Vous ne trouverez ici que des racines et des feuilles
mêmes,
Des senteurs rapportées des bois sauvages et des étangs
aux hommes et aux femmes,
De la surelle excrue sur un sein et des œillets d’amour,
des doigts qui s’enroulent plus étroitement que la
vigne,
Des ramages jaillis de la gorge des oiseaux cachés dans
le feuillage, à l’heure où le soleil est levé,
Des brises de la terre et de l’amour soufflées des rivages
vivants vers vous portés sur la mer vivante, vers
vous, ô marins!
Des baies amollies par le gel et des ramilles de Mars
offertes toutes fraîches aux jeunes gens qui errent
dans la campagne au temps où l’hiver s’adoucit,
Des bourgeons d’amour mis devant vous et en dedans
de vous, qui que vous soyez,
Bourgeons qui s’ouvriront aux mêmes conditions que
toujours:
Si vous leur versez la chaleur du soleil ils s’ouvriront
pour vous verser forme, couleur et parfum,
Si vous devenez l’aliment et l’ondée, ils deviendront
des fleurs, des fruits, de hautes branches et des
arbres.