«Paris, 13 janvier 1810.
«Monsieur le maréchal, j'ai soumis à l'Empereur la demande que vous me
faisiez de quinze mille fusils pour armer les régiments de Croates que
vous formez en ce moment, en priant Sa Majesté de me faire connaître
ses intentions à cet égard.
«Sa Majesté me charge de vous mander qu'elle trouve cette demande bien
prématurée et bien hasardée, et qu'elle pense qu'il faut ajourner cet
armement jusqu'à ce que l'on connaisse bien les dispositions des Croates
et que l'on en soit bien sûr. Sa Majesté craint que d'en agir autrement
ce serait peut-être agir avec légèreté, et elle a voulu que son
observation à ce sujet fût communiquée à Votre Excellence.
«Cependant l'Empereur vous autorise, si vous êtes bien assuré que les
Croates ne se serviront pas contre nous des armes qu'on pourrait leur
donner, à faire armer tout au plus une compagnie par régiment, mais sans
excéder le nombre de mille hommes armés: vous pourrez tirer ces mille
fusils de la place de Zara ou de celle de Venise.»