«Laybach, 2 février 1810.
«Monsieur le consul général, j'ai l'honneur de vous adresser un projet
de tarif de douanes qui a été rédigé pour les provinces illyriennes. Je
désire que vous en preniez connaissance et que vous consultiez, sans
éclat, les négociants qui vous inspireront le plus de confiance pour
avoir leur opinion sur ce travail. Je désire enfin que vous cherchiez à
reconnaître si l'application des principes que j'ai posés est bien
faite. Ces principes sont:
«1° D'établir à l'entrée des provinces illyriennes des droits assez
forts pour donner le plus de revenu possible et assez faibles pour que
la contrebande offre peu d'avantages. Cette considération est d'une
grande importance, attendu que l'étendue des provinces illyriennes ne
permet pas une parfaite surveillance.
«2° Favoriser d'abord l'industrie des provinces illyriennes, ensuite
celle de la France, puis celle du royaume d'Italie, et enfin celle du
royaume de Naples.
«3° Établir un droit de transit pour les marchandises qui entrent en
Autriche et qui en sortent, dont la consommation ou le départ est
présumé être Vienne, et calculer le prix des marchandises de manière à
ce que les négociants ne trouvent pas avantage à faire prendre une autre
direction à leurs marchandises.
«4° Augmenter ce droit de transit pour les objets manufacturés en
Autriche, en raison du voisinage des provinces illyriennes, et, par
conséquent, de la dépendance où elles sont de nos communications.»