«Zara, 30 mars 1808.
«Sire, j'ai reçu, il y a deux jours, une lettre du ministre de la
guerre, qui m'exprime le mécontentement de Votre Majesté sur diverses
dispositions de fonds italiens et sur l'administration de l'armée de
Dalmatie. Comme l'objet de tous mes efforts est de remplir les
intentions de Votre Majesté et de justifier ses bontés, je suis
profondément affligé des reproches qui me sont faits.
«J'ai adressé au ministre un récit pur et simple de l'état des choses,
et j'ose dire qu'il fait disparaître jusqu'aux prétextes de la plus
légère accusation.
«Éloigné de Votre Majesté depuis près de trois ans, privé du bonheur de
faire la guerre, lorsque presque toute l'armée combattait sous vos yeux,
je ne trouvais de consolation, dans mon cruel éloignement et ma
douloureuse inaction, que dans la pensée où j'étais que je faisais, dans
le poste obscur qui m'était assigné, tout ce qui dépendait de moi, pour
le meilleur service de Votre Majesté, et rien ne pourrait m'être plus
pénible que de perdre l'espoir de la convaincre que toutes mes actions
ont tendu uniquement vers ce but.»