FAÇADE DE LA CATHÉDRALE

Les trois merveilleuses portes en bronze (du côté de la façade), avec

des bas-reliefs exprimant les principaux faits de la Vie de

Notre-Seigneur et de la Vierge, furent exécutées, en 1602, par le _P.

Dow. Partigiani_, dominicain, et par _Ange Serrano_, sur les dessins de

_Jean de Bologne_, du _Turini_, du _Mochi_, de _Jean dell'Opera_ et de

_Gaspard Mora_.

La façade, tournée au couchant, est ornée de 58 colonnes et d'arcades,

qui forment 4 galeries de colonnettes superposées diminuant

graduellement.

Au-dessus de ces galeries sont placées cinq statues, la plus élevée

desquelles représente la Vierge. Elles sont du temps de _Niccola

Pisano_.

La basilique, de la longueur de près de 100 mètres et de plus de 32 de

largeur a la forme d'une croix latine; elle a cinq nefs et est ornée de

belles galeries et d'un riche plafond à caissons dorés. Un transept à 3

nefs la traverse. Dans la nef du milieu, on admire l'abside avec une

grande mosaïque sur fond d'or représentant le Sauveur entre la Vierge et

saint Jean-Baptiste, par _Cimabuë_, et au-dessus s'élève la magnifique

voûte, dite du _Ghirlandajo_, parce qu'elle est décorée d'anges peints

par cet artiste.

La coupole, de forme elliptique, fut peinte à l'huile par _Horace

Riminaldi de Pise_. A un des grands piliers qui la soutiennent, le

dernier à droite, est suspendu le précieux tableau de sainte Agnès

d'_Andréa del Sarto_, et, en face, une Madone de _Pierino del Vaga_. Au

milieu de la voûte est suspendu un lampadaire ancien, orné de petits

enfants en bronze, de _Vincent Possenti_ (1583). La tradition veut qu'en

observant ses oscillations, le grand Galilée Galilei découvrit les lois

du pendule.

Douze autels, ouvrage de _Stagio Stagi_, dont le dessin est attribué à

Michel-Ange, avec de belles peintures, se trouvent placés le long des

parois latérales du bras principal de la croisée, et l'un d'eux, celui

qui est derrière la chaire, a un beau tableau d'_Andrea del Sarto_. On

voit aussi sur les murs plusieurs toiles représentant des Bienheureux

Pisans, tels que, en rentrant par une des 3 grandes portes, à gauche, le

martyre du bienheureux Signoretto Alliata, par _Benvenuti_; la fondation

de l'Hospice des Enfants Trouvés par le Bienheureux pisan Dominique

Vernagalli, du peintre _Gaetano Gandolfi_; l'arrivée du Bienheureux

Baudouin, archevêque pisan, en Sardaigne, au moment où il repousse le

féroce juge d'Arborée, du peintre _Joseph Collignon_, le baptême de

Lambert, fils du roi des Baléares, par _Laurent Pêcheux de Lyon_. A côté

de ce tableau, se trouve l'autel dit des Anges, avec une très jolie

peinture de _Ventura Salimbeni_; et dans le tableau qui le suit, la tête

de saint Torpè sauvée des flots, par _G. Bettino Ciguaroli_, puis le

martyre du même saint pisan, par _Placide Costanzi_. Revenant aux 3

portes principales, on voit à droite la prise d'habit de sainte Bona,

pisane, par _A. Cavallucci_; sainte Ubaldesca, pisane, qui soigne une

infirme pendant la nuit, éclairée par un flambeau, sujet peint avec une

rare habileté par _Dominique Calvi de Viterbo_; le Serment de Richard

Coeur de Lion, en faveur des Pisans, près de Tolémaïde, par _Gius

Bezzuoli_; Eugène III célébrant la messe devant les évêques orientaux,

par _Jean Tempesti_, pisan; le Bienheureux Pierre Gambacorti, pisan,

devant le Pape Urbain IV, du peintre _Sébastien Conca_; et le même

Bienheureux qui fonde l'ordre des Ermites de Saint-Jérôme, par _Franç.

Mancini_. Dans l'autel contigu reposent les corps des saints martyrs

Nicodème, disciple de J.-C., Gamaliele, maître de l'apôtre saint Paul,

et Abibone, donnés aux Pisans par Godefroy de Bouillon, en 1100. Cet

autel a été édifié sur un dessin de Michel-Ange. En face est un autre

autel en marbre, travail de _Lino_.

Dans le transept Nord, on voit la Nativité, la Circoncision, l'Adoration

des Mages, l'Aveugle-né, par _Aurèle Lomi_; la Dispute dans le Temple,

par _Pierre Torri_, et une Vierge de _Dom. Cresti_. A l'extrémité de ce

transept, est l'autel du Très-Saint Sacrement, qui a des gradins en

argent, avec le précieux tabernacle, aussi en argent, dessiné par _G.-B.

Foggini_, et exécuté par _Séb. Tamburini de Pise_, en 1692.

Derrière l'autel sont les statues de la Vierge, de l'Archange Gabriel,

d'Adam et d'Eve, et plusieurs bas-reliefs de _Franç. Mosca_, dit le

_Moschino_.

