madame Corentine,
donnant des nouvelles de Jersey, mais ne demandant rien au sujet de
M. L'Héréec ou de madame Jeanne. Et telle était la réserve naturelle
du vieux Guen, qu'il fit instinctivement comme sa fille. Il évita
d'interroger l'enfant sur les projets qu'elle faisait, sur les chances
de réussite de cette grande affaire qu'ils avaient complotée tous
deux. Du moment que ses conseils ne pouvaient pas servir, et il le
sentait bien, pourquoi lui parler de cela?
Seulement, comme il la quittait, l'embrassant, auprès de la porte
encore fermée de l'hôtel:
--Ma Simone, dit-il, personne ne t'a manqué, j'espère, dans cette
maison-là?
Vers l'heure du dîner, quand M. L'Héréec revint de Tréguier, il
n'apprit pas sans émotion que M. Guen et Sullian avaient failli entrer
dans la maison de madame Jeanne. Il se fit raconter la promenade à
travers les rues de Lannion, le naufrage de Sullian, le retour à
Perros, et, comme il demandait:
--J'aurais voulu assister à cette scène que tu as vue, quand la
dernière dépêche est arrivée, annonçant le sauvetage...
--Oui, répondit naïvement Simone, quand ma tante Marie-Anne y pensait
seulement, on l'aurait crue en paradis.
Il était dans la destinée de cette petite Marie-Anne, l'humble
Perrosienne, de répandre autour d'elle comme un rêve très doux et très
sain.