Les autres ouvrages en marbre sont du _Stagi_. Dans le haut, se trouvent

la mosaïque de l'Annonciation, oeuvre de _Gaddo Gaddi_, et la Foi et la

Charité, d'_Antoine Marini_. En face des plus petites nefs, on voit deux

statues de _Fancelli_: sainte Marie-Madeleine et sainte Christine.

De ce bras du transept, on vient, en tournant à gauche, à l'autel de la

Madone de Sous-les-Orgues, pour laquelle on a une vénération

particulière, et dont l'effigie, de style byzantin, ne se découvre que

dans de graves circonstances.

Sur le mur latéral est peinte la Nativité de la Vierge Marie, par

_Giacinto Corrado_.

Nous voici au choeur. Le maître-autel, érigé en 1774, est composé de

marbres très rares. Son grand Crucifix en bronze est de _Jean de

Bologne_.

De chaque côté des deux chaires épiscopales, on voit des tableaux

d'_Andrea del Sarto_.

Derrière l'autel, dans le pourtour de l'abside, sont disposées en

plusieurs rangs des peintures d'excellents artistes tels que: le

_Beccafumi_, _De Labrugia_, _Sogliani_, _Sodoma_, _Salimbeni_,

_Bélivert_, _Lomi_, _Guidotti_, _Rosselli_, _Manetti_, _Riminaldi_,

_Gamberucci_, _Vannini_ et le _Cinganelli_. Ces tableaux représentent

des sujets bibliques. Les peintures les plus élevées, des arcs au

plafond, sont à fresque et représentent des scènes de la vie de la

Vierge Marie, par _Maruscelli_; mais les prophètes sont du _Poccetti_.

Il faut aussi admirer les stalles du choeur, beau travail de marqueterie

par _Julien de Majano_, par _Jules de S. Gallo_, par le _Serravallino_,

par _Dom de Mariotto_ et par _Jean B. Cervelliera_. La balustrade qui

entoure le choeur est décorée d'ornements et d'arabesques avec

marqueteries, jaspes, lapis-lazulis et d'autres marbres précieux. Les

deux anges de bronze qui s'appuient sur cette balustrade sont de _Jean

de Bologne_.

Dans l'autre bras du transept S. à gauche, se trouve le gracieux petit

autel de S. Biagio, du _Stagi_. La porte très ancienne et de style grec

est en bronze, les toiles représentent des scènes de la vie de S.

Ranieri, pisan, protecteur de Pise, dont le corps sacré repose au fond

de la chapelle, dans la précieuse urne de marbre vert de polsevera,

oeuvre de _Faggini_. Le grand-duc Cosme III la fit édifier; il fit aussi

décorer de marbre toute cette chapelle. Les statues et les bas-reliefs

de l'Assomption sont du _Mosca_.

L'antique mosaïque de la haute niche est du _Gaddi_, et les peintures du

_Marini_. Les toiles où sont peintes encore des scènes de la vie de S.

Ranieri représentent sa prise d'habit, du peintre _Ben. Luti_; la

délivrance de la Possédée, par _Dom. Muratori_; la mort du Saint, par

_Gius. Melani de Pise_; et le miracle de l'enfant ressuscité, commencé

par le peintre _Torelli_ et achevé par _Lucie Casalina_.

Sur l'autel latéral qui fait face à la porte, est une Madone entourée de

Saints, par _Pierino del Vaga_, lequel peignit aussi les deux petits

enfants qui sont en haut sur la muraille.

En rentrant par l'autel de saint Ranieri, le bénitier entre la porte et

le choeur, sur lequel s'élève une Vierge avec l'Enfant Jésus, a été fait

d'après un modèle de Michel-Ange. Les deux autres, près des trois

portes, l'un surmonté du Rédempteur, l'autre de saint Jean Baptiste,

sont en bronze, modelés par _Jean de Bologne_, fondus par _Félix Palma

de Masse_.

Plus de cent fenêtres, la plupart aux vitraux coloriés, donnent une

douce et faible clarté très convenable à la majesté de ce lieu. L'église

primatiale pisane fut endommagée par un déplorable incendie dans la nuit

du 25 octobre 1595. Une grande quantité des merveilles d'art qu'elle

renfermait furent alors détruites. Sa restauration est due à la

munificence de Ferdinand Ier et à la générosité des citoyens.

Cette auguste basilique fut consacrée avec une grande solennité, par le

pape Gélase II, le 26 septembre 1119. C'est là que le pape Clément fut

élu et couronné, on y tint aussi un grand Concile en 1409.

L'_Archivio del Duomo_ renferme des chartes fort anciennes.

Quand Napoléon Ier vint à Pise, il s'empara d'un tableau du _Sodoma_

représentant le Sacrifice d'Isaac, qui était dans la Cathédrale, et le

porta à Paris; mais en 1815 on dut le restituer parce que la Toscane le

demanda et obtint de le ravoir au moyen d'un traité. Une copie de ce

tableau est à Paris au Louvre; mais l'original est ici.

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Une journée à Pise : guide historique, artistique et commercial · 第 15 / 55 题